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 ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing

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MessageSujet: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Sam 27 Avr - 18:37




† Don't say I'm better off dead, cause heaven's full and hell won't have me. Won't you make some room in your bed ? Well you could lock me up in your heart, and throw away the key. Won't you take me out of my head ?

Simple. Rapide. Efficace.

Il fallait à tout prix qu’elle se dépêche, bien trop fière pour se faire attraper ici. Au beau milieu du dortoir des garçons de 7ème année de Serpentard, des fringues plein les mains, Alesya redoutait que quelqu’un en vienne à franchir la porte et ne la découvre ici. Ils se trouvaient tous plus loin pourtant, elle n’avait rien à craindre. Ils venaient de gagner un match de Quidditch et une fête battait son plein dans la salle commune, évidemment, comment aurait-il pu en être autrement. La jeune batteuse aurait sûrement dû s’y trouver, au cœur de cette célébration, puisqu’elle avait participé au jeu, aidant sa maison à accéder à la victoire mais clairement, elle n’avait pas le cœur à ça. Hagarde, trop vive, elle se retrouvait à retourner les possessions de son frère à la recherche un sweat-shirt en particulier sur lequel elle n’arrivait pas à mettre la main. Ce n’était pas sorcier : trouver le pull, l’attraper, se barrer et s’en servir en guise de pyjama, tout plutôt que de devoir l’affronter, lui parler… tout, également, plutôt que d’affronter seule une nuit glacée et bien trop longue pour son esprit tourmenté.

Tirant fort, elle parvint à débloquer un tiroir mais se cogna le bras au passage, un rictus tordant alors ses lèvres. Bordel de merde. Elle était couverte de bleus, à vouloir jouer les orgueilleuses face à Vlad. Elle était couverte d’hématomes, de traces lui rappelant qu’elle avait beau avoir une grande gueule, qu’elle avait beau avoir voulu sauver sa peau en épousant Ezechiel en secret, elle n’était rien de plus qu’un pantin, qu’une marionnette que le Karkaroff briserait jusqu’à être satisfait du résultat. Elle aurait pu en parler à Rohàn, elle aurait pu lui dire, chercher refuge entre ses bras et enfin s’y blottir, le temps de retrouver la force d’affronter tout ça mais cela lui semblait insurmontable. Ils s’étaient perdus, ils s’étaient éloignés depuis trop longtemps et le gamin qui avait pris des coups, pendant des années, à la place de sa précieuse petite sœur n’était plus vraiment là. C’était la même odeur, pourtant, les mêmes affaires qu’elle lui avait si souvent piqué mais lorsqu’elle le regardait, de loin, elle ne reconnaissait plus son ainé. Peut-être était-elle celle qui avait le plus changé mais le résultat, au fond, était le même. Les Lestrange n’étaient plus un front uni et elle ne savait rien de ce qu’il se passait dans la vie de son frère. Alors qu’elle fouillait, elle se demanda si elle n’était pas sur le point de trouver des affaires appartenant à Ange, foutue blonde à laquelle il était fiancé car certainement, Rohàn n’allait pas laisser passer une occasion de passer son ennui, de trouver un peu de chaleur près de quelqu’un. Elle eut un léger haut le cœur alors qu’une image s’imposait à elle et elle retourna plus vivement l’intérieur du tiroir, bougeant les fringues et passant au suivant lorsqu’elle réalisa qu’il ne contenait pas ce qu’elle cherchait depuis maintenant cinq minutes.

Elle s’était faufilée là en espérant être seule et elle profitait du peu de liberté que lui offrait cette célébration très Serpentard. Tous s’amusaient à hurler en sautant sur les canapés et elle, elle ne rêvait que de trouver un gros pull trois fois trop grand pour elle, l’enfiler et aller se coucher. Elle était faible et détestait ça, elle se sentait fragile, vulnérable, comme si son corps ne voulait plus suivre, comme si le sang ne faisait plus le tour complètement, se retrouvant bloqué dans ses veines par les atteintes du Karkaroff. Elle titubait à moitié et alors qu’elle se retournait, passant de la commode à la penderie et jetant toutes les affaires de Rohàn sur son lit désert, elle réalisa à quel point ces souffles pouvaient être saccadés. La beauté d’une crise d’angoisse débarquant sans raison pendant qu’elle s’agaçait contre un cintre, sentant les larmes monter à ses yeux. Elle ne pouvait pas être faible, elle n’avait plus douze ans et elle n’avait pas à courir vers l’ainé des Lestrange de la sorte… Jurant violemment, elle tira sur une chemise sombre qu’elle avait confondue avec l’objet de ses recherches et la jeta en direction de la porte, derrière elle, sans même regarder. Dans le fracas des cintres en métal contre la tringle, elle n’entendit pas les gonds qui pourtant grinçaient fort, indiquant une présence… Non, déjà son regard s’était porté sur une boite noire posée sur l’étagère la plus haute du placard et sa main se ferma sur le couvercle pour l’attirer, se demandant ce qu’il pouvait bien cacher.

Bien souvent, elle oubliait que son frère pouvait avoir des secrets. Envers le reste du monde et même envers elle.

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† and the snakes start to sing

I'll seek you out, flay you alive... One more word and you won't survive. And I'm not scared of your stolen power, I see right through you any hour. I won't soothe your pain, I won't ease your strain, you'll be waiting in vain... I got nothing for you to gain .

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Jeu 2 Mai - 20:53



La fête battait son plein mais Rohàn n'était pas le premier debout sur les tables à danser. Outre que c'était totalement indigne de son rang que de se trémousser en public sur une musique rock, il y avait aussi ce petit problème d'avoir l'air plus que gay quand il dansait. Le seul qui lui avait fait une réflexion plus jeune, lui faisant remarquer qu'il bougeait comme une « chienne en chaleur » avait passé trois jours à l'infirmerie sous l'effet d'un sort très bien placé. Le Lestrange ne laissait pas souvent les mots l'atteindre, mais quand ils arrivaient à s'incruster sous sa carapace, ils y restaient pour longtemps, et l'empéchait de se lâcher. Mais la raison principale de son manque d'intérêt à la fète était tout simplement qu'il n'avait rien à foutre de cette victoire au Quidditch. Oh certes, très bien, ils allaient gagner la coupe et cela lui ferait plaisir de se moquer des poufsouffles, mais franchement ? Il avait mieux à faire que de se préoccuper d'une pauvre coupe scolaire. Les missions, l'Ombre, son futur mariage qui se rapprochait... et Charles. Franchement, à coté de ça, cette victoire au Quidditch, c'était d'un intérêt équivalent à son premier biberon ; il n'en avait rien à battre.
Resté assis un moment dans un fauteuil, sirotant un verre de whisky pur feu en souriant aux actions des autres adolescents, les regardant perdre toute contenance et danser comme des maniaques sous acides, il faisait bonne figure pour qu'on ne lui cherche pas d'ennuis, et que personne ne puisse lui reprocher son manque d'enthousiasme. Cependant, il avait l'impression qu'il avait fait sa bonne action, et quand une cinquième année s'approcha de lui, totalement éméchée, la bouche en cœur et le décolleté très accessible, il décida qu'une retraite dans son dortoir serait de bonne augure. Il n'avait aucune envie de se prendre un frère protecteur ou un père dans la tête parce qu'il avait « abusé » de leur gentille sœur/fille innocente.
La repoussant sans vraiment le cacher, sachant pertinemment qu'elle ne se souviendrait de rien au réveil, ou que l'humiliation la ferait se la fermer, le jeune homme vida son verre et navigua entre les élèves pour rejoindre le couloir donnant sur les dortoirs, déjà bien plus calme et frais que la salle commune. Desserrant déjà sa cravate avec un soupir, prenant son temps, il ouvrit la porte pour tomber sur un spectacle bien particulier, qui le laissa quelques secondes en suspens.
S'il s'était attendu à ce que d'autres septièmes années soient là, c'était parce qu'ils auraient pu ramener de la compagnie pour passer la soirée, pour se coucher tôt ou s'isoler, comme lui, du bruit, mais il ne s'était certainement pas attendu à trouver sa sœur dans son dortoir, en train de vider apparemment tous ses placards, vu le bazar. Que cherchait-elle ? Était-elle en train de lui faire une nouvelle crasse, la dernière d'une longue série, à tel point qu'il ne les comptaient plus ?
S'approchant en silence, n'en revenant pas qu'elle ne l'ait pas encore entendu marcher, il la suivit des yeux, remarquant avec facilité malgré leur rupture depuis la rentrée la nervosité dont elle était empreinte. Ses mouvements vacillants, ses épaules tendues, ses cheveux mal coiffés et son visage qu'il apercevait, couvert d'une sorte de... désespoir ? Peut-être pas à ce point, mais on y était presque. Contrarié par sa présence, mais aussi de la voir comme ça, il allait l'alpaguer pour qu'elle lui explique ce qu'elle foutait là quand elle se hissa sur la pointe des pieds vers une boite bien connue du jeune homme, ce qui accéléra son mouvement.

Sa main se referma sur le poignet de sa sœur, la déstabilisant pour l'amener contre son torse, loin de la boite, loin de ses secrets. Son cœur battait soudainement de toutes ses forces, animé par la peur qui l'avait pris aux tripes à la pensée qu'elle puisse voir ça, et ce cocktail lié à l'alcool le faisait se montrer plus violent qu'à l'habitude, rendant son étreinte douloureuse pour elle. « Curiosity killed the cat, little sister. » Si sa voix ne reflétait pas encore sa colère, elle n'était pas non plus des plus agréables à entendre. Refermant le placard d'un claquement de baguette magique, pour pousser ensuite Alesya sur son lit, au milieu de ses affaires en chiffon, il prit un air plus sauvage, ressemblant sans le vouloir à leur père dans une de ses crises de colère. « Tu m'expliques ce que tu fous dans mon dortoir, à fouiner dans mes affaires ? »
La pénombre ne jouait pas forcément en la faveur du jeune homme, car elle lui cachait les preuves du désarroi de sa sœur, mais il n'était pas sur de vouloir se prendre en plein jour l'air furieux et froid qu'elle ne manquerait pas de prendre avec lui. Au moins, dans le noir, il pouvait prétendre que ce n'était pas sa sœur qui brisait son intimité, pas sa petite sœur qui jetait ses affaires au sol. Pas sa petite sœur qui le traitait comme un sang de bourbe depuis un an.

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now i'm haunted.
Stood there and watched you walk away from everything we had but I still mean every word I said to you. Something's made your eyes go cold. Come on, come on, don't leave me like this. I thought I had you figured out. Something's gone terribly wrong, you're all I wanted. @ ALASKA.
   
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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Mer 15 Mai - 22:30

Un peu plus haut. Un tout petit peu, quelques centimètres, rien de plus. Appuyée en avant contre l’étagère qui barrait le quart supérieur de la penderie, sur la pointe des pieds, la petite brune tendait le bras comme on cherche à attraper une main là pour nous sauver. La boite juste devant elle semblait briller, peut-être se faisait-elle des idées mais elle avait envie de la fouiller, de la vider, d’en retourner le contenu pour se rapprocher de son frère, des secrets qu’il avait dû accumuler depuis l’été, depuis qu’elle ne lui parlait plus et lui refusait une place dans sa vie. Rohàn était devenu un étranger mais ses cachoteries étaient partout, dans cette pièce, mêlées à celles des autres garçons du dortoir. Elle n’avait qu’à se servir, qu’à tendre la main pour découvrir qui il était devenu et ce sans avoir à lui parler, ce qui l’arrangeait. Des mois plus tard, elle lui en voulait encore de l’avoir abandonné, s’éloignant encore plus pour le punir et avoir l’impression de contrôler.

Elle allait fermer ses doigts autours de la boite lorsqu’une prise efficace et brutale se fit sentir autours de son poignet. Bientôt, son bras se tordit et alors qu’un parfum familier montait à ses narines, trop familier pour ne provenir que des fringues de son frère, elle se retrouva contre le torse de ce dernier. Il forçait, pour la tenir, pour signifier qu’il l’avait surpris et qu’il était hors de question qu’elle fouille dans ses affaires. Il lui faisait mal mais clairement, il n’en avait que faire. L’espace d’un instant, elle eut un flashback détestable qu’un commentaire narquois vint bien vite chasser. « Curiosity killed the cat, little sister. » déclara-t-il, la regardant un instant, dans la pénombre de cette chambre trop masculine. Elle était bien plus petite que lui, elle l’avait toujours été et alors que l’air sardonique disparaissait, elle dû faire face à nouveau à l’image qui s’était imposée quelques instants plus tôt, fugace. Elle était plus petite que lui, petite sœur, petite chose qui se retrouvait prostrée dans les escaliers de la demeure familiale, son visage poupin pressé contre les barreaux, sans un souffle, sans un bruit, à observer le théâtre des horreurs qui se déroulait à Huis Clos en contre-bas. Sa mère, coincée dans un angle, le regard fuyant, et puis Rohàn et Rabastan au milieu du corridor, à s’affronter sur le carrelage tâché par le temps, le jeune garçon encaissant les coups habiles d’un paternel peu d’accord avec ce caractère. Elle n’avait jamais su détourner le regard et elle en payait chaque jour les conséquences, surtout lorsque le visage de son ainé s’assombrissait d’un coup.

Assise sur le lit, là sans l’avoir réalisé, elle ne pouvait deviner que certains de ses traits, le reste de son visage se retrouvant mangé par les ténèbres. La colère émanait de lui pourtant, tuant son humanité, cette force dans laquelle elle s’était toujours réfugiée. Elle n’avait jamais su détourner le regard et dans cet instant, elle n’en était pas non plus capable, pas même lorsqu’elle aurait pu jurer avoir leur père face à elle. Plus Rohàn, non, plus le même. Un Lestrange brutal, prêt à s’abattre sur sa progéniture pour la recadrer. Elle le méritait surement. Cela n’empêchait pas sa chair de se détacher de sa peau sous le coup de l’angoisse.

Elle sera les mains alors que la voix résonnait à nouveau, grondant comme un orage cette fois. « Tu m'expliques ce que tu fous dans mon dortoir, à fouiner dans mes affaires ? ». Elle détestait se retrouver ainsi face à son frère, petite et fébrile. Elle était plus qu’une simple enfant et il avait perdu le droit de la traiter ainsi en promettant de s’unir à cette garce qu’Alesya abhorrait tant. Les doigts tordus à s’en faire mal, fichés dans les plis des couvertures sombres qui couvraient le lit, elle se fit violence pour se tenir un peu plus droite cependant, arrogante, refusant ce statut d’enfant mise au piquet, sermonnée. Dans la foulée, elle trouva de quoi se lever, remerciant la pénombre de dissimuler ses jambes soudain mal assurée, surement par l’idée de la surprise. Lorgnant par-dessus l’épaule de son frère, elle observa la boite un instant. Non, elle n’était pas là pour ça. Et puis même, elle ne lui ferait pas le plaisir d’admettre une faiblesse, il en connaissait bien assez à son sujet. Effrontée, elle fit alors deux pas en avant, croisant ses bras d’un air farouche et venant se planter devant ce garçon devenu étranger depuis quelques temps. Elle dardait sur lui un regard encore plus sombre que la pièce, pourtant ce fut un ton presque nasillard qui l’anima lorsqu’elle déclara, faussement nonchalante : « J’ai besoin d’effet personnel pour quelques sorts, non pas que tu puisses comprendre puisqu’il s’agit là d’un peu plus subtil que ce dont tu es capable. »

Rabaisser Rohàn, tenter du moins, était surement idiot mais elle ne savait plus rien faire d’autre. C’était après tout la seule façon qu’elle avait de lui parler depuis le début de l’année. Via confrontations, insultes, menaces… Ajustant sa mise, elle sera un peu mieux ses bras autours de son buste fin, défiante, refusant de montrer qu’il avait appuyé sur des blessures relativement neuves et particulièrement douloureuses. Des bleus, des plaies, une brulure… Il n’en savait rien, les choses devaient rester comme telles. Il n’en savait rien, rien du tout, il ne savait pas que Karkaroff était un monstre, pas plus qu’il savait que sa petite sœur s’était déjà mariée, qu’elle complotait contre lui… La boite à secret sembla plus importante, soudain, car elle devait en ignorer autant à son sujet. Il aurait suffi d’un geste, d’un sourire… les mots qui sortirent, pourtant, furent amers et désagréables : « et toi, qu’est-ce-que tu fous là ? t’as pas une blondasse de nerdaigle à engrosser, ou que sais-je encore... »

Dédaigneuse, comme à chaque fois qu’elle lui balançait quelque chose à propose de ce mariage à venir. A force, peut-être allait-il saisir le message, n’est-ce-pas ?

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† and the snakes start to sing

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Mer 22 Mai - 16:24

L'alcool avait amoindri sa vigilance, l'avait rendu furieux bien plus vite qu'à son habitude. Ce n'était plus Alesya qui lui faisait face mais une menace, une menace sans nom ni visage qu'il fallait éliminer pour protéger sa vie. Sa sœur n'avait pas à fouiller, pas à fouiner dans ses affaires, pas à s'introduire dans son dortoir, est ce qu'il faisait la même chose, lui ? Non, s'il avait quelque chose à lui demander, il s'arrangeait pour trouver une personne pour lui transmettre le message, ou il lui parlait, selon les jours, et l'humeur du moment. Ses battements de cœur s'étaient accélérés et Rohàn n'arrivait pas à les faire redescendre, restant sensible à tout mouvement brusque, n'ayant pas de pitié pour la façon dont elle le regardait. Voyait-elle un monstre ou leur père, il s'en foutait, si cela pouvait lui apprendre à ne plus jamais recommencer.
Son excuse était bidon, il le sentait sans avoir besoin d'y réfléchir à deux fois ; pourquoi aurait-elle besoin d'effets personnels à lui ? Même si elle avait certainement raison en ce qui concernait son niveau de connaissances, il restait un sang pur, et il ne pouvait pas nommer de rituel magique nécessitant ses affaires qui ne soit pas dangereux pour lui. Comme s'il allait la laisser faire un rituel vaudou ou une bêtise du genre, mais bien sur ! Et quand bien même il n'aurait pas su cela, il restait son frère, et repérer ses mensonges, c'était sa spécialité. Cela ne voulait pas dire qu'il arrivait à savoir ce qu'elle avait vraiment en tête ou qu'il la grillait à chaque fois, non, mais elle n'était pas sur ce coup très fine dans ses paroles. Ni ses actions. À vrai dire, tout son comportement s'aggravait de minute en minute, le rendant plus soupçonneux encore, hésitant à profiter de cette faiblesse apparente en bon serpentard.
« Je m'en cogne, tu rêves si tu crois que je vais te filer mes affaires, si t'as besoin de trucs persos, tu demandes ou tu prends chez toi. »
Il n'était pas agréable, pas conciliateur, voir même franchement brutal, mais ce qu'il avait bu l'avait plongé dans une certaine euphorie qui s'était mélangé au stress, le faisant passer par deux extrêmes, et le laissant un peu sur les nerfs. Il avait envie de la secouer encore pour qu'elle arrête de mentir et qu'elle lui dise réellement ce qu'elle voulait, mais faire cracher la vérité à Alesya était long, difficile, voir quasiment impossible.

Tapotant sa lampe de chevet pour qu'elle s'allume et qu'il n'ai plus à se briser les yeux pour la voir, il l'écouta s'en prendre à Ange sans broncher, lâchant un simple soupir énervé. Forcément, elle ramenait encore le sujet à ça. C'était toujours la même rengaine, Ange ceci, va te taper ta fiancée, c'est une abrutie, etc etc. Il le savait, pas besoin de le lui répéter tous les jours, il ne risquait pas d'oublier à qui il était promis ni ce qu'il devrait faire en sortant de Poudlard. Cependant si Alesya croyait le faire sortir de ses gonds en lui en parlant, elle se trompait lourdement, parce qu'il était désormais plus blasé par la chose qu'énervé. Sa « nerdaigle » et lui avaient mis les choses plus ou moins au clair en décembre, il avait même décidé de fermer les yeux sur ses galipettes avec Greyback pour une soirée, il avait relâché un peu – mais pas trop, faut pas pousser – la surveillance et la jalousie pour qu'elle ne lui fasse pas elle aussi de crises toutes les semaines, bref, il s'habituait à l'idée. Cela ne lui plaisait toujours pas mais il ne pouvait rien y faire, et il aurait aimé que sa sœur le soutienne, ou comprenne au moins que pleurnicher encore et encore n'y changerait rien.
S'installant sur son lit, jetant sa cravate défaite parmi les fringues qu'elle y avait éparpillé, il posa sa tête sur le bord en bois, se détendant un peu. Même si Alesya n'était pas vraiment sa meilleure alliée du moment, il n'avait pas à être sur ses gardes devant sa sœur.
« Je te rappelle que c'est mon dortoir, donc c'est un peu normal que j'y vienne, tu vois. Et non, je n'ai personne à engrosser, tu veux qu'Il m'étrangle parce que j'aurais pas pu me tenir jusqu'au mariage ? » Même si venant d'un homme qui avait trompé sa femme et se retrouvait avec un bâtard sur les bras, il l'aurait très mal pris, il n'avait pas envie de chercher les ennuis. « Mais puisque t'es là, autant qu'on discute un peu, non ? Si tu me disais la vérité, pour une fois. Pourquoi tu m'évites, pourquoi tu m'insulte dés que je m'approche, ou pourquoi tu fouilles dans mes affaires. J'ai toléré jusqu'à maintenant, mais je t'assure que ma patience a des limites. »

A vrai dire, il avait perdu patience depuis déjà très longtemps, mais n'avait jamais réussi à la coincer là, avec lui. Il voulait des réponses, des explications, et il pensait lui avoir laissé suffisamment de temps pour digérer la chose qui la génait à son propos. Et si elle faisait encore des caprices, ou refusait de répondre, Rohàn savait qu'il n'hésiterait pas à employer la force contre elle. Quitte à se détester après.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Sam 13 Juil - 17:55





what a shame we all remain such fragile broken things...


Elle le regarda alors qu’il s’installait, après avoir jeté un vague sort à la lampe la plus proche afin de diffuser une lumière tamisée dans cette chambre empestant le mâle joueur de Quidditch imbu de sa personne. Il ne semblait pas se méfier d’elle, s’appuyant nonchalamment contre le montant en bois de son lit, virant sa cravate comme si la présence d’Alesya ne transformait pas son repère en champ de mine. Elle, à moins d’un mètre, elle était assise droite, elle le fixait, ses yeux jetant des éclairs. Elle était mauvaise, elle voulait lui faire mal, elle voulait le frapper, le griffer, comme une gamine enragée, cette gosse paumée qu’il avait fait d’elle en prenant de la distance, en acceptant sans rechigner les fiançailles avec Ange, en grandissant sans lui laisser le temps de s’adapter. Au fond, elle n’avait pas été prête à perdre son frère, simplement, et ce poison rendait son sang noir. Si elle avait toujours été imbuvable, lui avait été épargné et les foudres qu’elle pouvait balancer n’avaient jamais été si virulentes que depuis qu’elle se sentait tomber… ouais, tomber, c’était le mot, une chute sans filet qui terrorisait une jeune femme qui pourtant n’avait pas peur du vide. Une chute sans fin donc chaque seconde était faite d’appréhension quant à l’atterrissage brutal. Oh, ce qu’elle redoutait le jour où elle réaliserait qu’elle l’avait totalement perdu, que ce n’était pas qu’une bouderie un peu trop longue, qu’ils ne faisaient pas que se fuir pour mieux se retrouvé une fois l’orage passé. En attendant, féline, prête à sortir les griffes, elle se tenait là et elle le regardait, dévisageant chaque parcelle de son être et voulant lui arracher des sursauts de douleur. Etait-ce là un réflexe familial ? Surement. Cela devait être dans les gênes que de briser les gens importants, que de les casser comme un enfant capricieux casse ses jouets « Je te rappelle que c'est mon dortoir, donc c'est un peu normal que j'y vienne, tu vois. Et non, je n'ai personne à engrosser, tu veux qu'Il m'étrangle parce que j'aurais pas pu me tenir jusqu'au mariage ? » L’espace d’une seconde, ce qu’il disait alla se joindre aux images qu’elle s’imposait déjà. Rabastan, penché sur son fils, baguette à la main, pendant qu’elle se retrouvait reléguée au rôle de potiche, à l’instar du modèle maternel, devant attendre dans un coin et ne pouvant rien faire. Perdue dans cette colère qu’elle laissait décanter depuis des mois à présent, elle se demanda si, le cas échéant, elle tenterait à vrai dire de faire quoi que ce soit pour l’aider maintenant qu’ils se déchiraient. Il avait beau être calme, encore, ce n’était pas son frère qu’elle avait en face d’elle. Ce n’était pas son frère, parce qu’elle ne lui laissait pas le droit de se comporter comme tel, parce qu’elle n’agissait pas comme la petite sœur chiante mais un peu naïve qu’elle avait toujours été avec lui. Non, à la place elle s’acharnait à lui servir le numéro de la garce glaciale, ce même masque qu’elle présentait au reste de l’école, s’y attelant avec acharnement. « Mais puisque t'es là, autant qu'on discute un peu, non ? Si tu me disais la vérité, pour une fois. Pourquoi tu m'évites, pourquoi tu m'insulte dès que je m'approche, ou pourquoi tu fouilles dans mes affaires. J'ai toléré jusqu'à maintenant, mais je t'assure que ma patience a des limites. » Et il avait donc noté, qu’elle le fuyait systématiquement. Certes, c’était évident, mais elle s’était demandée s’il n’était pas trop occupé pour le remarquer tant les semaines s’étaient écoulées sans qu’ils ne se parlent, sans qu’ils ne se croisent vraiment.

Tendant sa nuque, elle tourna la tête pour regarder droit devant elle, laissant un sursaut de rire sardonique la secouer brièvement. « Cute. » souffla-t-elle face aux menaces du jeune homme, qu’elle considérait comme vide. Elle ne comptait pas avouer ce qu’elle faisait là, mais elle savait très bien qu’il finirait par la pousser à bout, la forçant pratiquement à hurler la véritable raison de sa présence, aussi devait-elle être efficace et trouver une excuse quelconque. N’importe quoi. « J’ai des fringues qui ont disparu » commença-t-elle, mentant effrontément. « Je venais voir si tu ne m’avais pas volé des trucs pour habiller ta blondasse quand elle vient passer la nuit ici… » elle fronça le nez à l’idée d’Ange dans ce dortoir… La présence de Loki dans les parages, puisque le lit du Greyback était un peu plus loin, devait rendre les choses particulièrement compliquées. Un sourire carnassier plus tard, elle demanda alors : « D’ailleurs, ça ne dérange pas Loki, qu’elle vienne ici ? » parce qu’Alesya était persuadée qu’Ange ne se gênait pas. Pourquoi l’aurait-elle fait après tout. Rohàn était un bon parti, sang-pur séduisant, le genre qu’on admire facilement. Elle aurait eu tort de faire sa difficile, quand bien même elle se disait, aux dernières nouvelles, attachée au prédateur qu’Alesya avait commissionné pour lui faire perdre toute valeur au sein d’un mariage arrangé. Restait juste à savoir ce que Rohàn savait de toute cette histoire… en espérant que cela se limite à la blonde faisant les yeux doux au loup et qu’il ignore tout du sombre marché ayant provoqué ça, évidemment.

Quoi que non. Elle s’en foutait. Il pouvait savoir. « Au fond, il doit s’en moquer, j’ai donné de ma personne pour qu’il s’intéresse à elle, je doute qu’il ait du mal à partager, en revanche, une mariée sans innocence, ça n’a plus d’intérêt pour père, je crois… » annonça-t-elle avec un sourire mauvais. Elle présentait ça comme si elle lui faisait là une faveur, le libérant d’un calvaire, quand en réalité, elle ne s’amusait qu’à lui tirer dans les pattes. C’était un mélange étrange qu’elle lui servait. A mi-chemin entre une cruauté évidente et une façon de le protéger tordue, elle jonglait difficilement et bien vite, elle se renfrogna. L’instant d’après, elle avait basculé en arrière, se laissant tomber sur les affaires froissées de son frère, ses boucles brunes formant un halo bien peu à propos autours de sa tête. L’idée du pull tombait à l’eau, elle devrait revenir.

Elle tourna la tête, au bout d’un moment, tendant une main et jouant du bout des doigts avec un fil qui dépassait de la couture latérale du pantalon de son frère, au niveau de son genou. « Si j’te manque, tu sais où me trouver, en plus. Peut-être que je ne t’évite pas, peut-être que t’es juste en train d’assumer le fait que t’es un connard de grand frère indigne trop occupé pour m’inclure dans ta vie, non pas que j’attendais autre chose de ta part… » siffla-t-elle finalement, perfide mais étrangement tranquille, son dos lâche mais sa mâchoire crispée. Dans sa voix tonnaient mille orages menaçant, trahison à cerner quant à ce qu’elle pouvait lui reprocher. Ils n’avaient que l’autre, au final. Quand les tempêtes s’abattraient, quand le temps s’égrainerait, ils n’auraient plus personne et ça, Rohàn semblait l’avoir oublié, du moins c’était l’impression qu’elle avait. Jamais n’aurait-elle pensé être capable de le haïr comme ça, de lui cacher tant de chose, mais jamais n’aurait-elle imaginé qu’il allait la laisser ainsi en plan. C’était normal, elle manquait de recul mais ça n’avait pas d’importance. Il n’y aurait dû y avoir qu’elle, dans les priorités du jeune homme, de la même façon qu’elle se retrouvait à partiellement foutre sa vie en l’air tout ça pour lui faire payer de ne pas être aussi stupide que sa chère petite sœur.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Lun 29 Juil - 13:36

S'allonger n'avait pas été une bonne idée. Son corps avait reconnu les formes de son lit, l'odeur de sa chambre et en retirait une espèce de signal de sécurité, qui associé à l'alcool le plongeait dans une quasi torpeur qu'il devait combattre. Il avait envie de dormir, de fermer les yeux et d'imaginer que sa sœur n'était pas là, qu'il n'avait pas cette conversation avec elle, qu'elle n'avait pas tenté de lui arracher ses plus noirs secrets, mais il ne pouvait pas. La boite était toujours là, la menace aussi, et il avait besoin de réponses. Ses traits toutefois reflétaient un peu plus de vulnérabilité qu'il ne se serait jamais permis en extérieur, la lumière de sa lampe de chevet accentuant les ombres sous ses paupières, faisant ressortir le creusement étrange de ses joues. Il n'était pas anorexique, il n'était pas suicidaire, il vivait juste en permanence avec un niveau de stress élevé qui le minait.

Alesya était trop droite, trop immobile, et il ne savait pas quoi faire pour la tirer de cet état. Il ne savait plus quoi faire avec elle, de toute façon, la considérer comme une étrangère, pleurer la mort de sa véritable sœur, tenter de chercher en elle les traces de leur enfance... il ne savait pas s'il arriverait même à la revoir comme il l'avait – sans doute – idéalisé. Elle n'était plus que cette femme sur le qui-vive, prête à lui sauter à la gorge, prête à le blesser, pour des paroles qu'il avait prononcé. Cette fille qui mentait pour se protéger et qui pensait surement qu'il allait la croire, alors qu'elle riait comme une hystérique au bord de la rupture. Si elle pensait qu'il goberait son histoire de fringues volées, elle se foutait le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Mais elle n'était pas idiote, en temps normal, et cela voulait dire qu'elle cherchait à gagner du temps, pour qu'il oublie son objectif, pour qu'elle puisse s'enfuir sans répondre. Mais cela ne marcherait pas, pas cette fois, plus jamais. Il en avait marre d'être seul, d'être lâché par tous ses potes, un à un, comme par miracle, et il ne savait pas si tout était lié ou si c'était juste l'âge pour les trahisons, mais il n'avait pas l'intention de laisser Alesya le trahir à son tour. C'était pourtant trop tard pour ça, mais le Lestrange n'était au courant de rien, et il ne valait mieux pas.
L'idée qu'il fasse venir Ange dans son dortoir était tellement incongrue qu'il fit une grimace. Lui faire porter les fringues de sa sœur aurait été glauque, de surcroit, et il n'avait pas envie de penser à sa fiancée, pas ici, pas comme ça. Il ne comprenait pas l'acharnement qu'elle mettait à lui renvoyer son mariage à la figure toutes les minutes, ni pourquoi il fallait qu'elle lui mente, mais il manqua bien vite oublier ce qu'il cherchait à obtenir quand elle mentionna le nom de Loki. Elle cherchait réellement à lui faire péter les plombs et à tout étaler à la lumière, n'est ce pas ? Comme s'il ne se sentait pas déjà assez humilié d'être cocufié par sa fiancée, d'être là pour la décoration pendant qu'Ange se tapait son Greyback, quasi ouvertement. Chaque fois qu'il croisait son camarade, il avait envie de lui mettre son poing dans la figure, de le faire saigner et de lui faire comprendre qu'il y avait des lignes à respecter, que Ange n'était plus son jouet mais le sien. Mais il ne faisait rien, il fermait les yeux comme un faible, tout ça pour éviter un scandale, tout ça pour que la serdaigle ne lui pourrisse pas la vie.

Mais tout ça, il avait appris à vivre avec, à l'oublier. Pas les mots qui passèrent ensuite les lèvres d'Alesya. Ceux là tonnaient comme une trahison, une vraie, comme une déclaration pour le torturer, un coup de tonnerre qui le laissa sans réaction, presque vide, ne réussissant pas à réfléchir. C'était la faute de sa sœur. C'était elle, qui avait transformé ces fiançailles déjà difficiles en un cauchemar dont il n'arrivait pas à se sortir, c'était elle qui avait détruit le seul espoir d'une famille qu'il s'était permis d'imaginer. Tout ça pour quoi, pour se venger, pour qu'il n'épouse pas la serdaigle ? Il n'avait pas le choix, il n'avait plus le choix. Il ne pouvait pas se permettre de faire le difficile, pas alors qu'il avait déjà tout concédé, pas s'il voulait garder secret tout ce qui le rongeait. Rompre les fiançailles n'était pas une option, mais Alesya semblait s'en foutre. Elle était prète à se laisser passer sur le corps pour le faire souffrir, elle était prête à oublier sa dignité pour que lui n'en ait plus. C'était un jeu idiot et dangereux auquel elle prenait part, car elle avait oublié une donnée importante ; tout ce qu'elle se faisait subir était déjà douloureux pour lui. C'était dans sa nature, c'était ça, être le grand frère, s'inquiéter jusqu'à la crise, se ronger les ongles, se réveiller en sueur le matin, un nom sur ses lèvres, l'image fugitive d'un cauchemar dans les yeux. C'était souffrir à travers elle, pour elle, et par elle. Il ne voulait pas l'imaginer avec Greyback, il ne voulait pas penser à toutes les ramifications possibles de cet aveu, tout le champ de révélations qui témoignaient de la toile qu'elle avait tissé pour le piéger. Il préfèrait rester aveugle et croire encore en elle, un peu, que de tout perdre dés maintenant.

Il ne savait même pas quoi dire, même pas quoi faire, à part la regarder, allongée sur son lit, sans pouvoir empécher la remontée des souvenirs d'enfance, elle sur son lit, chez eux, parlant de sa petite voix de fillette de leur cousin, de choses sans importance, et lui simplement là pour lui servir d'audience attentive. Il n'avait pas besoin de parler, elle le faisait pour lui, elle lui reprochait tout et il ne pouvait pas répondre. Pour dire quoi ? Qu'il ne l'évitait pas, qu'elle cherchait à le détruire ? Elle le savait déjà, elle ne faisait que rejeter la faute sur lui, sans doute pour sauver le peu de conscience qui lui restait. C'était plus simple de faire de lui son bouc émissaire que d'admettre ses propres fautes, après tout.
Après ce qui lui sembla une éternité, il bougea enfin, doucement, sans violence et sans éclat. Rohàn n'avait pas la force de s'énerver, pas celle de l'engueuler ou de la frapper pour ce qu'il vivait, pas la force de faire briller la peur dans ses yeux. Il aurait voulu pouvoir effacer la trace de Loki de son corps, mais il n'irait jamais jusqu'à coucher avec sa sœur, et il ne pouvait qu'espérer oublier. Tirant sur son bras, il la ramena contre lui, allongée sur son torse, pour pouvoir la regarder dans les yeux et savoir qu'elle était réelle, pas un fantôme venu pour le hanter.
« Qu'est ce que tu voudrais de moi, Alesya ? Qu'est ce que je pourrais encore t'apporter, maintenant ? Tu m'as montré milles fois que je n'étais qu'un fardeau dans ta vie, le frère idiot qui te faisait honte, l'imbécile à évincer, la personne à rabaisser. Tu me remplaces par tous les substituts possibles, tu m'arraches tout ce que j'ai, tu voles mes affaires... Tu veux m'effacer, et en même temps tu veux me faire souffrir. Et tu sais quoi ? Tu as réussi. »

A quoi bon cacher que tout ce qu'elle lui faisait ne le laissait pas insensible ? Il n'était pas sans cœur, ni émotions, il était capable de ressentir des choses, et là, il avait l'impression de vivre un enfer. Mais elle devait s'en douter, qu'il était capable de ressentir la douleur, parce que le manoir était imprégné de ses hurlements et de son sang.

« Ca t'apporte quoi, tout ça, hein ? Maintenant, voilà, tu le sais, tu m'as pourri la vie, tu as atteint ton objectif. C'est quoi la suite, me tuer ? Ca t'apportera la paix, enfin ? Tu as besoin de quoi, une déclaration publique d'humiliation, mes pleurs, mon sang.... Tu redeviendras ma sœur, si je meure ?   »

Il ne blaguait pas, en parlant de ça. Il pouvait vivre sans Alesya, certes, mais est ce que ca en valait la peine ? Si Alesya ne voulait plus de lui, alors tout ce qu'il avait vécu n'avait plus de sens, et il n'avait plus d'avenir.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Ven 20 Sep - 19:10





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Elle se retrouva dans ses bras, lovée contre lui. C’était une manie étrange qu’ils avaient là, celle de choisir de ne pas s’énerver. Alesya avait toujours su que dans les pires moments, elle se trouvait incapable de montrer réellement sa colère. Elle avait toujours su que ses éclats, ses scandales, ne signifiait pas grand-chose, dans le fond. Comme ces gens pleurant pour des idioties et restant de marbre face aux vrais tragédies, elle était calme, presque tranquille et son frère le lui rendait bien alors qu’elle venait de s’insulter brutalement. Elle aurait pu croire, à vrai dire, qu’il n’en avait rien à foutre tant il s’avérait… immobile, dans cet instant. Quelque part, elle aurait préféré qu’il hurle, la pousse, la fasse tomber de son lit, la chasse de là à coup de pieds et lui ordonne de ne plus jamais lui parler, si elle était si peu satisfaite de lui. A la place, elle était entre ses bras, enveloppée dans une odeur familière et une chaleur rassurante, attendant patiemment le moment où tout vrillerait brutalement, car c’était inévitable.

Elle n’avait plus l’impression de le connaître. Elle s’était surement trop éloignée, assez pour s’imaginer, au final, que lui et Rabastan n’étaient qu’une seule et même personne réagissant toujours de la même façon. Déglutissant et ayant l’impression d’avaler de l’acide, elle chassa l’image d’un Rohàn devenu adulte frappant sur la gamine qu’elle était restée. Elle devait être forte, solide, garder la tête froide. Il lui manquait, à en crever, mais elle ne pouvait pas se permettre de ramper devant lui, elle avait déjà bien trop de mal à ne pas baisser la tête constamment, résultat d’une éducation violente dans un monde machiste. Alesya n’aurait jamais dû avoir le droit de chercher à s’imposer. Dans le doute, elle avait pris le gauche, se mettant tout le monde à dos en étant persuadé qu’ils allaient la retenir d’avancer, de faire de grandes choses, Rohàn le premier. Sa jalousie, sa paranoïa, sa détresse l’avait tellement obsédée qu’au final, elle était plus seule que jamais, là, contre lui. Plus loin de lui qu’elle ne l’avait jamais été, aussi, alors qu’elle pouvait pourtant compter chacun de ses battements de cœur, qu’elle pouvait aspirer ses soupirs si elle relevait la tête ne serait-ce qu’un peu, assez pour le regarder.

Lorsqu’il se mit à parler, elle se mit à trembler. C’était plus ses mots que le simple fait qu’elle était allongée contre lui qui créait la réaction, mais elle savait qu’elle s’en défendrait s’il le remarquait, le notait. Dans le doute, elle l’écouta avec une certaine attention, ses dents se serrant au fur et à mesure : « Qu'est ce que tu voudrais de moi, Alesya ? Qu'est ce que je pourrais encore t'apporter, maintenant ? » Elle inspira profondément, alors qu’une lame lui transperçait la gorge. Pour un peu, elle aurait pu sentir le sang couler le long de son cou, sur sa peau, allant tacher chaque centimètre carré de son chemisier blanc. Ca allait faire mal, elle pouvait le prédire et dès lors, des mots se mirent à butter contre ses dents, comme bloqués par une barrière invisible, impossible à faire sortir : « Tu m'as montré milles fois que je n'étais qu'un fardeau dans ta vie, le frère idiot qui te faisait honte, l'imbécile à évincer, la personne à rabaisser. » Son frère, son modèle, son repère, son héros, son autre moitié, son point de chute. Silence. «  Tu me remplaces par tous les substituts possibles, tu m'arraches tout ce que j'ai, tu voles mes affaires... » Des pales copies de lui, de eux, fades, pas à la hauteur surement, rien du tout au final, rien que des illusions. Silence. «  Tu veux m'effacer, et en même temps tu veux me faire souffrir. Et tu sais quoi ? Tu as réussi. » Une gifle, silence quand même, rien. A quoi bon parler, puisqu’il avait raison. « Ca t'apporte quoi, tout ça, hein ? Maintenant, voilà, tu le sais, tu m'as pourri la vie, tu as atteint ton objectif. C'est quoi la suite, me tuer ? Ca t'apportera la paix, enfin ? Tu as besoin de quoi, une déclaration publique d'humiliation, mes pleurs, mon sang.... Tu redeviendras ma sœur, si je meure ?   »

Elle sentit sa gorge se serrer si fort que sur le coup, elle paniqua. D’un geste brusque, trop surement, elle chercha à se redresser. Il la tenait cependant. Ses mains étaient dans son dos, sur sa taille, il l’avait tenu sur son torse aussi n’était-elle pas libre de ses mouvements, pas libre de se sauver sans se faire violence, sans se faire mal. Serrant les dents, elle voulut lui mettre une gifle à son tour, physique cette fois, cependant, mais elle décida d’utiliser son énergie à d’autres fins. Poussant fort, elle se dégagea de lui, posant ses pieds sur le sol lisse et glacé du dortoir. Un rictus déformait son visage et comme un chat qu’on venait d’échauder, elle était prête à sortir les griffes. Avec ses yeux fous, ses cheveux un peu en désordre, elle ne remarqua pas immédiatement que ses vêtements avaient bougé. Sa jupe, froissée, dévoilait ses jambes un peu mieux, montrant des hématomes mauvais, sérieux. Ce même genre de marque qu’il pouvait surement voir ailleurs, sur sa hanche par exemple, là où sa chemise ne la couvrait plus. Il ne pouvait pas voir le pire, ses bras, son ventre, mais c’était surement pour le mieux car il y avait là de quoi faire hoqueter l’infirmière.

Soufflant, elle réalisa à quel point elle voulait être perfide et mauvaise avec lui, à quel point elle voulait lui faire mal parce qu’il s’était éloigné en grandissant sans elle, parce qu’il lui avait donné des raisons de se sauver, de s’éloigner. Il ne savait plus rien de sa vie et les secrets qu’elle gardait finiraient par la bouffer, surement parce qu’elle était trop fière pour réclamer l’aide de la seule personne qu’elle avait jusqu’alors appelé lorsque ça n’allait pas. « On pardonne tout aux cadavres » souffla-t-elle, voyant enfin qu’elle était débraillée et s’empressant de remettre ses affaires en place, de cacher sa peau normalement lisse et à présent tâchée par des coups, des atteintes, des marques qu’elle n’aurait jamais dû porter et dont Rohàn l’avait protégé jusqu’à présent. Elle avait envie de lui hurler dessus, de l’accuser brutalement, elle voulait le secouer, lui faire réaliser à quel point elle était seule et combien elle n’arrivait pas à le dire, se débattant alors maladroitement. Elle voulait son frère, elle voulait avoir 9 ans à nouveau et le faire rire pour oublier les journées difficiles. Elle voulait dégager de là, aussi, avoir un pull à lui pour pouvoir créer une illusion rassurante, ne pas avoir à admettre ses torts…

Bougeant trop vite, elle décida de se sauver mais pas avant d’avoir attrapé ce qu’elle était venue chercher, quitte à devoir fuir comme une voleuse ensuite. C’était sans compter sur le coin de la table de nuit qui, alors qu’elle fondait sur le lit pour attraper le vêtement du jeune homme et se sauver ensuite à toute jambe, décréta que c’était le bon moment pour entrer en contact avec ses côtes. D’ordinaire, ce n’était pas un coup qui méritait autre chose qu’un simple glapissement, seulement appliqué sur une peau tuméfiée, il fit hoqueter la jeune femme qui se vida momentanément de toute force, jurant alors qu’elle baissait la tête, honteuse et vulnérable, fragile, luttant pour ne pas tomber mais glissant quand même au sol, pathétique. Encore une mission brillante, à l’évidence.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Jeu 10 Oct - 19:37

Ses yeux avaient pris une lueur folle qui aurait fait fuir n'importe qui, alors qu'il laissait couler de sa bouche des vérités qu'il avait trop longtemps contenu. Contre lui, il sentait son corps trembler, mais le jeune homme n'avait aucune intention de stopper cette longue tirade, de laisser enfin sortir ce qui le taraudait depuis des mois. Un poids quittait ses épaules pour se reporter sur celles de sa frêle sœur, et il pouvait le lire sur elle, il pouvait le voir, ce qu'il était en train de lui faire. Il était totalement conscient de ruiner quelque chose, de briser tout ce qu'Alesya avait pu imaginer sur son compte, sans savoir s'il retrouverait à la suite de cela une véritable relation avec elle ou s'il n'aurait plus qu'à mettre fin à ses jours comme il le lui offrait. Rohàn ne mentait pas, pas avec elle, et il était prêt à ça. Pourquoi vivre sans sa moitié, pourquoi vivre quand il n'avait plus de sœur derrière lui ? Si elle refusait de le laisser l'aider, si elle refusait d’arrêter ce jeu de destruction, alors elle l'abandonnait pour de bon. Et il n'aurait plus de sœur. Et plus de vie.
Les mots continuaient à couler alors qu'il sentait sa panique s'accentuer, alors qu'elle tremblait de plus en plus, ses beaux yeux fixés sans mouvement sur lui, le regardant sans le reconnaître. Il n'était pas à la hauteur de ses attentes, il n'était pas ce qu'elle souhaitait, ça il le savait. Mais il savait aussi qu'à dire toutes ses choses sans qu'elle ne réponde, elle lui faisait comprendre à sa manière qu'il avait raison. Ca, plus que d'être enfin libre de parler à la jeune femme, le faisait se sentir calme. Trop calme. Sa voix manquait d'inflexion, d'émotions, parce qu'il n'était que cette coquille vide sans âme qui n'en pouvait plus de toujours tout perdre, avec tout le monde. Ca allait plus loin qu'un vol de jouets, qu'un vol d'amis, c'était le vol de sa vie, de sa personnalité, qu'elle lui faisait subir. Il en avait marre d'être le connard prétentieux et machiste, d'être le mauvais Lestrange, d'être l'ennemi de tous et le clown couvert de ridicule.

Cette question qu'il lui posait, pour finir, pour achever, ce n'était pas pour la faire réagir. Il se sentait trop fatigué par leur petite conversation pour tenir longtemps encore, pour affronter ses futurs cris, ses larmes, ses sorts et ses petits poings, il aurait voulu qu'elle ne dise rien, qu'elle reste là encore un peu pour qu'il n'ait pas l'impression d'avoir parlé à la vraie Alesya, mais à une illusion, un fantôme qui ne pourrait jamais dire à sa vraie sœur tout ce qu'il avait sur le cœur. Mais les tremblements qu'elle lui transmettait étaient autant d'électrochocs pour le maintenir la tête hors de l'eau, pour qu'il ne ferme pas les yeux et qu'il se laisse tomber dans les abimes, pour qu'il sache bien ce qu'il lui avait fait. Mal. Horriblement mal, comme toujours, parce qu'il n'était bon qu'à ça, faire le mal et le faire bien, briser les choses sans jamais les recoller. Comme lui n'était qu'une chose brisée, dans le fond, et dans ce monde, plus personne ne prenait le temps de réparer les choses. Ce qu'on a utilisé, ce qui a dépassé son utilité, on le jette. Une fois lui parti, elle prendrait sa juste place, bien mieux que lui, et plus personne ne se souviendrait de lui, comme elle l'espérait. Son déni de reconnaître ces tords transforma les tremblements en une tentative de fuite, à laquelle malgré sa torpeur le jeune homme s'était attendu, et qu'il contra par ses bras forts pour la maintenir, pour lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas échapper à ça. Si elle faisait mal, elle devait assumer les conséquences, parce qu'elle ne ferait pas du mal qu'à ses ennemis, toujours. Il pouvait être son ennemi pour le lui apprendre, pour qu'elle sache le pouvoir qu'elle avait sur les gens, il était toujours partant pour être son cobaye et la faire grandir, même maintenant, encore maintenant.

Mais malgré sa force et l'état instable de sa sœur, elle parvint à se dégager, l'air fou, prête à l'attaquer s'il la suivait. Ce qu'il ne ferait pas. Il avait atteint son but, après tout. Les mettre à la même hauteur, ou surtout les faire chuter ensemble. Ses yeux à lui semblaient ne rien voir d'autre que son visage qui s'éloignait, sachant qu'ils étaient au bord de la rupture et qu'il n'allait pas pouvoir échapper à la sentence, commençant seulement à apercevoir l'état de la jeune femme et les bleus aux formes si familières et si terrifiantes qui ornaient sa peau, et au moment où son cerveau allait faire l'addition de cette apparence avec ses propres souvenirs, elle abattit le couperet, le glaçant jusqu'au sang et brisant dans son regard toute forme de combat. Aux cadavres. Il n'était donc plus bon qu'à ça, s'il voulait qu'elle se souvienne de lui en bien, à mourir et à la laisser faire son deuil, à espérer que le temps adoucirait tous les maux qu'il lui avait causé. Des larmes dont il ne soupçonnait pas l'existence perlèrent presque aussitôt contre ses paupières closes, l'obligeant à lutter avec toutes ses forces pour éviter de craquer devant elle, de partir à rire ou de faire une autre connerie. Bon sang, que ca faisait mal. Son cœur broyé et ses poumons détruits, sa tête sur le point d'exploser, il n'était plus rien, plus que le cadavre. Dans un sens, cette douleur était la bienvenue, parce qu'enfin, au moins, il savait ce qu'elle voulait, il avait ce qu'il voulait. Une réponse.

Derrière le malheur, cependant, il continuait à faire tourner son esprit de frère, et lorsqu'il rouvrit les yeux sans conviction, apathique, ce fut pour la voir voler en vitesse son pull et tenter de s'enfuir. Il l'aurait laissé faire, déjà mort, si elle n'était pas tombée après s'être cognée, sifflant comme si elle s'était pris un doloris. Dépliant ces jambes pour sortir du lit, lentement, tellement lentement, semblant voir la vie s'écouler devant ses yeux au ralenti, il fixa la jeune femme au sol, sans rien ressentir. Déjà ses émotions étaient reparties, bloquées derrière un mur de préservation, et ce fut sans bruit qu'il s'accroupit devant elle, analysant avec une clarté incompréhensible les tremblements et les blessures, sa respiration hachée et son teint grisatre.
Une furie incontrôlable manqua s'emparer alors de lui, tandis qu'il faisait glisser une main le long des cuisses de sa sœur, sentant sous sa peau les éraflures et la chaleur anormale des blessures, mais elle s'éteint aussi rapidement qu'elle était venue, alors que le brun se rappelait que les morts n'avaient pas d'émotions. « Je veux un nom. » Etrangement, une nouvelle fois, le manque d'intonation dans ses paroles et ses yeux noirs sans vie donnaient à son commandement plus de force qu'il n'aurait cru. Se relevant en la portant dans ses bras comme si elle ne pesait plus rien, impassible quand à ses éventuelles tentatives de se dégager, il la posa à nouveau sur son lit, elle sous lui, l'emprisonnant de son regard et de son corps. Front contre front, encore. Et pourtant, tant de différences. « Je veux son nom et que tu me dises tout ce qu'il t'a fait, chacune des marques et chaque douleur qu'il t'a infligé, chaque menace qu'il a pu te faire, et je vais le tuer. »

Tant qu'à mourir, autant emmener de la compagnie.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Mar 22 Oct - 15:47





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Le souffle-court, fermant les yeux à s’en fendre les paupières pour ne pas laisser monter la moindre perle amère à ses cils, elle se retrouva au sol, quelque part entre le lit de Rohàn et celui d’un de ses camarades, sa main serrée violemment sur le pull qu’elle avait tenté de voler. Elle avait mal, mal à ne plus avoir la moindre force dans les jambes, mal à en tourner de l’œil à vrai dire, sentant chaque centimètre de sa peau abîmée se vengeant à présent. Elle était froissée, cassée, fracturée, une poupée qu’on avait laissé tomber. Combien de fois avait-elle détourné le regard, face au reflet du miroir ? Combien de larmes avait-elle versé à ce sujet ? Elle refusait de pleurer, à présent, mais c’était là bien plus qu’une histoire de volonté. Couverture de bleus, d’écorchure, elle était en pièce et elle peinait à ne pas simplement s’écrouler comme une enfant qui aurait crié contre l’injustice du monde. Elle méritait surement les coups qu’elle avait pu prendre. Un retour de manivelle, la vengeance de Zane peut-être, indirectement et via les poings de Vladislav… Peut-être s’était-elle trop prise au sérieux, peut-être avait-elle cherché, à vouloir ainsi mener la danse. Un hoquet passa ses lèvres qui, d’un coup, semblaient plus gercées, plus tremblantes aussi. Tremblante comme ses mains qu’elle n’arrivait pas à immobiliser. Elle pouvait entendre sa respiration, sifflante et pénible et si elle n’avait pas de côtes cassée, elle savait très bien que ce n’était que l’affaire de quelques rencontres pour qu’ils en viennent là, pour que les coups s’abattent plus forts et que les marques se fassent permanentes.

« Je veux un nom. » la voix de Rohàn la fit sursauter, hoqueter, grimacer et son visage se déforma pendant un instant alors qu’elle inspirait pour tenter de faire passer la douleur insidieuse, immonde. Elle avait honte. Oh, il ne pouvait pas se douter de la honte qu’elle ressentait, de cette gêne qu’elle essuyait. La grande gueule, la princesse guerrière qu’elle se targuait d’être, reléguée au rang de victime. Elle sentit sa gorge la brûler alors qu’un sanglot restait bloqué dans sa trachée. Il ne savait pas… il ne pouvait pas comprendre, il… il avait prit les coups de Rabastan. Brusquement, les images revinrent à Alesya et la fois de son frère la fit trembler plus fort. C’était surement pour ça qu’elle craignait tant son bourreau, qu’elle perdait toute résistance face à lui, surement parce qu’elle avait vu son héros s’écrouler. Si Rohàn ne pouvait pas tenir debout sous les coups, comment pouvait-elle prétendre y arriver ? Elle était moins solide que lui, trop soumise à ses émotions, à ses impulsivités. Elle voulut se redresser mais elle se retrouva contre le jeune homme, réalisant alors qu’il s’était levé, qu’il la soulevait pour la déposer sur son lit sans plus s’éloigner d’elle. Comme s’il allait lui arriver malheur à nouveau, comme s’il pouvait lui arriver pire s’il cessait de la surveiller.

Front contre front, fierté contre fierté, maux contre maux. Elle se retrouva coincée sous lui, sous sa chaleur, sous sa présence. Son grand-frère, trop longtemps absent simplement parce qu’elle l’avait chassé. Le hoquet qui s’était coincé dans sa gorge lâcha, digue menaçante et alors qu’il demandait « Je veux son nom et que tu me dises tout ce qu'il t'a fait, chacune des marques et chaque douleur qu'il t'a infligé, chaque menace qu'il a pu te faire, et je vais le tuer. » elle se mit à pleurer, secouant vivement la tête. Elle était prête à lui planter des couteaux dans le dos quand lui restait encore prêt à tuer pour elle, pour la défendre. Des sanglots roulèrent presque instantanément dans sa trachée, tâchant ses joues d’une écume troublée. Combien de gifles s’étaient écrasées là ? Moins que des hématomes sur son corps, mais là où passait les larmes, c’était comme voir tomber la pluie sur un champ de bataille. Elle se sentit plus jeune, plus fragile aussi et elle alla appuyer sa tête contre Rohàn, étouffant un cri dans les plis de sa chemise. Elle crispa une main au niveau de son épaule, comme pour contenir sa douleur, autant pour le retenir à vrai dire. Tout contre lui, elle venait de perdre toute assurance, en plus d’avoir l’impression de perdre une dizaine d’année, faîtes d’insolence et de mauvais coup. Elle pleurait, comme une enfant se réfugiant sans un mot et secouant encore la tête pour signifier qu’elle ne trahirait pas son complice. Son agresseur. Elle ne pouvait rien dire. Trop peur, trop honte, trop mal. Elle avait perdu un ami, incapable de maintenir ce qu’ils avaient pu partager, se laissant faire comme la petite chose faible qu’il avait surement pu déceler en elle. Non, elle ne pouvait rien dire et pourtant, ses larmes parlaient pour elle, ses spasmes aussi, la faisant trembler comme une feuille alors que péniblement, d’une voix brisée mais à peine audible, elle souffla « I fell » comme s’il allait y croire.

Rohàn n’était pas dupe, il la connaissait trop bien et ce peu importe la distance qu’ils avaient su garder pendant les derniers mois. Elle souffrait, le mal suintait de chacun de ses pores, aura misérable d’une solitude glaciale qu’elle s’était fabriquée seule, pensant se protéger du monde. Isolée, abandonnée à cause de son caractère, elle en payait les frais. « I’m sorry » articula-t-elle avec difficulté, s’enfonçant plus fort dans la chaleur de son ainé, mêlant ses jambes aux siennes pour disparaître, pour se cacher. Des années plus tôt, il avait prit des coups pour elle et si elle n’était pas prête à laisser pareille situation se produire à nouveau, elle avait besoin de ça, de ses bras autour d’elle. Désolée, elle l’était. Il lui manquait, comme le soleil manque à l’hiver. Elle s'accrochait à lui comme à un dernier sursaut d'automne et elle n’était pas foutue de le dire, trop cassée pour ça... Désolée d’être une peste, de l’avoir repoussé, désolée surtout d’être faible et d’être un poids mort. Il méritait mieux, il méritait une sœur, une alliée, pas une loque, pas elle.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Lun 28 Oct - 22:27

Son corps semblait si fragile, sous le sien, si froid et si pâle que Rohàn avait peur de la serrer trop fort et de la voir se briser entre ses doigts. Elle était chétive, presque, dans son uniforme défait, ses courbes de femme pour une fois ne jouant pas assez en sa faveur, tandis qu'il revoyait toutes les Alesya de ses souvenirs se mêler sous ses paupières, la faisant changer d'âge et de tenue, de formes et de taille, pour en revenir toujours à celle présente, à celle qui, blessée, l'avait blessé à son tour. Son état n'excusait sans doute pas ce qu'elle lui avait dit et la blessure qu'il portait dans son cœur, mais Rohàn n'y pensait même plus, il était retourné dans ce mode automatique de son enfance, celui qui lui disait de prendre les coups, de souffrir en silence tant que cela ferait se sentir sa sœur à l'abri, tant qu'elle ne serait pas blessée. Il pouvait tout supporter pour elle, pour qu'elle aille bien. Il avait tout supporté, d'ailleurs, mais ça n'avait pas suffi, et maintenant, alors qu'il lui demandait le nom de la personne qui avait sous son nez réussi à la toucher, il se sentait affreusement incapable, vidé de son but, de sa finalité, comme un robot à qui on retire sa mission, un chevalier sans princesse. Il avait failli à sa mission. Elle n'était plus dans ses bras pour qu'il la protège, elle y était parce que quelqu'un l'avait brisé.
La voir pleurer lui brisait le cœur aussi, encore plus, et le serpentard ne savait plus quoi faire, ne savait plus trouver les mots et les gestes qui la ferait aller mieux, impuissant face à ça, pas équipé pour réagir. Pourquoi, pourquoi fallait-il qu'elle pleure, qu'elle le fasse aller encore plus mal, qu'elle l'oblige à ressentir autant d'émotions alors qu'elle même lui avait clairement fait comprendre qu'elle ne voulait plus le voir ? Il se demanda vaguement si tout ça n'était qu'une façon de lui faire payer de ne rien avoir vu, de ne rien avoir fait, de ne pas l'avoir sauver, mais plus rien n'était sur, tout était trop frais, trop nouveau pour qu'il se permette de chercher une explication. Il n'avait rien sur quoi s'appuyer, pas de noms, pas de faits, seulement des traces et une petite sœur en pleurs, une petite sœur dont il ne savait comment refermer les plaies.

Ses mains se refermèrent sur son cou, caressant ses joues pales avec tendresse, gardant toujours son front contre le sien, cherchant à effacer ses larmes pour ne plus les voir, entourant son corps de toute sa force et du peu de tendresse qui lui avait été dévolu à la naissance. Il n'était pas gentil, compatissant, pas facile à vivre, il avait du mal à se montrer doux, mais il pouvait le faire, pour elle. Pour lui montrer qu'il était là, qu'il n'allait pas partir tout de suite, pas tant qu'elle ne serait pas remise, prête à affronter le monde. Il ne servait qu'à ça, de toute manière, s'assurer qu'elle avance, que chacun de ses pas soient droits, comme lorsqu'elle était une toute petite fille et qu'il lui tenait les mains pour la faire marcher, riant de joie à chaque petite bottine faisant une avancée hésitante.
Sa voix faible le fit soupirer et il enfouit son visage dans ses cheveux, sa peau contre la sienne, ses lèvres dans son cou, sentant ses tremblements contre lui. « You never fall, sister. You-you can't fall. You're too strong, so strong, for that. » Derrière les mots rassurants, se cachaient aussi une voix tremblante, rauque, une plainte pour qu'elle lui dise que tout cela n'était qu'une farce, qu'elle allait bien, qu'elle n'était pas, qu'elle n'avait pas failli, qu'elle n'était pas tombée, dans ce sens métaphorique qu'ils avaient tous deux appliqué à sa phrase. Une plainte pour qu'il n'ait pas à voir derrière sa facade de femme forte et courageuse, de serpentarde sans peur et sans remords, une plainte pour effacer ses marques et retourner en arrière.

L'entendre lui demander pardon était trop pour lui, l'obligeant à resserrer encore son étreinte, à sentir à nouveau les débuts d'une rage poindre en lui, sans qu'il ne puisse la restreindre. Son apathie ne pouvait rien contre ça, contre les pleurs de sa petite sœur et il s'enrageait de la voir dans cet état. De rauque sa voix baissa d'un octave pour finir dans un grondement, sauvage, primaire, toujours collé contre sa peau, n'osant pas s'écarter de peur de ne savoir quoi faire, de peur de la perdre à nouveau. « Don't. Please. There is nothing to be sorry for. Not to me. » Elle pouvait le tuer, s'acharner sur lui, il ne lui en voudrait jamais ainsi, jamais à ce point, il ne demanderait jamais d'elle une phrase pareille. Elle n'avait rien à lui rendre, rien à lui donner, il acceptait, il savait déjà tout ce qu'elle tentait de lui dire. Sa petite sœur n'aurait jamais du avoir à laisser ces mots passer ses lèvres. « We don't do “sorry”. We take, we destroy, we kill, but never, never, are we sorry. You need not to excuse your actions, I- I know, alright ? » Il se savait incohérent, mais il avait du mal à voir derrière sa rage soudaine, et son souffle venait en saccades, prenant le rythme des tremblements de sa sœur. Mais il savait, ça, oui, il savait, faire mal pour cacher son mal, rejeter les autres pour éviter qu'on s'approche, qu'on ne voit les marques. Il ne l'avait pas fait avec elle étant jeune parce qu'il ne pouvait rien lui cacher, parce qu'elle était la seule qui pouvait accepter ce qu'il subissait sans le prendre en pitié, mais même s'il ne comprenait pas qu'elle ne soit pas venu le voir, qu'elle ne se soit pas rebellé, qu'elle n'ait pas transformé cet ennemi en flaque de sang sur le sol, il savait. La souffrance et l'humiliation de ne rien pouvoir faire que subir les coups, et espérer, attendre, que cela cesse. « I'm here, now, and I'll help you, I promise. I got you, you know that. Just...just give me the name, tell me what to do and it'll be alright.  » Beaucoup de promesses, beaucoup de foi, en lui, en eux, sans savoir où ça les mèneraient, mais il ne pouvait pas en faire autrement, il avait besoin qu'elle comprenne que rien, même la distance, même sa haine, ne pouvait l’empêcher d'être là pour elle.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Lun 6 Jan - 21:09





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Alesya n’avait jamais aimé mentir à son frère, même si elle l’avait toujours fait, par obligation ou simplement parce qu’elle n’avait jamais été autre chose qu’une sale petite peste ne méritant pas Rohàn, ne méritant pas qu’il la protège, bouclier humain de ses jeunes années. Elle n’aimait pas lui mentir, il était son sang, mais elle le faisait constamment et entre deux hoquets, deux sursauts de larmes, elle ne pouvait déroger à la règle, pas ce soir. Ce n’était pas pour le punir, pas pour le trahir ou lui faire défaut, ce n’était pas pour le mener en bateau, non. Pas ce soir. Pas cette fois. Immobile et vulnérable, bloquée parce qu’il la tenait farouchement, l’empêchant de fuir, elle savait qu’elle devait lui mentir pour le préserver. Elle ne doutait pas des capacités de Rohàn à se débarrasser de Vladislav, ce n’était pas une question de force… elle se demandait simplement s’il pourrait la regarder de la même façon en apprenant qu’elle était si faible. Elle avait beau lui en vouloir, elle avait beau lui reprocher tous les maux de la terre et plus encore, elle savait bien qu’au fond, Rohàn crèverait de savoir sa petite sœur couverte de bleue, même si elle n’était plus vraiment la gamine qu’il avait toujours voulu sauver, pour qui il avait toujours pris des coups. Parler, dire que ce n’était pas le résultat d’une chute de balai ou d’une maladresse dans les escaliers, c’était rouer de coups de pieds une Alesya de sept ans avant de poignarder l’enfant de neuf ans que le Serpentard avait été, trop téméraire, trop courageux, trop digne pour ne pas bouffer les revers de main à la place de sa petite sœur.

« We don't do “sorry”. We take, we destroy, we kill, but never, never, are we sorry. You need not to excuse your actions, I- I know, alright ? » Elle le voyait s’énerver et elle ne connaissait que trop bien les colères de Rohàn pour ne pas avoir peur de le perdre. Ce n’était pas eux, qui détruisaient, à l’origine. C’était leur géniteur, celui qu’elle reconnaissait dans certains traits de son frère, celui qui, par moment, pointait le bout de son nez sous la forme d’une rage sourde ou d’un coup de sang, que ce soit dans le caractère d’Alesya ou dans celui de son frère. Ils étaient solides parce qu’ils n’avaient pas eu le choix, parce qu’ils n’avaient vécu que comme ça mais à cet instant, elle eut l’impression d’avoir oublié comment, pendant si longtemps, elle s’était tenue droite sans jamais plier. Peut-être était-ce le trouble qu’elle provoquait, peut-être était-ce le poids de Rohàn sur elle, son souffle contre sa peau… Elle voulait fermer les yeux et arrêter de se battre, de se défendre, simplement exister sans qu’il n’y ai plus de combat. Elle voulait s’excuser du mal fait et disparaître, parce qu’elle prenait peu à peu conscience de la solitude mutuelle dans laquelle elle les avait plongé, à être si stricte, si implacable, si… Lestrange. « I'm here, now, and I'll help you, I promise. I got you, you know that. Just...just give me the name, tell me what to do and it'll be alright. »

Toujours, il avait été là et toujours, il avait voulu la rattraper lorsqu’elle tombait. A sa façon, elle aussi avait cherché à le protéger, à le détacher de cette foutue Serdaigle qui n’avait rien à faire prêt de lui. Ils avaient toujours été tous les quatre, il en avait toujours été ainsi et ils s’étaient perdus. Petit à petit, égrainés dans le vent, encaissant les coups, les changements, les responsabilités, ils avaient perdu pieds. Rohàn s’était éloigné, Alesya s’était vautrée, Morrigan s’enfermait dans son mutisme et Benjen… Elle ferma les yeux, se demandant si elle pourrait supporter de foutre son frère en exil comme elle avait pu le faire avec son cousin, tout ça pour une question de fierté.

Parce qu’elle était fière, vindicatif. Elle était difficile à gérer et Rohàn, s’il en avait l’habitude, avait surement perdu la main. Elle ne voulait pas parler, ne pouvait pas, tiraillée entre sa honte et l’état de quasi choc dans lequel elle s’était plongée toute seule. Son frère lui manquait, terriblement, elle n’était pas venue chercher sa présence, même feinte, son odeur, même fugace, pour rien. Elle avait besoin de lui plus que jamais, trop bornée pour le lui montrer. Déglutissant, elle voulut garder la tête haute, consciente de sa bêtise mais refusant de changer la donne, se débattant comme un beau diable, surement car elle se sentait à deux doigts de craquer. Allongée sous l’étau qu’il maintenait, elle ne pouvait pas bouger, pas échapper à ses questions… Elle tirait sur les prises qu’il maintenant mais ne voulait pas courir, elle n’en avait de toute façon pas la force, non… elle voulait juste que tout redevienne comme avant et garder son secret était nécessaire, pour ça.

Elle retint un hoquet, laborieusement et d’une voix presque inaudible, elle croassa : « I screwed up, so much, so many fucking times… I’m so sorry, I needed you and I got scared, I got mad, I thought you were going to leave me behind… ». Parce qu’elle préférait avoir saboté Ange en vendant son âme à un Lycanthrope qu’admettre qu’elle n’était pas foutue de se defender contre un sorcier de son âge, elle chercha à détourner un peu son attention, sa culpabilité prenant de toute façon le dessus. Par jalousie, par possessivité, par peur aussi, elle avait méthodiquement cherché à lui faire du mal tout en voulant lui donner une issue, la plus douloureuse, la plus honteuse aussi. Ruiner Ange, faire en sorte qu’elle ne soit plus digne d’un mariage, le foutre dans une position inconfortable vis-à-vis de leur père… A nouveau, elle trembla et se réfugia contre son frère, allant presser son front contre lui.

Il appuyait sur ses bleues mais elle refusait de s’en plaindre, il ne fallait pas qu’il voit l’étendue du schéma s’étirant sur sa peau, jamais. Il ne fallait pas qu’il creuse, il fallait qu’il reste à sa place. Paniquée, à nouveau, se demandant comment il avait pu faire pour porter pareilles atteintes devant elle quand ils n’avaient été que des enfants, elle eut envie de s’excuser mais se força au silence, brutalement, déposant un baiser au coin des lèvres de son ainé. Ils avaient toujours été ensemble, liés à la hanches pendant des années, trop proches pour ne pas se chamailler, pour ne pas être prêt à mourir pour l’autre. Elle avait échoué, le poussant à fauter aussi, elle avait échoué et elle avait osé lui reprocher la distance ensuite, cruelle et vicieuse, ingrate merdeuse méritant des baffes, méritant les hématomes qu’elle portait, méritant tout sauf Rohàn, cette présence qui manquait dans son entourage immédiat depuis trop de jours, de semaines, de mois.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Lun 13 Jan - 11:08

Il ne se sentait plus bien, il n'arrivait plus à réagir, à ressentir, plus à se cacher derrière un mur et plus à jeter de regards vides. Toute sa zone de confort avait disparu depuis qu'il était entré dans son dortoir, mais là, c'était la dernière goutte, le dernier choc nécessaire pour le jeter à terre et l'y laisser pourrir. Il ne comprenait pas comment il avait pu ne rien voir, comment il avait pu se laisser berner par sa sœur, elle qui, au final, n'avait fait que mimiquer le comportement que lui avait adopté à une époque révolue. Il s'en voulait, tellement. De ne pas avoir vu que ce qu'elle avait fait, c'était pour le punir de s'éloigner, c'était pour qu'il ne dépende que d'elle, qu'il ne soit là que pour elle, sans s'éparpiller, pour ne pas tourner folle, pour ne pas rester seule. Il lui en voulait d'avoir brisé une partie de sa vie et son cœur par la suite, mais il ne pouvait pas se venger, pas alors que quelqu'un avait parsemé son corps de marques. Pourquoi n'avoir rien vu. Elle était le miroir de l'image qu'il n'avait jamais voulu voir dans la glace avant Poudlard, le même regard fier et les mêmes douleurs, la même souffrance a ne jamais montrer, la honte d'être trop faible, les mouvements saccadés mais que l'on faisait les dents serrés, parce qu'il fallait avancer. Il n'y avait pas dans leur manuel de mode pause, il n'y avait jamais le temps de souffler, de se calmer, de reprendre. Tout ne faisait que s'enchainer et se détruire autour d'eux, les laissant spectateurs de leurs propres manigances, de leur sang et de celui des autres. Mais Alesya avait besoin de s’arrêter, de se reposer, de le laisser reprendre la charge de tout. Il était capable de supporter son poids à elle, il l'avait toujours été, et quitte à se refaire marcher dessus plus tard, il préférait être sa victime plutôt que son tortionnaire. Jamais, jamais, il ne voulait lui faire du mal. Les guerres de pouvoir n'étaient que des illusions, des passe temps, là, il se passait autre chose.

Mais lui qui voulait se ressaisir et faire remonter sa sœur, était en train de sombrer un peu plus avec elle, paniquant de sa faiblesse, de son abandon dans ses bras. Plus que les marques, c'était la façon qu'elle avait de craquer maintenant qui lui faisait peur. Et sa peur se transformait en panique, puis en colère, pour la faire réagir, pour qu'elle ne craque pas devant lui, qu'elle ne s'excuse pas, qu'elle ne lui montre pas cette part d'elle qu'il ne savait pas gérer. Rohàn ne pouvait rien faire contre les larmes, à part resserrer son étreinte, se retenant par le bout des doigts de l'écraser, de la secouer, de tenter de la fondre en lui. Il la suppliait de lui donner la source de ses problèmes pour aller l'effacer de sa vie, pour que tout redevienne comme avant, pour qu'il puisse en finir sans avoir l'impression de laisser sa sœur sans protection. Mais elle lui glissait entre les mains, et il était impuissant à arrêter les larmes sur ses joues. Chacun de ses mots était une nouvelle lame, et son indifférence ne tenait plus, tandis que le vortex de la panique aspirait tout. Une partie de lui voulait la faire taire pour ne pas entendre son malheur et se réfugier dans l'ignorance, mais il était tétanisé, collé contre elle, sentant dans son corps et sa magie affolée toute l'ampleur du phénomène.
« Stop, please... don't do that to yourself, I would never leave you behind, I can't, you know that ! You'll always be my little sister, I don't care what you've done, I don't fucking care if people think you're making mistakes, you're never wrong, not to me. » Il se faisait peut-être berné, il était peut-être trop hâtif à laisser de coté les mots haineux qu'elle lui avait lancé juste avant, mais c'était ça aussi, Rohàn. Des mois de frustration, de questions et doutes, de rages et de peurs, envolées avec un baiser de sa sœur. Collant leurs fronts ensemble, changeant sa poigne en quelque chose de plus léger pour caresser ses bras, il avait le cœur battant à tout rompre, dans l'instant présent. Qu'importe qu'on dise de lui qu'il se faisait avoir, qu'il était trop crédule, il ne pouvait pas dénier les bleus qui parsemaient le corps de sa sœur et ils étaient son unique vérité.

« I'll never leave you, even for a wife or children. I want to have a life, that's true, but you will always be a part of it, like Morrigan and Benjen. We're a team, remember ? We're the same... »
Les mêmes, dans deux corps différents. Les mêmes problèmes, la même peine, les mêmes souffrances. Que seul l'autre pouvait comprendre. Il était facile, après, de faire le dernier pas, de glisser ses mains plus haut sous cette chemise, mais lui ne se rendait plus compte de rien à part qu'il devait voir, pour ne jamais oublier. En quelques secondes, elle n'avait plus rien pour se protéger de son regard, rien qu'une mince barrière de tissu qu'il ne voyait même plus. Et sur ses bras et son ventre, ses côtes, la vérité s'offrait à lui. Il n'avait pas encore besoin de descendre le long de ses jambes, sachant déjà ce qu'il y trouverait surement, et ses yeux brulèrent d'encore plus de détermination et de passion. « I don't care who did this to you. The day I find him, he's dead. » Imaginer de larges mains s'abattre sur la peau de sa sœur était intolérable, et il s'abaissa pour enfouir sa tête contre son cou, ses lèvres dans sa gorge. Le gouffre n'était pas loin, prêt à les engloutir tous les deux, mais il ne s'en rendait plus compte.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Sam 1 Fév - 23:44





Keep me safe inside your arms like towers, tower over me...


Elle ne se souvenait que trop bien des nuits où, terrifiée par l’orage qui grondait, semblant faire trembler toute l’île sur laquelle était perché le manoir Lestrange, elle s’était réfugiée contre son frère. Petite brune avec une frange un peu trop longue cachant ses yeux naïfs, quelques dents manquantes car échangées contre d’enfantines récompenses auprès d’une ‘fée’ qu’elle avait cherché à attraper, elle pouvait encore sentir le parquet glacial sous ses pieds, les courants d’air venant déranger sa chemise de nuit, le grincement désagréable de la poignée de porte de la chambre de Rohàn. C’était familier, habituel. Combien de fois s’était-elle hissée dans les draps de son frère, le secouant doucement en assurant ne pas avoir peur mais vouloir de la compagnie quand bien même elle tremblait comme une feuille ? Elle n’était pas fichue de compter, pas foutue de se souvenir du nombre de fois où, ronchon, il avait râlé, l’avait attiré contre lui et s’était rendormi en la maudissant mais en la protégeant tout de même de chaque sursaut de peur la faisant trembler.

Elle avait dû apprendre à faire sans, au cours des derniers mois, aussi retrouver l’étau si rassurant n’était pas aussi anodin qu’elle aurait aimé le montrer. Elle avait dû apprendre à faire sans parce qu’elle l’avait repoussé, lui en voulant de se fiancer, d’en laisser une autre dans son lit, toutes les nuits, là où se trouvait sa place à elle. Depuis la nuit des temps, elle s’était réfugiée contre son ainé et lorsqu’il avait annoncé l’existence d’Ange… elle avait paniqué, comme elle paniquait à présent à l’idée qu’il ne découvre le foutoir qu’était devenue sa vie. Quoi qu’il était surement un peu trop tard. Lovée contre lui, front contre front, le poids de Rohàn écrasant les démons la menaçant, lui donnant cette impression trop longtemps perdue d’être belle et bien vivante, elle avait pourtant la sensation que sa peau cherchait à se détacher de ses muscles, de sa chair. Comme si la douleur allait être amoindrie par une quelconque dichotomie. Elle pouvait sentir, dans ses souffles, dans la chaleur qu’il essayait de lui insuffler, dans ses gestes protecteurs et paniqués, qu’il n’en menait pas large et elle réalisa à quel point elle s’en voulait, à quel point elle pouvait lui faire du mal, ne serait-ce qu’en existant. Elle n’était qu’un tas de problèmes, il avait tout encaissé pour elle, coups, injures, distance… Elle ferma les yeux à s’en fendre les paupières, voulant disparaître lorsqu’elle entendit à quel point la voix de son frère pouvait trembler, murmure grave comme le roulis d’un torrent mais tremblant comme un château de carte. «  Stop, please... don't do that to yourself, I would never leave you behind, I can't, you know that ! You'll always be my little sister, I don't care what you've done, I don't fucking care if people think you're making mistakes, you're never wrong, not to me. »

Elle avait usé et abusé de lui au point qu’il n’était plus à même de lui en vouloir quand pourtant elle avait tout fait pour le ruiner, pour lui faire payer l’affront qu’était de vouloir une vie où elle n’était pas forcément la plus importante. Elle était immature, elle était surtout perdue et en bon petit soldat, lorsqu’elle avait peur, elle cognait, à l’aveugle, se fichant bien de qui elle blessait, seulement pour le regretter ensuite. Et ô combien elle regrettait le mal qu’elle pouvait faire à Rohàn. Il devait être droit, fier, terriblement orgeuilleux, pas penché au-dessus d’elle à trembler de peur et de rage quant à des blessures qu’elle aurait dû apprendre à parer seule. « I'll never leave you, even for a wife or children. I want to have a life, that's true, but you will always be a part of it, like Morrigan and Benjen. We're a team, remember ? We're the same... »

Brutalement, elle sentit son dos se tendre. Morrigan, qu’elle avait encouragé à prendre parti dans cette guerre à la con qu’elle avait décidé de mener contre Benjen, puisque repousser Rohàn n’était clairement pas assez et que tant qu’à être masochiste, autant faire les choses correctement et détruire l’intégralité de sa famille. Elle ne méritait pas le bouclier qu’était Rohàn, elle ne méritait pas la patience dont Benjen avait pu faire preuve pendant si longtemps et elle ne méritait pas non plus la force farouche qui émanait de sa cousine et qui, comme une infection ou un sursaut de Grâce, touchait tous les gens dont elle s’approchait. Elle s’était isolée, elle avait creusé sa tombe et elle la méritait surement, du moins elle cherchait à s’en convaincre alors qu’elle serrait les dents à s’en péter les mâchoires, se retenant de frapper son frère pour se dégager et disparaître.

Lorsqu’elle réalisa qu’il l’avait partiellement déshabillé, lui retirant le chemisier qu’elle avait porté en arrivant ici et dévoilant sa peau tuméfiée, il était déjà trop tard, cependant, pour qu’elle puisse nier. Ce n’était pas des traces de chute, c’était des hématomes en formes de phalanges, de poings et Rohàn avait prit assez de coups pour savoir à quoi tout cela pouvait bien ressembler. Il y avait des griffures, des traces plus anciennes, des bleus, des marques violacées, c’était là un florilège et la provenance ne pouvait, clairement pas, être expliquée autrement que par la vérité. La honte submergea la jeune femme alors que son frère se recroquevillait, venant s’appuyer contre elle, lovant sa tête au creux de son épaule. « I don't care who did this to you. The day I find him, he's dead. »

Ces messages auraient dû la rassurer, seulement elle imaginerait son ainé, trop vif, trop colérique, face au froid méthodique et monstrueux de Vlad. Elle ne sous estimait pas Rohàn mais elle avait aussi aperçu une partie de l’étendue du sadisme de son fiancé et elle ne voulait pas que l’ainé des Lestrange s’en approche. Il avait pris trop de coups pour elle. Il avait trop souffert, trop supporté, bien plus qu’elle ne pouvait le mérité. A son tour, elle se mit à trembler et l’embarras la submergea, lui donnant envie de sangloter. Amères, des vagues de larmes montèrent jusqu’à ses yeux, emplissant également sa gorge et lui donnant l’impression d’étouffer. Elle tombait et elle entrainait Rohàn avec elle… alors brusquement, elle bougea, un glapissement heurté passant ses lèvres alors qu’elle se faisait mal à gesticuler trop vite. Elle le repoussa, assez pour profiter de l’effet de surprise, peut-être, et finir au-dessus de lui, son faible poids appuyé contre le torse de son ainé. Rapidement, comme pour le rassurer, elle alla plaquer ses lèvres sur sa tempe et murmura, frénétique : « You can’t, I can’t put you through that, I have to manage it on my own, I can ask you to take the fall for me, not again, I can’t… » Elle glissa contre sa peau, appuyant à son tour son front contre celui du jeune homme. Elle pouvait sentir ses larmes qui, à présent, roulaient jusqu’à lui, s’écrasaient sur sa peau. Leur nez se touchaient et lorsqu’elle recommença sa litanie, elle pu sentir les soupirs du brun contre ses lèvres. « Too many times you got hurt because of me, I can’t always ask you to rescue me, your sole purpose is not to save me, I need to know your safe, and this, you going after him, it’s not safe, it’s not fair either… »
Elle paniquait, abandonnant l’idée de nier l’existence d’une tierce personne dans cette histoire. Elle paniquait et elle en oubliait son bon sens, se pressant un peu plus contre lui. « Maybe this is my punishment, maybe this is my purgatory, the pain I have to go through for putting you through hell… » Et à mesure que la résignation s’installait, elle sentie ce qui lui restait de fierté partir en fumée, la laissant pathétique et tremblante, prisonnière d’une tour d’ivoire à peu près aussi stable et assurée que celle des Serdaigles post-attentat.

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† and the snakes start to sing

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Mer 26 Fév - 22:02

La spirale ne s’arrêtait pas de tourner, de descendre encore et encore, de l'entrainer vers le fond, de les entrainer ensemble. Lui qui avait cru toucher le fond depuis le début de leur altercation, il découvrait sans cesse de nouvelles profondeurs plus douloureuses encore. Tout ce qu'il était, tout ce qui l'avait défini pendant quatorze années avant poudlard, ce qui le définissait encore en grande partie, s'écroulait entre ses doigts comme un château de sable trop sec et il n'arrivait à rien retenir, voyait filer Alesya entre ses mains, sans savoir comment la reconstruire, sans savoir par quoi commencer, quoi savoir, quoi faire. Lui parler ne suffisait pas, être là n'était pas une solution en soi, il était perdu. Détruire, il savait faire, reconstruire, ce n'était pas dans ses cordes. Construire, tout simplement, il avait déjà bien du mal, et l'état de ses relations devait le montrer, mais il n'avait jamais su comment faire sourire quelqu'un, comment sécher des larmes ou remonter le moral. Les simples mots lui échappaient, les gestes n'étaient jamais instinctifs... il n'y avait qu'avec sa famille que le mécanisme semblait moins saccadé, et là, il ne suffisait pas.
Son corps contre le sien comme un bouclier, ses lèvres contre sa peau pour lui insuffler de la force, ses mains sur sa taille pour réchauffer sa chair bleuie. Il lui donnait des promesses, parce qu'il ne pouvait rien lui donner d'autre, mais la rage dans son esprit était suffisante pour lui assurer qu'elles seraient tenues. Oh qu'il avait hâte d'obtenir le nom de son bourreau, de lui faire la peau, lentement, surement. De le voir supplier, pleurer, s'écraser au sol et hurler jusqu'à s'arracher les cordes vocales. Rien, même ça, même son sang et son odeur de peur, ne l’arrêterait. Il aurait une mort lente mais sure, et seulement alors Alesya serait vengée. Il n'était pas question qu'il oublie, qu'il fasse comme s'il n'avait rien vu, pas question de laisser passer cet outrage, cette abomination. Personne ne touchait à Alesya, personne ne lui faisait du mal. Il n'avait pas le droit.

La laissant le repousser un peu, replaçant ses mains dans la cambrure de son dos, inspirant l'odeur de ses cheveux sur son visage, il l'écoutait le supplier de ne pas s'en mêler, lui dire qu'elle serait assez forte pour se débrouiller, sans y croire une seconde. Elle était capable de tout, sauf de ça, de se protéger, elle n'avait pas ça dans son sang, aucun d'eux n'étaient capables de se préserver. Pas face à ceux qu'ils aimaient, ceux qui leur étaient proches. Tout le monde n'aurait pas pu faire ça à Alesya, et c'était ce qui faisait le plus peur à Rohàn, que ces blessures viennent d'une personne qu'il connaissait, d'une personne à qui il avait fait confiance. D'un mort en sursis. Elle lui disait qu'elle ne voulait pas qu'il tombe à sa place, mais c'était trop tard, beaucoup trop tard. Elle n'avait pas le droit de lui demander de ne pas le faire, c'était impossible.
Fronts contre fronts et ses larmes sur ses joues, le forçant à l'immobilité, à la regarder pleurer à s'en briser le cœur, à écouter ses sanglots et ses mots qui lui faisaient comprendre qu'elle ne le détestait pas, qu'elle ne le voulait pas loin de sa vie. La seule chose agréable qui serait ressortie de cette soirée. Ce n'était pas sur, ce n'était pas juste, qu'il aille tuer son bourreau ? Non, mais rien n'était juste, dans cette vie. La justice était morte au pied de leur berceau, à leur naissance, à leur conception. Il n'y aurait jamais de justice tant que celui qui avait marqué sa peau ne serait pas mort, il n'y aurait jamais de justice tant que les enfants de mangemorts resteraient stigmatisés pour les actes de leurs pères. Il ne connaissait rien de la justice, il ne savait pas ce qu'était d'être en sécurité, il ne l'avait jamais su. « I don't care if it's safe or not, I don't care if I get hurt, I need to do it, how could I live with myself knowing that I let you down ? Don't rob me of it, of this, it's my purpose, my job, to protect you when you can't. It's what I've always done! » Mais pas ces derniers jours, ces derniers mois. Il l'avait laissé au sol, il l'avait laissé se faire frapper, il avait même participé à son malheur par ses erreurs et ses souçis, sans jamais se rendre compte qu'elle lui avait opposé une façade, qu'elle avait mis un masque et qu'il n'avait pas su le briser, pas su le voir, le reconnaître.

Qu'elle le prenne comme une punition, une pénitence, c'en était toutefois assez pour qu'il sorte de sa torpeur, de sa bulle et qu'il ne lui reprenne le visage entre les mains, se relevant un peu à la seule force du torse pour qu'elle soit calée contre lui, ses courbes épousant les siennes, sans leur laisser d'espace. Presque contre ses lèvres, il pouvait chuchoter ces mots qui vibraient de rage, vissant son regard dans le sien, pour le lui faire rentrer dans la tête. « Don't you dare finish that sentence. What we did, to each other, it has nothing to do with him, just because we had issues doesn't mean you have to be punished for it, you don't deserve this, neither now nor ever. » Si quelqu'un devait lui faire payer ce qu'elle lui avait fait subir, alors c'était lui. Et c'était lui qui devait choisir sa punition, son châtiment, lui qui décidait quand il en avait assez, lorsqu'il était vengé. Et il l'était, bien plus, bien trop. « I don't care if he's bigger or meaner than me, I don't care if he told you he would kill everyone who would help you, I don't even care if he's someone I know, because he's dead, alright ? You don't have to go through this anymore, I won't tolerate it, I...I forbid you. » Comme s'il avait un choix, en la matière, le dernier mot à dire, la possibilité de l'empécher de s'en approcher à jamais.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Mer 16 Avr - 23:32





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C’était comme une goutte de sang lâchée sur un tapis de neige immaculée. Le liquide écarlate s’infiltrait partout, suivant les sentiers alambiqués, sinueux et imprévisibles des flocons qui, tassés, formaient un dédale des plus complexes. Cristallisée, l’hémoglobine se figeait en un mappage de veinules et capillaires qui ne pouvait subsister mais qui semblait pourtant immuable, sur le coup. Ses idées se mélangeaient, trop pour qu’elle puisse suivre les raisonnements, trop pour qu’elle n’ait pas le tournis. Elle ne pouvait secouer cette nausée qui la menaçait, pourtant. Elle ne pouvait pas se séparer de la douleur qui, impérissable, semblait ne pas vouloir souffrir la moindre accalmie ou lui offrir quelconque répit. Lovée contre son ainé, elle voulait se forcer au calme, pourtant. Elle voulait, plus que tout, faire cesser la tempête mais sous les vagues, sous l’écume qui perlait à défaut de stagner au coin de ses lèvres pour prouver sa folie, Alesya pouvait sentir l’abysse des fonds marins l’attirer. Bientôt, elle irait s’éclater contre un récif et ne serait plus qu’une constellation d’éclat de nacre, rien du tout, une perle jetée sans plus d’attachement car couverte de tares et d’imperfection. Elle n’était pas une meneuse, elle était une victime, pathétique et faible et cette idée, plus que tout le reste, la rendait dingue… Alors ses faiblesses se mêlaient à ce vœux de repentance qui avait passé ses lèvres, alors les bras intriqués des ophiures qu’étaient ses pensées, devenus aiguilles agressives, semblaient encore plus nocifs que les coups de Vladislav, que le sang s'étalant dans les flocons agglomérés.

Sous le regard de Rohàn, elle sentait la honte la ronger. La culpabilité s’y mêlait. Elle l’avait déçu. Elle n’avait pas été à la hauteur. Trop faible, trop fragile, trop assure. Elle n’avait pas su le trouver et avait voulu, une fois les coups porter, le blâmer de n’avoir rien vu. Elle lui reprochait un secret qu’elle avait tenté de garder avec plus de mystère que l’emplacement du graal. Elle était ingrate et plus que tout, elle n’était pas digne de son lignage, du sang qu’ils partageaient… Il était là, pourtant, appuyé sur elle pour la tenir et l’empêcher de fuir à nouveau. Il était là, comme toujours et ce même lorsqu’elle assurait, encore et encore, être assez grande pour se défendre toute seule. Elle ne l’était pas, elle ne l’avait jamais été et ne le serait jamais. Non, elle avait trop besoin de Rohàn et dans le sermon qu’il versa sur elle, la reprenant quant à ses dires, elle trouva même un semblant de sécurité, une absolution cherchée avec trop de frénésie. « Don't you dare finish that sentence. What we did, to each other, it has nothing to do with him, just because we had issues doesn't mean you have to be punished for it, you don't deserve this, neither now nor ever. I don't care if he's bigger or meaner than me, I don't care if he told you he would kill everyone who would help you, I don't even care if he's someone I know, because he's dead, alright ? You don't have to go through this anymore, I won't tolerate it, I...I forbid you. »

Et contre ses lèvres, les soufflés de Rohàn glissaient sans vergogne, praos libres avançant sur la houle, filant sans se soucier des conséquences, des règles. Parler semblait alors si facile. Elle n’avait qu’à ouvrir la bouche et ses mots n’avaient qu’à répondre à l’invitation qu’il présentait. Une main tendue, une valse pour leurs respirations, pour oublier les tourments, pour mourir un peu mais pour ne plus jamais faiblir sous les coups. Elle ne pouvait pas mettre Rohàn en danger mais pouvait-elle réellement garder ce secret plus longtemps ? Le verrou menaçait de lâcher car la tempête était trop fort et elle réalisa alors que les premiers aveux quittaient ce jardin trop protégé, celui où résidaient les horreurs qu’elle avait pu encaisser. « You can’t… you can’t tell anyone… » murmura-t-elle, déjà à moitié vendue, déjà à moitié confessée. Elle ne pouvait pas supporter les regards. Rohàn ne la jugeait pas mais elle ne pouvait pas se montrer faible devant ne serait-ce qu’une autre âme. C’était trop lui demander, parce que si victime elle était, elle avait gardé la tête haute jusqu’à présent et cela devait bien compter pour quelque chose. « You can’t tell anyone, not even father, not even the cousins… » elle trembla comme une feuille et sa gorge se noua, des perles salées venant se loger sous ses cils bruns. Elle inspira profondément et un sanglot alla remplir sa gorge, une bulle increvable appuyant sur les parois et l’empêchant de récupérer correctement l’air qui lui était nécessaire.

Une poignée de seconde s’égraina avant qu’elle ne puisse articuler la suite et, sentant sa tête tourner à une vitesse ahurissante, elle serra violemment ses doigt autour de la prise qu’elle maintenant dans le tissu de la chemise de Rohàn. Il allait filer, la laisser seule avec sa honte… Elle ferma les yeux, prête à le sentir filer, prête à le voir partir bille en tête et se demandant s’il était possible, quelque part, qu’il décide de ne pas se servir de cette information, que le nom du coupable change la donne. Elle sursauta et le nom lui échappa, vase lui glissant des mains pour aller se briser au sol, accident que même la magie ne pourrait pas réparer, le début de la fin… ou simplement la fin du cauchemar pour elle. « Karkaroff » souffla-t-elle, perdue entre culpabilité et soulagement, tirant brutalement sur le vêtement de son frère pour le garder contre elle, pour qu’il comprenne que l’ennemi, ici, n’était autre que la fragilité inavouée de sa petite sœur et que le bourreau prenait cette fois la forme d’un ami de longue date. « I'm sorry... » Un hoquet, sa honte, toutes les cartes s'abattant. Pour eux qui avaient subi un géniteur brutal, ce n’était qu’une nouvelle version d’une pièce déjà trop jouée mais pour les relents de naïveté qui subsistait chez Alesya… c’était la fin et jamais n’avait-elle eut plus besoin de son grand frère.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Dim 20 Juil - 22:53

Ils n'étaient que des enfants, au final. Deux pauvres gosses perdus et abandonnés qui s'accrochaient aux vestiges d'une relation disparue depuis de nombreuses années. Deux orphelins qui cherchaient à retrouver le souvenir des sourires et des mains entrelacées, des rires et des jeux, alors que dans leurs yeux désormais ne se lisaient plus que la souffrance, la peur et la trahison. Ils étaient isolés du monde, oublieux de la soirée qui se déroulait dans la salle commune, du fait qu'autour d'eux les gens s'amusaient et ignoraient tout de leur drame personnel, du fait que leur souffrance actuelle n'était rien pour eux, qu'ils étaient seuls à le connaître, à le vivre, et qu'ils seraient seuls pour le surmonter. Alors Rohàn regardait sa sœur sans cligner des yeux, de peur que les fermer un seul instant ne suffise à ce qu'elle s'évapore, à ce qu'il trouve à sa place un spectre accusateur, une pale image de sa chair et de son sang.
Les moments qu'ils venaient de vivre et les mots échangés étaient encore lourds dans l'atmosphère, étourdissants, étouffants, invivables, l'écrasant sous le poids des responsabilités qu'il avait trop longtemps négligé, lui rappelant des devoirs qu'il s'était juré de toujours respecter. Comment avait-il pu passer à coté, comment avait-il pu se laisser aller à penser que, parce que sa sœur n'était plus une toute petite sorcière qu'il fallait tenir par la main pour la faire marcher, elle était capable de survivre seule ? Ils étaient si peu nombreux de leur monde, de leur rang, si peu nombreux à connaître les dangers de leur vie, si peu à en subir la violence de plein fouet, qu'il avait oublié qu'ils n'étaient ni immortels ni indestructibles, et que le danger ne venait pas toujours que de l'extérieur, que des êtres inférieurs qui leur faisaient face et dont il passait ses journées à rire avec ses amis. Il était si facile de penser qu'Alesya était capable de tout supporter pour ne pas avoir à la regarder dans les yeux, avoir à lui avouer sa souffrance, ses histoires, pour ne pas avoir à la voir grandir. Et mis devant le fait accompli, il ne pouvait plus que s'en vouloir et se détester.

Il la tenait au creux de ses bras, il la réchauffait et l'emprisonnait, parlant, chuchotant d'une voix rauque brisée par le chagrin, la cajolant pour avoir ce nom qui en quelques minutes avait renversé sa conception des choses et à qui il prévoyait de faire les pires horreurs quelqu'en soit le prix. Azkaban, la mort, le baiser du détraqueur, rien ne lui faisait peur, tant qu'il pouvait trouver sur ses mains le sang de son agresseur, en repeindre les murs et en bruler le nom. Il le trainerait dans la boue, lui et sa réputation, il lui trancherait les mains qui avaient blessé sa sœur, il lui arracherait cette langue avec laquelle il l'avait terrorisée, il ferait de lui une chose moins qu'humaine, attendant qu'il pleure et qu'il supplie pour l'achever, et attendant encore avant de lui donner la mort pour que même celle-ci ne soit pas une délivrance ou un acte de pitié. Son sang s'agitait dans ses veines, ses muscles se contractaient tout seuls alors qu'il réprimait cette violence qui ne demandait plus qu'une cible pour s'exprimer.
Sa demande soufflée à contrecoeur, il l'entendit et ne fit que la serrer plus fort contre lui, acquiesçant, les yeux clairs et toute l'âme à l'affut. Non, il n'en parlerait pas, il ne dirait rien, parce que bientôt tout ça serait derrière eux et qu'il porterait ce secret en lui pour le reste de sa vie, qu'il souffrirait pour se repentir de son abandon. « You know that all of your secrets are safe with me. I'll never betray you, I'll never tell anyone. » Il fallait qu'il l'en assure, parce que même si elle le savait, ces derniers mois ne les avaient pas aidés à croire à leurs anciennes façons d'agir, parce qu'il fallait qu'il la rassure, la protège, pour qu'elle se sente enfin en sécurité et qu'elle puisse dormir, manger, vivre. Son corps était trop maigre et les coups trop voyants sur sa peau blanche, et il n'avait qu'une seule envie, l'embarquer au soleil, s'allonger sur le sable de leur plage pour faire la sieste et se cramer la peau, avoir le vent salé sur les lèvres et le goût des sandwiches vite fait sur la langue.

Tout ça à cause de cet homme... Cet homme dont elle laissa enfin échapper le nom, comme une bombe, comme si enfin elle pouvait s'en débarrasser, laissant Rohàn prendre l'assaut de plein fouet sans broncher, les pupilles écarquillées, la respiration en lambeaux et les pensées en furie. Karkarroff. Son fiancé. Son ami. Celui auquel il pensait pouvoir confier sa sœur sans risque, celui qui lui assurerait un avenir plus faste que leur passé. Vlad qui riait avec lui et faisait front commun contre les imbéciles, arrogant et agréable. S'était-il foutu de lui toutes ses années ? Lui souriait-il chaque jour en pensant à ce qu'il faisait subir à sa sœur dans son dos, sans qu'il ne se rende compte de rien ? Prenait-il du plaisir à la réduire en charpie sans qu'on ne l'en empêche ? Les questions se bousculaient alors qu'il digérait la trahison, quasiment insensible à tout le reste, même aux doigts d'Alesya sur sa chemise, à ses sanglots et à sa peur, totalement bloqué par la fureur qui lui montait du ventre jusque dans le fond de la gorge, le hurlement de rage qui était prêt à sortir et à résonner dans les couloirs comme un cri de guerre. Surmonter ça, l'envie d'ameuter Amadeus, de réunir ses lieutenants et ses amis, de faire comme les sorciers des temps anciens, une chasse à l'ennemi, pour le traquer et le torturer, lui demandait tout son self control déjà bien mince et ce fut finalement le chuchotement désespérée de sa petite sœur qui le ramena un minimum sur terre, pour glisser ses mains dans son dos et la serrer contre son torse de toutes ses forces, la bercer et laisser couler ses larmes pour que sa souffrance ne s'échappe. « I'm here, I'm here, it's okay. You did all you could, you've been brave and I swear I'll make him suffer for everything he did to you. I'm so sorry you had to go through this without me, and I'll make it up to you, I'll protect you, you won't ever have to see him, he'll never have another shot. »

Des promesses et des mots, sans grande valeur mais qu'il chuchotait entre deux baisers sur son front, une litanie pour les rassurer tous les deux et commencer à recoudre tout doucement leurs blessures, un petit fil blanc d'espoir et de vengeance pour les soigner et les réassembler. Il n'était pas très doué et il n'arrivait pas à trouver les mots justes, mais il n'était encore que cet enfant soignant pour la première fois, aux mouvements brusques et à la main tremblante, faisant de son mieux, parce qu'il valait mieux que leurs blessures cicatrisent en laissant des marques que de les laisser béantes. Parce qu'il préférait tenir entre ses mains l'aiguille qui recoudrait sa sœur que celle qui la déchirerait encore.

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MessageSujet: Re: ( rohàlesya ) † and the snakes start to sing   Dim 12 Oct - 13:40





Keep me safe inside your arms like towers, tower over me...


Comme les abysses marins entourant l’île de leur enfance, comme les nuits sans étoiles et sans bruit autre que les gémissements du vent qui les avaient bercé depuis l’enfance, la profondeur de la plaie laissée par le manque, l’absence, était insondable. Ils se partageaient les torts. Elle ne pouvait pas tout mettre sur le dos de son frère, quand bien même le rendre responsable était si simple, si efficace pour attiser la colère qui la tenait debout… Non, elle ne pouvait pas en vouloir à Rohàn, pas quand elle avait décidé de lui rendre la vie impossible pour le punir d’avoir, dans sa vie, d’autres personnes que son idiote de petite sœur, celle qui, couverte de bleus, se retrouvait à renifler et sangloter contre lui. Pas quand elle avait merdé, lui faisant honte, incapable d’être à la hauteur. Elle était faible. Elle était vulnérable, fragile et absolument tout sauf digne de son héritage. De leur héritage. Du nom qu’ils étaient censés porter comme une armure, un bouclier contre le monde. Never forget what you are for surely the world will not. Ils se devaient d’être fiers et solides, d’être forts, d’être une armée de marginaux refusant de courber l’échine. Et elle était faible. Honteuse. Une disgrâce vis à vis de l’éducation qu’elle avait pu recevoir, des coups que Rohàn avait pris pour l’épargner, la protéger. Pour lui, pour les sacrifices faits, elle aurait dû garder la tête haute et refuser toute forme de soumission. Malheureusement, l’attaque était venue de l’intérieur, un allié l’avait bousillé quand elle ne s’était préparée à livrer bataille que contre un ennemi bien plus manichéen…  Hoquetant, elle ferma les yeux pour se laisser porter, un instant, par la voix inquiète, pressante, qui cherchait à l’englober, comme s’il venait de la sortir du lac glacé avec une mauvaise chute, comme s’il cherchait à la réchauffer en la gardant contre lui. « I'm here, I'm here, it's okay. » Il était là, oui, découvrant des ruines là où il s’était sacrifié pour garder les murs entiers, pour ne pas qu’elle tombe. Elle était faible, elle avait rendu le courage de l’enfant que Rohàn avait été, la protégeant systématiquement, inutile, puisqu’elle avait tout bousillé, à ne pas être assez solide pour tenir la distance, rendre les coups. « You did all you could, you've been brave and I swear I'll make him suffer for everything he did to you. I'm so sorry you had to go through this without me, and I'll make it up to you, I'll protect you, you won't ever have to see him, he'll never have another shot. »

Elle l’imagina en train de se relever, rajustant déjà sa chemise, passant la porte, la laissant seule dans le dortoir, dans ses affaires. Elle l’imagina en train d’arpenter les couloirs à la recherche de Karkaroff, se retrouvant avec un peu plus de sang sur les mains, à cause d’elle, parce qu’elle n’était pas fichue de régler ses propres histoires. Un hoquet la secoua et plus fort, elle s’accrocha à son frère, voulant qu’il reste à ses côtés. La violence était pain quotidien pour eux mais Karkaroff était dans leur camp, élément utile, ami d’enfance, elle ne pouvait pas laisser son incapacité venir au milieu de tout ça, des plans, des idéaux qu’ils pouvaient descendre. Elle ne pouvait pas laisser Rohàn la venger, pas comme ça, pas quand elle se sentait si responsable.

« It’s on me. It’s all my fault, I should have been stronger, I should have … » elle s’étrangla, une seconde, paniquant un peu, un peu trop à vrai dire. « Or maybe he’s right, maybe I’m just a brat, I can’t remember how many people told me that my attitude would get me into trouble, maybe that’s what they meant, maybe I wasn’t born to lead, just to be someone’s shadow, I was fine when I was your shadow, I just need to learn how to be his… » et sans réaliser à quel point ses mots sonnaient faux, elle excusait à présent Vlad, qu’elle haissait pourtant. Il lui faisait peur et elle détestait cette sensation, trop habituée à l’impunité, à l’insouciance qui venait avec son nom, avec sa grande-gueule… Elle le détestait mais peut-être avait-il raison, après tout elle avait suffisamment merdé pour qu’on la pense incapable et qu’on veuille la changer. Peut-être avait-elle raté sa chance, se montrant incapable vis-à-vis de la montagne de travail à abattre pour redorer le blason d’une génération secouée par le manichéisme d’après-guerre, peut-être qu’obéir à Vladislav et le soutenir était la seule option digne à laquelle elle pouvait encore prétendre… Vivre dans l’ombre d’un petit tyran, loyale et silencieuse, comme sa mère l’avait été.

L’idée lui souleva le cœur, se mélangeant à la peur, à la colère, à la douleur et à la honte qui marquait son âme comme les bleus marquaient son corps. D’une voix trop faible, trop suppliante, glissant une main le long du cou de son ainé pour le retenir alors que ses doigts s’emmêlaient dans les boucles brunes sur sa nuque, elle murmura : « Don’t go, please, not yet, not ever, maybe this is the way it’s supposed to be, maybe you’re the one supposed to lead and I’m just your annoying brat of a sister trying to act all mighty and brave when I’m really not… »

Il avait réussi, quelque part. Il l’avait maté, il avait brisé la flamme, même si ce n’était encore que temporaire, un instant de faiblesse. Vladislav avait déclaré vouloir la brimée pour la contrôler et ce genre d’influence était un poison à distiller sur le long terme… seulement pour la première fois, Alesya en ressentait les véritables effets, incapable de penser autrement. Ce n’était pas les coups, qui faisaient le plus mal, qui représentait la plus grande menace… Ce n’était pas les injures et la violence, c’était le fait que petit à petit, le jeune Karkaroff lui faisait comprendre qu’elle ne valait rien, qu’elle n’était digne d’aucun intérêt, d’aucune couronne, d’aucune attention. Il voulait instiguer en elle de quoi la tenir à bout portant, de quoi la contrôler en ruinant chaque once de fierté, de force, de hargne qui pouvait courir dans le système d’Alesya, faisant d’elle une loque, probablement persuadée qu’une femme ne pouvait pas exercer quelconque pouvoir, et encore moins une gamine, la gamine qu’elle redevenait alors que son assurance s’étiolait comme de la peinture écaillée.

codes par whorecrux / fleur du mal


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† and the snakes start to sing

I'll seek you out, flay you alive... One more word and you won't survive. And I'm not scared of your stolen power, I see right through you any hour. I won't soothe your pain, I won't ease your strain, you'll be waiting in vain... I got nothing for you to gain .

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( rohàlesya ) † and the snakes start to sing

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