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 (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.

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HRIen depuis le : 30/10/2013
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MessageSujet: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 0:26


azazëlle dolohov


( l.l.e. // “deicide” the destruction or killing of a god) ▽ where the sacred flower is spilled, and as crimson, perverse tears of blood its petals pour and lie, a crown of flames alike - and twist and turn, in the depths of the sombre, sweet-juiced garden of Night - upon and beneath all the flemish, glaukos eyes as they close - lust of another world. sing the furies away, crawling their anger, harsh the lullabies in their obey, as they kneel - to and inside the mistress of all says. no shelter, nor the tender blushing of hope anymore, not even in words. the aoidos regains what the fates made him loose, his sight, his time - and yet no one else he’s able to see, not in truth, for it’s Blindness now the one who owns his star-drifting rules. prophecies evaporating like spirals of gilded smoke, silence in the springs of the rivers of doom, louder and louder as mountains fall, crumbling like sand of hourglass in the mists, the pastors of winds. and yet, no redemption is there, no one asked for. for they’re still gods after all, half-hearted and bold, capricious - but divine nevermore.
carte d'identité
Nom : DOLOHOV. SHE LEARNED HOW TO SMILE WITH BLOOD IN HER MOUTH. SHE WAS BRAVE, SHE WAS BEAUTIFUL BUT IT WAS UGLY. Grognement des enragés, des ignobles. Et la couronne crasse de leurs défaites. C’est comme une flamme brûlante sur la langue. Leur blason, frappé d’un Magyar bicéphale, malmené par le temps. Leur famille, qui a par trop souvent, trempé dans le sang. Et quand sonnèrent les cloches pour le Tsar maudit, les traitres s’enfuirent. Et quand s’écroula son Seigneur, le fidèle lieutenant fut vaincu dans l’heure.
Dolohov. C’est un nom acide et amer, frappé d’ostracisme et de déshonneur. Un nom qu’on tait, ou que l’on crache avec aigreur. Un nom de monstres, de perdants. Un patronyme sur lequel elle voudrait restaurer ce prestige d’antan, désormais perdu, tombé entre les ruines et sombres histoires de guerre. C’est un nom trop lourd pour ses frêles épaules de gamine ténébreuse. Un nom qui lui ferait courber l’échine sous le fardeau si elle n’avait pas l’audace mal placée de le revendiquer dans un sombre sourire satisfait.

Prénom(s) : AZAZËLLE. YOU DID NOT LOOK BACK YOU WALKED AWAY TO BE ALONE WITH YOUR DEMONS. Azazëlle, Azazëlle, Azazëlle. Les notes rudes, naviguent, roulent sur son palais acide. Elle aime le murmure dans lequel s’échappe son prénom. Elle aime la dureté qui en découle. Elle aime cette force brutale, qui transpire de chaque lettre et de chaque son, l’emportant irrémédiablement autre part.
Azazëlle. Et l’on ouvre les portes de la géhenne. C’est le porte-enseigne des légions infernales qui ordonne sur le champ de bataille, qu’au bruit guerrier des clairons et des trempettes retentissantes, son puissant étendard soit levé. Sombre présage duquel il vaut mieux détourner les yeux. Elle est cette enfant ténébreuse, le Cerbère dont elle promet l’Enfer.
ANTONINOVNA. Littéralement, fille d’Antonin. Comme si ça signifiait tout. (C’est le cas.) C’est un nom et, plus que tout, un fardeau. La ligne de conduite à laquelle elle s’abstient. Chacune de ses actions est transcendée en la gloire de son père. Sage petit soldat, l’unique rescapée d’un monde qui ne cherche qu’à les annihiler.
Parfois, son père se préfère pourtant à la nommer Morana. La déesse slave de la sorcellerie, de l’hiver et de la mort. Ses os sont faits du gel de l’hiver, et dans ses yeux se reflètent les vies décimées, les sortilèges interdits. Sombre divinité à l’autel de laquelle prie le père, dans l’espoir de recouvrer son honneur perdu.

Surnom : DAHAKA. I SWALLOWED THE SUN WHEN I WAS 16, AND MERELY LAUGHED AS MY BODY IGNITED, FOR I WAS IMMORTAL, INVINCIBLE, INFINITE. La lippe tordue de mépris, ce fut sa mère, la première, qui la surnomma ainsi. Dahaka, l’un des monstres les plus horribles de l’Orient Ancien qui, selon les légendes, fut crée par le dieu Ahriman pour détruire le monde à tout prix, et employé à engloutir le soleil afin de faire périr toute vie sur Terre.
Dahaka. C’est son enfance qui se rappelle à elle lorsque, encore titubante, elle ne faisait que marcher dans les pas de son frère. Le quolibet lui est resté, délié dans un sourire par son ainé. Emprunté par ses proches – le nombre de (mal)chanceux à se disputer ce privilège se compte toutefois sur les doigts de la main.

Âge : DIX-SEPT ANS. Jour funeste que celui où elle put commencer à user de la Magie comme elle l’entend et, surtout, quand bon lui semble, sans devoir s’en remettre à l’autorité d’un quelconque adulte. Sang-de-bourbes, s’abstenir. Et traitres à leur sang, également.

Date et Lieu de Naissance : 19 MAI 2005, AU MANOIR DOLOHOV. HOLY PLACES ARE DARK PLACES. IT IS LIFE AND STRENGHT, NOT KNOWLEDGE AND WORDS, THAT WE GET IN THEM. HOLY WISDOM IS NOT CLEAR AND THIN LIKE WATER, BUT THICK AND DARK LIKE BLOOD. Un jour d’orage comme on en connut peu. L’enfant des cieux fêlés, comme si ceux-ci n’avaient jamais cherché qu’à la recracher. On l’a hissée sous la voûte céleste, royaume interdit que ce drap cosmique déchiré par les éclairs. Progéniture maudite, elle a dés lors évolué entre les murs austères du Manoir familial, et conserve le port royale d’une impératrice lorsqu’elle marche en son domaine.

Nationalité : ANGLO-HONGROISE. Dolohov, ces lettres qui se glissent sur la langue, qui se fondent et qui se crachent, sèches, rugueuses. Ces lèvres qui délivrent ce nom acide et ses consonances slaves. Oui, car ces origines duales se sentent partout dans son attitude. Et pire encore, quand les accents du nom glissent sur la bouche, arrachant le froid polaire de la Hongrie au palais, meurtrissant dans un frisson la peau, quand on souffle : Dolohov.
Ils ont longtemps promené leurs grands airs de marquis le long de la Neva, ont marché sur son eau gelée. Et combien de fois ont-ils roulé dans les jardins privés, combien d’escaliers de marbre ont-ils dévalé avant que leur révolution n’éclate ? Une fuite, voilà ce qu’ils ont commis. Fuyant la Russie, ils se sont réfugiés parmi les Magyars. Et puis, Grindelwald est arrivé. Grindelwald et ses grands yeux orageux, toujours tournés vers l’Occident, vers l’Angleterre. Les Dolohov l’y ont suivi, ces ombres qui s’éclataient contre les murs, qui se sont immiscés lentement, à la manière d’un insidieux poison.  
ORIGINES PERSES. C’est ce sang qui gicle, fugace, fugitif ; élan de son iranienne de mère, qui fuyait son pays pour s’abriter de l’insurrection contre le Chah, son grand-père. Que reste-t-il d’elle, maintenant ? Une fleur de soleil fanée par la rigueur d’une noblesse qui n’a plus rien pour faire rêver, une jeunesse envolée, tassée sous les rides et les problèmes. Pour Azazëlle, il ne reste à sa mère d’oriental que ces noms qu’elle leur a fiévreusement donné, et cet accent chantant qui persiste encore, malgré le temps. Le sang chaud, le demi soleil que sa mère lui a donné, et elle implose comme un volcan – elle se désole de voir sa génitrice aussi faible, aussi triste. Celle-ci est sur la fin de sa vie, sa flamme vacille et elle, elle crépite, incendie fou, chien-loup indiscipliné, promesse d’une vengeance, promesse de différence. Sa mère, qui aimerait tant retrouver sa patrie, l’Iran de ses mille et une nuits, le soleil d’Orient et l’odeur des encens. Le palais qui a abrité de son enfance, dont les ruines sont encore entachés du sang royal – sa mère, l’ultime rescapée.
Mais Azazëlle ne s’attarde ni sur l’une, ni sur l’autre de ses origines. Société puriste et quelque peu ségrégationniste : si elle venait à les revendiquer, les autres Sang-Pur risqueraient fort de la traiter d’immigrée.

Pureté du sang : PURE. Le sang royal des rois d’Orient. Le sang flamboyant des fiers et sombres russes. Elle est le fruit maudit de deux ténébreuses lignées. Dans ses veines s’écoule l’hémoglobine avec une grâce divine et peu commune. Son sang est le plus pur, le plus grandiose qui soit. Sous le sourire rogue de Rohàn, ou le regard chaotique d’Alesya, elle n’a jamais lésiné quant à inlassablement leur répéter. Dans une autre vie, elle serait née reine parmi les hommes. Elle est amenée à gouverner, elle le sait, elle le sent – la conviction repose en son sang.

Année d'étude & Maison : TROISIÈME ANNÉE, À SERPENTARD. WE SLYTHERINS ARE BRAVE, YES, BUT NOT STUPID. FOR INSTANCE, GIVEN THE CHOICE, WE WILL ALWAYS CHOOSE TO SAVE OUR OWN NECKS. Brûlant de ce feu de l’ambition qui ne fait que lentement la calciner, rivalisant de ruses pour atteindre ses objectifs, elle rejoint les vipères sans éveiller la surprise générale. Au contraire de ses camarades, elle ne fait pourtant perdurer aucune tradition familiale : elle ne compte aucun ancêtre n’ayant jamais foulé le prestigieux sol de Poudlard de leurs pieds.
Pour autant, elle bien qu’elle s’en cache, interprétant ceci comme une tare, elle fut un Chapeauflou, et fit l’objet d’une intense hésitation avec la maison de Poufsouffle. Un choix qui demeure encore incompréhensif à ses yeux, lorsqu’elle ne réalise pas cette loyauté exacerbée qu’elle possède, poussée jusqu’au vice. Et Azazëlle, amenée jusqu’au bord du précipice.

Orientation sexuelle : ASEXUELLE, HÉTÉROROMANTIQUE. Non-pratiquante, et sans foi en l’adage de l’amour pour autant. De tels actes éveillent en elle une profonde pudeur, et un indicible malaise. Sans doute les vestiges de ces fois où elle surprit Alesya dans des positions équivoques qui vinrent heurter sa sensibilité d’enfant. Résolue, toutefois, à faire perdurer son lignage, elle a une tendance largement homophobique, pour considérer pareil penchant comme une tare, à vrai dire.

État civil : FIANCÉE À ZANE GOYLE. I SUPPOSE IT WAS LUST BUT IT WAS HOLY AND AWFUL. Étrangement, promise à l’aube de sa majorité et non auparavant. Un âge où elle aurait pu être en mesure de se révolter face à ces choix, de se révolter contre son père, et d’envoyer brûler cette promesse tacite d’union entre leurs deux lignées. Mais le cœur d’Azazëlle a d’insidieux qu’elle est intimement convaincue qu’elle conserve en son être un vibrant et pur sentiment à l’égard de Zane. Elle ne réalise pas encore la mesure de ses actes : son trouble ne vient que de l’indissociation de son être avec celui d’Alesya, née de sa profonde volonté de se tailler comme la réplique conforme de la Lestrange. Et puis, s’il s’agit de rendre Antonin fier d’elle, elle serait prête à épouser n’importe lequel d’entre eux.
PRIDE FUDGE. YOU ARE SHAKING FISTS & TREMBLING TEETH. I KNOW: YOU DID NOT MEAN TO BE CRUEL. THAT DOES NOT MEAN YOU WERE KIND. Petit con made in Gryffondor, qui met effectivement ses nerfs à vif, et a la fâcheuse tendance d’agiter ses hormones d’adolescentes par sa simple présence. Un garçon, qu’elle voudrait bien s’appliquer à briser méticuleusement, désormais. Auquel elle voudrait faire payer ces crépitements au creux de son estomac, chaque fois qu’elle le voit.

le sorcier en toi
Baguette : Mesurant exactement VINGT-DEUX CENTIMÈTRES ET SEPT MILLIMÈTRES, sa baguette est taillée dans du bois d’AUBÉPINE, profondément contradictoire et pleine de paradoxes à l’instar de l’arbre dont elle est issue : alors que ses feuilles et fleurs ont un pouvoir de guérison, ses branches coupées ont une odeur de mort. L’instrument peut donc parfaitement être adaptée à la magie de guérison, mais peut tout à fait s’avérer redoutable en matière de maléfices. Une baguette NERVEUSE, difficile à manier, qui détient en son cœur un VENTRICULE DE DRAGON – d’un Magyar à pointes, plus précisément. D’après Ollivander, l’arme s’avère idéale pour les maléfices et sortilèges offensifs en tout genre, particulièrement résistante à ces derniers, mais toute aussi capricieuse lorsqu’il s’agit de métamorphoses. Cette baguette, lui avait-il juré sans emphase, lui promettait sans doute le pouvoir et la gloire.

Patronus : LICORNE. Encore trop jeune, elle n’a pas encore eu l’opportunité de recevoir les cours de DCFM devant l’initier à la dure pratique qu’est de conjurer le sortilège du Patronus. Faute de véritable ode à la joie dans ses souvenirs, aussi, peut-être. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un informe nuage de fumée blanchâtre et opaque. Étincelles vacillantes. Mais si quelque fou venait à lui poser la question, profondément orgueilleuse, sans doute qu’elle mentirait, prétendant que le sien prend la forme d’un corbeau croassant, symbole de la guerre et des champs de bataille.
Il n’en est rien pour autant, et la surprise risque d’être de taille lorsqu’elle réalisera qu’il n’est que l’incarnation de la pureté à laquelle elle s’argue pourtant si hermétique.

Épouvantard : Une représentation, physique ou matérielle, de l’abandon. Comme une once de déception perceptible dans le regard de son père ou d’Alesya, par exemple. Ou même l’obscurité l’encerclant, lui renvoyant en pleine gueule sa solitude, venant insidieusement souffler que ce n’est qu’un simple retour de karma, que justice vu le plaisir qu’elle a pu prendre à répandre douleur et désolation autour d’elle. Cependant, il arrive parfois que ce-dernier change et prenne la forme d’une marre de sang à ses pieds, tandis que l’hémoglobine glisse du sommet de son crâne et vient totalement la recouvrir ; jusqu’à ce qu’elle se perde dans ce sang versé, se souille un peu plus dans ses pêchés.

Particularité : Son père voulait l’initier au subtil art de la legilimancie, mais Azazëlle a rapidement abandonné l’idée ; elle a déjà assez de mal à gérer le bordel dans ses propres pensées pour s’immiscer dans celles des autres.

Options choisies & métier envisagé : SOINS AUX CRÉATURES MAGIQUES & DIVINATION. Deux matières qu’elle abhorre, autant qu’elle excelle dans les deux domaines. La divination a de sournois que sa mère elle-même est rongée par son don, de manière insidieuse, sa raison s’estompe au profit de ces transes, de plus en plus nombreuses et douloureuses. Les animaux, quant à eux, quoique dotés d’un certain instinct selon les livres, ont tendance à se tourner vers elle avec une déconcertante facilité, incroyablement dociles, et soucieux de s’attirer son affection.
DRAGONOLOGISTE. Elle ne sait pas encore véritablement ce qu’elle voudrait faire plus tard ; elle sait juste qu’elle a besoin d’adrénaline, qu’elle n’est pas le genre de fille à pouvoir se contenter d’un humble quotidien d’épouse, d’une mère de famille uniquement axée sur l’éducation de ses enfants – rien que la pensée d’être un jour mère la laisse exagérément perplexe – ; il lui faut une vie d’aventures, une certaine indépendance et la possibilité de repousser constamment ses limites.

Avez-vous déjà fait usage de la magie noire ? INÉVITABLEMENT. Cette sombre magie s’est enfoncée si profondément dans les racines de son arbre généalogique qu’elle a fini de lui bouffer la moelle avant même l’instant fatidique de sa naissance. C’est inscrit dans son patrimoine génétique ; la magie noire est une dévoreuse d’âmes, gourmande, avide et insatiable ; aussi se lègue-t-elle de générations en générations, toujours pour s’insinuer davantage, jusqu’à pousser le vice en prenant possession de la moindre pensée. Azazëlle est une victime de choix ; perturbée et élevée dans un monde où l’initiation à la magie noire est hissée au rang de tradition. La question ne s’est même pas posée ; le choix ne lui était pas imposé, il n’y en avait pas. Pas d’autre alternative. Tu es une Dolohov, assume-le, prône-le et clame-le haut et fort. Son père, même s’il passa le plus clair de son temps en Angleterre, revendique en premier lieu ses origines slaves. Hongrois de sang plutôt qu’anglais d’adoption ; là-bas, les mœurs sont bien différentes, le monde sorcier moins réfractaire ; Durmstrang pullule d’ouvrages à ce sujet et Antonin s’en est longuement repu durant sa scolarité dans l’Institut puis a partagé son savoir avec sa tendre fille, l’a pervertie. Si elle ne percevait pas cela comme une tare, elle se targuerait sans doute d’avoir été préservée jusqu’à ses dix ans, son frère occupant la place sous le feu des projecteurs, la laissant dans une ombre qu’elle ne voulait pas. Et puis, elle s’est façonnée dans cet univers ; tout dans son attitude traduit ses sombres origines, trahit son ambition fusant dans sa poitrine. Dans le noir, on lui a juré le pouvoir, on lui a promis que son nom serait sa gloire. Il ne lui reste plus qu’à asseoir sa toute puissance, qu’à montrer au monde qu’on ne peut s’en prendre impunément à une Dolohov, une gosse de mangemort. Alors, elle s’est forgée ; parfait petit guerrier à l’armure en acier trempé. Détrompez-vous, elle n’est pas encore assez redoutable ; son esprit a la fâcheuse tendance à flancher un peu trop souvent, se faisant véritablement bouffer. Elle devra apprivoiser cette terrible magie, ou en deviendra l’esclave.

Plutôt Ombre ou Ordre ? Pourquoi ? OMBRE. Ce n’est pas comme si la question se posait véritablement, comme si le doute subsistait quant à Azazëlle. Après tout, elle manque de peu de le hurler à la face du monde entier, de leur dire qu’elle sera toujours une guerrière, se battant pour des idéaux transmis depuis la nuit des temps, pour se venger de ces fois où elle se faisait plaquer contre un mur dans l’obscurité d’un couloir désert, alors que ces foutus gosses de héros lui crachaient dessus à cause de son nom. Parce que Dolohov justifie tout ; jusqu’au moindre de ses choix. Parce qu’elle est encore trop jeune pour pouvoir se définir autrement que par son nom, ses origines puisées du côté obscur de la force. Et, pire que tout, au-delà d’être embrigadée si jeune, de servir de marionnette dans les projets d’enfants de mangemorts rageurs et mégalomanes, voilà qu’on la prédestine à en prendre la relève, un jour. Si les conflits entre Ombre et Ordre n’ont pas déjà pris fin dans une grande explosion finale. Si le monde ne sera pas d’ores et déjà ravagé, alors, elle s’en chargera.

Que pensez-vous de l’attentat de Poudlard ? BE STRONG, SAITH MY HEART. I AM A SOLDIER; I HAVE SEEN WORSE SIGHTS THAN THIS. Sincèrement, elle n’en pense rien. Elle pourrait dire que c’était justifié, que tout cela n’était que de pauvres pertes collatérales, que c’était dommage mais que c’était le prix à payer pour se battre au nom d’idéaux argués avec véhémence. En vérité, Azazëlle reste avant tout une gamine qui n’a pas encore pris en compte tout ce que ses choix peuvent impliquer, toutes les morts à déplorer plus tard. Alors, s’en prendre aux sangs impurs, venger ces années passées du mauvais côté de la barrière, à se faire huer, insulter, et intimider, oui ; mais elle ne pensait pas qu’il lui faudrait aussi attaquer sans prendre compte des origines, des partis pris. Elle se voyait Vengeance justifiée, honneur en lambeaux, quémandant à la justice que réparation soit faite. Elle ne s’imaginait pas une Némésis aux attaques débridées, impromptues, tuant tous ceux en travers de sa route, semant la désolation partout sur son passage, jusqu’à la semer dans le cœur de pauvres innocents. Car elle sait, au fond, qu’elle ne fera qu’attiser la haine des autres envers les siens, que ce conflit ne cessera jamais s’ils continuent de la sorte. Alors, ce jour-là, elle a grincé des dents et s’est planquée dans les cachots, la tête enfouie sous son oreiller. Parce que le blason de Serpentard la rendait intouchable, invincible ; parce que, qui que ce soit véritablement l’Ombre, ils n’iraient jamais attaquer la maison regroupant les partisans de leurs idéaux. Elle se pense encore protégée, pouvant attaquer qui bon lui semble sans craindre les représailles. Combien de temps avant le réveil, brutal ?  

Le Chicaneur affirme que les Mangemorts seraient de retour, quand le Ministère le nie farouchement. Qu’en pense votre personnage ? Son père est un ancien mangemort, pseudo-repenti, libéré suite à sa deuxième incarcération. De ce fait, Dolohov est un nom étroitement lié à toutes ces sombres histoires de serviteurs du Seigneur des Ténèbres ; du reste, elle sait très bien que le gouvernement n’est qu’un regroupement de planqués, qu’ils s’amusent à jouer à l’autruche et n’ont jamais su tirer leurs leçons de leurs précédents échecs. Nier le retour de Voldemort ne leur a pas suffi, voilà qu’ils doivent aussi démentir l’évasion de certains de ses anciens sbires. Quand comprendront-ils qu’ils ne font que disperser le doute parmi la population plutôt que de la rassurer d’une menace planant au-dessus de leurs têtes. En tout cas, ça amuse beaucoup Azazëlle qui considère qu’elle n’a rien à craindre, quand bien même les mangemorts seraient en liberté pour être la fille d’un des leurs, l’une qui envisage de reprendre le flambeau. Du reste, elle ne place aucune confiance en ce gouvernement de couards, loin d’être aussi rusés que les Serpentard.  

Êtes-vous encore inquiet pour votre sécurité, celle de vos proches ? YOU’D BREAK YOUR HEART TO MAKE IT BIGGER. Azazëlle est inquiète de nature. Elle ne le montre pas, cache ses failles et ses travers mais elle craint constamment pour sa vie, celles des rares personnes auxquelles elle tient. Mais ils demeurent tous dans le même camp, s’ils en ont un ; de ce fait, elle sait que l’Ombre doit l’emporter, que si tel est le cas, elle n’aura rien à craindre pour personne, qu’ils seront simplement auréolés de gloire, emportant la victoire. Alors, elle se bat. Toujours avec plus de force, de violence, et de véhémence. Elle se battra bec et ongles pour l’emporter, pour sa sécurité et celles de ses proches. Tout ira bien tant que l’Ombre ne ploiera pas devant l’Ordre. Ils n’auront qu’à se battre ; alors, peut-être se mettent-ils au devant du danger, mais la fin justifie les moyens. Et, au final, ils seront tous vainqueurs. Que gagneront-ils ? Gagneront-ils seulement quelque chose ? Elle n’en sait rien mais elle s’y accroche, telle une forcenée.


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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 0:26


il était une fois


(lolita pille) ▽ On se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses. On se défonce à les réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est frustré pour l'éternité, soit on y parvient et on se rend compte qu'on s'en fout. Et puis on en crève. Et la boucle est bouclée. Quand on se rend compte de ça on a singulièrement envie de boucler la boucle immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège. Mais on a peur. De l'inconnu. Du pire. Et qu'on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon, on presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu'a ce que le sang gicle...
Azazëlle était en train de mourir.

Il n'y avait aucune autre explication possible, face à l'horrible douleur qui lui brûlait la poitrine. C'était comme si ses organes se liquéfiaient, comme si ses os se fracturaient, comme si quelqu'un avait introduit de l'acide pur dans sa gorge. Un besoin primaire lui ordonnait de bouger, de fuir. Courir loin. Mais courir alors qu'un puissant acide coule dans vos veines est impossible. Une douleur lancinante lui déchirait le bas ventre alors qu'elle se tordait de douleur ; elle serrait obstinément les dents pour ne pas hurler. Elle ne pouvait plus bouger, à la merci d'un millier d'opposants qui allaient bientôt l'achever. De violents spasmes faisaient vibrer son corps de toute part. Elle entendit l'un des hommes s'approcher et s'accroupir à ses côtés, lui chuchotant quelques mots qu'elle ne comprit pas. Bien sûr, elle se doutait que ce devaient être des insultes qu'il lui crachait à la figure, qu'il jubilait de pouvoir éradiquer l'ultime descendante de monstres tels que son père ; comme ce devait être jouissif, pour eux, de prendre leur revanche... Ses secousses s'amplifièrent, ses doigts se crispèrent, se serrèrent et elle ne put les desserrer. Les ongles de sa main gauche s'étaient enfoncés si profondément dans sa peau qu'ils laissaient couler un mince filet de sang. Elle sentait quelque chose de chaud et poisseux couler lentement le long de son corps avant de venir maculer le sol. Était-elle réellement en train de se vider de son sang, ou n'était-ce qu'une simple illusion ? Alors que ses tremblements semblèrent s'apaiser un instant, elle voulut porter sa main à son ventre pour inspecter la supposée blessure et, au moment où elle allait toucher la plaie, une autre secousse – encore plus violente que les précédentes – la souleva d'au moins une dizaine de centimètres du sol et la fit hurler. Son cri résonna dans les environs qui demeuraient pourtant déserts ; pourquoi personne n'était là, pourquoi ne venaient-ils pas l'aider ? Étaient-ils trop bien installés, dans leurs précieux manoirs pour se lever et sortir affronter le courroux de ces anti-mangemorts ? Étaient-ils trop heureux de pouvoir se débarrasser d’elle, jeune femme démoniaque qui s'était hissée au rang de terreur notoire à la seule force de son sang vicié qu'elle arguait avec force ? Ou étaient-ils tout simplement terrorisés par son hurlement, l'avènement d'un nouveau roi déchu ?

Elle avait plus ou moins réussi à contenir ce mal qui la rongeait au niveau de l'abdomen, mais à présent, c'était insoutenable. Insurmontable. Insupportable. Elle se tordait en deux, littéralement. Elle sentait son corps se cambrer dans des postures effroyables, sa colonne vertébrale craquait, elle sentait chacune de ses vertèbres se briser, une par une. Lentement. Lui arrachant des cris de souffrance. Elle se mordait férocement la langue pour s'empêcher de hurler plus qu'elle ne le faisait déjà, ce qui la fit saigner ; le sang inondait sa bouche, le goût ferreux du sang l’écœurait et lui donnait envie de vomir. Les jointures de ses doigts semblèrent se briser tellement ses mains étaient crispées, paralysées. Ses paupières qu'elle n'avait même pas pris conscience de fermer, refusaient désormais de s'ouvrir, la laissant seul, aveugle dans son mal. À ce moment, Azazëlle désirait mourir, pour de bon. Sa nuque se plia violemment en arrière et ses lèvres se mirent à trembler, ses dents à claquer si bien qu'elle crut qu'elles allaient se briser. Elle avait comme l'impression que quelqu'un s'amusait à la dépecer, lentement, déchirant sa chair en lambeaux à l'aide d'une lame effilée. Et son ventre, juste au niveau de l'abdomen. Horrible. Elle avait l'impression qu'une force invisible poussait de l'intérieur, déterminée à défoncer les parois de son corps jusqu'à la voir se déchirer. Littéralement.

C'était la première fois qu'elle était soumise au sortilège de torture, et elle se surprit presque à regretter de l'avoir déjà infligé, quantité de fois, sans état d'âme. Parfois même, en avait-elle usé plusieurs fois sur la même personne. Comment avaient-elles pu survivre, sans céder à la folie, sans en venir à la supplier de les achever ? Cette unique fois était déjà de trop. Comment pouvait-on décrire cette souffrance si intense avec de simples mots ? Ceux-ci paraissaient alors trop doux, pas assez atroces ; après tout, ce ne sont que de simples mots qui perdent aussitôt de leur sens... Elle avait perdu la notion du temps. Chaque seconde paraissait durer une éternité. Chaque tic tac incessant lui promettait une nouvelle éternité de souffrance, à retenir ses hurlements de douleur. Soudain, la douleur sembla cesser une seconde. Azazëlle sourit alors d'un sourire pâle, comme une trouée de lumière un matin d'hiver, puis, visiblement apaisée quoique surtout épuisée, retomba mollement sur le sol, reprenant, en une seconde, son masque de fièvre et ses yeux de mourant.  Une voix, féminine, s'éleva dans les airs et Daëna, horrifiée, crut reconnaître son propre timbre de voix. « Elle a fini sa vie... » Aucun d'entre eux, agresseurs avides de tuer cette lignée ténébreuse, ne réagit. Aucun ne pipa mot. Ils étaient assommés par la nouvelle. La sentence qui était tombée. Simplement. Aussi simple que cela ? Mais elle n'avait pas tout dit. La voix retentit, de nouveau, calmement et ajouta : « Mais elle ne sait pas mourir. »

Un hurlement déchira la pénombre de cette chaude nuit d'été. Azazëlle, du haut de ses sept ans, enfouit aussitôt sa tête sous son oreiller, se refusant d'entendre davantage les cris perçants de sa mère dans son sommeil troublé par ces rêves étranges qu'elle faisait par trop souvent, même éveillée. Parfois, lorsqu'elles riaient tous deux, Daëna lui courant après à travers le jardin du sombre manoir des Dolohov, le rire mourrait dans sa gorge et, lorsqu'elle se retournait pour comprendre la raison de ce silence soudain, elle la voyait là, plantée au milieu des camélias et des lilas, la bouche entrouverte et ses beaux yeux d'azur exorbités, fixant quelque chose d'invisible pour la pauvre petit Azazëlle. Elle avait souvent des absences, sa mère, même lors des repas de famille ; au beau milieu d'une conversation dont elle perdait tout à coup le fil, qu'elle avait pourtant elle-même tissé, sachant à peine remettre un nom sur le visage d'un époux inquiet ou de fils et fille effrayés. Elle aimait sa mère, de cette affection ardente que les enfants portent à la femme qui leur a donné la vie mais, depuis quelques mois déjà, il y avait, dans le cœur de la gosse, un nouveau sentiment malsain qui venait s'insinuer en elle. L'envie irrépressible, qui se muait rapidement en besoin, de se maintenir loin d'elle, de sa folie. Et la voix, cette voix qui percutait les parois de son esprit et ne demandait qu'à se faire entendre, la voix lui soufflait qu'elle fût folle, qu'elle devait s'éloigner sous peine de subir le même sort. Et, lentement, la voix avait raffermi son emprise sur la jeune Azazëlle. Alors, elle fuyait Daëna. Ou plutôt, s’activait à essayer.

Un jour, Daëna lui avait hurlé dessus, à s'en déchirer les cordes vocales, simplement parce qu'elle ne l'avait pas écoutée, avait envoyé valdinguer d'une main lasse interdictions et recommandations maternelles. Elle avait grimpé au sommet du chêne surplombant tout le jardin familial et avait alors chuté de plusieurs mètres. Et, tandis qu'elle lui hurlait dessus, elle, encore gamine, la tête baissée et enfoncée entre ses épaules, n'en menant pas large, subissait le sermon en silence, se demandant la raison d'une colère si vivace pour une chose aussi futile ; elle ne s'était même pas blessé, après tout. Alors, la voix lui avait murmuré des choses horribles. Lui soufflant que, le jour où Daëna Dolohov avait appris être enceinte, elle n'avait eu qu'une seule envie : faire disparaître cet enfant, le tuer par la magie, le maudissant, le haïssant déjà de toute son âme tandis que, doucement, il la rendait grosse, malade, irritable. La voix lui disait que Daëna avait détesté être enceinte, l'avait détestée, elle, ce petit être qui grandissait en elle. Qu'elle aurait voulu frapper le ventre, juste pour lui communiquer toute la haine qu'elle ressentait à son égard – elle avait même souhaité un accident pour le perdre. Qu'elle aurait voulu être stérile pour ne plus jamais avoir à revivre ça. C'était pour ça, que son père émettait tant de barrières entre Ahriman, elle, et leur mère ; parce qu’elle les détestait tous deux de toutes ses maigres forces. Alors, Azazëlle avait versé ses premières larmes et, aussitôt, la colère subite de Daëna était retombée et, se laissant mollement tomber sur ses genoux pour être à la hauteur de sa fille, elle avait pleuré avec elle, l'englobant dans ses bras tremblants, s'excusant un millier de fois entre deux sanglots. Parce qu'elle l'avait peut-être détestée, ce petit être ; quand il avait poussé son premier cri, quand elle le tint dans ses bras pour la première fois, quand il ouvrit ses yeux pour la fixer et serrait déjà si fort ses doigts ; elle l'aimait. Elle l'aimait d'un amour immense, sans limite. Un amour qu'elle n'avait jamais accordé à autrui. Un amour de mère. Alors, elle avait oublié sa haine, leur sang vicié, sa profonde volonté de ne jamais faire perpétrer une lignée telle que la sienne, la leur ; parce que leur existence à elle seule était contre nature. Au lieu de quoi, elle chérit sa fille, comme son fils, du plus fort qu'elle le put, se jurant que si elle ne pouvait protéger l'humanité des Dolohov, elle sauverait sa tendre Azazëlle du monde entier.

Dés lors, Daëna la regardait avec fierté s'émerveiller et s'intéresser à tout, souriait à ses éclats de rire à chaque nouvel objet posé devant ses yeux. Azazëlle était un rayon de soleil, une bouffée de fraicheur dans la pénombre qu'était son existence. Car ce n'était que pour sa fille, chair de sa chair, qu'elle consentait à aller dehors profiter du soleil, s'amusait à la voir saisir herbe et feuilles. Et quand elle fit ses premiers pas, son cœur se gonfla de fierté pour son enfant. Et, certes, de douleur, par peur qu'à présent, elle n’emprunte le même chemin que ses ancêtres. Ce fut peu de temps après qu'elle commença à perdre la raison, perdue comme elle était entre deux visions et la réalité ; ne sachant plus distinguer l'Azazëlle de ses songes –  celle d'une vingtaine d'années, qui s'amusait à semer la mort et répandre la terreur, et qui ne jurait plus que par son sombre patronyme ou par cette étrange organisation appelée Ombre – de la gamine qui la regardait de ses yeux bleus inquiets lorsqu'elle revenait doucement à elle. Et, chaque instant de bonheur était parasité par ces brèves visions, lui laissant entrevoir un sombre avenir, la mettant au pied du mur, forcée de constater que sa tendre fille allait embrasser la même destinée que son géniteur, et tous leurs prédécesseurs. Et, parfois, elle se demandait si ce n'était pas cette haine accumulée au cours de ces neuf mois de grossesse qui ne transformerait pas finalement son enfant en monstre terrible. Si ce n'était pas toute cette haine qui se ferait ressentir, avec vingt années de retard, et qu'elle comprendrait combien elle n'avait pas été désirée. Au nom du sang pour lequel elle désirait une tolérance nouvelle. Condamnant de son regard sombre ceux qui jugeaient quant à l'ascendance alors que, hypocrite, elle avait fait la même chose avec ses propres enfants. Et elle, mère dans cet esprit trouble, ne voulait pas donner la vie, condamnant plutôt le fruit de ses entrailles. Mais, elle l'aimait.

Doucement, Azazëlle se redressa dans son lit avec prudence, ne voulant pas alerter ses parents qu'elle fut encore éveillée à une heure aussi tardive. Sa mère ne criait plus. Elle entendit vaguement son père passer devant sa porte tandis que l'ombre de celui-ci s'étirait sous la porte, tandis qu'il poussait un bref soupir las, avant d'aussitôt redescendre les marches jusqu'au rez-de-chaussée, sans doute pour retourner dans son bureau terminer ses rapports. Elle sursauta lorsqu'on ouvrit la porte à la dérobée. Surprise, elle détailla silencieusement, un brin anxieuse, le visage d'apparence serein de sa mère. Daëna était une très belle femme. De lourds cheveux d'ébène roulaient dans son dos, dans d'épaisses boucles vaporeuses qui encadraient son visage aux traits délicats, altiers, comme les vestiges d'une grandeur passée, désormais perdue. Elle avait de beaux yeux, aussi, très sombres. Et, dans l'azur encore innocent de ceux d’Azazëlle, Daëna vit la promesse d'un avenir qui n'existerait pas, d'une clémence que la petite ne possèderait jamais. Et, rassurée dans son esprit de mère, elle songea qu'elle avait sauvé cela, au moins : une fille qui ne soulèverait aucune armée vindicative et ne serait frappée d'aucun sort funeste, une fille, sortie de son corps, à qui elle n'aura donné que sa volonté de restaurer leur gloire d'antan et aura étouffer les gènes malfaisants des Dolohov. Alors, elle vint se coucher dans le lit de la gosse, la serrant précautionneusement contre elle, comme elle le faisait souvent lorsque son époux préférait s’affairer dans ses dossiers plutôt que de répondre en sa qualité de mari, malgré ces visions qui venaient troubler son sommeil. Elle sentit sa fille trembler quelques instants tout contre elle, mal assurée, encore impressionnée par le hurlement qui avait résonné dans le silence nocturne. Et, doucement, elle passa ses bras autour d’elle jusqu'à venir la blottir tout contre elle, calant l'oreille de la petite tout contre son cœur. Il battait, d'un rythme paisible et régulier, berçant doucement Azazëlle dont les paupières commençaient à papillonner. Et, jamais elle n'aurait pu se douter qu'elle ne faisait qu'initier sa fille aux maux dont elle désirait seulement la préserver.

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Une cuillère qui tombe dans un café. Plouf. Ses paupières étaient lourdes, fatiguées par le travail, l’angoisse qui lui remuait le ventre, s’agrippait à ses reins et la clouait sur la chaise sur laquelle elle venait de s’avachir sans aucune subtilité, dénuée de cette grâce qu’on accordait humblement aux sang-purs. Imposture. Dehors, il pleut. Il pleuvait sur Poudlard comme il pleuvait sur son cœur tenu à bout de bras. Elle entendait les gouttes qui battaient aux larges fenêtres, et elle imaginait le sol trempé, l’herbe qui grandira bientôt, faisant chuter l’hiver dans la course infinie du temps. Car tel était le propre du temps. Tic tac. Il s’égrainait, inexorablement ; quoiqu’elle en dise, même si elle aurait souhaité faire un arrêt sur image, rembobiner ces instants volés, salement arrachés ; revivre ces moments d’innocence souillée par le temps, toujours. Grandir. Ça n’apportait jamais rien de bon. Ça changeait peu de choses. On jouait simplement à de nouveaux jeux, un tantinet plus cruels, plus brutaux. À quoi bon y songer ? Elle savait pertinemment qu’elle n’irait pas courir dehors, sous la pluie battante, qu’elle n’irait pas calmer ses angoisses en se cachant, elle savait que les cauchemars et les connards ne cesseront sûrement jamais. La guettant depuis l’ombre, attendant le moment propice pour se jeter, corps et âme, dans ses faiblesses, s’engouffrer dans la moindre craquelure, la plus petite faille, s’y engouffrer et en user. En abuser. Elle avait beau tenté d’occulter ces sombres pensées, rien n’y ferait. Tous se rappelaient à elle, à cette mémoire qu’elle tentait de chasser, se concentrant sur la cuillère qu’elle plongeait encore dans le breuvage ; alors tourne, tourne la noirceur, l’enfance souillée et la douceur. Un frisson la fit dérailler. Un orage éclata au loin. À moins que ça ne soit dans l’enceinte du château que la tempête se lève.

Et, enfin, les répliques fusèrent. Acerbes, acides. Vengeresses. On venait la trainer dans la boue pour un nom qu’on lui avait apposé. Imposé. Ancré dans sa chair, au fer rouge, comme inscrit à l’encre noir sur ses papiers d’identité. Et Dolohov justifiait tout ; la haine, les insultes, les quelques fois où elle se faisait intercepter au détour d’un couloir, plaquer contre un mur et où on lui récitait le nom des victimes faites par son père, à l’époque, hongrois fraichement débarqué. Embarqué. Il aurait mieux fait de rester caché dans le froid de leur Hongrie. Et voilà que quelques gosses de héros, petits enfants persuadés qu’être né du bon côté de la barrière, dans la lumière, leur permettait de s’en prendre à elle ; voilà que ces imbéciles osaient la toucher. La souiller. À nouveau, la cuillère sombra dans la tasse. Sauf que, d’un geste brusque, Dolohov renversa malencontreusement le café brûlant en avant et aspergea le pantalon du blondinet de la bande, s’y imposant avec arrogance comme le leader. Celui-ci poussa un hurlement aigu en se reculant précipitamment. Paniqué, il agita ses mains autour de ses cuisses pour éventer sa chair à vif. « Ah ! Putain, putain, putain, ça brûle ! Asher, ça va ? » s’inquiétait alors un de ses camarades en cherchant frénétiquement sa baguette. Azazëlle, elle, avait déjà dégainé la sienne, enjambé son banc et prit son sac. Tournant lentement son visage vers le trio, elle  articula, avec une ferveur candide irrésistible : « Oups. Aussi folle que l’autre Lestrange. » grogna l’autre et la gamine eut soudain l’air féroce. Enfonçant violemment sa baguette dans la jugulaire du susnommé Asher, elle se hissa lentement sur la pointe des pieds, de sorte à croiser convenablement son regard. « Je pourrai te tuer sans remord. Goyle hésiterait. La raison de la Lestrange en vrillerait. Karkaroff commencerait par te tabasser, puis se questionnerait. Ce traitre d’Ahriman t’apprécie, alors il n’en ferait rien. Mais moi ? Moi, je saurai t’illuminer de vert. Et cela ne me fera ni chaud ni froid. » Elle aurait pu lui promettre qu’elle le tuerait s’il venait encore à se confronter à elle. Mais elle avait eu envie de supprimer le conditionnel ; plus une promesse qu’une menace. Un jour, lorsque leurs jeux n’en seront que plus cruels et violents, en dehors des murs rassurants de l’école, un jour, elle lui mettra de nouveau la main dessus. Elle le brisera. Littéralement.

Et puis, sauvageonne, elle appuya un peu plus fort du bout de sa baguette, pour y imprimer sa marque dans sa chair avant de se détourner sauvagement. On médira sans doute sur son compte ; on la fera passer pour la fautive, celle qui avait lancé les hostilités, attaqué la première. Elle s’en foutait, au fond : elle avait pris l’habitude de camper le rôle de la méchante ; Alesya l’avait déjà avertie, initiée. Et Azazëlle était armée, parée pour tout affronter. Du moins, c'était ce qu'elle pensait.

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“ Les Dolohov sont de rustres russes. D’étranges étrangers. C’est ce qui a toujours été dit dans les familles de sorciers. C’est erroné. Érodé. À l’origine, on est japonais. C’est pour cela qu’on a les yeux bridés. On descend d’une famille de samouraïs rebelle à l’empereur qui s’est enfuit en Russie après les premières campagnes de colonisation.

Les Fujiwara, notre clan, n’ont pris que leurs titres de noblesse et leur or. Une fois arrivés, ils ont massacré la famille qui vivait là, se sont aperçus que c’était des sangs purs et, pris de sincères et pieux remords, ils ont marié leur cadet à la dernière survivante. Elle s’appelait, comme tu le sais, Tasja Dolohov. On est russes que depuis deux cents ans, hongrois depuis soixante. Mais on est purs depuis mille ans.

Pas une de ces puretés empruntées des anglais. Pas une pureté Black, créée à grands coups de noms brûlés et de corps non-brûlés. Une pureté claire et prouvée. Si l’un de nous voulait se marier avec un sang souillé, on le tuait. Cela n’arrivait que très rarement, survivre au froid, à la dureté du climat, c’était déjà assez dur.

L’esprit gelé, on ne pensait pas à déshonorer. Il fait trop chaud en Angleterre. C’est ce qui a attiré ton grand-père. Il a laissé sa femme, ma mère sûrement, m’a pris bébé sous le bras et a traversé l’Europe à pieds. Il avait entendu parler de cet anglais qui voulait purifier le monde. Par chance, toute sa famille était morte. Plus personne pour le tuer. Ils l’ont pris pour un mendiant quand il est arrivé. Viktorian Dolohov, un mendiant ! Il était supérieur à eux. Il ne voulait pas que j’aille à Poudlard. Durmstrang. Loin des Zabini, Malefoy, Nott, Lestrange, Yaxley et autre Flint. Mais toi, Azazëlle, tu iras leur montrer dans l’enceinte même de leur précieux château combien tu leur es supérieure. Tu me vengeras de ce traitre d’Ahriman, cet immonde bâtard ! De toutes les façons, tu leur montreras. ”

C’était le plus long échange qu’elle ait jamais eu avec son père. Et, bien sûr, elle n’avait pas placé un mot. Elle avait commencé à leur prouver.

Le premier mois, en réponse à ses attentes, elle avait terrorisé deux Poufsouffle de son année au point que les gamines avaient refusé de quitter leur dortoir pendant plusieurs jours. Le suivant ? Elle avait massacré un troisième année, sale sang-de-bourbe – ce qui expliquait son manque flagrant de compétence magique – et le pauvre n’avait pas pu quitter son lit d’infirmerie avant une bonne semaine sous les soins de l’infirmière. Après sa seconde année, elle avait décidé d’arrêter de mutiler ses camarades ; du moins, ceux qu’elle jugeait encore comme des cibles faciles. Antonin l’avait félicitée. Applaudie. Et elle avait souri, encore comme une petite fille, désirant juste voir cette étincelle de fierté briller dans le regard de son géniteur. Alors, parfait petit soldat, elle avait commencé à s’en prendre aux enfants de héros. Puis à se forger une réputation d’enfer. Le petit chien d’Alesya, crachait-on avec aigreur sur son passage. Cerbère.

Sauf que tout n’était que calomnie. Aujourd’hui encore, elle en restait abasourdie. Elle ne comprenait pas d’où c’était sorti. De sa bouche, sûrement, comme toutes les fois où il lui avait menti. La voûte au mensonge, la bouche de son père. Elle lui avait pardonné, pourtant. Il y avait un million d’années, il y a un instant. Elle n’avait plus la notion du temps. Elle l’avait, avant. Puis Ahriman était parti. L’avait quittée. Non. Ahriman ne s’était pas contenté de faire claquer la porte dans un dernier cri de fureur, il lui avait juste brisé le cœur. Elle devrait le chercher. Elle ne devrait pas être dans cette maison de planqués alors que son frère était surement en train de se faire torturer. Azazëlle ne devrait pas écouter des mensonges, surtout lorsque ceux-ci ont bercé les plus jeunes de ses songes. Tu mens si bien que toi-même, tu t’en convaincs, hein ? Elle s’en empêchait. Toujours moins cynique, moins ironique, comme quand petite, elle souhaitait être un peu plus magique. Son père la maintenait toujours au respect, elle s’abstenait à chaque fois à l’aspect. Avoir l’air de la parfaite gosse, qu’importent les failles et les bosses. Un rictus tordit sa lippe. Elle oubliait, parfois, qu’ils avaient des similitudes, dans l’attitude ou les habitudes. Dans la sale manie de vouloir toujours se planquer derrière un foutu masque. Car on pouvait dire ce qu’on en voulait ; ils pouvaient faire s’écouler la vérité dans leur sang vicié, les Dolohov avaient été entachés. C’était la première épouse de Viktorian, sang pur affirmé, celle répondant au nom d’Alida, qui s’avérait une menteuse confirmée. Elle s’était revendiquée ultime héritière d’une illustre famille hongroise, parti de choix, prédatrice se cachant sous les fins traits de la proie. Elle disait compter de légendaires ancêtres dans son noble lignage, une dynastie mythique, affirmait-elle d’un air faussement modeste, sans doute un peu trop sage. Et Antonin, premier-né, fils si ardemment désiré, n’était que le fruit d’une union contre-nature, comme un présage de mauvais augure. Alors, Viktorian était parti. Avait refait sa vie auprès d’une sang pure britannique respectable, héritant d’un deuxième enfant, faisant éclater cette pseudo-tradition de rivalité entre les membres d’une même lignée. Ce fut ainsi que le clan Dolohov, tirant autrefois une immense fierté de chacun de ses membres, se vit entredéchiré par quelque guerre livrée entre deux frères. Et s’il avait caché son impureté à son demi-frère – Carrycus n’aurait fait que s’en servir pour le détruire –, il intima à ses enfants de terrasser les descendants de ce-dernier, leurs cousins, par la simple force de leurs poings comme ils feront fondre l’impureté de leur sang parmi ceux appartenant aux plus hauts rangs. Azazëlle aboyait souvent, gueulait pour un oui ou pour un non. Azazëlle se battait pour des idéaux qu’elle arguait avec force mais qui s’empressaient de la renier. Et elle le savait. Elle n’avait pas un sang pur ; surtout obscur. Mais elle se souvenait ; au milieu des mensonges, de ces conseils régissant sa vie : Cache la vérité, n’en parle pas. Fais attention, le secret survivra. Pas d’état d’âmes, pas de tourments ; de sentiments. Et elle suivait ces directives.

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La demeure des Dolohov était un étrange hybride, entre la bicoque ethnique et le manoir snobinard. Il était planté au milieu d'une grande plaine piquée d'herbe jaune et soyeuse balayée par les vents, aux alentours de Cornwall. Il était vaste et assez majestueux, en pierres autrefois rouges, mais si patinées par le temps qu'elles s'égayaient maintenant d'orangé fané. Un toit en tuiles noirâtres ou grisâtres, selon l'inclinaison du soleil. De jolies fenêtres à croisillons noirs, quelques unes semées de vitraux chatoyants – une des lubies de sa mère –. Autour, l'herbe se couchait souvent, donnant à la bâtisse une beauté ancienne, voire moyenâgeuse. Une tourelle, sous les combles, naissait au centre du toit pour s'élancer vers le ciel, mais, courtaude, semblait avortée dans sa progression par un petit toit de tuiles grises. Il y avait une allée de gravillons gris et orangés qui menaient jusqu'au seuil. Elle était arrivée sur le perron, s'arrêtant sur la pierre de l'escalier, le regard rivé sur la large porte en chêne, comme si elle pouvait transpercer le bois et voir au travers ce qu'il se passait dans l'enceinte de sa maison. Elle resserra lentement le nœud de sa cravate, qu’elle portait davantage à la manière d’un collier, et eut tout juste le temps de toquer que la porte s'entrouvrit. C'est Wylla, l'elfe de maison à la peau couleur d'ampoule et aux yeux lumineux comme des néons verdâtres, qui vint immédiatement vers la porte. Il s'inclina devant la maîtresse, et Azazëlle lui adressa un vague regard de dédain avant de chercher ses parents des yeux.

La maison des Dolohov s’ouvrait sur un petit vestibule atypique qui ressemblait au reste de la demeure. Un mélange d’Orient et de petit bourgeois clinquant. Au mur, une glace encadrée d’or massif côtoyait un énorme attrape-rêves indien orné de lourdes plumes turquoise. Un guéridon Louis XIV brillait dans l’ombre, surmonté d’un tableau d’un ancêtre majestueux, et où se dressait une lampe à abat-jour rose et frangé qui diffusait une lumière criarde. Sur le sol, un tapis persan et riche était jeté. Une guitare hawaïenne  reposant dans un des coins, près d’un porte-manteau en fer forgé. Les tableaux au mur s’intercalaient, entre symboles de tarots et figures austères. Une petite table basse en verre et en fer, couverte d’une nappe rouge vif aux motifs étranges et nébuleux, qui s’effilochait et était surmontée d’un napperon blanc cassé, était calée dans le dernier coin. Azazëlle jeta sa cape sur le porte-manteau et avança dans un couloir exigu, seulement éclairé par des lampions de toutes les couleurs, et plantée en son centre, une large girafe d’Afrique en bois qui dépassait Azazëlle de deux têtes. Elle dévisagea la nouvelle acquisition de sa mère et lui jeta un regard noir avant de la contourner.

Elle déboucha sur un salon calme et assez sobre, aux couleurs de l’azur, avec trois sofas moelleux turquoises jonchés d’énormes coussins jaunes et roses, un petit meuble coquet en bois qui abritait l’alcool, un énorme globe terrestre qui tournait sans s’arrêter devant la vitre à croisillons, et une table de salon de bois sombre, jonchée de carte de tarots retournées.

Face à elle, Antonin et Daëna Dolohov la regardaient.

Ils provenaient tous les deux d’horizons diamétralement opposés et n’avaient été unis que par le besoin de préserver deux lignées pures depuis que celles-ci avaient tendance à se corrompre avec des impurs, depuis la chute du Seigneur des Ténèbres qui avait ébranlé les grandes dynasties de sorciers du monde entier. Et, malgré qu’ils furent logés dans deux pays étrangers, ils détenaient tous deux un important patrimoine et Antonin avait été irrémédiablement attiré par la puissance mystique de la célèbre famille perse dont Daëna était l’ultime représentante. Il avait demandé sa main, elle n’avait pas eu son mot à dire, et leurs destinées se retrouvaient dés lors étroitement liées.

Daëna était une femme au corps fin et svelte. Très grande, elle avait des yeux très noirs et purs, une bouche sublime, un visage dur, comme coupé à la serpe. Sa peau, plus foncée que celle d’Azazëlle, rappelait par ses reflets dorés les nuits d’Orient dont les récits avaient longtemps bercé les nuits de la gamine. Mate et exotique, elle avait comme un cauchemar au fond de ses prunelles. Du fantasme et du rêve méprisant. Folle de divination, de bohème, de couleurs, elle prônait son don avant la magie et adorait par-dessus tout, les cartes, les boules de cristal, les feuilles de thé et les prophéties du monde entier. Plus que dédaigneuse, elle était simplement absente ou malicieuse. Lunatique. Intense, avec une beauté dérangeante car peu décelable, malgré la sensualité de son corps, elle évoluait au rythme de ses envies, et rassemblait dans la maison ses lubies, la girafe, les nappes vieilles comme mathusalem, les meubles rapiécés et rebrodés.

D’Antonin émergeait plutôt le côté parvenu et arriviste de la demeure des Dolohov. Il adorait étaler tous ses atouts. Sa beauté, d’abord, la splendeur de sa peau pure comme celle de sa fille, l’aura magnifique de ses prunelles très bleues, bleues de lagons, la sauvagerie irrésistible de ses lourdes ondulations noires – désormais parsemées de quelques fils d’argent – attachées docilement en catogan, la sveltesse de sa taille fine et de sa stature très grande. Il avait donné à sa fille ses cheveux très sombres, bien que ceux d’Azazëlle soient plus fous, plus rebelles, comme ceux de Daëna, et le pli amer et méprisant de sa bouche bien dessinée. Sur son visage aux traits secs ne persistait aucun vestige de ses deux incarcérations à Azkaban. Il vomissait ensuite son savoir par salves écœurantes. Sa culture acquise dans les livres ou dans les bouches à oreilles, sa mesquinerie qui lui insufflait des mensonges si plein d’aplomb qu’ils pouvaient passer comme de véritables citations, et son don inné pour les sortilèges et les potions. Enfin, sa richesse, qu’il exhibait comme un proxénète de l’argent, comme un exhibitionniste du fric, avec ses sales sourires suaves et ses lourds sourcils froncés. À choisir des tableaux de maîtres, des meubles ruineux, des parures royales, il croyait entrer dans la grande société des sang-purs. Peut-être avait-il raison. En tous les cas, si son épouse se fichait du regard des autres comme d’un éclat de cristal, lui et plus tard, comme il l’avait voulu, ses enfants, s’étranglaient d’une vanité et d’un orgueil démesuré et mauvais qui rongeait leurs actes et leurs organismes de l’intérieur, amenant des souffrances psychologiques et des limites irrésolues dont ils souffraient et se repaissaient comme on boit le sang d’une licorne. Heureux et grisé de survivre, succombant à cette moitié de vie qu’elle vous arrache en mourant.

Ils étaient grands et imposants, Daëna avec son visage raide, Antonin et ses épaules carrées. Pour une fois, Azazëlle sembla plus petite, plus douce, et le pli mauvais de sa bouche, renvoyé par celui de son père, plus pur. Elle leur sourit.

Antonin se leva et ses lèvres s’incurvèrent dans un petit rictus arrogant et irrésistible. Il prit Azazëlle contre lui. S’il avait pu l’exhiber, elle aussi, comme tout ce qu’il aimait, il l’aurait fait. Il ne tarissait pas d’éloges sur sa beauté, sa grandeur, son intelligence, n’endiguait jamais le flot de paroles sublimées qui dépassait ses lèvres lorsqu’elle était là. Tous deux s’idolâtraient avec une espèce de froideur orgueilleuse, ne succombant pas à la tendresse gâteuse, s’aimant entre deux regards, si semblables qu’ils n’étaient que l’alter-ego de l’autre. Les lèvres fades d’Azazëlle papillonnèrent sur sa joue comme des plumes. Il laissa sur elle un regard appréciateur et fier, puis se rassit tandis qu’elle rejoignait, sur l’autre sofa, Daëna qui regardait par la vitre d’un air fasciné. « Maman ? » Daëna tourna vers elle son regard de braise et lui dédia un grand sourire extatique : « Ah ! Az’ ! Eh bien, tu en as mis du temps ! Allons, Wylla, offre-lui une petite tisane pendant que ma grande fille me raconte son trimestre ! Dis-moi, est-ce que tu as déjà vu une écaille de dragon bicolore ? »

Une fois l’heure du repas arrivée, Daëna déposa sur la table du salon, couverte d’une large nappe orange et rose où s’ébattaient des éléphants grises et bleus, un bol de fruits secs, un plat de viande, et les légumes verts qu’elle prônait. Azazëlle laissait son regard voguer sur le mobilier Henri IV de la pièce, seulement égayé par un miroir indien au mur, et une tête de boa constrictor qui semblait jaillir du mur. Wylla poussa la chaise de la maîtresse lorsqu’elle s’assit, et Antonin leva son verre de scotch avec un vague sourire. « À ma fille, qui nous revient plus splendide encore ! C’est parce que ma jolie Az’ a un amoureux, n’est-ce pas ? » roucoula Daëna en fixant le plafond d’un air un peu fou. Azazëlle, l’air renfrogné, fit tourner entre ses doigts une flûte en cristal et rétorqua d’un air ennuyé : « Je n’ai pas de temps à perdre dans de pareilles inepties, maman. » La voix de Daëna se voila et ses yeux flamboyèrent : « Oui, da, tu préfères trainer avec la Lestrange ! Daëna, ça suffit. » fit sèchement Antonin. Il regarda Azazëlle d’un œil noir, car elle savait que Daëna haïssait Alesya. Rabastan n’avait jamais caché son mépris pour ses origines qu’il jugeait trop tape à l’œil, tout comme il la voyait d’un mauvais œil à cause de son Don qui rongeait lentement les moindres résidus de raison. Ainsi, elle n’avait guère d’estime pour les enfants de Lestrange et n’avait de cesse de se lamenter de la mauvaise influence qu’exercerait Alesya sur sa petite fille.

Antonin reprit rapidement son air impassible et il avale une grande rasade de scotch avant de poursuive « Mahtab et son mari viennent pour Noël. » fit-il d’un air presque satisfait, comme il se devait, car le chef de famille donne toujours le programme des prochains jours. Mahtab était la sœur de Daëna, et, avec sa flopée de marmots criards, son mari, Sher, plaisantin et lubrique, ses visites dans la demeure Dolohov étaient aussi insupportables à Azazëlle qu’à Antonin. Mais Daëna parlait tarot, chiffons et Iran avec sa cadette, et tout allait bien pour les vacances. Daëna eut un vague sourire, et lapa sa tisane avec de petits bruits, avant de s’écrier fébrilement : « Oh, oui, elle m’a même parlée d’un sorcier perse et… Elle avait de nouveau l’air heureux, et elle reprit sa tisane, montant sa tasse jusque devant ses grands yeux de faons, extatique. Antonin hocha la tête et grinça, un peu agacé. Inutile. J’ai déjà convenu de prochaines fiançailles avec le fils cadet Goyle. » Azazëlle en lâcha son verre dont le fond se répandit sur la nappe, sous les exclamations indignées de Daëna. « À ton âge, ma chérie, j’étais déjà mariée à ton père ! Oh, cela va être excitant ! J’ai déjà résolu de lire dans les mains de nos invités ! Et ce petit Goyle a vraiment un visage d’ange. » Elle tapa sur la table et fit trembler sa tasse avec un air soudain féroce : « Alors ne boude pas. » cracha-t-elle. Azazëlle ferma les yeux et ferma ses lèvres fades en signe de reddition. Même sa mère s’était ralliée contre elle, en dépit de son mépris pourtant évident pour les unions arrangées pour en avoir été la victime avant elle. Mais Daëna était résolument imprévisible et profondément incompréhensible dans sa folie. « Eh bien, si vous pensez que c’est le meilleur choix qui s’ouvre à moi. » Vraiment, Zane. De tous les sang purs peuplant le monde sorcier, il avait fallu que cela tombe sur le seul qu’elle ne pourrait jamais avoir. Jamais se permettre d’avoir. Pourtant, elle n’en ajouta rien, garda bien pour elle les tourments qui l’agitaient souvent, ces bourrasques intérieures qui se levaient et venaient entièrement ravager son esprit.

Alesya ne lui pardonnerait jamais.

Elle but doucement l’alcool ambré, et se tut. Sa mère avait l’air satisfait et fredonnait en regardant le plafond. Antonin mâchonnait très lentement la côtelette qui l’attendant dans son assiette. Elle ne toucha à rien, elle. Elle réfléchissait. Elle n’avait pas parlé à Zane depuis sa rupture d’avec Alesya. Depuis que le mythique trio d’argent, et ce putain de duo apocalyptique qu’ils formaient tous les deux, qui avait bercé ses premiers mois s’était brutalement brisé en un millier de morceaux. Juste des éclats de verre éparpillés, des lambeaux de cœur et de complicité jeté aux quatre coins du monde. Juste les yeux sombres d’Alesya qui se détournaient et regardaient droit devant, sans ciller ; juste ceux, bleus et encore purs d’Azazëlle qui ne pouvaient s’empêcher de couler par dessus son épaule pour apercevoir encore une dernière fois le visage du garçon et le graver à jamais dans sa mémoire. « Ma petite fille a les yeux dans le vague ! » gazouilla soudain Daëna. Elle battait des mains dans l’air comme un moineau et effleura sa fille d’un regard grandiloquent : « Je vois de beaux sentiments purs et amoureux dans ton cœur de princesse, kalbi. » L’air blasé d’Azazëlle la fit taire : « Pitié, maman, tu voyais ça aussi dans les yeux de la chouette, le mois dernier. » Le rire d’Antonin empêcha Daëna de répondre d’un air outré.





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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 0:27


il était une fois


(watchmen) ▽ et toutes les putes et les politiciens lèveront la tête et crieront « Sauvez-nous ». Et dans un murmure, je dirai « Non ».
Elle coiffait sa crinière noire avec une rage démesurée, tirant sur ses cheveux avec des gestes froids et brusques, une expression de sincère fureur crispant ses traits harmonieux. Elle arracha sans douceur les derniers vestiges d’une étrange mélasse violette qui brillaient dans sa chevelure, et envoya soudain la brosse valser dans la chambre. Elle frappa le mur violemment et s’écrasa sur le sol dans un bruit sourd. La porte s’ouvrit. L’adolescente posa un vieil ouvrage, reliure délicate et ouvragée, sur le lit et haussa les épaules. Elle était en deuxième année et ressemblait comme deux gouttes d’eau à Alesya. Le même air revanchard, la même peau cuirassée à l’épreuve des sortilèges comme des insultes, les mêmes yeux chaotiques. Tout dans l’attitude de l’une rappelait l’autre ; comme dans un éternel jeu de miroirs, renvoyant constamment le reflet d’une pétasse psychotique. Elle sourit suavement à la Lestrange : « Jolie tenue, Lesya. Tu comptes obtenir tes ASPICS avant l’examen ? » Si l’ainée semblait dangereuse et dangereusement instable, sa cadette était bien plus perfide, bien plus fourbe, préférait contenir ce à quoi Alesya laissait libre cours, quitte à devenir un tourbillon de tourments. Elle impressionnait les plus grands, les plus sages de Poudlard. Il y avait quelque chose dans sa démarche, dans ses gestes, dans ses prunelles hivernales, peut-être. Alesya était plus frontale, plus aguicheuse. Celle-ci, d’ailleurs, ignora royalement la gamine, grimpa sur le rebord d’une fenêtre ensorcelée, drapée dans ses sous-vêtements sombres, et fusilla le monde factice de ses beaux yeux cruels. Ses cheveux sombres retombaient sur son visage comme un rideau intime. Azazëlle haussa soudain les épaules et marmonna : « Pétasse. » Alesya fit claquer sa langue, leva le front vers le plafond, et ferma ses paupières. Elle finit par rétorquer nonchalamment : « Salope. » Sa voix rauque fit tiquer la jeune Dolohov. Elle laissa tomber l’énième ouvrage de magie noire qu’elle avait encore subtilisé à son ainée lorsque celle-ci avait le dos tourné, et s’observa dans la psyché de la chambre. Elle faisait la moue à son reflet. Elle attendait juste que Lestrange crache le morceau. Elle restait pourtant planquée dans un mutisme absurde, encore écœurée, tremblante de rage d’avoir été la victime de Weasley.

Weasley. Elle retint un haut le cœur et rajusta le col de sa chemise sans un mot, haussant néanmoins un sourcil méprisant avant de finalement s’affaler sur le lit de son ainée, les mains croisées derrière sa nuque, faisant remonter sa chemise, découvrant des côtes saillantes. « Par la lune, Lesya, un peu de décence, défends-toi ! » Azazëlle fit sa moue habituelle, en entortillant sa cravate autour de son cou, comme un collier d’argent et d’émeraude. Elle aurait vomi son dîner s’il ne lui fallait pas faire bonne figure. Weasley. Ce nom lui écorchait plus l’orgueil que ses oreilles, désormais. Car, de toute cette marmaille de rejetons de pseudos-héros, elle ne retenait que l’idée où Zane avait jeté son dévolu sur l’une de ces créatures abjectes. Et de quoi aurait-elle l’air, alors, lorsque leurs fiançailles seraient officielles ? Comment continuer à marcher la tête haute lorsque tous souffleraient qu’elle était celle qu’on délaissait pour la fille de détritus de la société, pour une gamine qu’on n’estimait pas davantage que les bouses de dragons, lorsqu’on était un vrai Serpentard, pur et dur. Elle aurait giflé Adelaïde, aiguillonné Goyle avec une pique acerbe, si elle l’avait voulu. Elle imagina les lèvres souriantes des étudiants sur son passage et les rumeurs qui grandiraient dans son dos ; puis le regard sombre et apocalyptique d’Alesya posé sur elle. Par la lune, elle allait la perdre. Elle tripota son médaillon, une vieille breloque perse considérée comme un vieil héritage familial, sans pouvoir se départir de l’impression immonde d’être souillée. Elle souffla en faisant voler quelques mèches noires et hirsutes et gonfla les joues en détaillant la Lestrange. Elle la regarda un long moment, regarder par la fenêtre en gardant le silence, l’air boudeuse, et dit soudain : « Arrête un peu de te taire, on dirait que… que… » Que, quoi déjà ? On dirait que tu sais, Lesya. On dirait que, déjà, tu vas la quitter. Elle eut un nouveau haut le cœur et fit mine de chercher une expression assez forte pour choquer son amie. En vain, cependant ; seule la hantise de la voir s’en aller venait marteler son esprit, incessamment. Il y eut un ricanement qui sembla la ramener sur terre. L’autre riait enfin. « Que, quoi ? » Enfoncer le couteau dans la plaie ; un talent qui conférait du chef d’œuvre, chez Alesya. « Tu perds de ta superbe, Little Evil. » vint-elle à railler. Azazëlle grinça des dents ; elle enfonça sa tête dans l’oreiller d’un geste rageur, le surnom lui retourna davantage l’estomac qu’il la fit grogner, cette fois-ci. « La superbe, ça se retrouve. Pas comme ta dignité. » fit-elle claquer, acide. Vindicative. La plus âgée des deux hoqueta soudain et lâcha soudain le bouquin qu’elle avait attrapé sur le lit et feuilletait alors d’un air absent. Dolohov se mordit la lèvre jusqu’à sentir un goût ferreux envahir sa bouche. « Lesya… » souffla-t-elle, comme dans le but de s’excuser – mais, faute de pratique, sa voix mourut rapidement dans sa gorge nouée –. Celle-ci se détourna et ramassa son uniforme échoué au sol, en lui présentant son dos, et entreprit de l’enfiler. Azazëlle enchaina en tremblant : « Je… » Trop tard ; la porte avait déjà claqué. Comme le prélude de son prochain départ. Définitif.


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Elle se détourna soudainement et la musique se tut. Elle n’entendit plus rien. De l’eau, de l’air, elle avait besoin d’eau. Elle n’aspirait plus qu’à se noyer dans la litanie de ces belles promesses d’avenir grandiloquent, inlassablement répétées dans sa tête. Le goût acide envahit sa bouche, elle se précipita aux toilettes pour vomir ce sentiment dégueulasse. Elle en cracha ses poumons, son sang, l’alcool. Mais pas la honte. Toujours âpre, sur son palais. Toujours rêche, sur sa peau. Dans le miroir, tout était flou. Dans sa tête, tout s’embrouillait ; elle ferma les yeux, leur donna des couleurs, sortit, fut happée par le son tonitruant de la musique. Ses yeux s’ouvrirent. Ahriman était là.

Ahriman, l’héritier, celui que Antonin avait tout désigné comme celui qui restaurerait cette gloire d’antan sur leur blason bafoué par le temps. Ahriman, l’ultime déception. Le traitre. L’ignoble salaud. L’implacable, l’incapable. Et elle le maudit, oh juste un peu, ce connard de frère ; qu’il lui ait volé son innocence passe encore, mais pas son collier. Elle se sentait spoliée, souillée ; quelle conne de le lui avoir cédé. Et quel salaud de toujours le garder au fond de sa poche d’uniforme lorsqu’il savait que le moindre contact avec leur mère lui devenait insupportable. Comme un bouclier contre les ardeurs d’Azazëlle qui ne faisaient que le lasser, si bien que lui ne voyait pas combien elle était blessée. Il avait osé l’abandonner. Allez, Az’, je vais te frayer le chemin, t’auras plus qu’à marcher dans mes pas, avec tes foutus escarpins. Menteur. Lâcheur. Il avait rien fait que de les décevoir, qu’à mener leur fraternité à l’abattoir. Il avait tout foutu en l’air et elle s’était promise de le lui faire payer cher. Elle avait toujours pensé que son frère était fort, il avait rien trouvé d’autre qu’être foutu à Gryffondor. Adieu l’héritier Dolohov ; il fallait qu’il se sauve. Qu’il claque la porte du manoir, sans un regard, même pas un au revoir. Après toutes ces promesses, de ses lèvres pleine de hardiesse, tout en tendresse. Mais voilà qu’il la laissait, abandonnée dans sa détresse. Putain, Ahriman, va t’enfoncer dans un platane, sale mythomane.

Elle eut envie de gerber à ses pieds. Foutre sa sale gueule dans un linceul. Meurs, Ahriman. Crève. Pars. Loin. Laisse-moi juste mes souvenirs, pour nous affranchir de ces chaînes fraternelles, anticonstitutionnelles. Elle voulut lui arracher son sale sourire goguenard, ce rictus en coin qu’il se plaisait à arborer ; comme s’il savait que le monde se foutait de lui, alors, il avait décidé de se foutre d’elle. Si elle avait pu, elle l’aurait tué sur place, sans laisser la moindre trace. Et son souvenir, fugace, qui l’agace, aurait sombré dans l’oubli, érigé sur cette résolution prise de le détruire, une bonne fois pour toutes. Il leva son verre d’hydromel vers elle, profondément ironique, hypocrite, son putain de sourire tordant toujours sa lippe. Et elle lui aurait volontiers tordu le cou ; au lieu de quoi, elle décida de lui rendre les coups. Trois pas en avant, lui avait déjà glissé son bras autour de la taille d’une blondinette insipide à l’air complètement perdu, ignorant encore qu’elle ne serait qu’une victime des circonstances, qu’une perte collatérale, sacrifiée sur l’autel de leur amour spolié, de leur confiance bafouée ; immolée dans les flammes de leur haine viscérale. Il l’avait laissée, simplement, en osant prétexter qu’elle l’avait simplement lassé, dans un chuchotement. Cruel qu’il était, il aurait sans doute satisfait leur père – le sien –, façonné dans leur aversion du monde, forgé dans leur répulsion de la faiblesse humaine. Elle était une faiblesse, il avait préféré l’éradiquer, invoquant injustement son droit d’ainesse. Et elle l’aurait tué volontiers, ce jour-là, où il lui avait définitivement tourné le dos. L’avait abandonnée dans ce monde obscur, fait de ténèbres et de colère. Il serait celui qu’on blâmerait lorsqu’elle deviendrait ce guerrier que son père avait tant désiré. À l’image de Dahaka, terrible monstre crée par le dieu Ahriman, employé à éradiquer toute forme de vie sur Terre, destiné à engloutir le soleil pour plonger le monde dans les ténèbres dans lesquelles le démon était né ; elle en fera de même, comme si les avoir accablés de tels noms fut prémonitoire. Une fatalité à laquelle ils ne pourraient réchapper. Adieu, mon frère, on se retrouvera en Enfer.

La blonde la vrilla de ses yeux d’un vert irréel, semblant la transpercer tandis que sa colère s’en retrouvait transcendée. Dans un sursaut de lucidité, sachant pertinemment qu’elle ne ferait qu’exciter ces pulsions masochistes, ces instants où elle sentant la vie s’agiter en elle parce qu’elle commençait à lui échapper, elle finit par se détourner, s’accrocha maladroitement au bras d’un camarade. « Azazëlle Dolohov au milieu des sangs-mêlés, une petite traitrise à ton sang ? Remarque, si je partageais celui d’Ahriman, mes veines seraient déjà vides. Tu es déjà vide, Lestrange. Ne précipite pas ta chute. » cracha-t-elle sans prélude, se détachant d’ores et déjà, n’aspirant plus qu’à s’engloutir dans l’ombre des recoins de la Salle sur Demande, voulant échapper à cette nouvelle fête clandestine qu’on venait d’organiser. Il lui fallut poser bien à plat sa main sur son palpitant, appuyer avec force pour que celui-ci ne cherche plus à défoncer les parois de sa cage thoracique d’un battement un peu trop brusque. Elle soupira doucement, à peine, ferma les yeux, une seconde. Elle les rouvrit. Son bâtard de frère était à côté d’elle. « Une décadence de plus, et le monde entre en transe. Tu danses ? » Ne pas tourner les yeux vers lui ; ne pas croiser l’azur si similaire de ses prunelles. Ne va pas te confronter aux souvenirs de ton frère ; il est mort, Azazëlle. Mort. Il a été tué dans l’ardeur des cris de leur père, dans les pleurs de sa mère, dans l’ultime tremblement terrible de son cœur. Et puis, elle avait compris. Ahriman était parti. Définitivement. Sans aucun retour en arrière possible. Pourtant, quelque part, l’indicible espoir, vain, futile, point au fond de sa poitrine. Elle pouvait bien se contenter du fantôme de son frère, pour une heure. Ou deux. « Pas ce soir. Dommage, la nuit était belle. Toutes les nuits sont belles. Mais ce soir, c’est l’horreur. La nuit reviendra demain, tu crois ? Bien sûr que la nuit reviendra demain. Oui, bien sûr. Tu as raison, c’est cette explosion qui me rend idiote. Il n’y a plus d’explosion, Az’. Oui, bien sûr. Tu as raison, c’est ce silence qui me rend sotte. » Pars, Ahriman. Pars loin, ou reviens-moi. Va t’en plus près. Barre-toi, je ne veux plus te voir. Mais putain, prends-moi dans tes bras, connard.

Il la regarda avec incompréhension, elle se leva, et puis, elle partit. Peut-être bien qu’ils ont rêvé. Il l’avait toujours bien aimée cette gamine, petite, c’était toujours la plus maligne, la plus taquine, un peu versatile, mais jamais futile. Azazëlle, c’était l’essentielle, on se sentait tout petit face à elle. Elle s’imposait dans ce monde où on en rencontrait peu, dans une vie, des filles comme elle. De celles qui vous paralysent. Elles rentrent, et vous ne voyez plus qu’elles. Vous avez envie de supprimer le pluriel. Il n’y a qu’Elle. On n’avait jamais été aussi femme, on n’avait jamais été aussi belle, on n’avait jamais été si  souveraine et tout d’un coup, on se retrouvait à penser qu’on était rien et qu’on ne serait jamais rien, parce que les filles comme elle étaient tout. Et il ne disait pas ça parce qu’il était son frère. Parce qu’il l’avait été. Il avait été renié ; et elle était partie, s’était détournée. Comme chaque fois ; sans doute car son altesse estimait qu’elle n’avait pas de temps à perdre dans de pareilles querelles, à s’abaisser à de telles bassesses.

Elle ne lui manquait même pas. Le hantait, simplement. À moins que ce ne soit ces femmes, les fantômes. Quand il les regardait droit dans les yeux et qu’il ne les voyait pas, comme si elles étaient inconsistantes. Comme si elles étaient cette autre. Fantômes du présent. Il les regardait, et il voyait Azazëlle derrière elles. Sans doute qu’elles le savaient. Il la voyait partout. Mais elles ne lui en voulaient pas, à priori. Comment lui en vouloir lorsqu’on voyait entre quelles griffes il s’était fait prendre ?

Azazëlle était revenue, elle lui a tendu la main. Quand il la prit, il se dit que c’était étrange, cette chaleur qu’elle dégageait, il en aurait presque senti le sang couler gracieusement dans ses veines ; maintenant, ils couraient. Il ne savait pas où elle l’emmenait, à la mort sans doute. Ah non, il en revenait. Ahriman n’avait même pas remarqué qu’elle riait. Il s’était juste dit que la magie était devenue sonore, après tout, ce soir rien ne l’aurait étonné. Mais non, c’était juste Azazëlle et son rire. Alors, il avait eu envie de rire, lui aussi. Et les souvenirs avaient giclé, violents, pressants, tandis que les esquisses d’une gamine encore innocente se dessinaient sous ses paupières. Les poussières d’étoiles continuaient de valser dans les airs, et si la nuit était morte, c’était Azazëlle qui l’avait avalée.

Et rien ne semblait pouvoir l’empêcher de recracher la voie lactée. Mélodieuse voleuse, qu’elle se taise la gueuse, il avait la tête qui tournait et le cœur qui valsait.

Puis, soudain, elle l’avait plaqué contre un chêne massif, trônant, royal, dans le parc. Elle avait tout à coup l’air féroce, sortant les crocs, la baguette dégainée appuyant avec force sur sa jugulaire, comme si elle pouvait l’égorger d’un simple mouvement. « Va te faire foutre. » Il la savait instable ; à trop vouloir ressembler à Alesya, voilà qu’elle se forgeait elle-même ses tares qui ne pourraient que causer sa perte. Il devrait aller en toucher deux mots à la Lestrange. Enfin, à aller la hanter, si sa tendre petite sœur se décidait à passer à l’étape supérieure. Quel con. Il soupira doucement, faussement débonnaire. Et Azazëlle hurlait à s’en faire péter les cordes vocales, le plaquant toujours plus fort contre le tronc. Elle avait beau faire cinquante kilos pour son mètre soixante, vous ne voudriez jamais avoir un souci avec elle. C’était parce qu’elle était si maigre qu’elle était si féroce. Elle avait quelque chose à compenser. En plus, c’était une femme, ce genre de choses avait toujours un truc à prouver, à compenser. « Mais voyons, Az’, arrête un peu de gueuler, ça t’obsède tant que ça ? Regarde, Fudge aussi, n’en a rien à foutre de tes faux airs de guêpière. » Et, soudain, il se rendit compte de l’énormité de sa connerie. Elle pouvait le renier, elle ne pouvait le nier. Qu’il la connaissait par cœur, mieux que quiconque, mieux qu’elle-même. Et, silencieusement, il s’excusa auprès de Pride. Le pauvre, voilà qu’il venait de le foutre entre les griffes et sous les flammes du dragon. De sa sœur, pardon. Une prière muette, et il vint confronter son regard au sien. L’affronter ; c’était pas comme si prendre la mort de front l’aurait épargné.

Les bras ballants, elle le regarda encore une seconde mais il disparaissait déjà. Redevenu fantôme, plutôt que le souvenir de son ainé. Réhabitue-toi à la hanter. La tourmenter. Et puis, elle se détourna. Une bonne fois pour toutes. Adieu, Ahriman. Crève, meurs. Je m’en fous. Je m’en fous de tout. De toi. Je m’en fous pour toujours. « Je t’aime aussi, petite sœur. » Une seconde, et il le voyait dans le fond de ses prunelles tourmentées ; une seconde, il était ressuscité. Et, aussitôt, elle l’avait assassiné. Ça n’était pas comme s’il ne lui avait jamais dit l’aimer ; juste que c’était la première fois qu’il le faisait depuis l’au-delà. Une seconde d’hésitation, traitresse, puis elle se souvient de l’ignoble trahison, et adieu la tendresse, elle redevint le bourreau sans faille et sans faiblesse. Oubliant le frère, détruisant son souvenir, et se promettant simplement de le détruire, une bonne fois pour toutes.

Vois l’étendue des dégâts, les pleurs et les hurlements, Ahriman. Vois, ce que je suis devenue par ta faute, infâme.

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Il avait ses petites manies. Oh, rien de bien méchant, juste un peu chiant. Se passer la langue sur les lèvres avant de manger, plier sa serviette en cinq, ne jamais commencer une joute verbale, mais jouer au plus con à la moindre occasion, fixer votre nez ou votre nombril quand il vous répondait, ne jamais prêter attention à Azazëlle ; oui, c’était un garçon bizarre. Étrange. Étranger. Bon, con. Bizarre, oui. Alors, bien sûr, l’orgueilleuse, la ténébreuse, la sinueuse, la Dolohov n’aurait jamais insinué que ce drôle de type plein de tics l’obsédait. Elle s’était mise à le suivre, discrètement, de temps à temps. Littéralement. Elle était dévorée, elle disparaissait. Dans le vide. D’ailleurs, elle était forcée de constater qu’il n’allait nulle part. Elle ne l’aimait pas. Elle ne savait même pas comment ça avait commencé. Ou elle ne préférait pas y penser. C’était la faute à l’autre décérébré. Enfoiré. Mais voyons, Az’, arrête un peu de gueuler, ça t’obsède tant que ça ? Regarde, Fudge aussi, n’en a rien à foutre de tes faux airs de guêpière. Beaux airs de guerrière, Ahriman. Beaux airs de guerrière. Je vais te transpercer, sale con. Il avait raison, pourtant. Pour Pride, elle n’était rien de plus que l’un de ses divertissements passagers. Elle aurait dû se rappeler que Fudge ne commençait jamais une joute verbale ; il se contentait d’aplatir son adversaire, à la fin.

Ah, la faim… C’était un truc qui allait la tuer, Azazëlle. Et pas que la métaphorique. Pas que celle de la peau de Fudge. Elle n’avait pas mangé depuis la veille. Il avait décidé de sauter son repas, elle avait décidé de sauter sur l’occasion. Ça vous creuse, une obsession. Quoique, lui, quand elle en aura fini, elle pourra toujours le manger. Les trophées de chasse dans le salon, c’est tellement démodé. Suranné. Un peu comme leurs yeux qui croisent le fer. Il y avait longtemps que Pride ne l’avait pas… Quoi, d’ailleurs ? Cela faisait longtemps que Pride ne l’avait pas. Elle avait peut-être perdu. Elle s’était perdue, et Fudge aussi. Où était-il ? La question lui martelait la tête. Que faisait-il ? Non, elle s’en foutait. Tout ce qu’il fallait, c’était qu’il la regarde, la craigne, l’exècre. Que, pendant une seconde, il ne la quitte pas des yeux. Que, pendant une éternité, son souvenir ne le quitte jamais. Sans qu’elle n’ait jamais à lui demander de se rappeler. Mais qu’est-ce que tu racontes ? Crève, Pride. Meurs. Je m’en fous. Casse-toi. Brise-toi. Que je puisse t’emporter. Laisse-moi. Enlace-moi. Lasse-moi. Que je puisse me quitter.

« Pourquoi tu pleures, Dolohov ? » Il a dit ça, elle ne savait pas, comme s’il avait répondu « 1256, révolte des gobelins de Suède », en regardant la pluie battante. Enfin, Fudge babillant à propos d’Histoire de la magie ; ça aurait été aussi improbable que de voir Alesya s’amouracher d’une Weasley. Alors, elle ricana soudain. « Je ne pleure pas, voyons. J’ai une tête à pleurer ? » cracha-t-elle soudain, semblant s’agacer, pas franchement sagace. « C’est pas interdit, tu sais. Grand bien t’en fasse. » Un rictus, qu’elle ne verra jamais, ourla ses lèvres. « Je ne pense pas que tu me fasses un grand bien. Moi non plus. Alors, pourquoi tu fais ça ? » Un ricanement. « Exister ? Je ne sais pas, j’ai jamais su. J’ai jamais pu. » Un grognement. « Arrête ton mélo, tu veux ? Pourquoi tu me suis ? » Elle s’avança. Sensuelle. Danse, envoutante, charnelle. Parfois, elle trouvait du cran typique d’une Gryffondor, griffes dehors. Range les crocs ; garde ton venin. Danse, vipère indolente. Dés la première note, il n’avait aucune chance. Seule transcendance. Faussement pudique, purement ironique, elle rajusta l’insolente bretelle partie caresser son avant-bras. Lascive. Comme lui avait inconsciemment appris Alesya. Réplique parfaite, fidèle portrait ; un peu fade et trop anguleux mais l’intention y est. Elle soupira. Posa sa main sous son menton. Ses longs doigts, ongles vert jalousie, teinte numéro huit, jouaient sur la mâchoire masculine. Pride ne faisait plus le malin. Pride ne faisait plus rien. Gamin. Bouche-bée, ils lui ont tous fait. Différents motifs, divergence des raisons ; mais tous ont eu la bouche grande ouverte devant Azazëlle que ce soit pour sa cruauté ou son imprévisibilité. Il a du voir un truc briller dans ses yeux. Y a jamais rien qui brille, chez elle. Rien, pour de bon ? Rien de bon.

« Peut-être que je t’aime, qui sait. Toi, tu sais ? » L’éclat l’a ébloui ; elle ne l’a pas vu reprendre ses esprits. « Laisse-moi rire, Dolohov. Rassure-toi, je ne t’aime pas non plus. » Sourire désabusé ; gamine jouant aux abusées. « Aimable. T’as du feu ? Tu crames déjà. » Claquement de langue. « Tu m’saoules. Tu m’as cherché, tu m’as trouvé. Je t’ai chargé, je t’ai troué. Faux. Je ne suis pas un te des inoffensifs petit Poufsouffle, tu sais. Heureusement. » Celle-là, il ne l’attendait pas. Elle eut un sourire, plein de satisfaction, comme une nouvelle délectation. Elle se retourna brusquement ; ses cheveux vinrent fouetter son visage dans sa pirouette. Il la fixa à n’en plus pouvoir. Elle le sentit plus qu’elle ne le sut. Il la brûlait. Elle était persuadée que ce soir, dans la douche, la chair de son dos serait meurtrie, salie, plus aussi blanchie. Pourtant, elle ne se sentit pas souillée, simplement dérangée. Il dérangeait plus qu’il ne rangeait ; et arrangeait encore moins la suite dans ses idées.

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Les adultes et leurs marmots restaient encore sur le quai, à pleurnicher sur leurs douloureuses et première séparation, ces néophytes imbéciles, ces novices du départ, tandis que les dadais immatures s’élançaient avec entrain vers les marches vétustes du train rouge. Les fenêtres coulissantes étaient ouvertes, hautes et bondées, sur l’extérieur encore animé, et des têtes blondes et brunes se penchaient par dessus bord pour faire signe à tel parrain, tel paternel, tel cousin : les éclats de voix se mêlaient de part et d’autre, finalement personne ne pigeait rien à rien. Il faisait chaud et clair, et l’univers grisé par la fumée des cheminées sifflantes s’égayait des couleurs chaudes et adolescentes ; on riait trop, on hurlait beaucoup. Le sublime tohu-bohu de la rentrée scolaire était aussi folklorique, ridicule et convivial que chaque fois.

Une valise laborieuse flottait au-dessus des têtes, à la poursuite de son propriétaire et de sa baguette acharnée, mais s’ouvrit soudain dans un claquement sinistre, alors qu’une pluie bigarrée de robes sublimes et de soutiens gorges colorés s’abattait sur des têtes ravies. Des sifflements masculins s’élevèrent de toutes parts tandis que Azazëlle Dolohov, furie rougissante, arrachait ses précieuses étoffes aux mains tendancieuses. « C’est à moi ! » hurlait-elle en tirant sur une robe que Artémis Bell tenait fermement. Elle fit volte-face pour contourner un Gryffondor hilare, et se figea en voyant Pride Fudge balancer au bout de son index la bretelle d’une robe qui ressemblait aux vêtements des bohémiennes, la laissant consciencieusement trainer par terrer, un horrible sourire indolent au bord des lèvres. Elle eut la décence de délicatement rosir sous le regard amusé de Pride, bien que sa main revancharde flottait toujours dans les airs et ne demandait qu’à s’écraser brutalement sur la joue du jeune homme. Retrouvant lentement de sa superbe, elle susurra perfidement : « Oh. Fudge. Tu veux la garder, peut-être ? Navrée, je ne pense pas qu’elle t’ira au teint. » Le Gryffondor à côté cacha ses yeux derrière sa main dans l’espoir de dissimuler le fou rire qui secouait sa tête, son échine et ses épaules, mais Pride resta admirablement calme. Il répliqua d’un ton neutre, l’œil éteint, en rendant de bonne grâce la bien jolie tenue : « Ça ira, merci, Dolohov. » Il pivota avec lenteur vers son compère, échappant au regard agacé de la tendre victime, et parvint à esquisser trois pas sur le côté avant de se retourner vers elle et de répliquer : « Je ne voudrai pas réduire le peu d’estime que tu as de ta personne en te prouvant que cette robe m’irait mieux qu’à toi, gamine. » Et d’accompagner sa tendre remarque d’un sourire particulièrement amène à l’intention de l’adolescente, rougissante de rage. Lorsqu’il lui tourne de nouveau le dos, elle se contenta de fixer furieusement la nuque du jeune homme, marmonnant entre ses lèvres des promesses de tortures plus horribles les unes que les autres.

Elle fit volte-face et cala son dos contre la porte vitrée puis glissa ses mains blanches derrière ses reins et déclara avec agacement : « Mais quel abruti. » Mémoire sélective, elle se persuadait d’avoir tenté la manière douce – tout était relatif –, lorsqu'elle était encore tendre et optimiste, et lui avait expliqué avec une politesse particulièrement altruiste qu'elle n'était pas là pour se disputer avec des crâneurs stupides et immatures qui ne l'amusaient qu'à moitié. Elle préférait occulter de son esprit qu’elle était celle qui avait lancé les hostilités, celle qui s’était agacée la première, avait commencé à hurler, piailler, taper du pied, et les avait poussés à passer à l’étape supérieure. Bousculades dans les couloirs, insultes un peu trop piquées, duels de baguette. La froideur et la fureur n'avaient aucun effet sur la carapace d'arrogance et d'audace de l'héritier Fudge : il continuait à vomir des insultes verbales et verbeuses en souriant de son horripilant air arrogant, et ne perdait pas une occasion d'érafler son orgueil au détour d'un couloir bondé. Elle était arrivée au stade où elle envisageait dans ses rêves les plus agréables de s'adonner aux sortilèges interdits. Mais, idiot et masochiste comme il était, il prendrait sans doute son pied si elle formulait le terrible Endoloris. Oh oui, torture-moi encore, Dolohov. OUI. Il était si horriblement omniprésent qu'il parlait maintenant dans sa tête. Avec le sourire stupide, l'éclat du regard clair et la voix rauque de facéties en prime. Elle eut un frisson d'horreur magistral tandis que Penelope, une Serpentard de son année objectait aimablement « Mais il a été très poli, Azazëlle. Il t'a même rendue ta robe. Tu aurais pu simplement te contenter de lui dire merci. » Elle nattait ses longs cheveux châtains en souriant légèrement, les yeux posés sur le paysage défilant derrière la vitre. Elle était terriblement princière : les ondulations claires de ses cheveux atteignaient ses reins, et ses yeux bleus pâles avaient une douceur lumineuse. Sa peau rosissait facilement, son port de tête était aristocratique ; les épaules un peu larges, les hanches rondes et la gorge élancée, elle avait la silhouette désuète d'une créature de la Renaissance. Son visage en forme de cœur, ses pommettes hautes et la délicatesse de son sourire conféraient à la poupée de collection. À moins que ce ne soit les froufrous hors de prix de sa chemise de satin ou les perles languides qui se balançaient à ses oreilles ; on ne savait point. Et quel altruisme ! Les disputes répétées entre Azazëlle et cet horrible Fudge trouvaient parfois un écho indulgent en elle : si elle ne cautionnait pas ses airs goguenards, elle avait grandement pitié de sa tête de chien battu – prétendument – lorsque la Dolohov l’ignorait d’un air maussade dans les couloirs, refusant de simplement s’abaisser à lui rabattre salement le claquet. Le pauvre amour ne demandait qu’un peu d’attention, c’était fort louable. « Le pauvre amour ne demande qu’un peu d’attention, c’est fort louable. Le pauvre amour ne demande qu’un peu de sexe, Penny. » ricana Alesya en s’allongeant machinalement sur la banquette qu’elle avait pour elle seule. Lestrange avait décidé d’élire domicile dans leur compartiment le temps du trajet, et s’amusait à faire tourner en bourrique ses deux cadettes – quoique la susnommée Penny (un surnom que, soit dit en passant, la petite exécrait) ne lui inspirait qu’un mépris sous-jacent ; beaucoup trop pure pour le blason de Salazar. Ses cheveux bruns s’étalèrent en soleil sombre autour de son visage narquois. Peau halée, regard de braise, silhouette de rêve et sourire tendancieux ; elle pointa son menton vers Azazëlle et enchaîna : « Ça ne te ferait pas de mal, d’ailleurs, pour cesser d’appâter les licornes. » La Dolohov jeta un regard sceptique à Alesya et objecta avec à propos : « C’est un Gryffondor. Ne joue pas la carte du patriotisme, Little Evil, je sais très bien que tu mates ses fesses dans les couloirs. » Puis de tourner son sourire en coin et moqueur vers sa cadette et la pointa d’un doigt accusateur ; le regard lumineux et la pose languide, elle avait l’air d’une terrible succube, et qui plus est d’une affabulatrice. Elle, s’intéresser à des choses aussi triviales que les atouts de Pride Fudge ? Et d’ailleurs, ce n’était pas des atouts. D’ailleurs, elle n’en savait rien. Elle n’avait jamais jeté un œil sur le physique de ce pauvre idiot, elle se contentait de le fixer droit dans les yeux.

Elle souleva le menton avec hauteur – prête à se déboiter la mâchoire –, et déclara d’un ton dédaigneux : « Je ne vois pas de quoi tu parles. Comment vont tes parents, Penelope ? » La diversion aurait pu être discrète, intelligente et délicate ; du talent Dolohov, en somme. Au lieu de quoi, la débandade. « Très bien, merci ; et les tiens, Azazëlle ? » Elle se figea inexplicablement. Trembla imperceptiblement. Ne pas penser à sa mère. Ne pas penser à sa folie destructrice, à son internement à Ste-Mangouste, l’été dernier, dans le plus grand des secrets. Ne pas penser à la veille, où elle était allée à lui dire au revoir avant de partir pour Poudlard et où Daëna ne l’avait même pas reconnue, lui demandant qui elle était, petite gamine à l’air revanchard. Elle crispa indescriptiblement les poings, les jointures blanchissant et les ongles pénétrant violemment sa chair.Alesya s’en rendit compte. Alesya se rendait compte de tout, si elle le voulait. « Penny, va nous chercher des sucreries. » L’autre s’apprêtait à répliquer mais le regard chaotique de Lestrange l’en dissuada ; on ne va pas se mettre à dos Alesya comme ça, dés l’heure de la rentrée ; on ne ferait que signer son arrêt de mort. Mort lente et latente, une année à vagabonder dans les enfers, sous les ordres de Lucifer. Alesya, pardon. Sale démon. Penelope, elle, ne comprenait rien à ce qui se tramait, si ce n’était qu’elle n’était pas désirée. Alors, elle se leva, partit, laissa là les deux gosses de mangemorts face à face. L’ainée se cala plus profondément contre le dossier de la banquette et croisa ses jambes gainées de noir. Elle ronronna, comme un chat, avec ses longs yeux noirs toujours fixés sur Azazëlle ; mais elle n’ajouta rien. Peut-être qu’elle comprenait ; ou qu’elle s’y efforçait. Alors, cette fois-ci, elle ne tenta pas de lui arracher les vers du nez. La plus jeune, quant à elle, esquiva son regard, un air presque boudeur tordant ses traits tandis que ses yeux balayaient le paysage anglais défilant à toute vitesse de l’autre côté de la baie vitrée. Ce n’était pas comme si elle ne s’y était pas attendue, après tout. Sitôt sa mère avait-elle foulé de ses pieds d’étrangère le sol d’Angleterre que la folie s’était emparée de son être. Ce n’était pas comme si la Banshee n’avait jamais été saine d’esprit. Il n’y avait pas de saints, chez les Dolohov.

« Fait chier. » lâcha-t-elle enfin. Ce fut le seul mot qui flotta entre les deux brunes avant l’arrivée à Poudlard pour une nouvelle année qui allait tout ravager. Annihiler. Exactement comme sa mère lui avait prédit. C’est parti.

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Clic clac.

Le cliquetis de son briquet usé. Le raclement des pattes d’une chaise. Cette-dernière grimaçant sous l’effet d’un poids léger. Un demi-sourire s’étira, ses cheveux d’ébène tombant doucement sur ses épaules d’ivoire. Sa langue caressa ses lèvres venant les humecter. Elle était à moitié plongée dans la pénombre, l’odeur humide remonta dans ses narines, lui laissant deviner l’arrière-goût de la pourriture qui se nichait dans les coins de la cave. La lumière tangua, symbolisant le lent balancement de la lampe, éclairement surement à demi son visage et faisant ressortir ses cheveux sombres. En face d’elle, nichée à terre, une silhouette, purement féminine, roulée en boule. Un dégoût remonta tandis que ses yeux se perdaient sur la boule. Ça pue la sang-de-bourbe.

Et l’odeur de la créature ignoble se mêla à la pourriture, au couinement du rat, aux excréments, tandis qu’elle devinait l’arrière-goût du sang séché. Son sourire se changea en rictus. Elle la dégoutait, la choquait et semblait être une boule informe de chair, de douleur et de chagrin. Depuis combien de temps était-elle là ? La sorcière n’avait plus aucune fierté, trainée dans la boue, condamnée à être ridiculisée par des gosses qui venaient la harceler. Elle n’était plus rien. Ses cheveux bonds avaient pris la couleur de la terre, ses vêtements lui collant au cœur, ainsi qu’une épaisse couche de crasse où se mêlaient sang, plaie à vif, et peur. Quand elle était entrée ici, surement qu’elle ne s’était jamais attendue à avoir peur. Après tout, on n’apprend pas à avoir peur des enfants. Même lorsqu’ils naissent avec la rage au cœur, la magie noire inscrite dans leur patrimoine génétique, et la promesse de changer ce qui aurait dû se passer des années plus tôt en tête. Même si ce sont des gosses de mangemorts. On pensait naïvement qu’aucun gamin ne serait capable de ça. Ce « ça », c’était toutes les fentes qui s’ouvraient sur sa peau claire. C’était toute la douleur qui s’échappait d’elle et que l’autre semblait gober, amatrice infâme de sa peine, déchirant dans un soupir le mutisme dans lequel elle s’était enfermée. Et elle mastiquait tout en la détaillant du regard. Elle s’était recroquevillée en position fœtale, cherchant la fraicheur du mur, salissant ses pieds nus contre le macadam. Et l’ignoble monstre que l’autre était, savourait, faisant rouler le silence sous sa langue, profitant de la détresse, de l’évaluation de la situation sous la tête blonde de la fille de moldus. Elle sentait son esprit frétiller, son cœur s’agiter, son sang traverser son corps, venant nourrir son cerveau qui cherchait, tentait de comprendre l’illogisme dans lequel elle était tombée.

Son petit corps bougea légèrement.

Sa conscience caressa l’espoir que peut-être, sûrement…

Mais non, elle essaya, mais ne perçut pas le mécanisme, ne réalisa pas qu’ils avaient les clefs en main, qu’ils étaient les seuls maîtres. Comprendre, essayer, échouer. Et ses pensées s’entrelaçaient, murmures imperceptibles, promesses d’une fuite. En observatrice muette, l’autre regardait, entendait le livre qui se déroulait sous elle, venant saisir la mélodie désordonnée, décadente, complexe de la blondasse. Et elle jouait, se rebellait, tentait de trouver une solution au bordel. Elle se demandait pourquoi sa joue lui lançait, elle passait des doigts tremblants sur sa peau, remarquant l’ecchymose qui lui barrait le visage. Un petit cri s’échappa, un sourire filtra. Son âme s’échauffa, son cœur sursauta, elle retraça le fil. Elle réalisa ce qui lui était arrivé, dans quoi elle était tombée. Elle se souvint de l’identité de son ravisseur, ses traits se creusèrent, ses yeux s’arrondirent.

Réaction normale. Ennuyante. Et sa voix s’éleva, trop féminine, trop simple, chaude pour ce qu’elle était : « La belle au bois dormant a fait un doux rêve, j’espère. » Une remarque facile. Un regard qui tomba sur la belle, parce qu’elle devait être belle en-dessous de ce sang, de cette crasse. Oui, sûrement. Mais ce corps n’était qu’une enveloppe, c’était celui d’une macchabée qui s’agitait. C’était celui d’une abomination qui avait tué, brisé, sali maintes vies. Combien de familles, d’amis, d’amants touchés par ses doigts, et empoisonnés par sa malédiction, souillés par son impureté ? Combien d’existences réduites à néant ? Trop, bien trop pour l’être abject qui se cachait derrière ce visage mince, cette image frêle. Cela ne devrait pas se produire. Elle ne devrait pas en avoir le droit. Elle n’en avait pas le droit.

Elle refusait qu’elle traine d’autres êtres dans la boue. Elle refusait qu’elle touche à la pureté si fragile des sorciers. Elle crachait sur sa nature de presque moldue. Elle ne voulait pas d’excuse de sa part. Elle voulait qu’elle paie. Elle voulait qu’elle souffre pour toute la peine donnée et qui va être donnée. Elle voulait qu’elle paie, elle voulait que la vengeance soit réclamée et consommée. Elle voulait la justice, sa propre justice. Pour tous ceux qui étaient tombés, qui tombaient et qui tomberont encore sous les doigts impies, sous la violence et la destruction de ces êtres, elle exigeait, elle réclamait, elle criait, elle appelait à qui l’entendait la libération de toute cette colère, de toute cette vengeance. Plus de retenue, plus de sympathie, la compassion n’existait pas. Pas pour ces monstres de foire. Ils n’en avaient pas eu pour elle. Ni pour son père. Ni pour Alesya. Ni pour aucun d’entre eux.

Alors, pourquoi devrait-elle en avoir, elle ?

Elle, la fille d’Antonin Dolohov. Celui qui s’était battu en l’honneur de l’idéologie du sang. Celui qui avait consacré son existence à la purification de la race sorcière. Celui dont on avait vanté pendant toute une époque la puissance, l’intelligence, la quintessence. Celui qui avait éradiqué bien des sangs impurs, massacrant ces êtres sous la bannière, au-delà de Voldemort, de celle pour le plus grand bien du monde sorcier. Celui qui avait tant de force, d’idéaux, de détermination dans le cœur noirci par la magie. Celui qui fut trahi, condamné, traité de monstre. Celui qui s’était fait oublié, au profit d’un criminel, d’un homme dont on comptait le nombre de victimes ; celui qui avait injustement éradiqué pour le compte d’un fou mégalomane, disaient-ils avec une pointe d’amertume dans la voix, une lueur de regret venant illuminer les yeux. Ouais, à croire que ça leur plaisait de décevoir. Pourquoi changer les bonnes habitudes, après tout ?

Décevoir, elle savait faire. Comprendre, ressentir de la compassion, non. Et Azazëlle, de nos jours, n’est plus que l’ombre d’un Antonin affaibli, vous dira-t-on. Femme-guerrier blessée, pliant le genou sous les regrets, animée par la colère, bousillant le reste de noblesse qu’on lui prête. L’idéal s’était effondré. Et elle avec. C’était ainsi.

Et elle qui se trouvait allongée à ses pieds, ce n’était rien. Elle ne connaissait rien à la douleur. Elle ne connaissait rien à la perte, la souffrance. Elle ne faisait que l’effleurer. Il n’y avait pas d’insomnies, de regrets dans son cœur. Il n’y avait pas ce vide. Il n’y avait pas tous ces souvenirs, toute cette vengeance dégueulasse et indigeste, toute cette colère qui n’était que cendre dans sa bouche. Elle ne manquait pas de tout. Elle ne manquait pas d’elle.

Elle, elle cachait ce cœur plein de trous. Elle cachait toutes ces blessures, ces plaies qui déversaient leur sang infect. Elle ne se souvenait plus sûrement, sans aucun doute. Elle et ses cheveux sombres, son sourire maladroit, son prénom. On l’avait oublié, sans doute. Pourtant, dans son esprit, leurs traits étaient gravés dans son cœur délicat réduit en cendres par l’explosion ultime, venant faire tanguer la fragilité humaine. Et puis, elle était partie en laissant des questions, des regrets, une absence inévitable, éternelle. Elle n’avait pas compris. Elle était partie sans dire au revoir. Elle était simplement tombée, laissant son cœur d’ores et déjà corrompu s’éprendre des ténèbres de l’Enfer, s’abandonnant à l’ombre de ses souvenirs. Elle était partie, Azazëlle. Oui, dans le fracas des décombres, dans les poussières d’une humanité anéantie, brisée, se rendant compte de leur faiblesse, elle était partie.

Au final, elle se manquait.

Et cette fille en face, elle avait des réponses. Pas sur la douleur, pas sur les plaies, pas sur la guerre, juste sur eux. Sur lui. Elle avait besoin de savoir. Elle avait besoin de le comprendre. Elle avait besoin qu’elle réponde à toutes ces questions sans réponses, à tous ces mots qui tournaient, flottaient, se rencontraient mais ne formaient rien de plausible. Et cette créature infâme avait la possibilité de lui offrir ce qu’elle cherchait depuis si longtemps. Elle avait juste à parler… à ou se taire pour toujours.

Le cliquetis de son briquet. Encore. Et un soupir, la cigarette entre ses lèvres vermeilles, tout en désinvolture. Sa voix s’éleva dans un bâillement masqué par le nuage opaque de fumée : « Chérie, toi et moi, on doit parler d’un gars du nom d’Ahriman. Je sais que tu le connais, darling, et, vu que je suis pressée… »

L’éclair de lumière fusa. Le hurlement se répercuta contre les murs et vint briser le silence macabre. La torture interroge, et la douleur répond.

Daëna s’éveilla dans un sursaut.

Encore un de ces horribles rêves. Ou une de ces infâmes prémonitions. Elle ne savait plus vraiment faire la différence. Elle n’avait jamais fait dans la déférence. Elle savait, pourtant. Elle avait toujours su qu’elle allait devoir lutter contre ses bras qui voudront étreindre ses enfants, contre sa propre bouche qui voudra les embrasser, contre sa langue qui voudra tout dire. Il faudra se dominer, et elle ne sait pas si elle sera suffisamment forte pour cela. Les regarder partir, et ne rien dire : quelle mère pourrait faire cela ? « Peut-être n’ai-je été mise au monde que pour pleurer. » Pleureuse de sa famille d’abord, puis de son époux, de son fils et de sa toute petite fille. Pleureuse d’un monde englouti qui n’aura eu de cesse d’engloutir les personnes auxquelles elle tenait, qu’elle aimait.

Elle savait qu’elle mourrait bientôt mais c’était sans importance. Elle avait réussi à semer la sombre destinée des Dolohov, bien qu’elle ne cesse de se jouer derrière ses paupières entrecloses. Elle n’avait jamais été aussi vivante que là, sur ce lit immaculé, à se persuader que ses enfants n’iraient pas s’entretuer. Elle était dans le cœur vif des choses où les instants passaient avec lenteur et où tout était vital.

Les yeux à moitié fermés, elle vit Azazëlle, accoudée à la ferraille d’un balcon, une cigarette entre ses lèvres, jouant avec nonchalance avec un vieux Zippo. C’était la dernière fois qu’elle contemplait l’immensité du monde avant qu’il ne soit ravagé, et elle le savait, mais elle voulait gagner chaque minute, et lorsque son sombre destin la rattrapera, que ce soit au sommet de cette existence fragile qu’il la trouve.

Car tant que ses yeux bleus parcourent le monde, Azazëlle a encore un espoir de rédemption et elle tient encore l’innocence bafouée de son cœur, par ses ténèbres et tourments, certes, mais c’est une façon de la tenir.

Alors, Daëna se laissa replonger à nouveau dans le sommeil. Car s’il est une chose qui reste solide, aussi solide que les montagnes, c’est le cœur d’une mère qui croit encore en son enfant.





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HRIen depuis le : 13/04/2012
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 0:29

AZY je me co avec Zane juste pour t'envoyer du love ♥️ j'ai tellement hâte de lire ta fiche, de rp et tout

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I saw your picture hangin' on the back of my door, won't give you my heart no one lives there anymore. And we were lovers, now we can't be friends. Fascination ends here we go again.


I'm not in love


Spoiler:
 
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Statut : × EN TRAIN DE TOMBER POUR DOLOHOV LA DEMONIAQUE
MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 0:30

Kniiiiii ♥️
Ma mienne, ma parfaite, mon démon ♥️ Comme je suis content de te voir là. J'devrais passer avec Alesya mais tu sais très bien pourquoi j'suis sous ce compte la grande prêtresse du mal attendra un peu  

Allons brûler le monde avec nos feels, mon infernale

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you are my downfall, you're my muse
my worst distraction, my rhythm, my blues.
I pray — remember me. Through winter's fall and winter's gain, I'll keep your memory. The fire cannot burn you out, the cold shan't see you stilled. If you should ever think to doubt — My love, I will not yield.

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Statut : Un joli bordel désorganisé.
MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 0:30

Rerererererererererebienvenue :D

Azazëlle rocks mais tu le savais déjà nan ? Tellement hâte de voir ce que tu vas nous en faire de cette folle

Un lien sera non-négociable

•••••••••••••••••••••••••••••



∞ le temps seul révèle l'homme juste
un seul jour dévoile le perfide

(c) dusty scarecrow


Un Sixtouchat pas très content :
 
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HRIen depuis le : 10/11/2012
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Statut : Heart under arrest
MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 1:46

Azazëëëllee:run:
Le personnage te sied à merveille

Reuh bienvenue très chère, hâte de lire la fiche de ce petit démon

•••••••••••••••••••••••••••••

Bite into me harder

Now I must admit that I have played a part in the way that things have gotten out of hand, but it's escalated almost to an art. I want to fix him but I don't think I can. I'm falling deep into a pit of vipers over me, over me and I can't break free. Secrets run deep when you're in a pit of vipers, slithering, whispering, feel the venom poisoning me.
©️ Silver Lungs & Simon Curtis
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 2:44

fiancé indigne ; aah, mon promis par obligation. t'as raison, envoies-moi du love pour aller fricoter avec weasley dans mon dos. non, srsly, mercii et puis, tu me réserves une place dans tes rps, j'te laisse pas l'choix, j'suis une fiancée exigeante. :colgate:on va faire de grandes choses, toi et moi. :huhu:et j'veux aussi un lien avec ton tarba de lestrange.

papuche ; rhaa, mon mien à moi, mon obsession, le pride de mon azazëlle. de toute manière, je t'en aurai voulu si tu débarquais pas avec pridou.  allons nous exploser nos sales petits cœurs déjà amochés contre des vagues de feels et pervertissons-nous mutuellement jusqu'à agoniser sous l'ampleur des dégâts. on va foutre un dawa (©️benjen ) monstre et, et, ET JOTEM OKAY.

sixtou ; azazëlle rocks et je l'ai su avant tout l'monde. 🇳🇦genre, illumination divine tellement elle est trop farpaite (et genre, la pression est au maximum, du coup Arrow) et, vu comment je dévore le alesixte, tu n'aurais pas échappé au lien de toute manière, mon mignon. :=3:prépares-toi à souffriiir.

chouchou ; charlouuu. allez, tu peux l'dire que je t'impressionne, que tu as peur, et que tu deviendras mon esclave personnel pour échapper à mon courroux. (non ? bon, d'accord... ) on va s'trouver un lien charlazëlle qui va tout défoncer jusqu'à nos feels ; et si le petit démon te persécute, t'inquiète pas, ça veut dire qu'elle t'aime bien. (demande à pridou ) (PROPRIÉTÉE EXCLUSIVE, HEIN. alors, fais gaffe si j'te vois tourner autour d'un peu trop près. What a Face)

•••••••••••••••••••••••••••••


In my fall lies my victory, watch me! I will stand up and lay waste to my enemies. Burning all their hopes to destroy me. So I'll rise through the sun and take my crown. Bow down! I've come to claim my throne.
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 8:19

bryn elle est tellement belle *-* rebienvenue, vilaine lien avec rohan OBLIGATOUAREUH !
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 9:34

t'es belle ma gazelle en sucre

re-re-re-re-re-re-re bienvenue ici !
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 9:35

What a Face moi aussi j'exige un lien avec elle, non mais et puis j'ai lu quelque partie de ta fiche  rebienvenue avec ce merveilleux personnage.
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 10:19

Azazëlle D. Dolohov a écrit:
(©️benjen )
did you summon me, my lady?  
(c'est parce que tu t'indignais que j'étais pas encore passé, hein? Arrow )

 r'bienvenue ma p'tite Hel, ma Dahaka, comment il me tarde de lire le reste tu peux pas savoir  
(puis qu'on s'tue avec nos feels - d'ailleurs faut que j'aille te rajouter parce que j'ai eu une idée là What a Face)
bref, gardes moi un RP d'côté

•••••••••••••••••••••••••••••

everyone has a past, remember this.

each one of us carries cemetaries.

beneath our skin

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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 10:29

REBIENVENUE.
Alors là, t'as fais un sans faute pour le choix du titre. BMTH quoi, c'est du lourd. Bon courage pour la suite la miss.

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i just feel sort of empty these days + And there's no remedy for memory your face is like a melody, it won't leave my head your soul is haunting me and telling me that everything is fine but I wish I was dead every time I close my eyes It's like a dark paradise.
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 12:19

le serpent qui danse, grrr.  
bon courage pour la fin de ta fiche, grosse.  

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IT USED TO HURT MY FLESH THAT HIS WORN SCARS WERE HEATED STILL, HE USED TO HURT HIS FLESH JUST TO SEE IF HE COULD FEEL ϟ I had learned early to assume something dark and lethal hidden at the heart of anything I loved. When I couldn’t find it, I responded, bewildered and wary, in the only way I knew how: by planting it there myself.
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 12:41

AZAZËLLE, ça c'est le scéna qui gère la fougère pinaise ! J'suis trop contente de le voir tenté.   Brefouille, rebienvenue ici ma chère !  
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 20:31

Arrêtes de faire des comptes ou on a du négatif ou du pseudo-négatif, je t'aime moi  

Pas bienvenue
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Jeu 31 Oct - 20:43

elle est belle  
rebienvenue  
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Sam 2 Nov - 9:18

AZAZELLE, ma cousiiiiiine  J'ai tout lu pour l'instant, j'adore!  

Il faudra que je fasse un tour sur ta fiche pour préciser notreliendelamortquituetout!  
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Sam 2 Nov - 9:41

Re-bienvenue parmi nous ma belle !

Je sens que tu vas encore nous faire un personnage qui tue tout ! Bon courage pour la suite de ta fiche, t'es parfaite !
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Sam 2 Nov - 10:21

Bienvenue parmi nous  
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Lun 25 Nov - 10:00

Bonjour, je peux avoir des nouvelles ?

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† and the snakes start to sing

I'll seek you out, flay you alive... One more word and you won't survive. And I'm not scared of your stolen power, I see right through you any hour. I won't soothe your pain, I won't ease your strain, you'll be waiting in vain... I got nothing for you to gain .

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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Lun 9 Déc - 21:04

malachy ; j’espère ne pas te décevoir dans ce cas, pour avoir changé de vava. mais un lien rohazëlle, nécessairement, oui, qui dépote tout.

ivy ; et c’est toi qui parle, srsly ? re-re-re-merci.

wilhelmina ; ma future belle-sœur. (si merlin veut. What a Face) dés que je suis validée, je viens squatter ta fiche, t’inquiète pas. j’espère que le reste de la fiche te plaira aussi.

bashert ; oui, farpaitement, tu te laisses un peu trop désirer à mon goût, chéri. merci mon petit ourson en sucre d’orge. (pour s’tuer, on va s’tuer, avec tous nos liens. ) je te garde tous les rps que tu veux, okay.

aelyriah ; merciii. bmth, caylabaaaase, esh. je te réserve un lien d’office, hein.

grognasse ; pour une fois qu’on partage les mêmes références, hallelujah. judazëlle va bientôt tout dépoter, meuf.

abigail ; comment elle fait trop l’unanimité, la petite az. (on verra si vous direz la même chose quand elle viendra vous pourrir la vie, après. ) du coup, vous avez pas d’excuse pour pas venir réclamer de lien, hein.

adélaïde ; je te jure, c’est dur pour moi, aussi. bc jotem aussi, hein. (imagine juste ade&az se dire des trucs comme ça irp. Arrow) enfin, on va s’amuser quand même, hein, et on pourra s’aimer en secret, t’inquiète pas. et pas merci, du coup.

astoria ; dixit la meuf qui a emmaOMFGwatson en avatar. merciii.

orphée ; ma cousiiiine. je sens qu’on va adorer se détester, you and me. j’attends avec impatience pour peaufiner notre lien. j’espère donc que la suite de la fiche te plaira autant.

kaëna ; mercii, ma chèère. il nous faudra un lieeen. What a Face

milo ; eddie redmayne, LET ME LOVE YOU. srsly, ce mec est trop farpait. hm, je m’égare. Arrow merci, mon petit.

papuche ; désolée pour l’attente. mais tu vas l’avoir, ton azazëlle.

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In my fall lies my victory, watch me! I will stand up and lay waste to my enemies. Burning all their hopes to destroy me. So I'll rise through the sun and take my crown. Bow down! I've come to claim my throne.
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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Mar 10 Déc - 11:22

Salut toi
On va faire de grandes choses, je pense t'es farpaite ♥️


Félicitation & bienvenue

“ Serpentard assoiffé de pouvoir et d'action
Recherchait en chacun le feu de l'ambition. „



Ton travail et ta détermination ont porté leurs fruits et te voilà désormais pleinement membre de HRI ; pour cela, nous te remercions et te félicitons, bienvenue dans la famille !
Tu peux dès à présent poster dans l'intégralité du forum, y compris le flood et les jeux.

TOUTEFOIS
Pour bien continuer ton aventure parmi nous, il te faudra créer un carnet de relation ( ICI ) et pourquoi pas un répertoire de RP ( ICI ) . Surtout n'oublie pas d'aller réserver ton avatar ( ICI ). Si ton personnage a des parents tirés de la saga, il te faudra aussi remplir un formulaire ( ICI ). Si tu as la moindre question, n'hésite pas à contacter un membre du staff, ils sont là pour ça ! & Histoire de t'en sortir dans les bruits de couloir, n'hésite pas à consulter régulièrement la gazette qui se trouve ici ICI


Bonne chance à toi
Jeune Serpentard


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you are my downfall, you're my muse
my worst distraction, my rhythm, my blues.
I pray — remember me. Through winter's fall and winter's gain, I'll keep your memory. The fire cannot burn you out, the cold shan't see you stilled. If you should ever think to doubt — My love, I will not yield.

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MessageSujet: Re: (ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.   Mar 10 Déc - 15:41

PLANQUEZ-VOUS, PRIDZAZËLLE DÉBAARQUE.  )
j'te retourne le compliment. et je souligne l'efficacité, hein.

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(ad) i can’t drown my demons, they know how to swim.

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