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 (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.

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HRIen depuis le : 04/04/2014
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Statut : † DEATH IS MY LOVER AND HE WANTS TO MOVE IN. (MARIÉ À CEDRELLA GODSWORTH)
MessageSujet: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Dim 6 Avr - 11:25


flint heloym cartwright


(elisabeth hewer : i caught a mermaN but he won’t stop crying,)▽  I MET A MERMAN OUT AT SEA LAST WEEK, FELL IN LOVE LIKE A WAVE. I BROUGHT HIM HOME, PUT HIM IN THE BATHTUB BUT HIS TEARS KEPT COMING. I TOLD HIM HOW MUCH I LOVED HIM; AND HIS EYES STAYED WET AND RAW. I ASKED THE OLD SAILOR ON THE BEACH WHY I COULDN’T STOP HIS CRYING. HE TOLD ME IT’S BECAUSE HE LOVES THE SEA MORE THAN HE CAN EVER LOVE ME, AND NOW I’D TRAPPED HIM, THOSE TEARS WERE THE ONLY WAY FOR HIM TO TASTE IT. THAT NIGHT I KISSED THE SALT OFF HIS TONGUE AND BEGGED HIM TO STAY. THE SEA’S A SONG, HE SOBBED, AND I’M ITS LYRICS. I LOVE YOU, LET ME GO.
carte d'identité
Nom : CARTWRIGHT † un nom. Pas vraiment le sien, même si on lui a longtemps argué que c'était le cas. Il lui semble parfois étranger, parfois faux. Cartwright. Avec le temps, Heloym a cessé d'obéir au nom de Cartwright ; il n'a été qu'un numéro, pendant des années. Une série de chiffres marquée à la va-vite sur l'entête d'un dossier : 24601. Heloym 24601. Cartwright, c'est un nom inventé de toutes pièces par son feu père, qui voulait se défaire de sa famille, de son honteux sang. Si bien que si Gallagher était un nom sorcier – une lignée de sang-mêlés – plus ou moins connu pour composer de grands avocats magiques, Cartwright, personne n'en a jamais entendu parler avant lui. Prénom(s) : FLINT † silex. C'est un nom dur, âpre, qu'on crache. La langue vibre, les traits se déforment, la lippe se tord : Flint sonne comme une insulte amère. Flint, c'est la force, l'endurance, la détermination ; Flint c'est un rocher, une pierre, quelque chose de dur et fort. Un silex, qui peut tout embraser en un seul instant ; un silex, qui se cogne aux autres pierres en espérant en tirer des étincelles, les faire exploser. Flint. Il a délaissé ce prénom à la mort de ses parents (il s'en souvient particulièrement bien : il était dans le bureau de l'assistant social et lui a dit : je m'appelle Heloym) à la faveur du second. Il ne l'utilise plus, désormais, comme s'il en avait honte. Il n'est plus le Flint que ses parents aimaient de tout leurs cœurs. Il n'a plus rien en commun avec le gamin de six ans, des rêves plein la tête. Maintenant, il est Heloym. HELOYM † il ne sait pas trop où ses parents sont allés chercher ce prénom. Il s'est surpris, à plusieurs reprises, à taper ce prénom sur internet sans résultat probant. Peut-être quelque chose de religieux, de mythologique, il n'a jamais su. Il ne s'est jamais intéressé à ce prénom jusqu'à la mort de ses parents, quand il a décidé de l'adopter ; ainsi n'a-t-il jamais eu l'occasion de leur demander d'où il venait. S'il avait pu, il aurait appris de la bouche de son père que c'était le prénom de quelque ancêtre sorcier de son lignage, sans plus. Surnom : HELL † les gens sourient légèrement, amusés. Hell. Enfer. La contraction foireuse d'Heloym, rien à voir avec le monde souterrain ; vraiment. Mais la référence fait sourire parce que e mec ? C'est une crème, pas vrai ? Il est gentil, il est doux, toujours dans son coin ; et sacrément mignon, si ce n'est beau. On l'imagine mal être un enfer – et pourtant, Dieu sait qu'il peut vite se transformer en quelque chose de pire qu'un démon en un quart de seconde. Trop cryptique, trop branque, trop bizarre. Toutefois, ce surnom n'est pas commun et dans la bouche de quelqu'un qu'il ne considère pas comme proche, c'est une pure insulte à ses oreilles. Âge : DIX-HUIT ANS † l'âge de tous les possibles, hein ? Dix-huit années, dont neuf oubliées, consignées dans des dossiers, sur des feuillets, au stylo noir, sans attention, juste un coup d'oeil languide et désintéressé. Dix-huit ans mais parfois, il lui semble en avoir encore neuf, en avoir trente-six, en avoir trois mille. On lui a conféré une bouille de gamin mais, au milieu, cernés, ces deux grands yeux noirs qui, trop sages, trop vieux, murmurent : j'en ai trop vu, je n'en peux plus. Date et Lieu de Naissance : NATIONAL MATERNITY HOSPITAL, DUBLIN, 21 JUIN † c'est ce qu'il y a marqué sur le papier. À partir d'un moment, quand on est un gosse de l’administration, quand on a grandi au crochet de l'État, on ne fait plus que confiance au papier. Si on lui demandait son lieu de naissance, il aurait dit : dans l'amour et la paix, là où les montagnes chantent et le ciel se mélange avec la mer. Mais pourtant, c'était à la maternité nationale irlandaise qu'il a poussé son premier cri ; le premier d'une longue série. La première fois qu'on foutait son nom sur un énième fichier, le moment où la traque administrative a commencé. Le solstice d'été, il faisait bien trop chaud pour un mois de juin, l'atmosphère était étouffante ; et pourtant, Siam ne s'est jamais sentie aussi soulagée que quand on lui a déposé ce petit môme dans les bras. Nationalité : IRLANDAIS † de naissance. Il a toujours vécu, aussi loin qu'il puisse s'en souvenir, en Irlande ; et, encore aujourd'hui, c'est là où il retourne durant les vacances. C'est cette petite maison du fin fond de la campagne irlandaise qui l'a vu grandir. Il n'a, pour ainsi dire, jamais quitté son pays natal si ce n'est pour Poudlard. Étonnant, il n'a jamais eu la fibre nationaliste et indépendantiste, loin de là. Il n'est né qu'à Dublin car ses parents y étaient en déplacement à ce moment ; à vrai dire, il aurait dû pousser son premier cri dans le domaine familial, comme il est de tradition mais la grossesse de madame a eu raison du planning des Cartwright. Irlandais, donc, avec le sang-chaud et l'accent qui vont avec. Pureté du sang : SANG-MÊLÉ † même s'il s'est pensé né-moldu la plupart de sa vie. A vrai dire, aujourd'hui encore, tout le monde le pense né-moldu et à leurs yeux, il ne saurait en être autrement : après tout, ses parents n'ont jamais manifesté aucune habilité à la magie et il a grandi de la manière la plus moldue qui soit ; il ignorait, jusqu'à il y a peu, que son père était en réalité un Cracmol, renié par son propre sang parce qu'il avait eu l'impertinence de naître sans magie. Cette révélation lui a beaucoup coûté, mentalement (your life is a lie) ; et, étonnamment, il n'a jamais essayé de rétablir justice auprès de ceux qui s'échinent toujours à l'appeler sang-de-bourbe. Année d'étude & Maison : CINQUIÈME ANNÉE † cinq longues années, d'après ses dires. Ca fait douze longs mois qu'il a envie de se barrer, maintenant qu'il est majeur. Il a toujours considéré Poudlard comme une prison plutôt que comme une maison ; mais Ella, sa douce Ella, l'a convaincu de rester et de passer ses BUSES, puis ses ASPICs. C'est la dernière ligne droite, lui murmure-t-elle parfois pour le convaincre de ne pas abandonner tout de suite.  POUFSOUFFLE † loyauté. Générosité. Et tout ce tralala qu'on entend dire sur les poufsouffle dans les murs, y compris faible. La maison lui correspond étrangement bien – même si le Choixpeau a longuement hésité avec chacune des autres maisons, à vrai dire – et il s'y épanouit parfaitement. Le petit poufsouffle discret qu'on aime martyriser ? C'est lui. Mais il est aussi le lion qui ne veut pas se faire écraser les pieds, l'aigle trop vif qui pense tout le temps trop vite et la vipère sifflante qui fera tout pour son petit nombril. Toutefois, il reste plus généreux et loyal que téméraire, érudit ou ambitieux. Orientation sexuelle : HÉTÉROSEXUEL † sans vraiment se poser de question. C'est venu comme ça, c'est resté comme ça : il ne s'est jamais senti attiré par les hommes (ni par les femmes, en fait). Heloym est le genre de mec qui ne se préoccupe pas des autres, sous aucune forme de manière. Peut-il seulement aimer ?, se demande-t-il parfois. Sait pas. En tout cas, s'il faut lui coller une étiquette, ce sera celle-là à ses yeux par souci de normalité, comme il dit. Oh, évidemment, il est déjà tombé amoureux ; des coups de cœur comme des coups de sang, sans lendemain ni grands regrets. État civil : MARIÉ † si jeune ? Eh oui. Et même pas par amour. Non pas sous la contrainte non plus. Non. C'est juste arrivé comme ça. C'est un peu son caractère de celui qui ne veut pas être abandonné. Qui aime et ne sait pas comment l'exprimer ; alors il a passé la bague au doigt de sa meilleure amie, pour être sûr qu'elle reste, qu'ils soient toujours ensemble. À ses yeux, être marié n'a pas grande valeur ; c'est juste une assurance qu'il lui restera quelqu'un, toujours. Marié en union libre, pourrait-on presque dire. Enfin, vu comment ça va, le divorce ne semble pas loin non plus.

le sorcier en toi
Baguette : TRENTE-SEPT CENTIMÈTRES VIRGULE QUATRE † figure d'exception, déjà. Démesurée, c'est le moins qu'on puisse dire. Tellement longue qu'elle n'attire que les clins d'oeil amusés et taquins des autres jeunes hommes (compensating for something ?) et les rires moqueurs des jeunes femmes. Inflexible, à la grande surprise de tous, on ne l'a jamais vue se plier un tant soit peu. BOIS D'ACAJOU † un bois tout sauf noble, on en conviendra. Ce bois reflète la force, la sécurité et l'instinct protecteur, d'après Ollivander qui a vendu sa baguette à Heloym, sous son regard sceptique. À savoir qu'elle est certainement la moins fiable que vous rencontreriez jamais. CRIN DE QUEUE DE SOMBRAL † autant dire un mauvais présage, de part l'animal duquel l'élément est tiré mais aussi à cause de son passif : on raconte que la fameuse baguette de sureau avait ce cœur magique niché en son sein. FAIBLE † et c'est un euphémisme de le dire. La baguette d'Heloym est faible – à moins que ce ne soit son possesseur – et il reste un sorcier médiocre. Elle reste capricieuse et téméraire, malgré que le jeune homme l'ait possédée durant des années. Soit les sorts ne sortent, tout simplement, pas de la baguette ; soit ils sont incontrôlés et nettement trop puissants. Il n'y a pas de juste milieu. Patronus : AUCUN † tout simplement. Si Heloym pourrait compter les souvenirs suffisament heureux et puissants, il n'a jamais pris la peine de le schercher. Tout ce qu'il peut produire c'est, vaguement, cette fumée blanche pathétique. Sans forme aucune, bien évidemment, c'en est presque honteux d'exhiber ainsi son patronus ; alors il le garde pour lui, ne s'entraîne que rarement mais reste incapable de trouver un souvenir digne de ce nom (plus par flegme qu'autre chose). Si ça ne tenait qu'à lui, il dirait que son patronus prendrait la forme d'un majestueux, immense dragon ; plus vraisemblablement, ce serait une couleuvre. Un reptile, un serpent, lâche, vicieux, malingre, à vous observer de loin et à vous analyser mais, malgré tout et contre tout : inoffensif. De toutes manières, les Détraqueurs, c'est un mythe, hein ? Épouvantard : LUI-MÊME † le corps titube. Il balaie les environs d'un regard vide (l'oeil gauche, illuminé, vous regarde sans vous voir ; et l'autre est fermé, cerclé de noir et de violacé) ; ses membres se tendent, aggripent l'air ; sa mâchoire tressaille et sa bouche s'entr'ouvre pour laisser passer un râle d'outre-tombe. Lui-même, comme mort - ou presque -, sa peau pâle marbrée de blessures et de bleus et de sang et de coupures et de pus et de gangrène et de pourri. Et lui qui fou, l'écume aux lèvres, enfonce ses yeux dans les siens - dans ceux de l'HEloym, le vrai - et qui murmure : ils ne sont pas là et c'est une vision d'horreur qui le poursuit dans le plus profond de ses cauchemars, même s'il ne l'expliquera jamais. Particularité : TROISIÈME OEIL † ou voyance. Une malédiction plutôt qu'un don, à dire vrai. Même si il l'ignore, la voyance est un gêne qui s'est répandu dans sa famille paternelle au fil des âges, lentement, sûrement, s'incrustant dans l'ADN des uns et des autres jusqu'à être entièrement dilué par le temps. Et ce n'est que son père, Cracmol, qui l'a fait revivre grâce à son fils : il est le premier voyant depuis cinq générations et Dieu que c'est violent. Il voit le passé, il voit le futur, il ne sait jamais trop. Des choses qui arriveront, d'autres qui n'arriveront pas : ça le rend fou. Ca l'entoure mais, surtout, ça l'étouffe, ça se resserre lentement autour de lui, un étau détestable, un étau tortionnaire ; c'est lent, c'est lent mais ça avance. Heloym a difficilement appris à vivre avec son don ; mais comme il n'a jamais eu le choix, il l'a fait. Ses rêves prophétiques le poursuivent, prenant parfois une grosse valeur symbolique si bien qu'il est difficile pour lui de distinguer les véritables songes des prophéties. Ou même le réel, du rêve. Options choisies & métier envisagé : DIVINATION, SOINS AUX CRÉATURES MAGIQUES † sans surprise, à vrai dire, car Heloym a toujours eu un contact spécial avec les animaux. Quant à la divination, on peut se passer d'explication, non ? Il est curieux de voir comment le professeur peut inculquer la chose à des gens qui n'ont, manifestement, pas le don. De plus, même s'il pense intimement que ce n'est qu'un ramassis d'âneries, ces histoires de constellations et de feuilles de thé, il doit bien avouer que c'est franchement intéressant. Les créatures magiques, quant à elle, l'ont toujours attiré car c'était vraiment énorme, pensait-il alors en troisième année, ayant évolué dans le monde des simples mortels jusque là. ÉLEVEUR DE DRAGONS † crie le jeune homme au fond de lui, candide à souhait, passionné de mythes et de contes de dragons sanguinaires mais chevaleresques, au fond. La raison voudrait qu'il devienne quelque chose en rapport avec la Divination ; augure ou prof à Poudlard. Mais il n'est nullement attiré par ces métiers, quand bien même il y excellerait. Ainsi, la voix plus gentille de la raison lui parle d'exercer un métier de moldu – il ne sait pas encore lequel – et ça lui plaît nettement plus. Avez-vous déjà fait usage de la magie noire ? NON † tout simplement car il n'en a jamais eu l'occasion. Toutefois, il se pourrait qu'il y soit confronté, si jamais on lui parlait de lui retirer son don grâce à quelque exorcisme. Enfin. Il n'aurait aucun préjugé ni aucun remord à user de la magie noire dans quelque affaire que ce soit, si un jour ça advenait. Plutôt Ombre ou Ordre ? Pourquoi ? ORDRE † de tout son cœur. A le voir, on ne le croirait pas si convaincu, si déterminé à les faire payer, ces bâtards, ces fils de putes, ces terroristes comme il dit avec haine. Depuis la destruction de la tour de Serdaigle, Heloym voue une haine sans fond ni comble pour ces putains de fils et filles de mangemorts et reste intimement certain qu'ils font tous partie de l'Ombre. Sans surprise, il a donc rejoint l'Ordre et fait partie des membres les plus convaincus parmi les plus discrets. En fait, rien que d'en parler, de l'Ombre, de ces agissements, ça l'énerve énormément. Il voue donc une haine irrépressible pour les méchants et, par défaut, a rejoint le camp adverse. Que pensez-vous de Kingsley Rosenbach et de l'arrivée des aurors au sein de l'école ? RASSURÉ † mais il aurait tout de même préféré que ce soit des médicomages, qui viennent. Il trouve ça plutôt bien que Rosenbach et ses pantins soient là, il a tout de suite moins peur pour ses fesses. Pour autant, il a eu vent de ce qu'il se passe à l'université d'Édimbourg et il a l'impression qu'on lui cache beaucoup de choses. Et si ses visions restent imperméables quant à ce qui va advenir du monde sorcier, son instinct, lui, lui crie que rien de bon ne se profile pour l'avenir. Bref. Ils sont en sécurité à Poudlard, il en reste persuadé. Le sortilège du Ligare Carcerum a été un choc pour beaucoup d'élèves et professeurs... Qu'en est-il pour vous ? INDIFFÉRENT † sans surprise, il s'est lié avec son épouse et meilleure amie, Ella. Il s'en fiche un peu de vivre H24 avec elle maintenant (ça ne change pas tant de leurs vacances, à dire vrai) et même s'il trouve le principe ridicule, il ne s'en plaint pas. Êtes-vous inquiet pour votre sécurité, celle de vos proches ? BEAUCOUP † car rien ne semble vouloir venir à sa petite tête de voyant. Le noir total. Et ça ne lui est jamais arrivé avant. Il est extrêmement inquiet pour lui-même et Ella, la dernière famille qu'il lui reste, même s'il n'en montre rien. Il n'a désormais plus qu'une envie : finir ses études fissa et s'envoler loin de l'Angleterre et son noir destin.


le moldu derrière tout ça
Pseudo : WR∆TH., lola, judah. Âge : seize ans. Avatar : dylan o'brien. Fréquence de connexion : 3-4/7j. en fait, ça dépend vraiment des semaines. :arrow:en tout cas, je peux répondre au moins une fois par semaine (sinon, venez me tirer les oreilles). Comment as-tu connu le forum ? il y a longtemps, par une amie, aux petits débuts du forum. (trop d'émotions rn) Code : Code validé par Sixtouchat. Copyright : crazy heart@bazzart, greeenarrow@tumblr., shadowstiles@tumblr., teamsciles@tumblr., hclns@tumblr.



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I was as hollow and empty as the spaces between stars.
- I think that we're all in our private traps, clamped in them, and none of us can ever get out. We scratch and we claw, but only at the air, only at each other, and for all of it, we never budge an inch.
-  Sometimes, we deliberately step into those traps.
- I was born in mine. I don't mind it anymore.
- Oh, but you should ! You should mind it.
- Oh, I do. but I say I don't.
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HRIen depuis le : 04/04/2014
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MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Dim 6 Avr - 11:25


THE BOY WITH THE BROKEN HALO


(MCLLSCOTT@TUMBLR) ▽ Is it the never-ending darkness in front of you which seems to swallow you piece by piece ? Is it the slithering snake that proceeds to draw nearer and nearer with every growing second ? Is it the walls of the coffin that close in around you and prevent your escape ? Is it the hand that touches you when you are alone in a room ? Is it your reflection in the mirror that blinks, when in reality your eyes don’t move ? Oh, never-ending glory to the one who is brave enough to not only to face their fears, but to conquer them.
Flint naît et grandit dans une famille heureuse irlandaise, de ses parents Duncan et Siam Cartwright. Ils vivent une vie simple et heureuse même si Flint est un enfant perturbé, aux nombreux cauchemars et crises de panique. Une nuit, le garçon de neuf ans fait un cauchemar de ses parents ayant un accident de voiture ; il fait semblant d'être malade, le lendemain, pour ne pas les accompagner. Il l'ignore alors, mais c'était bel et bien une vision prophétique. L'accident arrive, ses parents meurent et il est envoyé dans une famille d'accueil, les Witherman. (LES RÊVES EN FIN DE CHAPITRE SONT ANTÉRIEURS AU DIT CHAPITRE)
† THE NIGHT IS DARK AND FULL OF TERRORS. (I)
Flint se réveilla en criant.
C'était un cri inhumain, que l'on n'attendait pas de la gorge d'un enfant si frêle. Six ans. Des cheveux bruns très courts, des yeux aux parures abyssales, un corps chétif et maladroit. Et le cri. Rauque. Qui perce abruptement la nuit, déchirant le silence serein de la maison. Presque aussitôt, par un mécanisme rodé par l'habitude, Siam Cartwright monta quatre à quatre l'escalier jusqu'à la chambre de son fils. Elle en ouvrit la porte à la volée, le battant de chêne allant brutalement s'écraser contre le mur ; avec une telle violence que le bruit de l'impact fit taire instantanément l'enfant. Il observa, les larmes aux yeux, sa mère. Il ne sembla pas la reconnaître tout d'abord, la dardant sans mot dire, ses grands yeux noirs arrachant des frissons incontrôlables à Siam. Elle fit un pas timide dans la chambre, dans sa direction, n'osant pas s'avérer trop entreprenante de peur de brusquer le petit. Il pouvait rapidement s'avérer violent, surtout lors de ses réveils brutaux où tout sa conception du monde était perturbée, et c'était nettement plus destructeur pour lui que pour elle. « Flint ? » tenta-t-elle d'une petite voix, faisant un autre pas. Il cligna une fois, deux fois des yeux avant que ses traits ne se défassent entièrement, ébahissement devenant peur ; incompréhension, soulagement ; et colère, tristesse. « M-um ? » Un douloureux sanglot agita sa cage thoracique et, un instant plus tard, sa mère s'était précipitée sur lui pour le prendre dans ses bras. Elle attira de force la tête de son fils contre son épaule et Flint s'agrippa désespérément à elle, fermant les yeux pour en faire tomber les dernières larmes. Il ne savait même plus pourquoi il pleurait. Il était même incapable de dire quel rêve l'avait mis dans cet état. Tout ce dont il était certain, c'était qu'il tremblait affreusement et que sur ses joues encore rondes, dévalaient des pleurs irrépressibles et brûlants. « I-I can't sleep. Can I sleep with you ? Please ? This night only. » murmura-t-il, implorant et pleurant, se détachant un bout d'un moment interminable de sa mère pour la regarder dans les yeux. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir la souffrance du gamin. « We are not sleeping right now, you can't-- » « I'll watch tv with you then. Please. I can't sleep without you. I just... » Sa voix se brisa, bientôt suivie des résistances de sa mère. « Alright. Alright, Flint. This night only. » Le garçon tendit les bras et Siam soupira, avant de consentir à le prendre contre elle et à le porter jusqu'en bas où, affalé sur le canapé, Duncan Cartwright se redressait à peine en les apercevant. Il déchargea son épouse, lui colla un baiser sur la joue puis prit Flint sur ses genoux. Le jeune garçon enfouit son nez contre son cou, un œil rivé sur la télévision. « Shouldn't you be in bed, love ? » « Bad dream. » dit-il simplement et Duncan soupira, sa main caressant machinalement les cheveux bruns du gamin. Il s'empara de la télécommande et les chaînes défilèrent sous l'oeil grand ouvert de Flint ; jusqu'à ce qu'ils tombent sur un vieil épisode de Doctor Who et décidèrent de le regarder. Flint tentant tant bien que mal de suivre les aventures de l'alien centenaire ; mais rapidement, le sommeil le rattrapa et il s'endormit sur les genoux de son père.

Duncan attendit longuement afin d'être sûr que Flint ne se réveillerait pas ; puis, lentement, avec des gestes eux aussi rodés par l'habitude, il se leva en gardant le gamin contre son torse. Il adressa un regard en coin à Siam, qui lui envoya un baiser du bout des doigts ; il grimaça comme toute réponse, se dirigeant à l'aveugle jusqu'à l'escalier. Il en monta les marches une à une, avec précaution pour ne pas trop agiter Flint qui, agrippé à son t-shirt dans ses bras, dormait à poings fermés ; puis il alla le déposer dans son lit défait, avec toute la délicatesse et l'amour que ce monde pouvait offrir. Il observa le visage de son fils qui, une fois endormi, était désert de toutes grimaces douloureuses (la faute à ces migraines qui, incessantes, le poursuivaient dès ce si jeune âge. Les docteurs qui s'étaient succédés à son chevet avaient tous été incapables d'en expliquer la provenance et, pour l'instant, Duncan se voilait encore la face en pensant que Flint était un gamin comme les autres, qui avait juste quelques légers problèmes de sommeil. Il refusait d'admettre cette possibilité (qui s'avérerait, plus tard, être la bonne)) et, enfin, oserait-il le penser ? détendu. Il tendit la main vers les traits poupons de Flint et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, tendresse exacerbée en étendard. Il se relevait pour aller éteindre la lumière et partir quand la voix ensommeillée du gamin le stoppa net : « Pops ? » Il fit presque aussitôt volte-face et, l'instant d'après, était à nouveau assis à côté du garçon sur son lit. « Yeah ? » lui sourit-il, rassurant. Duncan avait un sourire chaleureux, réconfortant et convivial ; Flint, en regardant ce grand sourire à grandes fossettes, se sentait toujours bien. « Am I a freak ? » « Of course you're not a freak ! » C'était peut-être sa fièvre empressée à le contredire ou bien sa grimace machinale ; en tout cas, Flint n'en crut pas un mot. Duncan lui-même ne se trouva pas convaincant et il soupira, sa mordant machinalement la lèvre en se rapprochant, sa main se posant sur la couette et la tapotant maladroitement. Il était un homme plat, un homme simple, un véritable livre ouvert pour le monde qui l'entourait. Incapable de mentir ou de cacher ses véritables pensées. Et Dieu sait qu'il avait peur, qu'effectivement, Flint soit un freak, un monstre, une anomalie. « You're not a freak. Who told you that ? » « The boys at school. That's what they all say. I don't want to be a freak, Pops. » Le père regarda longuement son fils, droit dans les yeux, ne trouvant pas les mots. Il baissa honteusement les yeux – il était incapable de rassurer son propre fils ! quelle honte – et se surprit à jouer nerveusement avec le bord de la couette. « Don't think about that and go to sleep, yeah ? You're not a freak, Flint. » Il se pencha en avant, embrassa le front du garçon, se leva et s'en alla.

Il courait, il courait, il courait à en perdre haleine. Il refusait de s'arrêter, quand bien même ses poumons menaçaient d'exploser ; il refusait de s'arrêter même si ses talons criaient grâce ; il refusait de s'arrêter même s'il sentait son sang, parti à toute vitesse dans ses veines, qui venait pulser jusque dans ses tempes et troubler sa vue par son mouvement trop rapide. Il avait l'impression que son cœur allait sortir de sa poitrine sans cesser de battre ; qu'il allait se plier en deux, à tout moment, pour se vider de toutes ses tripes. Une sueur froide lui dévalait le dos, faisait se coller désagréablement son t-shirt à sa peau déjà moite ; son souffle était court, erratique, et bien vite, ce fut comme si l'air lui manquait purement et simplement. Il avait envie de s'arrêter, il avait vraiment envie mais pire, il en avait besoin mais il s'y refusait. Il n'avait pas le droit. Il en pouvait pas leur faire ça. Ses petites jambes d'enfant se pliaient et se dépliaient et se repliaient et se dépliaient à nouveau ; il tomba mais se releva, genoux égratignés, paumes endommagées. Il devait toujours se relever, sinon il allait perdre, il allait les perdre. Leurs silhouettes s'éloignaient de seconde en seconde et, cause à réaction, l'étau des ténèbres lentement se refermait autour de lui. L'air se raréfiait, il voyait de plus en plus trouble, tout n'était qu'un ramassis cotonneux d'émotions et de sensations comme s'il était sous anesthésiant. « Pops ! Mum ! » Mais ils n'entendaient rien, lui tournaient résolument le dos (ils devaient ne pas l'entendre, c'était la seule explication). Redoublant d'effort, Flint réussit à grand mal à accélérer ; et quand sa main voulut se refermer autour du poignet de Siam, sa mère, celle-ci explosa en grains noirs de sable et Flint se réveilla en hurlant.
† GHOSTS THAT WE KNEW WILL FLICKER FROM YOU. (II)
« He told me he had a terrible feeling about this. » « Come on, Siam, he's just a kid who had a bad dream, right ? » Duncan roula des yeux, l'air excédé, mais il fut trahi par le sourire tendre qui vint tordre doucereusement ses lèvres. Il se pencha en avant, tandis que son épouse prenait une mine contrariée de ne pas être prise au sérieux ainsi, et attrapa la jeune mère par la taille pour la forcer à le regarder. Il se pencha en avant et déposa un rapide baiser sur ses lèvres. « Come on. Don't worry it will be all fine, right ? Plus, Sinead really needs to see you. » Peu convaincue, quoiqu'attendrie par la marque d'affection de son mari, Siam hocha la tête. Elle le repoussa gentiment en se détournant, faisant à nouveau face au miroir pour arranger ses cheveux puis le foulard qu'elle portait autour du cou. Elle avait grandi et vieilli trop vite, un gamin sous le nombril trop tôt, une bague au doigt encore plus. Mais, pourtant, elle ne le regrettait pas. Elle aimait Duncan Cartwright, vraiment – même si il lui semblait qu'elle savait, au fond, si peu de choses à son propos – et ils vivaient une vie simple, mais heureuse. L'arrivée de Flint n'était pas prévue mais, pour autant, jamais n'avaient-ils cessé de l'aimer, malgré les complications, malgré les problèmes que soulevait le gamin. Elle se passa une dernière fois la main dans les cheveux avant de jeter un regard à son mari, à travers le miroir ; et puis de tourner les talons pour monter une dernière fois s'assurer que Taissa s'occupait de tout et que Flint allait bien. Elle discuta une bonne dizaine de minutes avec la baby-sitter qui, mal à l'aise, répondait timidement à ses questions ; puis elle entra dans la chambre de son fils malade, qui la dardait de son regard entêtant. « I don't want you to go. » fit-il pour la énième fois et Siam dut faire appel à toutes ses convictions pour ne pas soupirer, déjà lasse de leur conversation. « It's really important, Flint, you don't understand. I need to see Sinead, she's going through a lot and she is my best frien-- » « I can't let you go. Mum, please, just, just this once, yeah ? » « I can't do this and you know it, Flint. Please. » rajouta-t-elle en le voyant ouvrir la bouche pour rétorquer ; et Flint vit alors, sous ses airs de jeune femme pimpante et énergique, le poids des années qui lentement s'accumulaient sous le masque. Il ferma lentement la bouche, un élan de tendresse rare venant enserrer son cœur qui, meurtri par le doute et la peur, ne voulait pourtant pas la laisser partir. « We will talk about this when we're back, alright ? It's a shame you can't go with us but you're too sick. » Il resta longuement silencieux, la regardant se relever sans comprendre. Il tendit la main, elle la prit dans la sienne et la serra brièvement. « I'm sorry, love, but I need to go. Take care. » Elle se pencha en avant et lui embrassa le front ; presque aussitôt, Flint passa ses bras autour de son cou pour l'attirer contre lui. Siam grogna mais se rassit, le serrant contre elle sans comprendre le désespoir touchant de son fils qui ne voulait plus la lâcher. Elle partit tout de même après être parvenue à s'en dépêtrer.

La longue plainte arracha Taissa à sa lecture. C'était une plainte monotone, toujours sur le même ton ; plus un son animal qu'humain, à vrai dire. Un peu comme le hurlement d'un loup éperdu à la lune, quand sa compagne est morte ; voilà à quoi ça lui faisait précisément penser quand bien même n'avait-elle jamais réellement entendu de loup hurler. Elle se précipita dans la pièce en face de celle où elle s'était réfugiée pour lire, celle du petit gamin qu'elle gardait, et le trouva là, au milieu de son lit. Ses joues étaient striées de larmes et son visage, bon dieu, son visage n'était que pure souffrance. Elle ne se souvenait pas avoir déjà vu une telle expression sur le faciès de quiconque ; alors la voir sur celui d'un gamin de neuf ans, c'était plutôt surprenant. Elle songea un instant que si quelqu'un avait souffert de tous les maux du monde, il aurait arboré ce visage. Et penser à ça ne la rassura en rien. « Flint ? Flint, what's wrong ?! » s'écria-t-elle en se précipitant vers lui, alors que la plainte reprenait, lentement, monotone, infiniment triste. Il ne semblait pas capable de faire autre chose que gémir, hurler ; et quand elle passa timidement ses mains sur son visage pour attirer son attention, enfin, il baissa le regard vers elle. Ses yeux noirs étaient bordés de larmes qui, s'accrochant désespérément à ses longs cils, retombaient mollement sur ses joues jusqu'à la pointe de son menton. Sans interruption. Il ne la reconnaissait pas, comprit-elle à la lueur dans son regard, jusqu'à ce que ses lèvres forment son prénom, puis sa gorge de le prononcer : « Taissa... » Le reste de la phrase – il l'avait prononcé de telle manière que la jeune femme ne doutait pas qu'il y aurait une suite à ce mot – resta en suspens, il semblait incapable de la formuler. Ses yeux scrutèrent les siens, tour à tour, ses larmes se tarissant lentement mais sûrement tandis qu'il semblait se concentrer et revenir dans le monde de la conscience. « It happened. The... the car it... » Silence. Elle soupira un peu de soulagement. Elle avait eu peur qu'il fasse une crise de panique et qu'elle ait à appeler les Cartwright en catastrophe pour qu'ils reviennent ; mais non, le gamin était juste encore engoncé dans son délire, dans sa folie. Il était intimement persuadé que Siam et Duncan, en allant à ce fameux rendez-vous avec une des amies de la mère, allaient avoir un accident mortel de voiture. Des élucubrations auxquelles personne ne portait attention, bien évidemment. « It's alright, Flint. You know they're safe. You're just hurting yourself if you-- » « You don't understand. » la coupa-t-il abruptement. « How can you be so blind ? » Elle remarqua, dans les multiples lueurs de ces yeux sombres, un nouvel éclat. Une sagesse qu'on n'aurait réellement pas attendu dans l'oeil d'un gamin de neuf ans, encore moins un môme égoïste et fantasque comme celui-ci. Un long frisson parcourut l'échine de Taissa, qui fronça délicatement les sourcils. « It already happened. The phone is going to-- » Le téléphone, en bas, sonna.

« You don't even know half of the lyrics, I think it's best for both of us that you stop. » « FIRST OF ALL, commença à crier Siam d'un air faussement exaspéré. HOW DARE YOU ? » Duncan, en entendant sa femme, ne put que glousser incontrôlablement en appuyant sur le bouton suivant de la radio, pour changer de fréquence. Une émission culturelle succéda à la chanson pop que Siam était persuadée de connaître par cœur. Elle grogna légèrement, sans plus oser se plaindre, s'agrippant plus férocement encore au volant sans quitter la route des yeux. Flint, lui, criait. Il criait de toutes ses forces mais, quoiqu'il fasse, ni son père ni sa mère ne l'entendait. Elle se contentait de conduire, lui de regarder le paysage en écoutant d'une oreille distraite ce qui se racontait à la radio ; mais ils ne faisaient pas attention à leur fils qui, désespérément, tentait d'attirer leur attention pour les faire échapper à leur triste sort. Mais rien n'y faisait. C'est la vie. Tu ne peux rien y changer, lui soufflait une voix doucereuse, quelque part dans sa tête. Il serra des poings, les abattit partout où il pouvait mais rien n'y faisait. Siam, dans un geste furtif, retourna sur la fréquence de la chaîne radio de musique. De nouveaux accords résonnaient dans la petite voiture. Duncan, aussitôt, fit un mouvement pour arrêter le lecteur mais sa femme lui frappa la main en claquant de la langue : « Hold on, it's my favo-- » Elle ne put jamais finir sa phrase. L'autre voiture arrivait à pleine vitesse et les percuta de plein fouet, les précipitant dans l'eau froide et mortelle du lac qui se trouvait sous le pont qu'ils arpentaient.
† L.I.F.E G.O.E.S O.N (III)
« Do you have everything ? » Le petit gamin leva le regard vers lui. Ses yeux étaient sombres, si sombres. Si noirs. Ils avaient une dimension abyssale, semblaient tout absorber comme un immense trou noir. Il dardait cet homme comme s'il n'était rien et, pendant un simple et bref instant, Carter Jackson fut extrêmement gêné par le regard du petit. Il était un homme à la forte carrure, immensément grand, avec un caractère bien trempé ; fort de sa petite quarantaine d'années, il en avait vu des gamins défiler dans son boulot. Des perdus, des trouvés, des drogués, des petites frappes, des orphelins, des fugueurs. Pourtant, il se sentit lui-même perdre contenance sous le regard du garçon, qui restait silencieux. Il s'éclaircit la gorge avant de rajouter : « You won't come back for a very long time, you know. » Aussitôt, les yeux de Flint Cartwright s'ancrèrent à nouveau sur la maison. Elle était plutôt sympathique, avec une jolie couleur, bien entretenue, un jardin fleuri. Il y avait une belle balançoire qui grinçait à cause du vent, on devinait la couleur fade mais soigneusement choisie des rideaux derrière les fenêtres, la cheminée branlante qui avait connu de nombreuses fumées, en hiver. C'était le genre d'endroit chaleureux et confortable duquel on sent la convivialité à quelques kilomètres à la ronde – maison perdue du fond de la campagne irlandaise, il fallait se donner la peine pour la trouver. Pourtant, elle était déserte, froide, grinçante la dernière fois que Flint posa les yeux dessus. Il lui semblait qu'elle allait s'écrouler d'un instant à l'autre, là, tout de suite, sous ses yeux sombres qui gênaient autant qu'ils fascinaient. Il embrassa une dernière fois du regard le paysage avant de se détourner, marmonnant : « I have everything I need » en se dirigeant, clopin-clopant, jusqu'à la voiture garée de Jackson. Celui-ci le suivit docilement, l'aida à s'installer à l'arrière puis vint se positionner derrière le volant. Il entama alors une conversation à sens unique, à propos de la nouvelle vie qu'il allait mener, à propos de sa famille qu'il essayerait de retrouver, à propos de toutes ces choses idiotes et futiles qui n'intéressaient que trop peu Flint. Retourné sur son siège, celui-ci regardait sa maison s'éloigner dans le pare-brise arrière et pensait qu'elle allait simplement disparaître de son champ de vision, à l'horizon, après un temps interminable, mais non. Juste un virage trop serré, un arbre qui se positionne dans le mauvais axe et pouf, elle avait disparu. Brutalement. Il sentit à nouveau les larmes sortir de ses yeux et couler, brûlantes, sur ses joues ; mais cette fois il pleura dans le plus parfait silence pour ne pas alerter Jackson qui, même s'il avait remarqué les sanglots du gamin, n'en pipait mot. Il en avait vu, des yeux. Des yeux aux sourcils froncés, aux serpentins affolants de sang, à la lueur méchante, aux larmes à ras-bord, aux éclats vicieux. Des bleus, des verts, des vairons, des aveugles, des gris, des noirs, des crevés, des marrons. Mais rarement en avait-il vu d'aussi tristes.

« You'll see, your new family is lovely. Really. » tenta platement Carter Jackson, alors que la voiture s'arrêtait enfin devant la vieille bicoque. D'un même mouvement, Flint et Jackson se retournèrent vers les vitres gauches pour observer, d'un air incrédules, ladite maison. Sur le porche, l'air impatients et hésitants de la démarche à suivre, un couple de sexagénaire qui, les mains en paravent, tentaient d'apercevoir quelque chose à travers les vitres de la vieille voiture. « I don't want a new family. I want my parents back. » Jackson ne put retenir un léger soupir en se retournant pour darder le jeune garçon qui, sur la banquette arrière défoncée de la voiture, ne semblait pas disposé à vouloir partir. Tout comme le jour où ils avaient quitté la maison, Jackson se fit la réflexion que cet enfant était indéfinissablement triste. C'était une tristesse touchante, qui enserrait le cœur de l'assistant social d'un étau incompréhensible de culpabilité. Il s'en voulait, d'arracher le gamin ainsi à ses racines, ses origines. Mais, à la mort de ses parents et quand le reste de sa famille s'était mystérieusement trouvée introuvable, il était devenu un gosse de l'État et un gosse de l'État était forcément triste, vous pouviez le croire. Jackson en avait vu défiler des tonnes, des cas similaires, et jamais il n'avait pu les aider comme il l'avait voulu, Heloym 24601 y compris. « Flint-- » « It's Heloym now. I already told you so. » le coupa abruptement le gamin, avant de défaire d'un mouvement sa ceinture et de sortir comme une tornade de l'habitacle, comme s'il avait brutalement changé d'avis. À vrai dire, il s'était fait une raison, tout simplement. Il n'avait nulle part d'autre où aller et personne d'autre à aimer si ce n'était que... eux. Arrivé à la hauteur du couple, il remarqua que celui-ci arborait toujours un sourire qui semblait faux, hypocrite, étrange et crispé. Mais il vit, dans les traits de ces deux retraités fortunés, une certaine tendresse, un grand amour à revendre et il sut, indubitablement, qu'il serait bien quand bien même ce ne serait jamais parfait. « Hello Flint. My name is Richard and this is Joe. We are the Withermans. Your new... family. » « Hello. My name is Heloym. » le reprit le gamin, presque méfiant, observant d'un air déviant l'homme puis la femme. « Alright, Heloym. Do you want me to carry your luggage ? I'll show you around. » proposa gentiment Richard en lui tendant la main, tandis que madame invitait familièrement Jackson à rentrer boire un thé, offre qu'il refusa à regret. Alors qu'il était entraîné dans la maison, tandis que Richard Witherman, sa nouvelle famille, lui parlait un peu de tout et de rien, Heloym ne put s'empêcher de jeter un regard par-dessus son épaule à l'adresse de Jackson qui retournait dans sa voiture, en le détaillant. Puis il tourna la tête, carra les épaules et et se força à raidir fièrement la nuque. C'était sa vie, maintenant.

Et ils disparaissaient tous progressivement, avec une constance rare et presque... presque rassurante tant elle était régulière. Heloym était perdu. Il étouffait. L'étau s'était resserré autour de sa gorge, écrasait lentement sa carotide. Un poids inconnu pesait sur sa cage thoracique, tous ces membres lui semblaient compressés et tout à fait inutiles, ballants de part et d'autre de son corps. Il était incapable de retenir quiconque. Perdu au milieu de la foule, il regardait les gens autour de lui avec désespoir, hurlait, hurlait pour attirer leur attention et les forcer à rester ; mais rien, rien n'y faisait. Ils partaient tous, disparaissaient dès qu'il les effleurait du bout des doigts, explosant en éclats brillants de sable, qui aspergeaient Heloym, le souillaient, comme les réminiscences des gens ayant partagé un peu de sa vie sans jamais y rester. Les traces indélébiles, les cicatrices terribles d'une foule qui n'avait de cesse que de passer à côté de lui sans jamais s'arrêter. Il tomba à genoux, ivre de douleur, levant les yeux vers un ciel pourpre propre aux pires fins du monde. Les visages se succédèrent. Des visages qu'il avait connu, d'autres qu'il connaîtrait, certains qu'il ne verrait jamais ; mais aucun qui ne resterait.






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I was as hollow and empty as the spaces between stars.
- I think that we're all in our private traps, clamped in them, and none of us can ever get out. We scratch and we claw, but only at the air, only at each other, and for all of it, we never budge an inch.
-  Sometimes, we deliberately step into those traps.
- I was born in mine. I don't mind it anymore.
- Oh, but you should ! You should mind it.
- Oh, I do. but I say I don't.
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MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Dim 6 Avr - 11:25


WASTING MY YOUNG YEARS


(TEEN WOLF) ▽ "If it’s about surviving, isn’t a little agony worth it ?

- I mean, what if it just gets worse ? What if it’s agony now and... and it’s just hell later on ?

Then think about something Winston Churchill once said : « If you’re going through hell, keep going »."
Richard et Joe Witherman ont adopté d'autres enfants : Jim, Heath, Cedrella et le petit dernier, Walter. Heloym n'arrive pas à s'entendre avec eux, Jim prend un malin plaisir à le maltraiter jusqu'au jour où Heloym se défend et fait pour la première fois, à l'âge de dix ans, preuve de magie. Cedrella le remarque et, sorcière issue d'une famille de sorciers, se rapproche de lui et devient sa meilleure amie. Ils vont tous les deux à Poudlard, lui à Poufsouffle et elle à Gryffondor. Les rêves prophétiques de Heloym sont de plus en plus fréquents et douloureux. Il a de nouveau des crises de panique et de somnanbulisme, chose qui s'était calmée chez les Witherman. (LES RÊVES EN FIN DE CHAPITRE SONT ANTÉRIEURS AU DIT CHAPITRE)
† MY KINGDOM IS NOT OF THIS WORLD. (IV)
« Leave me alone. » articula Heloym, les yeux férocement plantés dans ceux de son vis-à-vis. Celui-ci éclata d'un rire gras et détestable, ne lui accordant pas un mot, continuant de jouer avec la balle d'hurling, la faisant passer habilement d'une main à une autre. Toujours ricanait-il à la face du gamin de quatre ans son cadet, bien vite accompagné par son ami de toujours. La vie chez les Witherman était plutôt simple, plutôt bien. Heloym s'y sentait enfin à l'aise, après une longue année de tâtonnements. Comme toujours, il avait de grands soucis pour s'intégrer à l'école locale – ses prédispositions en tout et ses bizarreries à répétition avaient suffi pour qu'il ne soit jamais complètement adopté par ses camarades – mais, petit à petit, il semblait tourner le dos à un passé bien sombre. C'était sa manière de se reconstruire, sa manière de grandir, d'évoluer : oublier. Tourner le dos. Ignorer. Ce n'était certes pas la meilleure solution ; mais pour l'instant, ça lui suffisait. Encore aujourd'hui, ses rêves morbides de morts, de futur, de rêves qui ne pouvaient être le poursuivaient ; mais il n'en faisait pas grand cas. Ses crises s'étaient calmées, à l'instar de ses cauchemars trop violents et ses insomnies ; enfin connaissait-il le repos et le sommeil. Mais il n'y avait plus d'amour. « Give me the ball back, Jim. » Jim était son frère. Son ami Heath, était lui aussi son frère. Cedrella était sa sœur. Le petit Walter était aussi son frère. Richard était son père. Joe était sa mère. Ils étaient sa famille. Cette phrase était le plus doux mensonge qu'il eut jamais prononcé. « What are you going to do ? Scream on me ? » « I'll tell Richard and Joe. » « And what are they going to do ? Ground me ? No dessert for me tonight ? » ricana Jim qui lança à nouveau la balle, la rattrapant au vol avec habilité. « You can't use it properly anyway, you suck at hurling. » « Give it back to me. » « Let me try it first. » L'instant suivant, Jim avait pivoté sur ses appuis et avait lancé la balle à la manière du baseball, de toutes ses forces. Elle accomplit un vol exemplaire, disparaissant de la vue de tous les gamins présents – tous les fils et la fille de rien qui avaient été généreusement recueillis par les Witherman – alors qu'Heloym s'étranglait, Jim et Heath ricanaient, Cedrella relevait à grande peine le nez de son livre et que Walter regardait ses grands frères sans comprendre mais riant tout de même. Jim se détournait déjà pour retourner vers la maison, derrière eux, tandis qu'Heloym, les oreilles écarlates, contemplaient l'horizon comme s'il pouvait en extraire la balle. Sans qu'il ne comprenne pourquoi ni comment, un étrange sifflement lui parvint aux oreilles ; et il vit la balle foncer vers lui à toute vitesse, le dépasser et aller percuter à pleine vitesse le crâne de Jim. La balle y rebondit trois fois avant de foncer vers Heloym, qui l'attrapa au vol. Tout le monde le regardait, désormais. Jim et Heath étaient éberlués, yeux grands ouverts, le premier se frottant le crâne et le second serrant les poings dans l'optique de venger son ami ; Walter applaudissait, ravi du tour de magie ; et Cedrella le vrillait de son regard sombre, l'air impénétrable. « Don't do this again or I will fucking murder you. » jura Heloym avant de se détourner et de partir en courant.

« You're such a weirdo to be honest, Heloym. » Le jeune homme, arraché à sa contemplation, leva un regard sombre vers la fille. Cedrella était la suffisance et l'arrogance faites femme ; et toujours, ce petit sourire sur ses lèvres, qui semblait dire : j'aurais toujours une longueur d'avance sur toi. Il grogna en baissant à nouveau les yeux sur sa main, qui envoyait et rattrapait machinalement la balle de hurling qu'il avait récupéré plus tôt dans la journée. Et puis il avait couru, couru, couru. Il était sorti de la propriété jusqu'à s'enfoncer dans la forêt. Elle ne lui faisait pas peur : il avait l'impression de la connaître mieux que personne, c'était un peu sa maison. Il effleurait les écorces des arbres du bout des doigts, il en ressentait les années qu'ils avaient vécu et celles qui étaient à venir ; il imaginait les chasses qui y avaient été données il y a quelques siècles, et la déforestation qui s'engagerait dans quelques années. Et quand, enfin, il était apparu à l'orée de la forêt pour revenir à la maison – la vraie –, Cedrella l'avait trouvé, comme si elle l'attendait. « You're more of a moron, actually. » fit pensivement la jeune femme, à quelques mètres à côté de lui, marchant posément en calquant ses pas sur les siens. « But most of all, you're a wizard. » Heloym glissa un regard en coin vers la jeune femme, qui lui sourit en retour. Il roula des yeux. « And you're completely crazy. » « You know it's true. » répondit-elle légèrement, simplement, avant de se mettre à siffloter gaiement. Elle semblait heureuse de lui avoir fait cette révélation. Lui, visage toujours fermé, avançait résolument vers la maison des Witherman, qu'il apercevait au loin, en continuant de lancer et rattraper machinalement sa balle. « What you did with Jim was pretty amazing. But it was not muggle...ish. » « You're talking nonsense. » répondit simplement Heloym, presque las, l'air ennuyé. Mais elle ne semblait pas l'écouter. Il le savait – comme tout le monde dans la maisonnée, en fait – que Cedrella était un véritable moulin à parole alors que lui ne prononçait que rarement un mot à ses frères et sœurs. « You know what muggles are ? Them. You know the family, the Withermans ? Muggles. The people in the village ? Muggles. The handsome guy at the supermarket ? Another fucking muggle. Muggles, muggles everywhere ! You know what that word means ? It means they don't have magic, unlike us. I'm a witch and you're a wizard. What were the odds ! I never thought I would see a wizard again after... all the shit that happened. » « You shouldn't be talking so much. » « I never knew... I mean... I thought I would have to live all my life without it, you know ? Without magic. I'm so happy you're here, Heloym. » Il s'arrêta net et la regarda sans comprendre, un long et détestable moment. « What did you just say ? » Mais elle ne l'écoutait pas. « And you know, I can't wait to go to Hogwarts and everything. My parents told me so much about it ! Four years ! An awfully long time. [...] » Heloym la regarda, en silence, s'éloigner. Il avait cessé de jouer avec sa balle et s'attendait à ce qu'elle marche en parlant dans le vide jusqu'à la maison mais, après avoir fait dix mètres toute seule, elle se rendit compte qu'il s'était arrêté et se retourna pour le darder de ses grands yeux étincelants. « So, you coming or what ? » Il se précipita à sa suite pour la rattraper.

Il y avait quelque chose d’étonnamment rassurant dans cet endroit. Une légère impression de déjà-vu, très étrange car il était persuadé de ne jamais y être allé avant ; et une ambiance mystique, bizarre, avec la levée de la légère brume qui, lentement, enveloppait son corps. La clairière était mal éclairée, la lumière lunaire n'arrivant pas à percer l'épais nuage de brouillard ; et Heloym avançait posément, chassant de gestes brusques et impatients les nappes de brume qui s'aventuraient trop près de son visage. « Heloym ! » entendit-il à sa droite – la voix de sa mère, suppliante – et il fit volte-face, se mit à courir. « Love, please come and help me ! » À sa gauche, cette fois, son père, au bord des larmes. « HELOYM PLEASE ! » une voix inconnue, mais étrangement familière, rassurante, le genre de voix qu'on a entendu toute sa vie mais qu'on est incapable de replacer. Il tourna les talons pour se précipiter vers l'origine de ladite voix ; les cris redoublèrent, aux paroles incompréhensibles désormais. « HELOYM ! » Il arrêta brusquement sa course, sa mère à nouveau, à sa gauche. Il se mit à courir dans cette direction, encore plus vite cette fois, avant de s'arrêter net à nouveau, les traits froncés d'incertitude. Elle ne l'avait jamais appelé Heloym. Ca avait toujours été Flint. « This is not real. » lâcha-t-il enfin, dubitatif. Puis, brusquement, de se prendre la tête entre les mains et de se laisser tomber au sol en position foetale, essayant à tout prix de se réveiller, coincé et perdu dans les méandres de son esprit.
† THIS IS MY KINGDOM COME. (V)
« Don't freak out. » « I'm not freaking out. » « You're totally freaking out. I can see it. Don't lie to me. » fit-elle en prenant une voix grave et étrange, presque mystique ; et il grimaça légèrement en roulant des yeux. Ella rit discrètement, le détaillant un instant avant de venir s'installer à côté de lui pour observer, à ses côtés, le château qui s'approchait de seconde en seconde. Pelotonnés dans un compartiment du Poudlard Express, cela faisait presque six heures qu'ils étaient là, ballotés par le mouvement du train, à apprendre à jouer aux jeux sorciers pour Heloym et à redécouvrir le culte des Chocogrenouilles pour Ella. Ils ne faisaient pas grand cas des autres futurs élèves qui, à leurs côtés, débattaient gaiement sur qui allait aller dans quel maison ; comme d'habitude, ils étaient à deux, fermés au reste du monde. Eux contre tous. Heloym était complètement perdu dans ses pensées, traçait des dessins connus de lui seul sur la condensation de la vitre avant de s'emparer de sa baguette récemment achetée pour l'observer sous toutes ses coutures ; Ella, quant à elle, se serrait contre lui, tête posée sur son épaule, en écoutant distraitement la discussion de leurs camarades. « What do you think ? finit-elle par demander en posant son menton sur son épaule, les yeux levés vers lui. What house do you think you will be sorted in ? » Le garçon acheva son dessin sur la vitre avant de tourner lentement la tête vers elle, baissant ses yeux noirs vers les siens, à peine plus clairs. Tout le monde les pensait, généralement, frère et sœur. Autant par leurs ressemblances physiques que par ce lien, étrange, si fort, si complexe pourtant, qui les unissait dont on pouvait palper l'existence rien qu'en les regardant. Une intimité presque dérangeante, incestueuse, qui s'était difficilement tissée au fil des ans. Cedrella et Heloym avaient fini de grandir ensemble, oublié ensemble une vie sur laquelle ils avaient été obligés de tirer un trait et choisi de rêver d'un futur idéal et impossible. Ensemble. Elle savait tout de lui et il savait tout d'elle. C'était les seules choses qui importaient. « I don't know. What do you think ? » « You'd make a good Ravenclaw, you're such a nerd after all. You would be a good Hufflepuff as well, I guess. But I think you're the stuff of legend. Like Gryffindor or some shit like that. Yeah. Definitely Gryffindor or maybe Slytherin. What about me ? » « You'll be sorted in Gryffindor. » Il haussa les épaules, elle sourit légèrement. « Think so ? I picture myself with the snakes, actually. » « Wanna bet ? » se moqua gentiment Heloym. Elle n'ignorait pas son don de voyance – elle était, en fait, la seule personne qu'il ait jamais mise au courant. C'était sa malédiction, la chose dont il avait le plus honte à son propos. Et elle était la seule à savoir. Et si elle ne pouvait pas comprendre, elle pouvait essayer et c'était déjà suffisant. Ils se regardèrent longuement sans rien dire avant qu'elle n'éclate de rire en se serrant un peu plus contre lui. « Red always suited me anyway. »

Il descendit du tabouret et crut, pendant un instant, que ses jambes allaient céder sous lui. Il ne pouvait pas réprimer le petit sourire qui, d'ores et déjà, s'invitait timidement sur ses lèvres ; et, balayant l'assistance du regard, il se retrouva momentanément immobile, figé, dans la pleine lumière de l'estrade. Hésitant face à quelques centaines de paires d'yeux, il lui fallut deux secondes entières avant de se mettre à bouger lentement, après qu'un professeur l'ait discrètement houspillé. Il se dirigea comme un automate jusqu'à la table en liesse, aux couleurs jaunes et noires, et sitôt fut-il assis, sitôt on le félicitait et lui frappait dans le dos avant de regarder la personne suivante passer sous le Choixpeau. Aussitôt, plus personne ne jeta un regard dans sa direction et il se sentit tout de suite plus à l'aise, souriant sans pouvoir s'en empêcher, les oreilles un peu rougies par l'embarras passé. Heloym balaya la Grande Salle du regard à la recherche de celui, ambré, d'Ella. Celle-ci, à la table des Gryffondors, était déjà en train de parler et de rire avec ses voisins de table ; tandis qu'Heloym, resté dans son coin, regardait le reste de la cérémonie se dérouler sous ses yeux sans mot dire. Pourtant, même s'il semblait indubitablement, reclus, mis à l'écart, complètement à part, il ne s'était jamais senti aussi bien. Il n'avait jamais eu autant l'impression qu'en cet instant précis, qu'il appartenait à quelque chose. Il regarda une dernière fois la table de sa maison, pleine de gens rieurs et ravis qui accueillaient une autre recrue parmi eux ; puis les autres tables, une à une, fixant Ella jusqu'à ce qu'elle daigne lever le regard vers lui. Ils se regardèrent longuement sans rien dire puis elle éclata de rire et ce fut comme un déclic : il s'autorisa à rire aussi. Un rire simple et bref, un rire carillonnant et détendu, un peu forcé au final pour être l'écho parfait de celui de son amie. Un rire tout de même.

Ce dîner avait une allure austère et sévère très étrange pour Heloym, qui était plus habitué aux longs repas où tous s'esclaffaient et partageaient leurs avis sur des sujets stériles et sans queue ni tête. Comme d'habitude, il se trouvait en fin de table à côté d'Ella, comme d'habitude, la nourriture était immonde et, comme d'habitude, la télé gueulait un épisode d'une série purement britannique ; toutefois, en plus d'avoir une ambiance à couper au couteau, la table accueillait les deux amis habillés en robes de sorcier qui détonnaient avec leurs jean/t-shirts habituels. Ella se tourna vivement vers Heloym, qui sursauta. Elle avait une cravate rouge et or autour du cou. « Are you ready ? » Ses lèvres ne bougeaient pas quand elle parlait mais Heloym sembla trouver cela normal, car il répondit avec tout le naturel du monde : « Not at all. What if I am not good enough ? » Ella resta silencieuse. Ses yeux étaient toujours profondément ancrés dans les siens, vierges de toute émotion alors que normalement, ils brillaient de mille feux et vous laissaient cette impression impérissable qu'elle était une jeune femme pimpante, accueillant et indibutablement chaleureuse. « Heloym, it's never enough. » dit-il avant d'éclater, comme de coutume, en grains lourds de sable noir.
† I FEEL LIKE I'M FADING. (VI)
Ella courut, courut et courut jusqu'à pousser le lourd double battant de l'infirmerie, entrant comme une tempête à l'intérieur. Ses yeux balayaient déjà méthodiquement les alentours alors que, machinalement, elle se passait une main dans les cheveux ; finalement, elle aperçut la silhouette alitée d'Heloym sur un lit à sa droite et se précipita à son chevet. Le souffle court, tombée comme une masse sur la chaise à proximité du lit, elle s'empara de la main du jeune homme et la serra étroitement entre les siennes. « Heloym, Heloym, do you hear me ? » balbutia-t-elle, hébétée quoique pas prise de court. Les gestes rodés par l'habitude, sous l'oeil mi-sceptique mi-réprobateur de l'infirmière, elle lui tapota les joues, vérifia que son cœur faisait toujours son boulot et lui ouvrit de force une paupière pour apercevoir son œil noir qui, fou, roulait dans son orbite à toute vitesse. Ses lèvres entr'ouvertes marmonnaient des phrases sans queue ni tête, qu'elle n'essayait même plus de déchiffrer désormais. Ses membres se raidissaient spasmodiquement (avec un pincement au cœur, Ella repensa aux crises de tétanie auxquels il avait été sujet durant de nombreuses années), il blêmissait à vue d'oeil et une sueur froide lui dévalait le long de la tempe. Et puis, brutalement, il se redressa sur le siège dans un cri rauque et puissant ; et aussitôt enserrait-elle son torse de ses bras en l'astreignant de force au calme, le serrant férocement contre elle. Heloym tenta machinalement de se débattre, s'agitant contre elle avec violence mais rien n'y faisait : Ella refusait de lâcher prise. Finalement, il dut la reconnaître ainsi que le lieu dans lequel ils se trouvaient car il se calma subitement, les larmes aux yeux, redevenu un simple gosse perdu après un cauchemar. L'infirmière s'avançait déjà vers lui pour l'ausculter mais il ne regardait que sa meilleure amie, son âme sœur, sa sœur, son tout : « what did you see ? » lâcha-t-elle aussitôt, un pli soucieux barrant son front. « I saw... I saw-- » « Please step back, young lady, I need to take care of your brother. » l'interrompit l'infirmière qui, la bouche plissée en un trait réprobateur bien serré, repoussa fermement Ella pour s'installer face à Heloym et lui faire passer la ribambelle de tests habituels. Aussi vite que la crise était arrivée (pas vraiment une crise de panique, mais presque), aussi vite elle était partie : aucune réminiscence des symptômes, son teint qui reprenait rapidement de la couleur, ses yeux plus alertes, son pouls qui se stabilisait. S'estimant satisfaite, l'infirmière dut toutefois disparaître un instant pour aller lui chercher un « tonique » tel qu'elle appelait ça, dans l'armoire ; ainsi laissa-t-elle Ella et Heloym en tête à tête pendant une voire deux minutes à tout casser. « Tell me. It seemed pretty violent this time. » « It was pretty violent. » la corrigea-t-il précipitamment, ses yeux roulant dans leurs orbites pour observer l'infirmière du coin de l'oeil. « I think it's huge, Ella. I think a fire started o-or something. I think people died. »

Il marchait, marchait, marchait. Machinalement. Automatiquement. Sans réfléchir. Le sol de marbre était froid sous ses pieds nus mais il s'en fichait, il s'en fichait, il se contentait juste de marcher. Il pensait. Parfois, il levait le bras et, comme il en avait l'habitude, le bout de ses doigts venaient effleurer les murs. Heloym en découvrait ainsi toutes les rainures, toutes les aspérités, les cicatrices que le temps avait laissé sur son passage ; et il y avait quelque chose de rassurant à savoir que rien n'était éternel, que tout avait une fin, que tout avait vielli et que tout redeviendrait poussière un jour ou l'autre. Parfois, il devait s'arrêter au niveau d'un tableau ou d'une armure pour lui faire la conversation et l'effleurer ; et alors, plus rarement encore, un frisson familier lui remontait le long des bras et venait enserrer son cœur, faisant rapidement défiler sous ses yeux des images disparates et qui n'avaient de sens que pour lui. Des images en vrac, énormes, petites, incompréhensibles, claires, concises, denses ; c'était indescriptible. Heloym s'était à de nombreuses reprises pris au jeu de tout expliquer en détail à Ella mais il s'était vite fait une raison : c'était tout bonnement impossible. Car à la vision se mêlaient des pressentiments, des sentiments tout court ; et au final, ce n'était qu'un patchwork de sensations et d'émotions sans queue ni tête, duquel il avait parfois la chance de tirer une prévision plus ou moins correct sur le futur (ou, plus rarement, sur le passé). Ils n'avaient jamais reparlé, sa meilleure amie et lui, de l'accident à l'infirmerie où elle avait dû le visiter en catastrophe ; le mot mort avait jeté comme un froid entre eux. C'était un trop grand mot pour des gosses de quinze ans. Évidemment, elle lui avait expliqué la bataille de Poudlard – sujet qu'ils n'avaient pas encore abordé en Histoire de la Magie – et tout le toutim, les morts que ces murs avaient vu ; mais Heloym restait convaincu, contrairement à elle, que ça n'avait rien à voir. Que c'était quelque chose de différent, de plus fort. Il commençait même à douter que ce soit un événement passé... C'était il y a deux ans, maintenant : il était en deuxième année à l'époque et, récuremment, ce songe lui revenait. D'une explosion, de flammes léchant les murs et de morts. Depuis que lui et Ella ne s'adressaient plus trop la parole, sa vie était indiciblement morne et sans goût, sans rien. « Hey. Hey ! What do you think you're doing here in the middle of the night ? » Il cligna longuement des yeux, fronça des traits quand l'autre lui pointa la baguette sous le nez et gronda, sa main battant l'air comme s'il essayait de chasser une mouche. Le préfet, en face de lui, lui offrait une moue réprobatrice et très certainement énervée ; Heloym était trop aveuglé par le lumos pour percevoir pertinemment quoique ce soit. « You should be in bed. What are you doing here ? » Le jeune poufsouffle cligna une fois, deux fois des yeux... avant de regarder autour de lui avec surprise. « Wh-where am I ? »

Heloym entra dans la salle commune avec résistance, l'air mal assuré, les sourcils froncés sous ses cheveux bruns. Il découvrit la salle à mesure qu'elle se révélait à ses yeux : ronde, accueillante, avec des bibliothèques immenses courant sur les murs et un ciel étoilé plus vrai que nature. Se tenant droit comme un i au centre de la pièce, Heloym continuait de détailler les tentures bleues et argentées autour de lui avec un air sceptique ; et puis l'impression, étrange, vint insuffler à son esprit : c'est la salle commune des Serdaigle. Que faisait-il ici ? Peut-être était-ce parce qu'il n'arrêtait pas de penser à Leah Hopper, une fille de Serdaigle, qu'il se retrouvait là ? Il fut surpris par un éclat de rire, déplacé au milieu du silence religieux qui régnait dans la pièce, dans son esprit ; sous ses yeux écarquillés, les silhouettes fantômatiques et troubles de quelques élèves s'asseyaient sur les fauteuils, devisaient, jouaient aux échecs. Ils se succédaient, passaient, bougeaient, partaient sans s'arrêter ; Heloym, lui, restait immobile. Il savait bien, désormais, qu'il faisait partie d'un rêve, qu'il ne pourrait pas attirer leur attention. Il se contentait de regarder, silencieux, la vie s'écouler devant ses yeux sans savoir si c'était du passé ou du futur dont il s'agissait. Au moment où il allait continuer d'explorer les environs, il fut brutalement nuit et ne demeuraient qu'une ou deux silhouettes. Une envie irrépressible le prit et il tendit la main pour toucher la silhouette la plus proche ; et dès que ses doigts tremblants entrèrent en contact avec le corps aux allures de fantôme, tout s'embrasa autour de lui.






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I was as hollow and empty as the spaces between stars.
- I think that we're all in our private traps, clamped in them, and none of us can ever get out. We scratch and we claw, but only at the air, only at each other, and for all of it, we never budge an inch.
-  Sometimes, we deliberately step into those traps.
- I was born in mine. I don't mind it anymore.
- Oh, but you should ! You should mind it.
- Oh, I do. but I say I don't.
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Statut : † DEATH IS MY LOVER AND HE WANTS TO MOVE IN. (MARIÉ À CEDRELLA GODSWORTH)
MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Dim 6 Avr - 11:25


THE MAN IN THE MIRROR


(NEIL GAIMAN) ▽ When we hold each other, in the darkness, it doesn't make the darkness go away. The bad things are still out there. The nightmares still walking. When we hold each other we feel not safe, but better. "It's all right" we whisper, "I'm here, I love you." and we lie: "I'll never leave you." For just a moment or two the darkness doesn't seem so bad.
Devenu majeur, Heloym revient dans la maison dans laquelle il a grandi. Il commence à vivre avec Cedrella, les crises reprennent, sont de plus en plus violentes. Heloym demande Cedrella en mariage, après avoir rêvé qu'elle s'éloigne de lui. Il découvre ses origines sorcières par hasard en "explorant" le passé d'un objet ayant appartenu à son père. Son oncle lui rend visite et il le repousse violemment, ne voulant rien entendre à son propos. Il comprend que la vision qu'il a eu, il y a plusieurs années, de l'explosion était en fait celle de l'explosion de la tour Serdaigle : il se sent responsable de n'avoir rien fait pour l'empêcher. Et désire venger les morts qu'il n'a pas pu éviter. (LES RÊVES EN FIN DE CHAPITRE SONT ANTÉRIEURS AU DIT CHAPITRE)
† NEVER LET ME GO. (VII)
« So this is where you lived ? No wonder why you're such a... » Elle s'interrompit, se contenta de le désigner d'un mouvement vague de la main sous son regard agacé. Heloym grogna comme toute réponse, faisant tourner la clef dans la serrure après un bref temps d'arrêt. C'était une sensation étrange, de revenir là où tout, lui semblait-il, avait commencé. La maison avait sensiblement changé, trouvait-il, à moins que ce ne soit que son impression. Elle n'avait plus ces airs féériques que ses yeux d'enfant lui octroyait ; maintenant, la maison des Cartwright n'était plus qu'une bicoque en ruines qui à chaque coup de vent, menaçait de s'effondrer sur ses fondations branlantes. Personne ne s'en était occupé pendant huit ans, huit longues années de tempêtes, de vents et de vagues et là était le résultat. Pourtant, quand il entra à l'intérieur, Heloym eut aussitôt l'impression qu'il n'avait jamais vraiment quitté l'endroit. Ca puait, bien évidemment, mélange savant de moisissure et de renfermé ; et pourtant, il inhala à plein poumons, un sourire venant effleurer ses lèvres. Rien n'avait changé, à l'intérieur. C'était un instant hors du temps. Alors qu'elle mourrait d'envie d'y aller de son petit commentaire désobligeant, comme d'habitude, Ella comprit rapidement ce que ressentait son ami de toujours et ainsi glissa-t-elle sa main dans la sienne, dans un silence religieux. Il serra ses doigts entre les siens, tournant un regard rêveur vers elle : « I am home. » dit-il simplement. Ella ne put s'empêcher de se sentir un peu vexée (elle aurait préféré qu'il lui dise un truc plus romantique, genre c'est toi mon foyer) mais elle s'adoucit aussitôt quand Heloym se détacha pour retourner à l'exploration de la maison. Quant à elle, elle découvrait timidement l'endroit qui avait vu grandir Heloym, se demandant comment avait été sa vie avant la mort tragique de ses parents et son arrivée chez les Witherman. Elle le suivit machinalement à l'étage et le trouva, au milieu de ce qui semblait être une chambre de petit garçon, en train de fouiller dans une bibliothèque aux livres jaunis et recouverts de poussière. Elle se laissa tomber contre l'encadrement de la porte, le dardant de ses grands yeux bruns : « So... what are you going to do ? » « I think I'll just live here during the holidays and... go back to Hogwarts maybe. I really don't want to but-- » « But you have to pass your NEWTs. » « Yes. I have no choice, right ? » Heloym se retourna pour adresser à son amie un petit sourire contrit ; et dès qu'il croisa son regard, il se releva et se dirigea vers elle, un pli soucieux barrant son front. « Hey, what's wrong ? » « Nothing. » Puis, devant son silence obstiné : « It's just... you're sorting up your life and everything and you have a place to live and... and I'm just-- » Elle s'interrompit car il avait passé ses bras autour d'elle et l'avait attirée contre son torse pour la serrer avec une force qu'elle ne lui soupçonnait pas. « I don't want to go anywhere without you. » Alors elle se serra en silence contre lui en lui faisant la promesse qu'elle ne le quitterait pas.

Heloym sourit en coin en la regardant entortiller maladroitement une dizaine de spaghettis autour de sa fourchette. Un pli barrait son front, elle se mordillait la lèvre de concentration et toute son attention était focalisée sur les pâtes qui, dégoulinantes de sauce, ne cessaient de lui échapper. « You suck at eating pasta. » « I deny the fact that this is food. » répliqua-t-elle simplement avec une grimace, levant vers lui un visage déconfit. Heloym branla du chef avec un petit sourire avant de, brusquement, reprendre un visage sérieux et pensif, alors qu'il grignotait lui-même ce qui se trouvait dans son assiette sans grand appétit. Il n'avait jamais d'appétit, en fait ; toujours à tourner autour de la nourriture, à jouer interminablement avec avant d'oser la mettre dans sa bouche. Et jamais, ô grand jamais, il ne finissait son assiette : c'était toujours « trop » pour lui. Cette phrase, avait un jour décrêté Ella, serait le titre de son autobiographie. « What's wrong ? » Elle savait parfaitement quand quelque chose lui trottait dans la tête. Elle le connaissait mieux que personne : ils avaient grandi ensemble, s'étaient façonnés l'un l'autre. « I don't know. I sometimes think that you will run away from me. » « I will never do such a thing, Heloym, and you know it. » Il resta silencieux et, voyant bien que la question le travaillait, elle descendit de sa chaise pour aller s'asseoir sur la table à sa droite. Il faisait toujours mine d'être absorbé par son plat de pâtes, jouant machinalement avec sa fourchette qui enroulait, désenroulait, la nourriture. Voyant qu'il n'était pas prêt à lui accorder un regard, Ella se pencha en avant et lui caressa un instant la joue, avant de lui attraper férocement le menton et de lui faire lever le nez. Heloym grogna machinalement mais se laissa docilement faire. « Never. » répéta-t-elle posément, sa main se faisant plus douce alors qu'elle la glissait sur sa joue, dans sa nuque, venant lui tirer un peu les cheveux. Il ne réagissait pas, la détaillait sans rien dire. « Marry me. » lâcha-t-il au bout d'un long moment, alors qu'elle se surprenait à sourire lentement, à le regarder comme elle ne l'avait jamais regardé. Elle resta un moment interdite, tout sourire s'évadant de ses traits, comme si on venait d'y passer un voile. « Wh-what ? » « We actually can, we're both seventeen. Marry me. » répéta-t-il, en soutenant son regard. Y brillait une lueur étrange et, à cause de la luminosité réduite de l'endroit (ils n'avaient pas encore pris les dispositions pour avoir du courant si bien que des bougies magiques flottaient autour d'eux, dans une ambiance feutrée et intime), elle ne sut pas dire si c'était une larme ou autre chose. « Yes bu-but... do you love me ? » Il resta longuement silencieux. « Of course I do. » Et il se pencha en avant pour l'embrasser.

L'image tressautait. C'était comme regarder un vieux programme sur une vieille télévision, ou une cassette endommagée. Ca se dédoublait, ça se troublait, ça sautait sans qu'il n'arrive à comprendre pourquoi. Sous ses yeux éberlués, il regarda Ella – sa douce, gentille, favorite Ella – qui lui adressait un dernier regard. Il ignorait, évidemment, si c'était vraiment le dernier ; en tout cas, c'était vraiment le genre de regard qu'on adresse comme un adieu à quelqu'un. Elle souriait en coin, jolie Ella, découvrant les légères fossettes aux coins de ses lèvres, puis elle lui montrait sa main. Doigts de pianiste qui s’agitaient lentement, jusqu'à ce que la lumière du soleil attrape la bague à son doigt et la fasse étinceler aux yeux d'Heloym qui ne comprenait pas. « I'm getting married, Heloym, isn't it lovely ? » Il la regarda, puis l'homme à côté d'elle (sans trait, sans visage, sans rien ; mais c'était un homme et Heloym, les hommes, il ne les aimait pas à côté de sa meilleure amie). « I'm getting married, Heloym. I'm falling in love, Heloym. » répétait-elle, sans savoir qu'elle enfonçait un couteau dans le cœur du jeune homme à chaque mot. « I'm getting married, Heloym. I'm falling in love, Heloym. Heloym. HELOYM. I'm leaving Heloym. I will never see you again. You're alone, Heloym. YOU ARE ALONE. HELOYM. YOU ARE ON YOUR OWN NOW. »
† I'M ABOUT TO LOSE MY MIND, YOU'VE BEEN GONE FOR SO LONG. (VIII)
Heloym cligna plusieurs fois des yeux sans comprendre. Quand, enfin, sa vision fut mise au point sur le carrelage sous ses pieds, il releva la tête pour observer autour de lui. Il avait les traits bouffis de sommeil, la langue pâteuse, le cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine. Il était dans la cuisine. Il s'était endormi dans la cuisine, debout, là, au milieu de la pièce. Ca ne lui était jamais arrivé avant. Il s'apprêtait à se détourner et retourner dans sa chambre quand un sanglot l'arracha de sa contemplation. Heloym s'immobilisa puis, analytiquement, inspecta chaque mètre carré de l'immense cuisine ; jusqu'à apercevoir le corps prostré d'Ella qui tentait vainement de se cacher dans un pan d'ombre. « Ella ? » Un nouveau sanglot étouffé et il vit qu'elle se carapatait dans son coin, tandis que lui se rapprochait d'elle. Elle a peur de moi. Elle a peur que je m'approche elle. Pourquoi ? « Ella, what's wrong, what happened ? » « Ste-step back ! Heloym, don't approach me ! » Il s'immobilisa aussitôt, sourcils froncés, hébété. « Bu-but-- » il s'interrompit lui-même, fronçant des sourcils encore plus. Machinalement, il avait levé la main pour se la passer dans les cheveux – signe de nervosité extrême chez lui – et avait remarqué, grâce à l'éclat froid et glauque du réfrigérateur ouvert, sur sa droite, le sang sur son poing. Et la douleur qui en découlait. Qui, lentement, s'infiltrait en lui alors qu'il ne l'avait pas ressentie avant. Ses phalanges étaient écorchées comme s'il avait frappé quelque chose de toutes ses forces. Ou quelqu'un. « Ella, what did I do ? » « Everything wrong, as always ! » Trébuchante, Cedrella s'était relevée, se tenant la joue dans la main. Son beau visage – si fin, si délicat – était bouffé par un bleu énorme sur sa pommette, égayé de stigmates sanguins. « I-- » « Heloym, what's wrong with you ? » gémit-elle en se rapprochant lentement, avec une timidité apeurée. Lui ne bougeait pas, incapable de s'approcher d'elle (de peur de lui faire mal) ou de s'éloigner (car il n'avait jamais pu et ne pourrait jamais). Il la regardait juste, voulait tendre la main pour la soigner, pour s'excuser, pour la serrer contre lui ; il la regardait juste, le cœur au bord des lèvres, sans même comprendre ce qu'il faisait ici ; il la regardait juste, cherchant son regard qu'elle évitait obstinément. « I don't know. I never meant to-- » « Shut it, will you ? » Elle s'approcha un peu plus de lui, l'air las, relevant un regard flamboyant dans le sien. Enfin. Il y vit de la colère et de la tristesse et de l'incompréhension. « What's wrong with you ? » murmura-t-elle à nouveau, attendant résolument une réponse qu'il ne saurait lui donner. « Everything. I'm sorry. » Avant qu'elle ne puisse se rétracter, il avait pris avec délicatesse son visage entre ses mains et l'avait attirée contre lui avec force et brusquerie. « I'm so sorry. »

« Shhh... Shhh... Heloym, calm down ! Heloym, please ! Heloym ! » Les yeux fous roulant dans ses orbites, l'écume aux lèvres, le jeune homme cherchait désespérément l'air en se débattant, persuadé qu'en parvenant à se défaire de l'étau qui l'immobilisait, il réussirait à respirer. Mais rien n'y faisait. L'étau se resserrait même, fort et obstiné, comprimait désagréablement sa poitrine en le forçant à garder un de ses bras en travers de son corps, l'empêchant de frapper et de ruer. « Heloym, please ! » Il y avait des sanglots dans cette voix. Ce n'est pas n'importe quelle voix. Heloym. HELOYM. C'est Ella. Calme toi. Mais c'était impossible. Il continuait de se battre dans le vide en criant, en gémissant, jusqu'à entendre un sanglot près de son oreille ; et quand, enfin, il reprit conscience des réalités, il se calma aussitôt. « E-Ella ? » « Oh my god. » gémit celle-ci en finissant par le relâcher, ne posant que ses paumes sur son ventre, le serrant contre elle tandis qu’elle enfouissait son nez dans sa nuque. « I-I had a bad dream. » dit-il avec un petit sourire contrit et elle ne put s'empêcher de glousser légèrement, embrassant machinalement la peau moite de sa nuque. Elle finit par soupirer en fermant les yeux. Les nuits où Heloym se réveillait en hurlant, sans raison apparente, étaient de plus en plus fréquentes. Il lui avait raconté que ça lui était arrivé de nombreuses fois, quand il était encore enfant ; mais jamais, jamais elle ne l'avait vu se mettre dans cet état chez les Witherman. « Can you stay here tonight ? » « Sure. » soupira-t-elle au bout d'un moment, avant de se détacher pour venir s'asseoir en tailleur en face de lui. Il semblait fatigué, de ces fatigues qui ne passent pas malgré les longues nuits de sommeil ; de ces fatigues qui collent à la peau, qui s'incrustent en vous vicieusement et vous pourrissent de l'intérieur. Ella voyait chaque jour ses traits qui se creusaient, ses tics qui se faisaient plus prononcés, ses frayeurs plus grandes, ses paroles plus tremblantes et lui, lui qui semblait refroidir. Lui qui s'éloignait lentement d'elle. Lui qui lentement se perdait, à cause de ces multiples visions qui troublaient son sommeil, ruinaient ses jours, raccourcissaient ses nuits. Sa malédiction, disait-il parfois avec un sourire ; et à chaque fois, elle voyait dans ses yeux une lueur faiblarde de peur et de colère. « Thank you. » « It's not like I have the choice anyway, right ? » sourit-elle en lui montrant la bague qu'elle avait au doigt. Ou du moins, le simili de bague qu'il avait trouvé jusqu'à en acheter une vraie (c'était un anneau sans fin de porte-clef), qui la reliait à lui par les « liens sacrés du mariage ». Une idiotie, vraiment. Il regrettait encore de l'avoir demandée en mariage ; mais il ne pouvait plus reculer, plus maintenant. Il avait été trop impulsif, trop con, trop bizarre. Il ne voulait juste pas qu'elle le quitte et maintenant, ils étaient mariés. Au moins s'était-il assuré qu'elle ne pense jamais à le laisser seul. A sa remarque, il sourit en coin – plus tristement qu'il ne l'aurait voulu – avant de se pencher en avant et de faire mine de la chatouiller. « You're so inappropriate. »
† THE LONE WOLF DIES, BUT THE PACK SURVIVES. (IX)
« Hello. Hum... who are you ? » Heloym se passa une main dans les cheveux, l'air gêné, les ébouriffant machinalement. S'il avait su qu'il ne trouverait pas Ella sur le pas de la porte mais un inconnu serré dans son costume, il aurait au moins eu la décence de mettre un pantalon. Accueillir un pingouin en t-shirt caleçon, il y avait plus recommandable. Il grimaça légèrement en balayant les alentours du regard, machinalement, dans un geste purement instinctif : il n'aimait pas qu'on les visite. Il préférait rester dans son coin, en silence, dans sa petite maison sans rien demander à ses voisins. Pourtant, l'homme en face de lui ne semblait pas faire partie du voisinage. Il avait de grands yeux sombres, des cheveux bruns attachés dans un élégant catogan et un sourire franc qui, lentement, s'étirait sur ses lèvres à mesure qu'il observait toutes les réactions du jeune homme. « Do I know you ? » finit par dire ce dernier, intrigué, trouvant un air réconfortant et indiciblement familier dans les traits de l'homme. « I think you know my brother Duncan. » Heloym resta un long moment silencieux. « My name is Brendan Gallagher. I'm your uncle. » Silence au bout du fil. Les yeux du poufsouffle – actuellement en grande vacances, quelque part entre sa quatrième et sa cinquième année – s'étrécirent en deux fentes méfiantes puis il se détendit sensiblement, se félicitant paradoxalement qu'Ella ne soit pas encore revenue du supermarché. « I knew you would come one day. » Il s'effaça pour laisser entrer Brendan Gallagher qui, surpris, retira son chapeau poliment en entrant. Ils se dirigèrent d'un même pas vers la cuisine, Heloym perdu dans ses pensées et Brendan inspectant la maison sous toutes ses coutures sans oser parler et se jeter à l'eau. Le jeune adulte servit un verre d'eau à son oncle qui en but la moitié d'une traite. « You both are hard to find. » Aussitôt, le corps d'Heloym se tendit. Que savait-il de lui ? De sa famille ? « Don't you worry, Flint, I mean you no harm. » « My name is Heloym. » Ils restèrent à se regarder en silence, buvant parfois une gorgée d'eau. Brendan redécouvrait en Heloym tout ce que son frère avait été mais, surtout, tout ce qu'il ne serait jamais. « I am not going to beat around the bush any longer. I need to know. Are you a wizard, Heloym ? » « Yes. Why do you care ? » Brendan fronça les sourcils sans comprendre l'agressivité de son neveu. Celui-ci, visage fermé, regardait par la fenêtre avec impatience. Il choisit d'ignorer la question pour ne pas envenimer la situation. « Do you have... do you have the gift ? »

Heloym croisa des bras, violence et énervement repoussés brutalement, pour ne pas foutre un coup de poing dans la gueule de son oncle par inadvertance. Il resta longuement silencieux, à peine heureux de se découvrir une nouvelle famille. Depuis qu'il était de retour dans cette maison – cela faisait un peu plus d'un an maintenant – les rêves s'étaient enchaînés, la situation avait empiré. Il avait commencé à voir des éléments du passé, dans le genre mauvais. Notamment à cause du bureau de son père, dans lequel il avait fouillé une fois qu'il avait emménagé. Et il y avait ce gros grimoire, avec plein de formules incompréhensibles, des sortilèges desquels il n'avait jamais entendu parler. Et dès qu'il le touchait, les souvenirs se succédaient, se mélangeaient et le plongeait dans divers drames familiaux. « Heloym ? » Celui-ci branla du chef, sursauta et tourna le regard vers son oncle qui attendait depuis cinq minutes dans le plus profond silence. Un sourire vint tordre la lippe du jeune homme, qui se voulait rassurant – mais il était en fait fatigué et un peu perdu. « Yes sorry. What were you saying ? Oh, right. The gift. » « Yes. Are you a seer, yes or not ? » Heloym resta un long moment silencieux avant de venir s'asseoir en face de Brendan, le regardant droit dans les yeux. « I can see things but I'm not a fucking psychic. » « Heloym, this is really important. You are the first wizard with the gift in our family since five generations. » « I don't have any gift. » siffla-t-il en se relevant brusquement. « I would like you to leave, now. » L'air concerné plus que consterné, Brendan Gallagher finit par se lever après un long silence, lentement. Il fixait son neveu avec un mélange de curiosité avide et d'incompréhension méfiante. « Heloym, you need-- » « I don't need anything. I have nothing to hear from you, alright ? Get lost, now ! » « Please calm do-- » « SHUT UP ! How dare you come back to me this way ? » Cette fois, les larmes jaillissaient presque des yeux d'Heloym qui, comme une tempête, se rapprochait sensiblement de Brendan. Et celui-ci, quand bien même il devait faire vingt bons centimètres de plus que le jeune homme, reculait machinalement. « How dare you come and see me when you left me all alone ? Where were you ? Where were you ? » Sans le quitter des yeux, l'homme se dirigeait à reculons vers la porte d'entrée, les mains bien exposées pour tenter de rassurer Heloym qui, ne voyant rien, n'écoutant rien, s'avançait toujours vers lui avec une fureur n'allant que crescendo. « You don't understand. It was all messed up when Duncan di-- » « You let them die and you let me alone. » La porte s'ouvrit brusquement dans le dos de Brendan, par magie. « Don't you ever come back or I will fucking murder you. » La porte claqua avec force, faisant trembler tout l'habitacle.

« WHO ARE YOU ? WHAT DO YOU WANT FROM ME ? » Mais évidemment, il ne l'entend pas. À la place, l'homme en face de lui continue d'écrire avec fièvre dans son antique livre, un vieux livre déjà fortement gribouillé en long en large et en travers.. Se forçant au calme – comme si il avait le choix – Heloym se déplaça comme dans un rêve (ce qui s'expliquait peut-être par le fait qu'il était effectivement en train de rêver) jusque derrière le bureau pour lire par dessus l'épaule de l'homme :
Je vais m'enfuir, je les hais. Je ne suis qu'un cracmol, je ne suis rien, un moins que rien même. C'est pire que tout, ont-ils dit, je suis une honte, un blasphème, la pire chose qui soit arrivé aux Gallagher depuis des années. Je devrais avoir honte mai ce n'est que de la colère que je ressens. Je pensais que père m'aimait. Que mère m'aimait. Que mon frère m'aimait. Que ma sœur m'aimait. Mais non. Non. Le sang a plus de valeur que ça à leurs yeux. Je les déteste. Ils sont si tort, ne le voient-ils pas ? Je n'ai plus rien à faire ici. Je n'ai jamais été chez moi ici de toutes manières.
Arquant un sourcil, il se pencha en avant et, à sa grande surprise, réussit à reconnaître une version plus jeune de son père. Il lui ressemblait étrangement, un peu trop, c'en était presque dérangeant. C'était comme regarder son reflet dans le miroir et s'apercevoir pour la première fois d'un détail qui gâchait tout ; et alors, c'était comme se redécouvrir à nouveau et à nouveau encore. Ils avaient les mêmes yeux noirs, les mêmes cheveux bruns indomptables, la même lippe toujours encline à sourire. Le même regard abyssal qui vous scrutait et vous dérangeait. « Pops ? » Il lui sembla, pendant un instant que son père le voyait. Mais comme la scène prenait place dans le passé, bien évidemment, il n'en était rien ; à peine eut-il prononcé ce mot qu'il fut avalé par son rêve et propulsé dans la réalité cruelle par un réveil violent et hurlant.


† I'M NOT GIVING UP, I'M JUST GIVING IN. (X)
« I could have saved them. » Heloym, la tête dans les mains, la secouait à s'en tordre la nuque. Ella, ne sachant que faire, avait posé sa main dans son dos et essayait tant bien que mal de le rassurer en le frictionnant désespérément. Mais rien n'y faisait. Il était inconsolable depuis que la tour Serdaigle avait explosé, réduisant à néant trois personnes. Trois vies. Qu'il aurait pu sauver. Ca faisait des années qu'il... rêvait - si tel était le terme - de ça ! Que chaque fois qu'il allait à Poudlard, invariablement, une fois par mois, l'explosion l'éveillait en pleine nuit. L'intuition que quelque chose allait arriver, que quelque chose allait tuer. Pendant trois ans, il s'était traîné ce fardeau – et au moment où il aurait pu s'en séparer, où il aurait pu sauver des gens... il n'en avait rien fait. Comme quand il avait été dans la capacité de sauver ses parents. Il avait été trop lâche, trop faible. « There's nothing you could have done. » « I could have done anything ! » répliqua-t-il en retour, dans un hurlement déchirant. Aussitôt s'écarta-t-elle de lui, dans un sursaut, sautant sur ses pieds. « Heloym-- » « Forget it. Forget it, alright ? Leave me alone. I need time alone. » murmurait-il, ses doigts massant toujours nerveusement ses tempes. Ella le regarda longuement avant de finalement soupirer, de ravaler son orgueil, et de tourner les talons.

Il resta un long moment assis dans le couloir, les coudes sur les genoux, la tête dans les mains. Il essayait d'oublier les visions. Les corps. Les sons. Les émotions. Tout ce qui passait à travers lui comme un canalisateur, tout ce qui passait à travers lui, autour de lui, sans jamais s'arrêter. Rien ne s'arrêtait jamais. Il était une plage sur laquelle les vagues s'acharnaient, une plage sur laquelle tout finissait et une plage qui avalait tout, détruisait tout, forçait tout à partir. Il était un poison, il était une grenade, il était la pire chose qui soit jamais arrivée à son entourage. Heloym appuya ses poings fermés sur ses yeux jusqu'à voir apparaître des points verts et jaunes et violets, jusqu'à ce que ça lui fasse mal, jusqu'à ce que le monde s'efface, que ses sensations s'émoussent, que tout devienne d'un noir abyssal, angoissant, avec juste ces tâches de couleurs douloureuses et hypnotiques. Mais le monde ne disparaît pas quand on ferme les yeux.

C'était une sensation étrange. L'impression de détailler son reflet dans un miroir mais celui là, c'était pas un reflet comme les autres. C'était un reflet figé dans le temps, prétendument éternel. Les traces de peinture étaient colorées et assurées, on aurait dit une œuvre de maître, raffinée et discrète mais belle, si belle. Et si proche de la réalité. Machinalement, Heloym se pencha en avant et une de ses mains s'éleva, un doigt se dépliant avec l'envie d'effleurer le tableau ; mais il se retint juste à temps, culte de l'oeuvre d'art intouchable. Ses yeux détaillaient lentement, mais sûrement, la peinture ; c'était très, très étrange. Le portrait lui renvoyait son regard noir, si noir, abyssal même ; et en se penchant en avant, en tournant la tête sur le côté, on ne voyait aucun éclat au milieu de ces pupilles éclatées. Comme s'il était vide à l'intérieur, comme si le peintre l'avait volontairement rendu plat et sombre et mystérieux mais, surtout, toxique. On retrouvait aussi un aspect maladif, malsain, dans la couleur utilisée pour les joues : un blanc très pâle, tirant vers le vert, égayé de touches de jaune. Et des gouttes de sueur sur les tempes, et sa lèvre fendue comme si il la mordillait trop, et ses yeux cernés, ses sourcils froncés, ses cheveux défaits. Heloym se recula, franchement perturbé et sous ses yeux éberlués, le tableau se craquela. Lentement, un réseau de nervures noires courut sur la peinture, comme si l'effet du temps était brutalement exagéré, accéléré. Le prenant de court, un trou apparut bientôt à la place d'un œil ; un trou aux bords fumants qui, lentement, commençaient à bouffer le reste de la peinture, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus que fumée et cendre.






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I was as hollow and empty as the spaces between stars.
- I think that we're all in our private traps, clamped in them, and none of us can ever get out. We scratch and we claw, but only at the air, only at each other, and for all of it, we never budge an inch.
-  Sometimes, we deliberately step into those traps.
- I was born in mine. I don't mind it anymore.
- Oh, but you should ! You should mind it.
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MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Lun 7 Avr - 8:29

Mon petit Heloym
Si tu savais comme je suis contente de le revoir, ce personnage ♥️ C'est presque une boucle complète, vu qu'on a passé les 2 ans d'HRI Il est encore plus chou comme ça, en plus, avec cette bouille, je te félicite J'ai hâte d'en lire plus et je veux des liiiiens

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† and the snakes start to sing

I'll seek you out, flay you alive... One more word and you won't survive. And I'm not scared of your stolen power, I see right through you any hour. I won't soothe your pain, I won't ease your strain, you'll be waiting in vain... I got nothing for you to gain .

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MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Lun 7 Avr - 16:58

ma grande alesya.    
t'es gentille et généreuse bon dieu.   oh oui, des liens, avec plaisir.   tu sais où me trouver si t'as une révélation !
beaucoup d'amour. I love you

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MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Mar 8 Avr - 17:49

Welcome back mon petit
Ca fait plaisir de revoir Heloym sur le fow What a Face mêmes'ilétaitcarrémentplusHOTavecShiloh O'Brien reste u excenllent choix

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Bite into me harder

Now I must admit that I have played a part in the way that things have gotten out of hand, but it's escalated almost to an art. I want to fix him but I don't think I can. I'm falling deep into a pit of vipers over me, over me and I can't break free. Secrets run deep when you're in a pit of vipers, slithering, whispering, feel the venom poisoning me.
©️ Silver Lungs & Simon Curtis
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MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Mar 8 Avr - 19:23

Cette fiche.

Non mais cette fiche.

Tu as pris ce qui était un très bon personnage à la base et tu l’as remanié pour en faire un petit bijou Sixtou l’a souligné dans la zone staff, quand il donnait son avis pour la validation, c’est probablement une des meilleures fiches sur HRI. Très bien écrite, prenante, longue mais intéressante, creusée… c’est juste parfait ♥️ Du sens du détail aux dialogues, je t'interdis de douter de toi à l'avenir, d'accord ? T’as de l’or au bout des doigts, tout le talent qu’il faut pour suivre les visions de ton imaginaire... et puis ta plume... ta plume qui s’est affinée c’est un vrai plaisir de te voir évoluer dans ce sens-là, little love ( j'me sens comme une daronne fière, là Arrow) ♥️ Tu t’es déchirée pour cette fiche et nous nous inclinons en un tonnerre de clap-clap *o* Je m'en vais de ce pas te valider et je laisse ta fiche ici, un peu, histoire que les autres viennent te féliciter aussi, parce que c'est largement mérité


Félicitation & bienvenue

“ Poufsouffle avait le goût du travail acharné
Tout ceux de sa maison y était destiné. „



Ton travail et ta détermination ont porté leurs fruits et te voilà désormais pleinement membre de HRI ; pour cela, nous te remercions et te félicitons, bienvenue dans la famille !
Tu peux dès à présent poster dans l'intégralité du forum, y compris le flood et les jeux.

TOUTEFOIS
Pour bien continuer ton aventure parmi nous, il te faudra créer un carnet de relation ( ICI ) et pourquoi pas un répertoire de RP ( ICI ) . Surtout n'oublie pas d'aller réserver ton avatar ( ICI ). Si ton personnage a des parents tirés de la saga, il te faudra aussi remplir un formulaire ( ICI ). Si tu as la moindre question, n'hésite pas à contacter un membre du staff, ils sont là pour ça ! Et histoire de t'en sortir dans les bruits de couloir, n'hésite pas à consulter régulièrement la gazette qui se trouve ici ICI. Enfin, ton personnage peut rejoindre l'Ordre ou l'Ombre selon ses idéaux.

Enfin, nous t'invitons à checker régulièrement le tumblr de HRI    

Bon jeu parmi nous  


Bonne chance à toi
Jeune Poufsouffle


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MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Mar 8 Avr - 21:52

Tu sais déjà ce que je pense de ta fiche, j'te l'ai dit sur Skype et je plussoie ici, c'est un bijou

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Bite into me harder

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MessageSujet: Re: (HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.    Jeu 10 Avr - 11:39

je me répète dans mes remerciements awkward ainsi me contenterai-je d'un énorme merci parce que omg.      c'est une poussière dans mon oeil VOUS ÊTES GÉNIAUX.  I love you 

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(HELOYM) † IT'S ONLY LOVE, IT'S ONLY PAIN, IT'S ONLY FEAR.

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