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 Thatcher ♦ Now you see me

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MessageSujet: Thatcher ♦ Now you see me   Mer 1 Jan - 20:55


Thatcher Oscar Nightingale


(Margaret Thatcher)▽ La population des Falkland, comme celle du Royaume-Uni, forme une race d'insulaires. Son allégeance est à la Couronne.
carte d'identité
Nom : Nightingale. Ce n’est pas le nom de son père biologique ni celui de sa mère d’ailleurs. C’est aussi cela la joie des remariages. Il se vante d’ailleurs d’une parenté assez proche avec Florence sans toutefois réussir à la prouver. Et puis, qui s’en soucie dans le monde sorcier ? L’apparent anonymat procuré par un tel nom semble plutôt réussir au jeune homme qui n’apprécie pas de se voir mis en avant.  Prénoms : Thatcher. Un prénom assez original. Tout le monde a en tête le Premier ministre moldu du même nom, mais le voir ainsi utilisé pour appeler un petit garçon relève soit d’une forme de totale inconscience ou d’une volonté de sortir du lot un peu trop dérangeante. La signification du prénom est plus que triviale. Littéralement, le réparateur de toit. Quand on sait qu’il est tout sauf un garçon manuel, incapable d’utiliser ses dix doigts pour faire la moindre chose. Il a d’ailleurs failli tuer sa sœur en essayant de découper un dessin qu’il était en train de faire pour elle. Comme quoi, le karma … Quant à Oscar, c’était juste une lubie maternelle qui lisait Le Portrait de Dorian Gray pendant sa grossesse. Il vient du vieil anglais et est une combinaison entre os – ou divinité – et gar – ou lance. Ce qui, si l’on assemble les deux mots, ne semble pas vouloir dire grand-chose. Est-ce la divinité de la lance ou la lance de la divinité ? Dans tous les cas, le résultat n’est guère concluant. Mais il faut avant tout retenir qu’il y a le vocable de ‘divinité’ et qu’à ce titre, il n’est pas impossible de dire que le jeune homme est au-dessus des autres. Âge : Vingt-quatre longues années. Il s’est un peu perdu à sa sortie de Poudlard pour mieux se retrouver par la suite. Date et Lieu de Naissance : Sa véritable date de naissance est inconnue du fait de sa naissance si particulière. Symboliquement, il a été choisi que la date du 24 mai serait plus à même de faire l’affaire et il en est ainsi depuis des années. Son état civil fait d’ailleurs apparaître cette date plus qu’approximative. Quant au lieu de sa naissance, il est perdu au nord de l’Australie, sur une petite île séparée du continent. Nationalité : Citoyen du Commonwealth, il a acquis la citoyenneté britannique suite à son adoption. Pureté du sang : Sans aucun doute un Né-Moldu. Mais son arbre généalogique est tellement complexe qu’il est difficile de savoir d’où peut provenir sa magie. Ancienne maison : Un pur produit de la maison Gryffondor. Il n'est pourtant ni hardi, ni fort ni courageux - ou ne se considère du moins pas de la sorte. Mais les décisions du Choixpeau sont parfois sibyllines. Filière choisie et année : Après une année infructueuse à étudier les sciences sorcières, Thatcher arrive finalement à sa troisième et dernière année en L.I.M.A.C.E. de Lettres. Job étudiant : Serveur au Smoking Dragon. Et fait quelques passes quand le temps et l’occasion se présentent. Orientation sexuelle : Homosexuel. Il ne saurait même pas reconnaître un vagin s’il en avait un sous les yeux. État civil : Au grand désarroi de ses parents, le jeune homme erre encore de partenaire en partenaire, de proie en proie comme pour afficher son insatiable désir de rester célibataire.

 
le sorcier en toi
Baguette : Une baguette en bois d’eucalyptus, plutôt rare dans le monde sorcier de Grande-Bretagne, d’une longueur de vingt-cinq centimètres, avec en son sein un poil d’elfe de maison. Patronus : Thatcher a toujours eu du mal avec le cours de Défense contre les forces du Mal et n’arrive que très peu à faire apparaître son patronus. Il lui semble parfois reconnaître un berger allemand mais la masse est tellement informe qu’il pourrait s’agir d’une toute autre race de chien ou de chat. Cela a d’ailleurs failli lui coûter la validation de sa septième année. Le seul souvenir suffisamment heureux qui lui vienne à l’esprit pour l’instant est une scène dans un parc londonien où Clarissa et lui-même s’amusaient en sautant dans les flaques d’eau. Mais ce n’est de toute évidence pas un souvenir assez fort.  Épouvantard : Il se retrouve devant sa propre tombe. Ci-gît Thatcher O. Nightingale, fils aimant, frère heureux, pathétique amant. Aucune fleur ne jonche la froide pierre, désespérément nue, balayée par le vent et par la pluie. Particularité : A un tatouage de fée sur la fesse droite. Avez-vous déjà fait usage de la magie noire ? L’usage même de la magie lui paraissait encore abscons il y a encore quelques années. Il n’est même pas sûr de faire une vraie différence entre la magie blanche et la magie noire. Les longues heures à dormir pendant les cours ne l’ont pas aidé à en apprendre un peu plus. Tout cela lui paraît donc lointain. Mais qui sait ? Sous une mauvaise influence, tout peut arriver. Plutôt Ombre ou Ordre ? Pourquoi ? Du fait de la non-pureté de son sang entaché de part et d’autre, l’Ombre semble avoir pris en grippe le jeune homme. Mais ce n’est pas pour autant que son allégeance va vers l’Ordre. Il se considère plus comme un neutraliste, préférant éviter de se retrouver au milieu d’un conflit dont il ne comprend au final ni les tenants ni les aboutissants, du fait de son long éloignement du monde de la magie. Que pensez-vous de l'attentat de Poudlard ? Ses contacts avec Poudlard sont de plus en plus espacés dans le temps et il n’a pas pris le pouls de l’école de magie depuis une éternité. L’attentat de Poudlard a donc été une surprise totale pour lui. Il avait bien entendu quelques rumeurs mais ne voulait pas leur accorder du crédit. Dans son attitude pacifiste, il n’ose se retourner contre personne et privilégie naïvement la thèse de l’accident. Le Chicaneur affirme que les mangemorts seraient de retour, quand le Ministère le nie farouchement. Qu'en pense votre personnage ? Le Chicaneur n’est pas ce que l’on pourrait appeler un grand journal. La neutralité et la qualité des reportages ne figurent pas en première place de sa ligne éditoriale. De plus, la confiance de Thatcher est totale dans le Ministère dont il boit les paroles. Le gouvernement en place est plus à même de contrôler les Mangemorts, il convient de les laisser faire pour éviter tout débordement. Êtes-vous inquiet pour votre sécurité, celle de vos proches ? La sécurité de sa sœur est ce qui compte avant tout à ses yeux. Pour le moment, les débordements n’ont pas encore atteint le monde non-magique est de fait, il ne la sent pas menacée. Quant à lui, il vit dans sa petite bulle de bonheur et ne voit pas la lumière du jour entre ses cours, ses amis et son job de serveur. Il n’a pas le temps de penser à lui-même.

 

 
le moldu derrière tout ça
Pseudo : H. Âge : 22 ans. Avatar : Ben Whishaw. Fréquence de connexion : Variante. Aussi souvent que possible. Comment as-tu connu le forum ? Via Sixte mais comme je veux le garder pour moi, vous pouvez faire des câlins à Charles. Code : Validé par Sixtou. Copyright : Alors. Pour les avatars, nous avons White Rabbit et FoX. Pour les deux premières grandes images, simsimhae et literallyintheheartofjesus. Et pour les deux gifs, hierarchia et joimitchell. Quant à l'inspiration et les références, pêle-mêle, Virginia Woolf, Hillary Clinton & Wes Anderson. Et bien sûr Sixte. Personnage : [X] Inventé, [ ] Scénario, [ ] Poste Vacant
 

 

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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Mer 1 Jan - 20:56


il était une fois




PRINCE, n.m. (lat. princeps, premier) : 1. Celui qui possède une souveraineté ou qui appartient à une famille souveraine. 2. Titre de noblesse le plus élevé. 3. Le premier selon un ordre hiérarchique. 4. Litt. Le premier par son talent, par son mérite. Prince charmant : personnage de contes de fées idéalement beau qui délivre et épouse la princesse ; homme idéal que recherche une femme.




La vie sur une île n’est pas de tout repos. Les insulaires ne sont guère connus pour leur hospitalité, pour leur sens de l’humour, pour leur solidarité ou les liens d’amitié qu’ils tissent avec les étrangers. Ils doivent faire face à une mer rugissante, parfois envahissante qui fait partie d’un quotidien bien morne ; le vent ne les épargne pas non plus, ni la saison des pluies. C’est une véritable calamité de temps à autre, renforçant le sentiment d’exclusion et d’isolement qu’ils subissent tous les jours. C’est presque une autre civilisation pour celui qui ne connaît que la terre ferme. Menacés d’extinction, les îliens ont ce sentiment de repli sur eux-mêmes, prêts à tout pour se protéger contre les actions maladroites d’autrui. Les contacts avec le continent sont limités le plus possible pour éviter une acculturation trop accentuée. Il s’agit avant tout de pouvoir se nourrir, se loger, s’habiller. Et il n’y a guère besoin d’aller chercher trop loin quand l’île offre à chacun des habitants un espace à cultiver, à construire, à développer ; un espace sur lequel on peut se perdre, jouer ou réfléchir. Les quelques habitants se regroupent et se connaissent tous, formant une véritable communauté où les liens sont bien plus forts que les voisins de palier d’une banlieue londonienne. Si l’un des enfants tombe malade, tous accourent, puisqu’il faut tout un village pour élever un enfant. Et cela est d’autant plus véridique dans ce cas. La famille vivait depuis longtemps sur l’île, léguant de génération en génération le même lopin de terre, qu’ils bêchaient, cultivaient avec tant d’amour, faisant mûrir légumes et fruits afin de s’assurer une certaine sécurité alimentaire. Il s’agissait d’une véritable petite société, où chacun tentait de vivre en harmonie avec les autres. Les conflits étaient réglés à l’amiable – bien que la peine de mort pouvait parfois faire office de solution expéditive – par un conseil des Anciens. Ce dernier ne se réunissait que pour cela et jamais pour diriger l’île, les habitants étant tacitement d’accord pour éviter un dirigisme totalitaire. Les mythes étaient transmis de manière orale de père en fils, de fils en petit-fils et ainsi de suite -  les vieux garçons prenant soin de transmettre leur part de vérité à un proche de sexe masculin. Bien évidemment, la consanguinité n’était jamais très loin dans de telles communautés aussi fermées, qui semblaient réduites à la dégénérescence et à la disparition, sur le même mode que les anciennes familles de sang bleu. Certains enfants portaient d’ailleurs les traits physiques et psychiques d’une telle pratique. On évitait tant qu’on le pouvait les unions entre frères et sœurs, ainsi qu’entre cousins et cousines, mais il devenait parfois difficile d’établir avec une précise exactitude des arbres généalogiques. Ils faisaient, après tout, confiance à la nature pour les guider sur le droit chemin. Dans toute l’histoire de l’île, jamais aucun étranger n’était venu s’installer de lui-même – il n’aurait de toute façon pas été reçu de la meilleure manière. Mais il arrivait parfois qu’un jeune homme se rende sur la terre ferme pour trouver chaussure à son pied – le vivier de jeunes et jolies jeunes femmes non-déformées par la consanguinité devenant de plus en plus restreint – et la ramener par la suite, permettant d’insuffler un sang nouveau dans un arbre plus que pourri. Celles-ci avaient souvent un long temps d’adaptation avant de parvenir à trouver leurs marques au sein d’une telle communauté et les autres femmes du groupe – souvent jalouses d’avoir vu leurs filles issues du cru dédaignées pour une pimbêche du continent – ne facilitaient pas les choses. Elles prenaient même un malin plaisir à utiliser de l’argot îlien plus que d’habitude. Betsy était horrifiée et ne savait pas comment elle avait réussi à se laisser entraîner dans un tel endroit. Le comble de l’horreur pour elle fut la séance de coiffure. N’ayant – évidemment – pas de coiffeur sur l’île, les femmes se coupaient les cheveux entre elles avant de couper ceux des hommes dans une sorte de cérémonie tribale, encore marquée par des usages ancestraux. La tradition voulait que sa belle-mère, qui menait depuis longtemps la cabale contre sa bru, se chargeât de les lui couper. Tenant entre ses mains un bout de miroir brisé, elle la regardait faire avec une angoisse grandissante. « Mince alors. Mes ciseaux ont dû glisser. Il va falloir que j’égalise de l’autre côté. » Et de voir les cheveux continuer encore et encore de descendre sur ses épaules jusqu’à terre. L’angoisse se transformait progressivement en boule dans le ventre, les larmes lui montaient aux yeux, son pouls s’accélérait, ses mains tremblaient tandis que ses magnifiques et longs cheveux blonds tombaient sans discontinuer, dans une valse infernale. Sa belle-mère semblait prendre un réel plaisir à continuer d’égaliser pour la forme dans une vaine tentative de lui faire perdre toute trace d’une quelconque féminité, de lui faire renier sa vie sur le continent ; les ciseaux claquaient dans l’air, cassant le silence de la forêt environnante, aussi entrecoupé par les pleurs de la jeune femme ou ses reniflements pathétiques. Les femmes tout autour, leurs cheveux parfaitement peignés et agrémentés de fleurs issues de la flore locale, arboraient un sourire quasi maléfique qui n’augurait rien de bon. On aurait presque dit un rite de passage tandis que les cheveux à terre se soulevaient avec le vent, la tête à présent nue. L’horrible coiffeuse posa enfin son arme mortelle, le sourire aux lèvres, fière de ce qu’elle avait accompli. Dans l’instant, des applaudissements retentirent tout autour d’elles, chacune des femmes présentes semblant accueillir la nouvelle venue. Elles se baissèrent pour ramasser les mèches qui traînaient encore avant de les jeter dans la mer qui venait déjà leur caresser les pieds. C’était fini. Bavardant le plus gaiement du monde, comme si de rien n’était, toutes retournèrent vers les terres, la laissant là, seule avec ses cheveux courts et ses peurs. Tandis que ses mains se crispaient et les larmes coulaient sur son visage, ses pensées ne se dirigeaient que vers un seul objet. Thatcher.


« L’enfant est turbulent, égoïste, sans douceur et sans patience ; et il ne peut même pas, comme le pur animal, comme le chien et le chat, servir de confident aux douleurs solitaires. » (Charles Baudelaire)

« Clarissa ! Es-tu allée chercher des fleurs ? » La nuit commençait d’ores et déjà à tomber, la lune commençait son ascension irrémédiable tandis que le soleil déclinait de l’autre côté. Une drôle d’atmosphère embaumait la maison, l’excitation atteignait des sommets. Cela faisait plusieurs années qu’ils continuaient de recevoir dans le grand salon, dans le petit salon, dans la salle à manger, dans la bibliothèque, diplomates, journalistes, ambassadeurs, écrivains mais pour autant il semblait que ce soir soit une occasion spéciale. « Oui, Mère, elles sont dans la cuisine. » La petite prenait toujours sa voix lente, entrecoupant les mots d’un long soupir, ne faisant guère semblant de cacher l’exaspération dans sa voix. « Clarissa ! As-tu bien pris des tulipes ? » Sa mère continuait sempiternellement de crier depuis sa chambre où elle ajustait de toute évidence le collier de perles autour de son cou, sans prendre la peine d’ouvrir la porte. « Oui. Elles sont aussi dans la cuisine. Avec les fleurs. » Dieu qu’elle pouvait être stupide. Elle ne prenait pas non plus la peine d’ouvrir sa porte, préférant de loin lui répondre en hurlant pour que sa voix traverse les murs. Après tout, la nuit dernière, les cris l’avaient bien réveillée au beau milieu d’un songe délicat. « Clarissa ! As-tu bien pris des violettes comme demandé ? » C’était toujours ainsi. Au lieu de poser une seule et même question, elle prenait soin d’en poser trois. Pour respecter la Sainte-Trinité disait-elle. Quitte à entendre trois réponses presque identiques qui énerveraient à coup sûr autrui. Mais c’était ainsi et il fallait s’y habituer. La maison était souvent emplie de cris, non pas de hurlements mais de cris, non pas de douleur ou de colère, mais tout simplement parce que c’était la manière de communiquer. Moins ils se voyaient, mieux ils se portaient. Elle était certes reconnaissante à son fils de lui avoir permis d’échapper à une morne vie sur l’île. Les relations avec sa belle-fille n’étaient pas non plus au beau fixe. Elles évitaient avec un soin particulier de se croiser dans les couloirs, de se retrouver dans les mêmes pièces ou bien de se regarder dans le blanc des yeux. Celles avec son propre fils n’auguraient rien de bon à vrai dire. Elle n’était tout simplement pas faite pour être mère, pour élever des enfants, pour leur donner de l’amour, de l’affection, des baisers, des embrassades. Le tableau pouvait sembler parfait sur les photos. Des sourires barraient chacun des visages, les cheveux impeccablement coiffés. « Clarissa ! » C’était là une autre sorte de communication. Juste hurler le prénom pour attirer l’attention. Mais elle n’avait pas envie de lui donner le plaisir de répondre à sa requête implicite. « Oui ? » Elle savait pertinemment que sa belle-mère désirait avant tout la voir se déplacer, sortir de son lit et arborer un sourire hypocrite. « Tiens. » Elle parvenait toujours à trouver un moyen d’arriver à ses fins. Elle était à présent obligée de se lever pour se rendre à l’autre bout de la maison et prendre ce qu’elle semblait lui tendre. Dans un effort incommensurable, elle rabattit les draps sur le côté, laissant ses jambes tomber sur le sol avec autant de délicatesse qu’un éléphant, en profita pour remettre ses cheveux en place. « Clarissa ! » Dieu qu’elle pouvait être impatiente. « J’arrive, bordel ! » Le silence à l’autre bout lui indiquait que l’énervement qui pointait le bout de son nez dans sa voix avait été perçu. « Quoi encore ? » L’autre restait là, à se regarder dans la glace, se repoudrant le nez, ne se retournant même pas, préférant la regarder à travers son reflet dans le miroir. « Peux-tu donner cela à ton frère ? Elle est arrivée ce matin. » Un long soupir s’échappa de sa bouche. Ne pouvait-elle donc pas le faire elle-même ? Ne pouvait-elle pas appeler son frère à sa place ? Sans un mot, elle s’empara de ladite lettre. Elle résista à l’envie de l’ouvrir pour en découvrir la teneur du contenu. Après tout, son frère avait aussi le droit à une correspondance privée. Ce qui n’était pas le cas du dragon qui régnait sur la maison et dont chacune des lettres passait par le critique examen de Clarissa. Elle ne prit pas la peine de frapper à la porte, mais tenta justement d’entrer le plus discrètement possible. Il était de dos, ses mains s’agitaient dans un mouvement significatif. Elle se racla la gorge pour indiquer sa présence. « T’arrêtes pas de te toucher, c’est fou ! » Thatcher se retourna d’un seul coup, du rouge sur les joues. « Mais …! » Le voir ainsi se démener pour la contredire était tout bonnement hilarant. « Ne t’en fais pas. C’est naturel. » Elle ne pouvait pas s’empêcher de lui sourire, mi-sarcastique, mi-maternelle. « Mais je t’assure que ce n’est pas ça ! » Il se releva à toute vitesse pour montrer que non, son pantalon n’était pas sur ses chevilles. « Si tu le dis. Bref. Elle voulait que tu aies ça. » Il s’approcha d’elle d’un air circonspect, regarda l’enveloppe marron avec curiosité avant de s’en emparer. « Qu’est-ce que c’est ? » Il n’osait pas l’ouvrir. « Je ne sais pas. Je ne l’ai pas ouverte. Juré. » Sa parole ne voulait rien dire, mais il fallait faire avec après tout. « Si tu le dis … » Il n’avait jamais reçu de lettre et se demandait bien ce qu’elle pouvait contenir. Clarissa restait dans l’embrasure de la porte, ne sachant pas trop si elle devait rester ou retourner ronchonner dans sa chambre. Il se jeta à plat ventre sur son lit et commença à ouvrir précieusement l’enveloppe. Un poids mort surgit à ses côtés. Finalement, elle avait choisi de le rejoindre. Il semblait que c’était quelque chose d’important. Cher Mr. Nightingale. Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d’ores et déjà d’une inscription au collège Poudlard.


« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, […] cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. » (Albert Camus)

« Tu sais, on raconte qu’il est débile parce que sa mère et son père sont frères et sœurs. » « Je crois pas qu’il soit débile, il est juste un peu naïf. » « Non, mais regarde ses lèvres, c’est bien un signe d’une dégénérescence, non ? » « Je les trouve plutôt belles pour ma part, j’ai presque envie de l’embrasser. » « T’es bête ou tu le fais exprès ? » Le dialogue durait depuis plusieurs minutes entre les deux et il s’amusait à les regarder parler de lui, à les entendre. Comment pouvaient-ils penser un seul instant que dans cet espace connu pour son silence irréprochable on n’entendrait pas les chuchotements de deux commères ? Il faisait semblant de ne pas entendre, de continuer à faire croire qu’il ne les entendait pas. Il savait très bien ce qui se disait sur lui et sa famille depuis qu’il avait osé participer en cours de Défense contre les forces du Mal. La consanguinité n’était pas quelque chose d’avéré mais il n’en fallait pas plus pour que les langues commencent à se délier derrière son dos. Il avait une fois entendu dire qu’il était le fils d’une harpie et d’un Vélane, prouvant bien l’ignorance de ses petits camarades qu’il tendait à prendre trop de haut parfois. Il ne faisait rien pour détourner les mensonges de leur voie et prenait même souvent un malin plaisir à aller dans leur sens. « Et puis, regarde ses cheveux, il fait quoi avec ? » « Tu penses que c’est en rapport avec ses parents ? » « Oui, sans doute. Je crois que les cheveux se transmettent à chaque génération. » « Tu te vois faire un gosse à ta sœur toi ? » « C’est dégueulasse, c’est certain. Mais comme on a des supers cheveux avec elle, il n’y aura pas de souci normalement. » La vacuité d’une telle conversation avait de quoi faire lever les yeux au ciel à n’importe qui. Mais il n’en faisait pas grand cas, ce n’était pas l’important. Il plongea les yeux vers le livre et lut pour la cinquième fois consécutive la même phrase. Le philtre d’amour peut voir son effet renforcé si la date limite de consommation est dépassée. La phrase ne semblait pas vouloir dire quelque chose. Il comprenait presque tous les mots mais ils ne voulaient pas se mettre en relation les uns avec les autres pour former quelque chose d’harmonieux. Et puis il y avait ce terme d’amour qu’il refusait de comprendre. « On m’a dit qu’il avait une fée de tatouée sur la fesse gauche ? » « La vraie question est de savoir si quelqu’un a déjà vu sa fesse gauche. » « Ahahah. Je me demande qui aurait envie de voir sa fesse gauche. » « Tu viens juste de dire que tu trouvais ses lèvres intéressantes. » « Certes. Mais je n’ai pas envie de voir sa fesse gauche. Quoi que, si ça nous permet de vérifier qu’il a bien un tatouage, je veux bien me sacrifier. » « Tu me dégoûtes. Et puis, qui est assez sensé pour se tatouer une fée sur la fesse gauche ? Pourquoi pas un poème d’amour sur le pubis ? » « Non. Arrête de faire des comparaisons de la sorte, tu n’es de toute évidence pas doué pour. » La conversation semblait s’enfoncer dans les abymes. S’il existait un classement des types de dialogues entre deux êtres humains, celui-ci ferait figure d’exemple pour démontrer combien l’humanité pouvait parfois être futile. Lui continuait de se concentrer sur les mots qui continuaient de défiler devant ses yeux. Les gens ne savaient-ils donc pas qu’une bibliothèque était faite pour étudier, réviser, écrire et non pas pour regarder ses petits camarades déambuler entre les tables et chuchoter avec ses voisins quant à la tenue vestimentaire des autres. « Excusez-moi, mais ce serait possible de baisser d’un ton ? Toute la bibliothèque peut entendre vos théories fumeuses concernant mon tatouage. » Le rouge monta vite aux joues des dites commères qui semblaient n’avoir ni l’habitude que quelqu’un les prenne en flagrant délit de commérage ni même que ce dernier puisse être l’objet de leur attention. « Mais … Enfin. Non, ce n’est pas ce que tu crois. » Thatcher lui lançant un doux sourire et passa sa main sur sa joue, profitant un instant du contact avec la peau du jeune homme. « Tu critiques parce que je n’ai pas voulu coucher avec toi, c’est ça ? » Le rouge se fit plus ardent sur les joues du Serdaigle, pris comme il était à son propre piège. Lui n’éprouvait aucun plaisir à faire souffrir autrui de la sorte mais voulait avant tout que les chuchotements se taisent enfin et qu’il puisse passer à la phrase suivante. « Non. Ce … Ce n’est pas ça. » « Mens toi comme tu peux. Mais respecte le silence de la bibliothèque au moins. » Il semblait que l’insolence du jeune homme avait été réduite au silence qui régnait à présent en maître dans les lieux. Finalement. Thatcher retourna à sa place, reprit sa lecture en face des deux commères, se concentrant sur la même phrase. Philtre d’amour. Limite. Consommation. Son esprit dériva encore une fois rapidement de son but quand il vit un oiseau passer devant la fenêtre. Sa concentration n’était de toute évidence pas présente. Il en profita pour observer l’autre jeune homme en face de lui, qu’il ne connaissait pas et qui, il fallait bien l’avouer n’était pas pour le déplaire. Ce n’était pas parce qu’il avait rejeté les avances de son ami qu’il ne pouvait pas lui en faire à lui. Discrètement, il fit glisser sa jambe vers l’autre côté de la table et commença à lui frôler le pied avant de remonter sur la jambe. Il continuait de se concentrer sur sa lecture mais il ne pouvait s’empêcher de sentir le regard de l’autre se poser avec une certaine insistance sur lui.

 


 

 

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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Mer 1 Jan - 20:56


il était une fois





1. MIGNON, ONNE adj. (de minet) 1. Qui a de la grâce, de la délicatesse. Elle est mignonne avec cette robe. 2. Fam. Gentil, aimable, complaisant. Mets le couvert, tu seras mignon. Péché mignon : petit défaut auquel on s’abandonne volontiers. 3. Filet mignon : morceau de bœuf, de porc, de veau coupé dans la pointe du filet. n. Terme de tendresse en parlant à un enfant, à une jeune personne. Mon mignon. Viens, ma mignonne.
2. MIGNON n. m. HIST. Nom donné aux favoris d’Henri III, très efféminés.





« Et alors, c’est comment là-bas ? » « Normal quoi. A part que c’est magique. » « Mais les cours ? Les profs ? Les garçons ? » « Je ne suis pas sûr d’avoir le droit de t’en parler. » « Même des garçons ? » Ah, les garçons. Sa sœur – ou plutôt sa demi-sœur si l’on désirait être rigoureux – avait la manière de faire. Elle noyait l’information qui lui tenait à cœur au milieu de trivialités en apparence innocentes. Peu lui importait au final d’en savoir plus sur l’école magique de son frère. Les règles étaient très claires. Il prenait d’ailleurs un soin particulier à éviter d’en parler et d’utiliser des termes compréhensibles par tous. Moldu devenait ainsi être non-magique pour éviter de la perdre dans des débats sans fond et inadapté pour le commun des mortels. Et il savait de toute façon qu’elle ne voulait pas de réponse aux deux premières questions mais seulement à la troisième. Et lui se contenterait de répondre évasivement. Un autre sujet occupait son esprit même si les garçons n’étaient jamais loin. « Je m’ennuie dans ma filière. Rien ne semble me plaire en ce moment. » « Pourquoi ne pas changer dans ce cas ? » « Cela risquerait de briser le cœur de Papa. » « Ton éducation est bien la dernière de ses préoccupations. » « Certes. » « Mais ? » « Mais il a tellement d’espoir en moi. Tellement d’ambition. » « Tu voudrais faire quoi toi ? » C’était bien là toute la question. D’un côté, il pouvait choisir de n’en faire qu’à sa tête, d’aller courir dans les champs de fleurs, galoper derrière les papillons, en se nourrissant d’amour et d’eau fraîche. Mais il savait bien que son père refuserait tout en bloc et lui couperait les vivres sans pour autant le renier. De l’autre, l’argent parental lui permettait de bien vivre. De dépenser sans compter. Mais il avait un sentiment de dépendance matérielle qui l’obligeait à obéir en son for intérieur aux désidératas paternels. « Courir tout nu dans les champs ? » L’air circonspect lui fit craindre le pire avant de la voir éclater de rire. Il avait eu peur un instant que son humour soit devenu incompréhensible aux yeux de sa sœur. « Et plus sérieusement ? » Plus sérieusement, c’était bien là la question. Son cours d’anatomie de l’être humain était rébarbatif au possible. Et il lui semblait qu’il passait chaque instant libre à la bibliothèque du campus à étudier et non à faire la fête. Non pas qu’il y était pour faire la fête mais il espérait plus qu’une sortie toutes les deux semaines. A ce rythme-là, il allait vite finir en dépression. Et il voyait tous ses amis qui apprenaient l’atlante se tourner les pouces puisque le cours pour les débutants – ou non-initiés selon la terminologie en vigueur -  était une vaste blague avant tout destinée à donner un semblant de cours. L’avenir lui paraissait lointain. « Plus sérieusement je ne sais pas. Mais je ne me vois pas continuer dans cette voie. » « Je vois, je vois. » « Tu ne vois pas du tout en fait ? » Elle éclata de rire une nouvelle fois. Clarissa n’était pas une jeune fille qui était destinée à faire des études. Ses parents attendaient juste d’elle qu’elle soit belle, drôle et bonne à marier. Peu importait à vrai dire si elle était capable de citer du Goethe ou Shakespeare ou d’avoir un avis pertinent sur la crise au Proche-Orient. « C’est trop abstrait pour moi, tu comprends ? Tu ne veux pas me parler des garçons plutôt ? Tu n’en as pas vu un qui me conviendrait ? » Il ne doutait pas qu’un bon nombre de jeunes hommes pourraient succomber à la beauté de sa sœur. Mais le contexte magique n’était guère favorable à l’union entre des êtres magiques et des êtres non-magiques, aussi beaux soient-ils. Il n’osait pas dire la vérité à sa sœur et ne voulait pas non plus la bercer de tendres illusions. « Ils n’arrivent malheureusement pas à ta cheville. » Il s’en voulait de lui mentir aussi éhontément mais elle n’en saurait rien. Ce que l’on ne sait pas ne peut pas nous blesser après tout. Un soupçon de rouge se cala sur ses joues. « Dis, tu as besoin d’argent ? » Elle arrivait toujours à mettre les pieds dans le plat et à ne pas prendre de pincettes. Elle le mettait de fait toujours un peu mal à l’aise, lui qui ne parvenait jamais à être totalement sincère. « Non, non. Ne t’en fais pas. » « Parce que tu sais que si tu as besoin d’argent, je peux t’en donner. » Toujours le cœur sur la main. Parfois, c’en était presque dérangeant, presque gerbant. Elle avait d’ailleurs toujours une cour d’amis hypocrites qui lui tournaient autour, prêts à tout pour bénéficier de ses faveurs. « Je t’assure ne pas en avoir besoin. » « Si tu le dis. En tout cas, arrête de te prendre la tête et fais ce qui te semble être le mieux pour toi. » Parfois, Clarissa avait des éclairs de génie et se comportait comme une mère de substitution à bien des égards. C’était peut-être ça le secret du bonheur après tout. Arrêter de faire des choses pour les autres et commencer à les faire pour soi. Il entoura de ses bras sa sœur et resta quelques instants dans cette position. « Je crois qu’il est temps de descendre. J’ai faim. » Cette aptitude à passer sans commune mesure à quelque chose de plus léger après une conversation sur l’avenir avait toujours sidéré Clarissa mais elle voulait faire plaisir à son frère et se hâta d’abonder dans son sens. « Tu as raison, je prendrais bien une religieuse. » Les deux ne purent s’empêcher de sourire. Les dialogues à double sens étaient devenus l’un de leurs jeux préférés, d’autant plus quand l’effet n’était pas recherché.


« A woman’s face with Nature’s own hand painted / Hast thou, the master-mistress of my passion; / A woman’s gentle heart, but not acquainted / With shifting change, as is false women’s fashion; / An eye more bright than theirs, less false in rolling, / Gilding the object whereupon it gazeth; / A man in hue, all “hues” in his controlling, / Much steals men’s eyes and women’s soul amazeth. / And for a woman wert thou first created; / Till Nature, as she wrought thee, fell a-doting, / And by addition me of thee defeated, / By adding one thing to my purpose nothing. / But since she prick’d thee out for women’s pleasure, / Mine be thy love and thy love’s use their treasure. » (Shakespeare)

« Et donc, vos parents sont … Enfin, ne sont pas des sorciers, c’est bien cela ? » Sourire gêné de la part des deux bords. D’un côté, parce qu’en cette sombre période, il devenait de plus en plus difficile d’engager des Sang-de-Bourbe – ou plutôt des nés-Moldu comme le voulait la terminologie en vigueur. De l’autre, parce que Thatcher savait pertinemment que cela marquerait la fin de l’entretien et qu’il pouvait d’ores et déjà faire une croix sur la place à pourvoir. Sourire crispé une nouvelle fois. « Oui, c’est bien cela. » Il avait pensé à mentir sur ses origines. Les entretiens pour ce type de poste faisaient rarement les vérifications d’usage mais on n’était jamais trop prudent pendant ces temps troubles. Personne n’était véritablement à l’abri. Et puis, il n’avait pas envie de mentir sur ses parents même si c’était de leur faute s’il se retrouvait dans une telle position. Il était trop fier de sa distinction. Pour lui, être sang-de-Bourbe était, d’une certaine façon, meilleur qu’être sang-pur, lui permettant d’affirmer son originalité sans pour autant être enfermé dans un carcan familial trop engoncé comme c’était trop souvent le cas à Poudlard. « Bon. Je pense avoir toutes les informations nécessaires. Nous restons bien évidemment en contact. » Toujours les mêmes réponses formulées avec un tact parfait. Il fallait plutôt comprendre ici que la pureté de son sang étant toute relative et même insignifiante, il ne pouvait pas prétendre travailler dans un tel endroit et qu’il n’entendrait plus jamais parler de la personne en face de lui. Au début, il ne cessait de relancer les recruteurs, encore naïvement, avec l’espoir que sa candidature s’était perdue en cours de route. Mais ce n’était jamais le cas et ils prenaient un soin tout particulier à adopter la posture de l’autruche jusqu’à ce qu’il cesse complètement. « Merci beaucoup. Au plaisir d’entendre parler de vous. » Un sourire élégant, une molle poignée de mains et c’en était fini. Il avait discuté de cette situation avec sa sœur plusieurs fois concernant ses études avant de se décider d’arrêter la filière qui était la sienne pour se lancer dans quelque chose qui lui tenait à cœur. Il savait bien ce que cela voulait dire au final.  Que l’argent familial ne coulerait plus à flot – voire ne coulerait plus du tout ; que sa sœur le prendrait peut-être en pitié en détournant une partie de l’argent qu’elle percevait pour lui en donner ; qu’il devrait sans doute passer sa vie dans une résidence universitaire glauque avec des colocataires aux tendances sexuelles déviantes ; qu’il devrait sans doute subvenir seul à ses besoins. Pour cette dernière perspective, les chances de réussite semblaient aller en s’amenuisant. Son ‘originalité’ semblant être justement trop originale pour rentrer dans les mœurs sorcières. En quoi la pureté du sang était-elle importante pour accueillir les gens à l’entrée d’un restaurant ? ou pour travailler dans un bureau de banque ? Un ami – ou plutôt une connaissance – lui avait fait une proposition plutôt scandaleuse quelques semaines plus tôt mais à force d’essuyer de polis refus, il en venait à la considérer fortement. « Dis, Thatcher, on peut dire que tu es assez … Ouvert sexuellement, non ? » Les choix de mot de son camarade n’étaient jamais les plus judicieux. Il semblait qu’il le faisait exprès et on lui avait fait remarquer que malgré un riche vocabulaire, il ne semblait pas encore saisir les complexités de la langue. « On peut dire ça comme ça, oui. » On ne pouvait pas dire qu’il était très aventureux sexuellement parlant, qu’il faisait des choses qui sortaient de l’ordinaire. Ou qui sortaient trop de l’ordinaire. On entendait des choses beaucoup plus bizarres au détour d’un couloir et plusieurs rumeurs faisaient état de lieux que la morale ne tolérait pas. Lieux qu’il n’avait jamais fréquentés, il convient de le signaler. « Et bien, tu vois cette bague. Et si je te disais que quelqu’un me l’avait offerte pour quelques services rendus … » Les yeux de Thatcher commençaient à pétiller. Il semblait un peu comprendre ce que son camarade était en train de lui proposer. Ce n’était pas nouveau, il en avait déjà entendu parler mais ne pensait pas qu’un de ses proches en récoltait les fruits. « Je te dirais que tu as de la chance d’être tombé sur un riche pigeon. » L’autre le regarda avec un sourire paternaliste. « Pas un pigeon. Mais des pigeons. » Un silence gêné s’installa entre eux. L’autre regardait Thatcher qui lui-même s’était lancé dans une intense contemplation de ses ongles. « Je crains de ne pas très bien te suivre. » L’autre éclata de rire. Comme s’il faisait une blague. Mais que personne ne l’avait comprise. Comme s’il vivait dans son propre monde et qu’il ne laissait personne y pénétrer. « Thatcher, tu me déçois. J’attendais mieux de ta part. Bien mieux. Tu ne vas pas me faire croire que tu ne vois pas de quoi je suis en train de te parler. » « Je ne suis pas certain de bien visualiser ce dont tu es en train de me parler. Ou au contraire de trop bien le visualiser. » « Cesse donc de faire ta mijaurée. Les hommes ont des besoins, je suis là pour les satisfaire. Et contre ce service, je suis rémunéré. C’est du pur capitalisme, mec. » Du pur capitalisme. C’est vrai que la formule était bien trouvée. Il s’imaginait bien pire. « Tu peux commencer petit. Juste pour voir. Si tu savais combien certains sont prêts à donner pour la moindre petite chose. » L’idée demandait réflexion. Il ne pouvait pas tout le temps dépendre de sa sœur et lui en demander trop lui donnait l’impression d’être redevable et moins que rien. Service contre argent. Le lien de dépendance semblait tout de même moindre. Et puis, ce ne serait que pour un temps, il finirait bien par trouver un petit boulot qui lui permettrait finalement de subvenir à ses besoins correctement.


« On nous recommande tant d'avoir bon cœur ! et puis on nous défend de suivre ce qu'il inspire, quand c'est pour un homme ! » (Choderlos de Laclos)

Une perle de sueur descendait le long de sa peau nue, sur sa joue, sur son dos. Il ne comprenait lui-même pas comment il était parvenu dans une telle situation. Lui qui ne savait pourtant rien faire de ses dix doigts, le voilà en train de porter un plateau rempli de boissons alcoolisées. Il s’était entraîné pendant de longues heures chez lui mais cela n’avait rien à voir avec l’ambiance au sein du pub. Les clients n’arrêtaient pas de bouger, souvent sans prévenir de leurs mouvements saccadés, prêts à tout moment à le bousculer sans le regarder une seule fois. Etre serveur n’était pas de tout repos, la gratitude était minime, les gens ne prenaient pas la peine de vous regarder, de vous adresser la parole à part pour commander ou pour demander une serviette. Ingratitude, quand tu nous tiens … Il ne cherchait pas non plus la reconnaissance mais au moins un peu de considération. Mais c’était comme s’ils sentaient que la pureté de son sang n’était pas assez bonne pour lui adresser la parole. Ou c’était tout du moins ce dont il se persuadait. Et puis, il n’allait pas cracher dans la soupe. Le salaire était correct et les pourboires parfois surprenants. Et puis le bar était une véritable scène de théâtre dont les personnages changeaient sans cesse au gré des soirées. Il y avait inévitablement toujours les mêmes piliers, dont la boisson favorite n’était un secret pour personne et dont Thatcher prenait soin d’apprendre le prénom et la vie pour discuter un peu avec eux quand l’occasion se présentait. Il fallait  fidéliser le client et rien de mieux que de le faire sentir ici comme s’il était chez lui. « Salut George, un Edinburgh Night pour toi ce soir ? » Le sourire du jeune homme en face de lui indiquait qu’il avait raison, qu’il ne s’était pas trompé. Associer chaque prénom à une boisson favorite était un bon exercice pour sa mémoire et il voyait dans ses soirées au Smoking Dragon une extension de ses cours de dramaturgie du mardi après-midi. De plus, la pléiade de clients qui défilait sous ses yeux chaque soir fournissait un vivier de personnages tous prêts à monter sur scène. La jeune fille esseulée en quête de réconfort pour une nuit ; la bande d’amis dont les examens venaient de se terminer et dont le seul souci était d’oublier cette semaine catastrophique ; il y avait George donc, qui se retrouvait là tous les soirs mais ne semblait pas vouloir en parler. Tous ces personnages se croisaient, se reconnaissaient, le temps d’une soirée, d’une nuit ou plus. Les relations qui se formaient ici-bas étaient étonnantes et c’était une vraie perte que personne ne soit là pour les coucher sur le papier. « Dis, Thatcher, tu veux pas t’asseoir avec moi ? » Il arrivait parfois que le jeune homme reçoive ce genre de proposition. Il jeta un rapide coup d’œil dans la salle pour vérifier qu’il n’y avait pas trop de monde puis derrière le bar pour s’assurer que Malachy avait la tête à autre chose et ne viendrait pas lui faire une réflexion pour avoir abandonné son poste. « Si, bien sûr, qu’est-ce qui se passe ? » Il jeta son torchon sur son épaule, tira un tabouret vers lui pour s’installer aux côtés de George. Il fallait parfois être psychologue et ça, cela ne lui réussissait pas trop. Il n’était réellement pas très doué pour écouter les gens et ce serait sans doute pour cette raison qu’il ne serait jamais un grand et bon serveur. Son manque d’empathie lui faisait souvent dire des bêtises, mal interpréter certains signaux ou encore vexer quelqu’un sans le vouloir. « Et bien. Ma mère est morte la nuit dernière. » Typiquement le genre de conversation qu’il n’avait pas envie d’avoir. Avec personne. Il lui en fallait peu pour être déstabilisé, surtout dans ce contexte. Il ne savait pas quoi répondre, quoi dire. Il se contenta d’une petite tape sur l’épaule de George. « Tout va bien aller. Ne t’en fais pas. » Tout n’allait de toute évidence pas bien aller. Mais il se contentait de reproduire des phrases préconçues, qu’il avait entendues à droite ou à gauche. Il était incapable d’être original et se sentait globalement mal à l’aise. « Bois un petit peu, Malachy a rajouté un ingrédient secret. Si tu parviens à le trouver, ce soir les boissons te sont offertes. » Dans cet effort pathétique de dévier la conversation vers un sujet plus léger, on peut trouver Thatcher au meilleur de sa forme dans la preuve de son très clair manque d’empathie. Au lieu d’écouter l’autre déblatérer pendant quelques minutes, de se contenter de hocher la tête en attendant que l’orage ne passe. Non, il fallait qu’il mette immédiatement fin à ce sentiment de malaise qui s’emparait de lui en entendant autrui raconter sa vie et surtout ses malheurs. Son regard se perdait autour de lui, espérant une remontrance de la part de Malachy ou l’appel d’un client pour pouvoir s’enfuir vite. A la place, son regard se posa furtivement sur un autre habitué. Son fin corps rendait impossible pour quiconque de ne pas s’y attarder et l’admirer. « Je n’ai pas envie de dormir seul ce soir. » Si Thatcher avait un clair manque d’empathie, l’autre ne semblait pas avoir une conscience aigüe du deuil. Ne venait-il donc pas de lui proposer un coup d’un soir – ou une soirée câlin ? Etait-il véritablement en train d’utiliser la mort de sa mère pour le mettre dans son lit. Il fallait couper court à la conversation et s’arranger pour ne pas le recroiser. « Excuse-moi, George, mais j’ai d’autres clients qui attendent d’être servis. » Il se leva rapidement, remit le tabouret à sa place et se dirigea vers le bar les joues encore rouge du culot du jeune homme pour prendre un plateau. Il avait besoin de s’occuper l’esprit. Le côté positif, c’était que son manque d’empathie était passé inaperçu.



   

   

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Statut : Un joli bordel désorganisé.
MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Mer 1 Jan - 21:08

Bienvenue !

Ben Wishaw pour jouer un universitaire trèèèès bon choix :D
Je t'envoie du courage pour ta fiche, même si la partie rp est bien entamée, le code est validé de ce côté là tout va bien ! Wink
J'connais des adultes qui vont être contents de pouvoir élargir leur cercle de copains -oupascopains-.

Bonne chance et bon courage ! Si tu as des questions n'hésites pas à MPotter un des membres du staff qui se fera un plaisir d'éclairer ta lanterne si tu as des doutes sur certains points :) !

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∞ le temps seul révèle l'homme juste
un seul jour dévoile le perfide

(c) dusty scarecrow


Un Sixtouchat pas très content :
 
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Mer 1 Jan - 21:12

Bienvenue

N'hésite pas si tu as des questions, le staff est là pour ça

Sixte a été plus rapide mais j'approuve, très bonne idée que des personnages en dehors de Poudlard, ça fera des clients pour Malachy !

•••••••••••••••••••••••••••••


† and the snakes start to sing

I'll seek you out, flay you alive... One more word and you won't survive. And I'm not scared of your stolen power, I see right through you any hour. I won't soothe your pain, I won't ease your strain, you'll be waiting in vain... I got nothing for you to gain .

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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Mer 1 Jan - 21:44

Malachy dit qu'il veut bien de ce client là
Nightingale, à tout hasard, tu as joué sur Morsmordre ? I love you (si oui c'est Mikhaïl, sinon c'est pas grave, je t'aime quand même )

Bienvenue en tout cas, bon courage pour ta fiche ! :D Ben est un super choix *-*

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now i'm haunted.
Stood there and watched you walk away from everything we had but I still mean every word I said to you. Something's made your eyes go cold. Come on, come on, don't leave me like this. I thought I had you figured out. Something's gone terribly wrong, you're all I wanted. @ ALASKA.
   
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Mer 1 Jan - 21:59

Bienvenue à toi et bonne fiche !
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HRIen depuis le : 13/04/2012
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Mer 1 Jan - 22:16

Bienvenue monsieur bonne chance pour ta fiche ;D

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I saw your picture hangin' on the back of my door, won't give you my heart no one lives there anymore. And we were lovers, now we can't be friends. Fascination ends here we go again.


I'm not in love


Spoiler:
 
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Statut : Heart under arrest
MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Jeu 2 Jan - 9:10

Haon
Bienvenue sur le foruuuuum

Bon courage pour ta fichette


EDIT : *frappe et papuche*
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Jeu 2 Jan - 16:00

Bienvenue ! Bon choix d'avatar   
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Ven 3 Jan - 21:03

Merci à tous !

J'avance à petits pas dans ma fiche, ne vous en faites pas :D

Juste une petite question - pour aller de pair avec mes petits pas - la restriction pour la maison Serpentard s'applique-t-elle aussi de fait pour les étudiants (dont, au final, la maison importe peu) ? C'est juste pour savoir. Mais j'ai pas envie d'un Poufsouffle en fait. Mais j'ai pas prévu d'en faire un Serpentard mais j'ai besoin de savoir. C'est juste un besoin plus fort que moi de savoir.
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Ven 3 Jan - 23:59


Oh le beau choix d'avatar *^*
Je l'ai adoré dans Cloud Atlas (entre autre bien sûr xD)

Bref, bienvenue parmi nous   
Un perso gay en plus (a)
Bon courage pour ta fiche ~
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Sam 4 Jan - 13:17

Merci beaucoup Enoah, au plaisir de te croiser au détour d'une sombre ruelle
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Dim 5 Jan - 0:11


Mmh qui sait, c'est si facile de s'égarer dans une ruelle sombre   
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MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Dim 5 Jan - 14:18

J'adore le choix d'avatar, il est excellent !
Bienvenue ♥
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Invité
MessageSujet: Re: Thatcher ♦ Now you see me   Mar 7 Jan - 12:28

Enfin un étudiant, ça fait du bien. Dans tous les cas, ta fiche est complète et bien écrite donc je te valide avec plaisir


Félicitation & bienvenue

“ Pour emplir leurs cerveaux de savoirs et sagacité
Ils allèrent étudier à l'université. „




Ton travail et ta détermination ont porté leurs fruits et te voilà désormais pleinement membre de HRI ; pour cela, nous te remercions et te félicitons, bienvenue dans la famille !
Tu peux dès à présent poster dans l'intégralité du forum, y compris le flood et les jeux.

TOUTEFOIS
Pour bien continuer ton aventure parmi nous, il te faudra créer un carnet de relation ( ICI ) et pourquoi pas un répertoire de RP ( ICI ) . Surtout n'oublie pas d'aller réserver ton avatar ( ICI ). Si ton personnage a des parents tirés de la saga, il te faudra aussi remplir un formulaire ( ICI ). Si tu as la moindre question, n'hésite pas à contacter un membre du staff, ils sont là pour ça ! & Histoire de t'en sortir dans les bruits de couloir, n'hésite pas à consulter régulièrement la gazette qui se trouve ici ICI
En tant qu'étudiant, tu peux également faire ta demande de logement, te trouver un stage, voire un job pour payer tes études !

N'oublie pas non plus de préciser la filière de ton personnage dans ton profil, puisque le groupe de l'Université rassemble étudiants ET professeurs Wink

Bon jeu parmi nous  


Bienvenue, nouveau membre de l'
University

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Thatcher ♦ Now you see me

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