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 ( lisbeth ) † if all the storm clouds decided to stay

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MessageSujet: ( lisbeth ) † if all the storm clouds decided to stay    Sam 28 Juin - 23:45


Lisbeth Alaska Snow


(C. Clare)▽ have you fallen in love with the wrong person yet ? That kind of love that can burn down the world or raise it up in glory...
carte d'identité
Nom : son nom de famille est Snow. Ne voyez là rien de bien singulier, si ce n'est qu'il s'agit de ce genre de patronyme que l'on donne aux enfants trouvés, abandonnés, aux orphelins, ceux que l'on a laissé sur le parvis d'une église, comme un hommage au bon vieux temps. Ce nom ne signifie pas grand, que ce soit du côté magique ou du côté moldu et personne n'a songé, en la nommant ainsi, à la redondance presque comique, surement risible, qui allait advenir. Prénom(s) : En premier lieux, il y a Lisbeth. Il râcle dans la bouffe, il n'est pas confortable à prononcer, il gêne. Il signifie « Dieu est mon serment » et même si c'est on ne peut plus faux, c'est une des seules choses dont on peut être sûr au sujet de la jeune femme. Il est venu, inscrit sur un bout de parchemin, avec son second prénom, celui qui vient ensuite et que tellement de gens ignorent :Alaska, qui veut dire « Celle contre qui les vagues se brisent ». Celui-ci, en l’occurrence, est d'une précision effrayante, seulement elle le tait la plupart du temps car Alaska Snow, c'est aussi ridicule qu'un nom de couverture pour l'antagoniste mal écrite d'un comics de bas étage. Surnom : Les gens les plus proches se permettent de l'appeler Beth et lui, il s'amuse à dire Lou. En dehors de ça, il y a le traditionnel Snow White mais à moins de vouloir vous prendre un nain-eh-oh-eh-oh-qui-rentre-du-boulot en plein dans la tête, il vaut mieux éviter. Âge : Elle a 19 ans et n'est donc plus une enfant, techniquement, puisqu'elle est considérée comme une sorcière majeure et apte à utiliser la magie en dehors de Poudlard depuis quelques temps maintenant. Date et Lieu de Naissance : Si elle ne sait pas exactement où elle est née, le narrateur est omniscient et peut vous confier qu'elle a vu le jour à White Chapel, au coeur de Londres. Sur la note qui l'accompagnait, sa date de naissance était cependant présente, à défaut de donner quelques informations utiles. C'est une enfant d'Halloween, ayant vu le jour un 31 Octobre. Nationalité : Puisqu'on l'a trouvé en Angleterre, puisque son prénom est un dérivé du prénom le plus anglais qu'il puisse exister, on peut conclure sans prendre trop de risque qu'elle est Britannique. Pureté du sang : Elle se pense née-moldu. Tout le monde pense qu'elle n'est qu'une sang-de-bourbe, à vrai dire, et ça lui va très bien, ça lui permet d'expliquer ses piètres capacités magiques... En réalité, elle est de sang-pur, cependant. Encore une fois, voilà un petit mot glissé par l'omniscient narrateur. Lisez donc la suite pour savoir de quoi il en retourne. Année d'étude & Maison : Lisbeth est actuellement en 6ème année à Serdaigle. Pas assez courageuse pour affronter ses propres démons, pas assez loyale pour ne pas se retrouver seule bien souvent, pas assez ambitieuse pour vouloir marcher sur le monde, elle ne s'est pourtant pas retrouver dans la glorieuse maison de Rowena Serdaigle par dépit, loin de là. Jeune femme intelligente et capable, dans la limite du possible, elle a trouvé un certain confort dans le savoir et a bien vite réalisé qu'elle pouvait faire autant de mal avec des mots qu'avec une baguette. Elle compense sa pratique bancale par de la théorie, passant bien souvent pour une insupportable je-sais-tout et s'en servant pour avoir un semblant de supériorité quand cela est nécessaire. Orientation sexuelle : Disons freaksexuel, vu ce qu'il se passe dans sa tête dernièrement. Elle est attirée par un jeune homme, si tant est qu'on puisse le qualifier d'humain évidement. Alors ouais, freaksexuel. État civil : Célibataire, quoi qu'il est possible de dire, d'une façon floue et agaçante au possible, que c'est compliqué, dernièrement. Si elle est physiquement libre, relativement en tout cas, sa tête appartient définitivement à quelqu'un, peu importe à quel point cela puisse l'emmerder d'ailleurs.

le sorcier en toi
Baguette : Capricieuse et difficile à utiliser, la baguette de Lisbeth est en bois de ronce et mesure 18 centrimètres. Très courte, sinueuse et trop rigide, elle contient des crins hippogriffe qui contribuent à son caractère si peu agréable. Patronus : Incapable de produire un patronus sans s'épuiser, Lisbeth n'a jamais pu voir la forme définitive de l'incantation, se retrouvant toujours face à une flaque argentée et vaporeuse ne tenant que quelques secondes en général. Épouvantard : Une tombe. Profonde mais étroite, loin des dimensions ordinaires pour une sépulture. Une tombe au fond de laquelle elle est coincée, regardant vers le haut et voyant un ciel gris, s'arrachant les ongles sur les parois pour tenter de sortir, de remonter jusqu'au monde des vivants... et puis les parois qui se rapprochent et d'un coup, un visage familier, un sourire immonde. Immonde, sa tête blonde, angélique, qui entre dans le cadre. Un éclat de rire passe ses lèvres et il tend la main, lâchant une symbolique poignée de terre avant d'attraper une pelle pour commencer à remplir la dernière demeure de la jeune femme, qui hurle encore et encore, horrifiée, prostrée dans un angle. Particularité : C'est un don insidieux et sournois dont elle a hérité. Petite-fille d'un espion personnel de Voldemort qui jouait sur deux tableaux en s'avérant également Langue de Plomb au département des Mystères, il n'est pas vraiment étonnant que Lisbeth possède une particularité mentale ou du moins des prédispositions. Évidemment, elle ne sait pas pourquoi elle est dotée de ce pouvoir si tordu mais elle s'en sert, tentant de maîtriser la legilimencie. D'un point de vue de l'énergie, cela lui demande beaucoup d'effort et pompe énormément de ses capacités magiques mais pouvoir entrer dans la tête des gens est, quelque part, une récompense assez grande pour qu'elle s'épuise et s'abîme. Elle est encore jeune, cette particularité est bancale, elle n'y arrive pas tout le temps, ses cibles sont souvent faciles. Faible comme elle peut l'être, elle aime savoir qu'elle peut se défendre en exploitant les plus sombres pensées de ses adversaires... Elle espère devenir une légilimens accomplie et son don complète celui d'Isaac, rendant les choses encore plus étranges entre eux. Options choisies & métier envisagé : A l'origine, ses options étaient Etudes des Runes et Soins aux Créatures Magiques mais elle a laissé tomber la seconde en réalisant à quel point sa présence rendait le moindre animal nerveux et intenable. Douée dans les matières théoriques, elle n'est pas brillante dans les cours nécessitant un travail direct, en dehors des Potions où elle excelle, car elle est rigoureuse et méthodique, perfectionniste. Si elle a du mal à se projeter dans un quelconque avenir, même proche, elle se voit bien travailler dans les archives du Département des Mystères ou comme apothicaire dans le District du Chaudron Noir, là où on vend des potions interdites et peu recommandables. Avez-vous déjà fait usage de la magie noire ? Techniquement, non. Si on joue sur les nuances, elle n'a jamais fait usage de la Magie Noire mais si on regarde bien... On ne peut pas considérer la fabrication de Gouttes de la Mort-Vivante particulièrement angélique et innocente. Alors non, elle ne s'est jamais servit d'un sortilège impardonnable, elle est fascinée par l'existence de tels sorts mais n'a pas vraiment les capacités pour les lancer... la volonté, peut-être, cependant. Plutôt Ombre ou Ordre ? Pourquoi ? Plutôt neutre. Plutôt Ombre mais étant née-moldue, du moins c'est ce qu'elle croit, c'est assez mal vu pour elle que de trainer avec des gens la haïssant... quoi qu'au fond, c'est surtout normal. Elle est plutôt du genre à rester dans son coin et à travailler dans son propre intérêt mais certaines influences ne sont pas négligeables. Que pensez-vous de l'attentat de Poudlard ? Elle est secouée par les faits. Serdaigle est sa maison, elle connaissait l'élève qui est mort et elle aurait pu y rester aussi... Ce n'aurait pas été si grave, au final, mais elle est perturbée, sur la défensive, un peu moins stable qu'avant. Le Chicaneur affirme que les mangemorts seraient de retour, quand le Ministère le nie farouchement. Qu'en pense votre personnage ? Elevée chez les Moldus, Lisbeth ne sait rien de la seconde guerre magique aussi a-t-elle du mal à prendre conscience du sentiment de déjà-vu quand la plupart de ses camarades ont grandit avec des récits dramatiques et sombres. Ce qu'elle sait, elle le tire des livres d'Histoire et elle a tendance à être plus intéressée par les Mangemorts que par l'Ordre du Phénix. Elle sait que le gouvernement était incompétent à l'époque, elle a entendu dire que les choses n'avaient pas changé, partant de là elle ne s'y intéresse pas plus que ça, essayant juste de trouver un plan quelconque pour éviter de se faire bousculer si jamais les choses dégénèrent. Êtes-vous inquiet pour votre sécurité, celle de vos proches ? Des proches, elle n'en a pas et sa sécurité personnelle, elle s'en moque bien depuis des lustres. Il faut dire qu'avec Isaac dans les parages, elle est déjà constamment en danger. Pourquoi s'inquiéter pour ça quand elle peut, à la place, foncer droit dans le mur avec un sourire mauvais et malsain, hein ?


le moldu derrière tout ça
Pseudo : Mon petit nom, c'est Mary, mais on me connait sous le pseudo d'Whorecrux... ou bien Alesya, ici. Âge : 23 ans. Youpitralala, la vieillerie. Avatar : Sky Feirrera. Fréquence de connexion : Tous les jours, mais ça vous le savez déjà. Comment as-tu connu le forum ? je l'ai fondé What a FaceCode : autovalidation. Copyright : uc.


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MessageSujet: Re: ( lisbeth ) † if all the storm clouds decided to stay    Sam 28 Juin - 23:45


il était une fois


(florence & the machine) ▽ No more dreaming of the dead as if death itself was undone, no more calling like a crow for a boy, for a body in the garden, no more dreaming like a girl so in love with the wrong world.


____


. Le prélude au Chaos Born illegitimately to a whore, most likely, she became an orphan. Oh what a lovely orphan she was... « It was a fucking accident » Sa voix craqua entre deux mots. Combien de fois allait-elle le répéter ? Encore une, visiblement. Encore cent, s’il le fallait. L’insolence dont elle faisait preuve, cependant, ne sembla pas plaire à la matrone. « Watch your tone, you dirty little freak » siffla-t-elle entre ses dents sales sur lesquelles on pouvait discerner quelques traces de rouges à lèvres à deux sous. Elle roula des yeux, enfonçant ses ongles dans la paume de sa main. Il fallait qu’elle sorte d’ici, elle détestait ce bureau, cette pièce, de l’odeur de renfermée au parquet grinçant, de la croix pendue de travers au mur à la saleté dont le nom était affiché sur la porte. « I’m not a damn freak and it was an accident, I swear » insista-t-elle, commençant à paniquer, tendue sur sa chaise mais plus pour longtemps. Une gifle tomba, s’écrasant sur sa joue. Si la matrone se vantait d’avoir un grand cœur, assez grand pour tenir un orphelinat, ce n’était un secret pour personne qu’elle détestait activement chacun des marmots laissés ici à sa charge, dans ce foutu bâtiment digne du plus tragique roman de Dickens. La modernité n’avait pas touché ce grenier à jouets cassés qu’était l’institution Joan of Arc. Palais des courants d’air aux portes vermoulues fermant mal, cet ilot oublié avec sa façade sale et son parc mal entretenu et bouffé par les ronces était là, chaque jour, pour leur rappeler qu’on les avait laissé sur le pas de la porte, sans autre forme de procès pour la plupart.

Lisbeth tomba de sa chaise sous la force de la gifle, ses poignets frappant brutalement le sol alors qu’elle cherchait à se rattraper. Elle avait grandis ici, déposée dans la nuit alors qu’elle ne savait pas marché, gamine terne devenant étrange, fauteuse de trouble, insupportable à ses heures. L’enfer personnel de Miss Northburry, qui tenait la maisonnée, et inversement, en bonne et due forme. « Nobody’s hair has ever fall out by accident, you cut it, you sneaky little bitch… ». Il ne fallut pas longtemps pour qu’un coup de pied suive, puis un autre, alors que la jeune fille se trainait sur le parquet usé par des années de passage pour finalement se retrouver dans un coin, recroquevillée. Elle n’avait pas peur, elle était juste en colère, terriblement en colère, elle voulait faire mal à cette bonne femme. Du haut de ses treize ans, elle avait été appelée plus souvent par des jurons que par son prénom, comme si la matrone cherchait à refaire son identité, petit à petit.

Il en avait toujours été ainsi, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne. La directrice l’avait détesté dès le début, surement à cause de ses regards défiants, de son sourire en coin, de cet air étrange qui donnait l’impression, bien souvent, qu’elle avait des secrets en réserve, des coups bas à venir. Trop peu comme les autres enfants, Lisbeth avait su très tôt trouver le chemin des ennuis, gravant son nom sur chacun des pupitres de la salle de punition, d’année en année. Elle n’était pas appréciée, cependant, contrairement à beaucoup d’emmerdeurs. Elle n’était pas populaire, elle n’avait à vrai dire pas d’amis, ce n’était qu’un petit monstre dans un royaume de misère, celle qu’on bousculait, celle qui réagissait toujours étrangement, fuyait les repas, pleurait le soir dans ses draps. C’était elle, qu’on venait immobiliser la nuit, pour la frapper, pour l’insulter, l’étouffer à moitié, assez pour lui faire peur. C’était ce qu’il s’était passé, à vrai dire, la veille au soir et c’était pour ça qu’elle était là. Dans un sursaut incompréhensible, elle était passée de victime terrifiée à bourreau hilare, laissant trois de ses camarades traumatisées et livides. Oh, elle ne savait pas ce qu’il s’était passé mais dans un élan étrange, elle avait pu se redresser alors que le trio de peste l’avait lâché, glapissant comme si elles venaient de se brûler à sa peau. Sans saisir comment, elle avait fouillé dans la tête de Gaby, la pire des trois, et puis les cheveux de cette dernière avaient commencé à tomber, petit à petit, mèche par mèche, magnifique boucle brune après magnifique boucle brune, arrachant un hurlement d’outre-tombe à la merdeuse dont c’était là la plus grande peur. Quelle peur conne, d’ailleurs, quelle peur superficielle…

Le début de l’incident avait été oublié. Tout ce qu’on avait pu voir, c’était Lisbeth, assise dans ses bras, échevelée par le combat pour se défaire de ses agresseurs improvisées, et les trois en train de pleurer comme des bébés en face. C’était pourtant une des règles tacite de Joan of Arc : il ne fallait pas pleurer ici, il ne fallait pas montrer sa faiblesse et c’était surement pour ça que Lisbeth se faisait emmerder, parce que secouée de cauchemars en tout genre et de rêves sans queue ni tête, elle sombrait constamment dans des sanglots étouffés. Jamais pourtant n’avait-elle pleuré face aux autres, peu importe les blessures qu’on lui imposait. Elle les avait observés un moment, les trois, avant de réaliser que la plus jeune hurlait à la mort, encore, tenant ses mains brulées devant elle. Des pas suivirent, puis des lumières et le reste du dortoir s’ébranla enfin alors que la porte s’ouvrait sur une surveillante perdue et agacée par tant de raffut. Instinctivement, Lisbeth avait bougé pour attraper un ciseau dans le tiroir de son bureau, juste à côté d’elle, ne sachant pas pourquoi il était important de cacher ce qu’elle venait de faire mais le faisant parce que ça lui semblait primordial. Primordial pour être coupable et se retrouvée rouée de coups par la vieille, ouais.

La même colère que la veille ne tarda pas à naître en elle. La même rage, la même envie de faire mal, le même ras-le-bol quant à ce statut de faible, de victime. Elle était famélique, sans intérêt pour la plupart des gens, elle n’avait jamais été adopté surement parce qu’elle n’était ni mignonne ni plaisante. Une gamine terne, définitivement, avec le diable dans le cœur et un tourbillon vengeur dans l’âme. Alors qu’un nouveau coup partait, un craquement se fit entendre, sonore, immonde, familier. Elle revit James, ce garçon avec une fossette et les cheveux toujours en bataille, tomber de la cage à singe délabrée au fond du parc. Elle se revit souhaiter qu’il glisse parce qu’il avait hurlé qu’elle était laide, elle entendit à nouveau les craquements successifs qu’avaient fait sa clavicule et son tibias. Le même son remplit le bureau devenu salle de torture, l’espace d’un instant, et puis un cri le remplaça alors que la matrone tombait de tout son poids, s’écroulant avec sa jambe à un angle grotesque. Encore une fois, Lisbeth réalisa qu’elle devait bouger, rapidement, agir, car à crier comme un cochon qu’on égorge, la Vieille allait attirer quelqu’un. Elle se redressa, posa son regard sur cette femme qu’elle devait considérer comme une figure maternelle mais qu’elle n’avait jamais pu aimer, faute d’une chance, et elle eut l’impression de tomber dans ses pensées pendant un bref instant. « Witch, fucking witch, she has to burn, Satan’s daughter, always knew it, fucking witch… » la voix était nette, claire, elle résonnait dans le crane de Lisbeth, forçant derrière ses retines des souvenirs qui n’étaient pas les siens… et puis l’adrénaline prit le dessus et elle se mit à bouger.

Sortant du bureau, hagarde, elle se retrouva par terre avant de faire volte-face pour enjamber la matrone. Elle savait ce qu’elle devait faire, elle ne pouvait plus reculer. Plantant ses ongles dans le cou de la Vieille, elle utilisa sa main libre pour tirer sur le collier que cette harpie portait, saisissant une clé qu’elle arracha avant de se précipiter vers le tiroir. Comme un cheval de course à abattre, cette nouvelle victime se tordait en hurlant, encore et encore et chaque inspiration s’enchainait sur un cri plus bruyant, donnant à Lisbeth l’envie de la frapper à nouveau. S’y reprenant à deux fois, elle parvint à ouvrir la serrure, attrapant une ridicule liasse de billet et retournant les dossiers à la recherche de son nom, ayant besoin d’un document jaunit, un bout de papier qu’elle connaissait par cœur mais qu’elle ne pouvait pas laisser, seule possession un tant soit peu essentielle, selon elle. « Fucking witch, fucking witch, I knew it, that’s why they abandonned her… » répétait-elle, encore et encore alors qu’elle lui jetait à présent la clé au visage, s’engouffrant dans le couloir sombre, sa main froissant le parchemin volé et les billets. Plus que quelques mètres pour sa liberté, la porte noire à atteindre, la rue à trouver, le monde à affronter. Tout plutôt qu'ici. Elle ne reviendrait jamais, elle n’avait pas sa place à Joan of Arc, peu importe ce qu’ils avaient pu dire en la déposant là.


« Her name is Lisbeth Alaska.
She was born on October 31st.
We cannot take care of her for she is not like us
and belongs in your world… »





. L'Enfer scandé cent fois What is happening to me ? Why can do stuff normal people can't ? ▬ You're not a muggle ▬ what's a muggle ? ▬ Someone without magic powers ▬ If I'm not a 'muggle' then what am I ? ▬ A witch would be my first guess... Fuir. Elle devait fuir, avancer, se dépêcher, foutre le camp. « Shit. SHIT. shit, shit, shit shit. FUCK… » Il fallait absolument qu’elle foute le plus de distance possible entre elle et ce fichu orphelinat. Depuis combien de temps marchait-elle ? Une minute, une heure, deux jours ? Son pouls était irrégulier, lui filant mal au crâne, mal au cœur, ses pas battaient fort sur le pavé mouillé et sa main, toujours plus crispée, se serrait autour du petit morceau de papier qu’elle avait volé, en plus de la liasse de billets. Elle ne savait pas combien elle venait de prendre, combien de temps ça allait lui permettre de tenir, jusqu’où ça pourrait l’emmener. Hell, elle ne savait même pas si elle avait assez pour prendre un bus. Enfermée dans Joan of Arc pour la majorité de son existence, elle ne connaissait pas grand-chose des rues qui s’enfilaient à présent devant elle, des parcs désertés par les habitants à cause de la pluie, de la vraie vie en dehors de l’enceinte menaçante et oppressante de l’Orphelinat. Pour la première fois surtout, elle n’était soumise à aucune autre autorité que cette peur panique d’avoir des ennuis qui l’habitait et à vrai dire, l’idée était presque aussi terrifiante que celle de se faire attraper par la Matrone. Libre, elle était libre et elle se sentait sur le point de vomir. Etait-ce toujours aussi incroyablement intimidant ? Elle n’était pas foutue de le dire, ayant brisé une vingtaine de règle de cette institution qui jusqu’à présent avait été son seul univers et ayant, de par ce fait, un peu de mal à se concentrer.

Pressant le pas, elle ferma ses bras autour de sa taille fine, se faisant violence pour ne pas regarder par-dessus son épaule. S’il y avait bien une chose dont elle était certaine, c’était sa volonté de ne jamais avoir à retourner là-bas. Trop de gens lui en voulaient, trop de gens savaient, aussi, qu’elle était différente. Entre les trois teignes et la Vieille, elle n’était plus en sécurité avec ce secret qu’elle avait si bien gardé. Aussi présent que le trou dans sa poitrine, elle pouvait sentir cette force qui la picotait jusqu’au bout des doigts, million d’aiguilles se faisant plus acérée lorsqu’elle perdait le contrôle de ses émotions. Rage, peur, fatigue, dès qu’elle devenait trop sensible, elle se transformait en grenade. Elle aurait volontiers pu dire que cela marchait lorsqu’elle était heureuse mais très franchement, elle n’en était pas sûre, faute d’expérience en réserve pour appuyer la théorie. What you must know about me is that I’m a deeply unhappy person. Il fallait qu’elle trouve un refuge, rapidement, car avec ses jérémiades, la Matrone ne tarderait pas à attirer quelqu’un dans son bureau et il ne faudrait pas longtemps pour qu’on se mette à chercher Lisbeth. Elle avait l’impression de n’être rien de plus qu’un chien errant courant pour échapper à la fourrière et instinctivement, elle se mit presque à courir. Décidant subitement de tourner, elle manqua de glisser et se rattrapa à un lampadaire sale et humide, essuyant ensuite ses mains sur sa jupe grise. Elle avait froid, faim aussi, elle aurait bien été imcapable de manger mais elle sentait son estomac se tordre et faire des loopings improbables. Il fallait qu’elle se calme, qu’elle trouve un refuge, qu’elle échappe à la foule et… s’arrêtant brusquement, elle fit volte-face, puis un tour complet. Si elle ne connaissait rien du monde extérieur, elle savait cependant que les rues n’étaient pas supposées être si désertes. Les gens semblaient avoir disparu. Elle voyait des boutiques, pourtant, c’était le milieu de la journée, où étaient les badauds, les passant, les gens pressés, les idiots déambulant. Incapable de respirer, elle hoqueta, fort, tournant encore et encore sur elle-même jusqu’à se donner encore plus envie de vomir, jusqu’à sentir ses genoux lui faire défaut. Elle était à vrai dire sur le point de tomber, désemparée et se sentant devenir folle, lorsqu’elle remarqua qu’elle n’était pas seule, non. Que quelqu’un l’observait, avec un sourire qui lui donnait envie de hurler et partir en courant plutôt qu’autre chose… un sourire fou, amusé mais fou, profondément tordu, celui du Cheschire Cat, celui d’un fauve chimérique se cachant sous un lit, dans la pénombre.

Assis sur ce qu’elle identifia comme étant une boite aux lettres, il la fixait comme s’il cherchait à lire en elle. Soudain profondément mal à l’aise, elle croisa les bras, rabattant sa main mouillée par le contact avec le lampadaire contre son flanc et plantant ses ongles dans sa peau, à travers le tissu de ses vêtements. Il ne fallut qu’une poignée de syllabe pour qu’elle réalise qu’elle n’avait rien vu, niveau gêne. « That’s okay, you know. It happens to a lot of us » lança-t-il, d’une voix grave et rauque, terriblement intimidante. Il sauta de la boite aux lettres et elle réalisa qu’il était grand. Immense. Avec sa peau basanée et la cicatrice logée dans son sourcil droit, il aurait très bien pu avoir deux fois son âge, tant ses traits étaient durs, mais tout cela se faisait détruire par le piercing à son arcade sourcillière gauche et la profonde fossette qui découpait sa joue. Sur son torse, au niveau de son cœur, brillait un badge aussi doré que le bijou ornant son visage. Il fallut un moment pour qu’elle réalise qu’il s’agissait d’un badge, qu’elle y lise le nom « Bane » et encore plus longtemps pour qu’elle crache, soudainement : « Who the fuck are you ? » alors qu’elle faisait un pas en arrière. Il ne sembla pas comprendre le message car il avança un peu, ses foulées avalant deux des siennes. « Someone for whom calling you a witch isn’t like calling you a freak… » elle était encore en colère, elle avait peur mais dans l’instant, tout ce qu’elle pu sentir, c’était son agacement. Elle ne remarqua pas qu’il venait lui aussi de la traiter de sorcière, qu’il savait, non, elle ne se posa pas de question, elle se retrouva juste profondément blasée par la façon dont il venait de répondre à sa question. « Leave me alone or I’ll scream » siffla-t-elle, sur la defensive. Crier pour quoi, pour qui surtout ? Elle était pourtant determine à le faire. Quelqu’un allait bien réagir, sortir d’une ruelle, l’aider, s’il cherchait à l’attaquer, non ? A nouveau, elle recula, inspirant profondément, préparant ses poumons endommagés par la courses au difficile travail d’avertissement qui les attendait. Il lui coupa cependant l’herbe sous le pied, aussi, affichant un sourire presque enfantin, content de lui surement « Go ahead but it’s not going to work, I silenced the street for safety reasons ». Il était fou, il racontait n’importe quoi, elle pouvait le sentir. Plus cinglé qu’elle ? Surement. Elle, au moins, elle avait la décence de cacher ses tares. La curiosité, l’incrédulité l’emportèrent cependant. « What ? How ? what… what the fuck are you talking about, is that even possible ? » parce que c’était là toute la question. Depuis quelque temps, plus rien ne semblait suivre une quelconque logique. Les lois de la physique n’était plus et d’une certaine manière, se dire qu’elle défiait les paramètres qui avaient servit de base à une société toute entière ne la rassurait absolument pas. « ‘did it like you broke that old bat’s leg, except I used my wand… » il baissa la tête, tira un peu sur la veste qu’il portait et sorti un bout de bois qu’il agita avec une certaine fierté. Il avait mâché ses mots comme si ce n’était là qu’une déclaration habituelle mais Lisbeth, de son côté, elle, paniquait soudain un peu plus. « How do you know that ? » aboya-t-elle, sa voix craquant au milieu de la question. Il s’empressa de répondre, sentant surement l’urgence mais se pensant surement obligé de prendre un ton condescent, comme si elle n’avait été rien d’autre qu’une gamine de primaire coincée devant un problème de Maths. « That’s why I’m here, we’ve been watching you since you made sure that kid from the orphanage would fall down and almost break his neck… actually, we were watching you before, the Ministry felt some magic a long time ago and if it wasn’t for us, you’d have killed that poor little bastard. Not that he didn't deserve it, though… » Les yeux écarquillés, elle le regardait, horrifiée. Pourquoi, comment surtout, comment savait-il tout ça ? Elle avala sa salive, ayant l’impression de faire descendre une poignée de verre dans son œsophage. Une étincelle, pourtant, comme on craque une allumette, apparut dans sa matière grise embrouillée. « So it was on purpose ? But I didn’t mean it, I was just mad and… » souffla-t-elle, les bras serrés plus fort autour de son buste, mal à l’aise et perdue, secouée. Il sembla trouver ça normal. Normal. Il n’y avait rien de normal à tout ça… « Yep, that’s your instinct, your nature, you fire back when you feel anger, pain, fear… most witches born outside of magical families go through that. You covered up your traces, right ? » Sorcière. Il venait de dire Sorcière. Non, elle avait dû mal entendre, il avait dû la traiter de garce, simplement. Inspirant profondément, elle comprit en milieu de manœuvre que tenter de se calmer était peine perdue. A la place, elle répondit à sa question, bafouillant, soudain honteuse, comme si elle allait le décevoir, ce parfait inconnu qui semblait pourtant tout savoir d’elle, de sa vie, de sa culpabilité. Sur la défensive, elle articula « I tried, yeah, but it wasn’t really… » et il la coupa, rajoutant d’un air assure, comme s’il sortait là une putain d’évidence : « Instinct. You knew you had to, so you did. That’s who you are, you’ll probably end up being good, you're quick and sharp-minded from what I’ve seen, taking the scissors, the money… ».

Elle fronça les sourcils. Décidant d’oublier le fait qu’il en savait trop, elle se concentra sur le fait qu’il était peut-être au courant de chose dont elle ignorait l’existence même. Peut-être, après tout, qu’il avait des réponses… ou bien peut-être n’était-il qu’un illuminé de plus, tout comme elle. Peut-être la Matrone l’avait-elle attrapé et peut-être était-elle déjà dans un asile, punie et enfermée pour sa folie, ses bêtises toutes plus graves les unes que les autres… Dans le doute, elle posa pourtant ses questions. « What is going on with me, I’m turning into a monster, I can hear people’s thoughts, I can move stuff without touching them… » balança-t-elle, confidant surement beaucoup trop à son sujet mais ne réfléchissant pas. Lui non plus n’eut pas besoin de réfléchir car bien vite, il se mit à lui répondre, des mots qui au final, n’expliquaient rien du tout, ne réfutaient absolument pas la thèse de la maison de fous. « You’re a witch. Your magic seems weird, even for us but you’re a witch, probably born from muggle parents, that’s why they left you, because they were scared of you… » commença-t-il à expliquer, trop vite pour qu’elle ne puisse suivre. Elle dû le couper pour demander : « Muggle ? » parce que oui, un mot semblant inventé était plus étrange que se faire traiter de sorcière mais avec l’air de quelqu’un récitant une rengaine habituelle, il expliqua juste : « People without magical abilities, pretty much. Sometimes witches are born of normal people and that’s cool, even if some wizards would argue that… ».

C’était impossible, évidemment. Tout cela n’existait que dans les mauvais contes pour enfant, ceux qu’ils avaient dû se lire eux-mêmes, puisqu’à Joan of Arc, on ne s’occupait pas des gamins comme dans une famille ordinaire. Non, ce n’était pas possible, mais à vrai dire, couper les cheveux de quelqu’un sans les toucher, entendre des pensées et avoir des souvenirs qui n’étaient pas les siens, ça ne l’était pas non plus… Pas plus que briser une jambe rien qu’en y songeant ou brûler la peau de quelqu’un d’un simple contact… plus rien n’avait de sens, plus rien ne semblait logique, ordinaire. Se sentant comme Alice se vautrant d’une façon interminable dans le trou du Lapin Blanc, elle réalisa qu’elle avait le tournis et que se raccrocher à ce qu’il disait devenait presque acceptable. Les derniers gonds venaient surement de sauter. Inquiète, presque, elle demanda alors : « What’s going to happen to me ? Are they going to prosecute me or just burn me at the stake ? » parce que c’était la seule chose qu’elle connaissait des sorcières, au final. Les aiguilles revinrent à la surface et le vide sembla se refermer un peu, plaie béante souffrant enfin un peu de repos… Elle se laissa presque bercée par cette voix si grave et qui, mêlée à un accent lourd, devenait parfois difficile à comprendre, même pour elle qui n’avait pas à découvrir les intonations des bas-fonds tant Joan of Arc n’était pas la crème de la crème. « What ? oh, no, don’t worry, I’ve taken care of that, they don’t remember a thing, it’s like you never even existed for them. No, you’re going to stay in one of our orphanage until September, then you’ll be able to join Hogwarts and learn how to control your magic. You’ll get to meet dozens of kids just like you, buy a wand and even learn how to fly on a broomstick… » Une goutte d’eau dans un océan en pleine tempête. Secouant la tête, ne l’écoutant plus, décrochant, elle recula. Il était fou, plus fou qu’elle, plus cinglé, ce n’était qu’une mauvaise blague, qu’un jeu, qu’un cauchemar… Elle tourna les talons, se pressant pour fuir, un hurlement passant ses lèvres et puis plus rien, rien d’autre que son corps tombant sur le béton, marionnette sans fil. Elle tomba, perdant connaissance, fatiguée et secouée, sa magie rendant les armes et court-circutant totalement le reste. Boom. Out. Game over. Bye bye baby-doll.


« if I only could make a deal with God »





. L'Empire des Monstres In the land of Gods and Monsters, I was an angel living in the garden of Evil, screwed up, scared, doing anything that I needed, shining like a fiery beacon... Il y avait trop de bruits à Poudlard. On lui avait vanté les mérites de l’école de sorcellerie mais jamais on n’avait mentionné le brouhaha constant de cette école. « Shut the fuck up » murmura-t-elle, appuyant ses mains sur ses tempes, penchée sur un livre, augmentant la pression de ses paumes jusqu’à avoir l’impression d’être sur le point de faire exploser son crâne. « Just go to hell, all of you, for heaven’s sake… ». Personne ne pouvait l’entendre mais elle, elle pouvait entendre tout le monde. Les élèves, les tableaux, les fantômes… et même lorsque tout cela retombait, lorsqu’elle pensait trouver la paix, le calme, d’autres sons venaient s’incruster dans sa tête, sournoisement, boucan permanent, bruit de fond qui ne cessait de la tourmenter. Parfois, elle se demandait si c’était ça que d’entendre des voix, que de devenir définitivement folle. Il n’était pas rare qu’elle se persuade d’entendre les pensées de certains, des bribes, des souvenirs qu’elle n’aurait jamais dû avoir, qui n’était pas si. Et puis il arrivait qu’elle parvienne à provoquer ce qu’elle appelait des déplacements, allant piocher volontairement dans la tête de quelqu’un, se demandant si la personne pouvait le sentir. Plus d’une fois, elle avait visualisé le processus comme une opération dégoutante où elle aurait dû glisser ses mains dans les entrailles tièdes d’une personne vivante, consciente surtout. Un frisson la secoua et elle bougea un peu, comme pour chasser ce panel d’images. Elle n’avait pas besoin de ça, clairement.

Bane l’avait déposé dans un orphelinat qu’il avait qualifié de magique et où elle s’était réveillée, vraisemblablement quelques heures après avoir perdu connaissance. De ce qu’elle avait pu voir au début, l’endroit n’avait été guère différent de Joan of Arc, même endroit un peu sale, un peu usé, un peu plus tordu peut-être… et puis l’infirmière avait fait flotter jusqu’à elle un flacon, sous le nez de Lisbeth et cette dernière avait à nouveau paniqué. Tout cela semblait bien loin à présent mais elle se souvenait des premiers jours, de la terreur, de la certitude quant au fait d’être perdue au milieu d’un pétage de plomb psychotique. Pendant presque une semaine, elle avait cherché à se convaincre d’avoir simplement perdue la boule, que tout cela n’était qu’un assemblage complexe de fragment de son imagination tordue. Et puis non. Elle avait commencé à se sentir un peu mieux, un peu plus à sa place et pourtant la ‘magie’ n’avait pas cessé, prouvant alors sa véracité. Il avait fallu qu’elle appréhende un nouveau monde, qu’elle le découvre, le comprenne, qu’elle l’encaisse surtout car apprendre que la plupart des contes ridicules n’étaient en fait que du folklore bien réel, de l’autre côté du miroir, cela faisait un choc. Elle avait manqué de tomber, à nouveau, face au Chemin de Traverse et puis, doucement, elle s’était retrouvée à simplement accepter ce qu’on lui racontait.

Elle n’était pourtant pas d’une nature crédule ou idiote, loin de là. Pour cela d’ailleurs, pour sa curiosité et son besoin de comprendre, elle s’était retrouvé à Serdaigle, sa maison. L’idée était étrange, elle n’avait jamais eu de foyer et même si les choses semblaient encore étranges, Poudlard était passé de terre promise à refuge en l’espace de quelques heures. Elle s’était trouvée apaisée, entre les murs du château. Le répit n’avait été que de courte durée mais il avait bel et bien existé. Les galères avaient suivi cependant, à commencer par sa difficulté à apprendre et à exécuter des sortilèges. Blocage ou capacités moindre, c’était difficile à déterminer mais les faits étaient là. Armée d’une baguette, elle se sentait à peu près aussi dangereuse et efficace qu’un chaton dégriffé, ce qui l’agaçait profondément. Dernière de sa classe dans tous les cours pratiques, à nouveau mise de côté pour cette différence qui pourtant aurait dû être célébrée dans un endroit pareil, elle avait alors réalisé avec effarement le retour du vide. Ce trou dans sa poitrine, cette plaie béante et net, encore purulente, ce manque inexplicable, cette impression d’avoir perdu quelque chose d’essentiel mais d’inconnus, ce désir sans but, sans cible, ce besoin de bouger sans destination. « Shut. UP. » souffla-t-elle à nouveau, cette fois plus fort, sortant de ses souvenirs. Le vide était un compagnon familier, le bordel sonore aussi, elle ne supportait cependant ni l’un, ni l’autre. Quelques tables plus loin, au cœur de la bibliothèque, des élèves studieux relevèrent la tête, ne comprenant visiblement pas et lui faisant prendre conscience du fait qu’il avait été silencieux. Elle inspira, ferma brusquement son livre et le glissa sous son bras, se levant et déguerpissant. Lisbeth était la reine de la fuite, c’était sa signature et aussi se retrouvait-elle souvent à déambuler. Combien de fois avait-elle eut l’impression de se perdre dans le château, devenu représentation physique de ses pensées brouillonnes. Par moment, elle n’avait plus sa place à Poudlard et puis dans la minute suivante, elle semblait se fondre dans la masse. Cinglée, elle était cinglée, instable et les gens la fuyaient autant qu’elle, elle prenait ses jambes à son cou. Au fond cela l’arrangeait. Cela faisait moins de personne pour surveiller ses faits et gestes, moins de témoins pour assister à sa destruction. Famélique, fantomatique même, selon les critères de certains, elle ne se souciait pas vraiment de rater un repas puisqu’elle ne manquait à personne, pas plus que si elle n’en prenait aucun pendant plusieurs jours. On aurait pu croire que la vie en dortoir aurait rendu les autres attentives mais ce n’était pas spécialement le cas, surtout pas quand elle se retrouvait à esquiver les nuits en compagnie de ses camarades, ne supportant plus d’entendre les rêves des unes, des autres, de vivre des expériences qui n’étaient pas les siennes. Avait-elle besoin, vraiment, de s’imaginer à la place d’Ange entre les bras du Greyback ? Définitivement pas.

Seule, elle vivait bien, presque. Elle vivotait en tout cas, esquivant ceux dont le sang-pur semblait vouloir dire qu'ils valaient mieux. On aurait pu croire qu'elle cherchait la paix et la tranquillité mais elle était plus compliquée que ça. Dans cet empire des monstres, elle provoquait, cherchait à se brûler les ailes, enfonçait ses épaules et coudes pointus dans les côtes de pestes trop puissantes et de brutes trop épaisses. Après tout, ce n'était que sous les coups, avec du feu dans les yeux et du sang dans la bouche qu'elle arrivait à faire taire le vide. Ce n'était qu'en collectionnant les pensées des autres, qu'elle parvenait à calmer les siennes. 'Legilimens', avait dit Bane. Elle avait une capacité spéciale, aussi sournoise qu'elle et quand bien même elle avait juré de ne pas s'en servir, elle apprenait à le contrôler en provoquant des esclandres, trouvant là un pouvoir vengeur, une force silencieuse. Elle voulait ça, elle voulait contrôler pensées et poisons, à défaut de savoir lancer un foutu patronus. Elle voulait être solide à sa façon, fouteuse de merde se préparant à une guerre tacite, à un égarement plus profond encore.






(fall out boy) ▽ a constellation of tears in your lashes, burn everything you love, then burn the ashes.


. Le Chant des Morts Je vois ton nom écris en grand partout sur les murs, sais-tu c'que j'endure ? Aussi con que cela puisse sembler, elle avait toujours trouvé qu’il avait trop de voyelles dans son prénom. Comme si le déséquilibre le rendait difficile à cerner. Comme si l’absence de consonnes à part égale empêchait de s’accrocher. Il lui manquait des aspérités, des prises. C’était l’excuse qu’elle se donnait lorsqu’elle réalisait qu’elle n’arrivait pas à rentrer dans son crâne à sa guise. Peut-être aurait-elle dû cesser toute tentative, peut-être ne voulait-elle pas voir ce qu’il cachait, sous ces mèches blondes et son regard perçant, bien trop clairvoyant. Isaac. Foutu psychopathe. Elle avait réussi à attraper des brèves de penser, comme on choppe des particules de poussières seulement visible dans la lumière. Elle avait réussi à croiser quelques songes, quelques idées et à chaque fois, elle avait dû reculer d’un pas, simplement parce que contrairement à la poussière, ce n’était pas dans les rayons du soleil qu’il évoluait le plus facilement. Non, il y avait quelque chose de froid, de cassé chez lui.

Le même genre de vide que celui qui l’habitait elle.

Etrangement pourtant, elle se sentait moins perdue lorsqu’elle pouvait le voir. Comme on garde un animal dangereux dans son champ de vision afin de pouvoir s’assurer de ses mouvements, peut-être. Trop souvent, elle le cherchait des yeux, elle posait un regard sur lui, elle s’approchait. Trop souvent elle se retrouvait à se convaincre du fait qu’il calmait l’écho, le néant en elle. C’était faux. C’était impossible. Elle ne pouvait pas le supporter… mais elle ne pouvait pas plus supporter l’absence de lui. Inspirant profondément, elle s’appuya un instant contre un mur, la reine de la dérobade cessant sa course, stoppant sa fuite. Elle l’avait planté dans les cachots et il était quelque part dans les parages, armé, face à elle incapable de se défendre. Bordel, pourquoi se foutait-elle toujours dans pareilles situations ? Pourquoi toujours avec lui, surtout. Il était mauvais, pour elle et en général aussi. Il était nocif, il la poussait constamment vers un précipice, un point de non-retour. Elle écrasa son poing dans le mur qui la soutenait, un hoquet passant ses lèvres alors que ses os tremblaient sous l’impact. Ce n’était pas le premier son du genre à sortir de sa bouche ce soir et cette idée la rendait dingue. Pourquoi, par Merlin, n’était-elle pas foutue de s’en tenir loin ? Elle frappa à nouveau, glapissant cette fois, voulant chasser les images, le souvenir de son odeur, de sa chaleur. Plaquée contre le mur, elle l’avait aussi été quelques temps plus tôt, six pieds sous le château, au cœur du territoire des Serpentards, dans les marais humides qu’ils appelaient refuge. Pourquoi avait-il fallut que sa pièce préférée de Poudlard soit si près du dortoir d’Isaac ? Elle inspira plus fort, à s’en bruler la gorge et d’un geste sec, elle se colla une gifle pour chasser l’idée de son poids savamment appuyé sur elle, posé, plaqué contre son buste, de sa bouche s’approchant, déformée par un rictus mauvais alors que, presque fascinée, elle cherchait à fouiller ses songes. Il fallait qu’elle arrête. Qu’il arrête aussi de la provoquer… mais c’était juste trop tentant, trop grisant. Comme une chute programmée, comme une coupure un peu trop profonde et un peu trop volontaire, foncer tête baissée vers lui était dangereux, incertain mais libérateur.

Elle pouvait être folle, en sa présence, parce qu’il était pire et ne pouvait pas la juger… Elle pouvait l’observer aussi, parce qu’elle avait l’impression que jamais elle ne parviendrait à comprendre les secrets qu’il cachait. Indéniablement, elle était attirée par sa présence, par l’aura autour de lui. Un magnétisme malsain et inexplicable, l’avant-goût d’une catastrophe imminente, la brutalité d’un orage se préparant inévitablement. Il semblait la compléter, la réparer, faire d’elle une tempête complète et pas juste un éclair sans son, un nuage sans menace. Elle n’avait jamais cru aux conneries d’âmes sœurs mais il changeait la donne, lui coupant toute certitude et la plantant là sans plus de support, au cœur d’une arène où il semblait maître. Bordel, que cette idée l’agaçait. Qu’elle refusait de courber l’échine face à lui, quitte à en crever, quitte à devoir se battre trop fort. Elle sursauta pourtant, en entendant ses pas au bout du couloir, mais ignorant sa main blessée, elle se décolla du mur et se planta au bout du couloir, saisissant sa baguette bien trop souvent inutile. Elle se sentait plus vulnérable mais moins faible lorsqu’il était là et elle détestait encore plus que tout le reste l’idée de lui devoir quoi que ce soit… Tendant son dos, elle attendit qu’il se montre cependant, au lieu de fuir immédiatement, une fois de plus. Elle attendit qu’il passe l’angle du couloir pour projeter une image à défaut de pouvoir fouiller dans les moindres recoins de son âme. Se faisant rougir seule, se tordant le ventre sous l’effet des songes, elle fit pourtant en sorte de le déstabiliser, lui montrant ce qu’il aurait surement dû se passer dans les cachots. Des vêtements un peu partout, ses cuisses serrées autour des hanches saillantes du Serpentard, ses doigts enfoncés si forts dans ses épaules, sa poitrine contre sa peau, sa tête basculée en arrière, des murmures heurtés, des mots perdus « make me yours... », des râles et puis… plus rien. Dans un frisson qu’elle lui imposa, balançant un sortilège maladroit mais glacial, elle tourna les talons et fila plus vite, ombre dans ce château, petit fantôme ne sachant plus si elle devait le hanter ou se faire chasser. Les joues en feu, le souffle court, le cœur battant, elle alla trouver refuge plus loin. Il pouvait l’emmerder autant qu’il le voulait, il était hors de question qu’elle se laisse avoir sans se battre, peu importe la façon dont elle devait jouer. Elle voulait une nuit sans rêver de lui, un réveil sans larmes sales, elle voulait le détester avec autant de passion qu'elle pouvait le chercher, lui faire mal aussi fort qu'il la tourmentait. Elle voulait comprendre pourquoi il lui semblait si familier et le détruire ensuite, de toutes ses forces... Elle le voulait tout entier, avant toute chose, incapable de le nier une fois cachée dans une salle de classe déserte, ses mains filant sur sa chair laiteuse alors qu'elle se retrouvait plantée là, incapable de ne pas songer à lui, à cette haine qu'elle voulait diriger contre elle, à cette rage qu'elle voulait écraser sur sa peau, entre deux baisers fous. Une âme-soeur, trop peut-être, là où elle voulait un amant, elle allait trouver un jumeau and all Hell would break loose.


« Oui, vous l ' aimez, perfide,
de ces mêmes fureurs que vous me dépeignez,
de ces bras que dans le sang vous avez vus baignés… »









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the fucked-up one
The wasted years, the wasted youth, the pretty lies, the ugly truth... Adolescence didn’t make sense a little loss of innocence. The ugly years of being a fool, ain’t youth meant to be beautiful ? I wanna be a virgin pure a 21st century whore. I want back my virginity, so I can feel infinity †

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( lisbeth ) † if all the storm clouds decided to stay

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